François Annet GOUNICHE

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Il naît le samedi 30 avril 1881 à 2 heures du matin à la Faye de Jean GOUNICHE, 41 ans, cultivateur né à Condat les Montboissier le 18 avril 1839, et de Claudine VACHERON âgée de 35 ans née à St Eloy la Glacière le 20 mai 1846. Il est le 5e enfant d’une fratrie d’au moins six enfants. Joseph, qui est né le 26 juin 1869, puis Marie le 15 avril 1872 à Echandelys, comme Eugénie le 29 avril 1875 et Henri le 23 juin 1878. Un petit frère prénommé Jean Marie naîtra après François Annet, le 23 octobre 1885, toujours à Echandelys. Joseph comme Jean Marie seront appelés lors de la Grande Guerre. Ce dernier y laissera la vie.
Si leur mère Claudine VACHERON vivra jusqu’en 1933 où elle décèdera le 16 octobre à Cher, leur père disparaît à la Faye le 21 juin 1909 à 3 heures du matin à l’âge de 70 ans.

Sur les registres matricules de 1901, il apparaît mesurer 1 mètre 64, avec des cheveux châtains et des yeux marrons. Son visage est dit ovale et ses caractéristiques sont « ordinaires » ou « moyennes », sans signe distinctif. Il dit exercer la profession de scieur de long.

Il effectue son service militaire du 14 novembre 1902 au 19 septembre 1903 en tant que soldat de 2e classe. Il rejoint alors Echandelys et est affecté au régiment d’infanterie de Clermont-Ferrand. Il déménage alors pour Lyon où il emménage le 18 février 1904 20 rue Fourdeau. Il est alors employé lorsqu’il se marie le 1er mai 1906 avec Jeanne Léontine PIERRE, née à Lyon et âgée de 24 ans, ce qui avait poussé le jeune couple à changer d’appartement pour le 29 rue Neyret le 29 août 1906. Ils ont une fille, prénommée Jeanne Claudette, qui naît le 13 septembre 1907 à l’Hôtel-Dieu. Est-ce le décès de sa femme survenu le 26 septembre 1907 dans les suites de couches qui le pousse à déménager ? Toujours est-il qu’il change d’habitation et passe du 14 au 48 avenue Félix Faure le 18 juillet 1908. Il se remarie avec Clémentine Marguerite FAY le 7 mars 1911 et tous deux habitent dès le mariage au 117 rue Paul Bert. Celle-ci née au Chambon de Tence (Haute-Loire) le 6 avril 1884 est âgée de 27 ans. Le couple donne bientôt naissance à Charlotte Marie née au domicile de ses parents le 27 décembre 1911 à 2 heures du matin. Ce changement de région va modifier son affectation militaire puis qu’il dépend alors du régiment d’infanterie de Montbrison.

C’est ce corps qu’il rejoint le 11 août 1914. Il y est fait soldat de première classe le 18 septembre 1915. Il combat tout d’abord dans les Vosges où il découvre le 14 août la destruction par les Allemands du village de Patrux. Les habitants des villages voisins leur annonce que les enfants ayant été rassemblés dans l’église, le feu y a été mis. Mais les premiers combats ne commencent autour de Sarrebourg que le 17 août. Mais fin août, les pertes sont sévères. La retraite s’entame alors et jusqu’au 13 septembre 1914, le régiment se bat à la trouée de Charme, puis vers St Maurice sur Mortagne où il s’arrête. Le front se stabilise alors vers Doncière et le régiment est relevé le 11 septembre 1915. Après quelques jours de repos, le régiment reprend la bataille en Picardie puis gagne la Somme où il passe la fin de l’année 1914 et s’illustre entre autres à la ferme de Sébastopol. Il passe alors à la guerre des tranchées. Il reste dans le secteur de Canny pendant pratiquement 10 mois. Relevé le 20 septembre 1915, il se rend alors dans l’Oise pour combattre autour de Ribécourt et Attiche. C’est une période de détente relative : le secteur est peu actif et seuls quelques bombardements troublent la sécurité d’un paysage beaucoup plus pittoresque, vallonné, intéressant, beaucoup plus facile à aménager en vue du confort que les plaines ingrates de Canny et de Lassigny. La lutte contre l’eau y est efficace, les moyens de chauffage et le combustible abondants ; l’hiver s’y passe dans les meilleures conditions. Il est vrai qu’on a à regretter quelques coups malheureux comme celui qui, dès les premiers jours, effondre un abri sur les quinze occupants, près d’Attiche.
Mais dès début 1916 , le régiment, passant par Pierrefonds, est envoyé à Verdun et après quelques temps de repos, de détente, ponctué de manœuvres, le régiment bivouaque le 9 mars à Jouy en Argonne par une dizaine de degrés au-dessous de zéro, dans le bois de Nermont. Les hostilités reprennent dès le 10 mars. Les Allemands avaient, le 8 mars, déclenché leur attaque sur la rive gauche de la Meuse conquérant Forges, Regnéville et la côte de l’Oie. Le 92e R. I. leur avait, dans une contre-attaque magnifique, repris le bois des Corbeaux, mais sans pouvoir s’y maintenir. Et il fallait maintenant les chasser à nouveau de cette importante position qui donne des vues jusqu’aux abords de Verdun.

Gouniche F A 01Le 98e R. I. avait, dans la matinée du 11 mars, esquissé une tentative infructueuse ; le 16e devait par une attaque de nuit s’installer dans le bois tragique. On prend au Nord-Ouest de Chattencourt les formations d’assaut, on distribue les munitions, on arrange les paquetages, on dépose les sacs et à travers l’obscurité épaisse, que l’éblouissement des feux d’artillerie rend plus difficile encore à percer, on se dirige vers l’objectif, par les ravins au Sud et à l’Ouest du Mort-Homme. On franchit des tranchées, des trous d’obus énormes, des réseaux de fil de fer enchevêtrés par la lutte, on piétine des cadavres ; les rangs s’entremêlent, les barrages de l’artillerie allemande se font de plus en plus violents ; les mitrailleuses crépitent ; et dans l’immense confusion, l’orientation se perd. Des fractions aboutissent à des ouvrages français sur le Mort-Homme ; d’autres se croisent à angle droit, chacune voulant persuader à sa voisine qu’elle marche dans le bon sens ; finalement le Colonel DUBUISSON, blessé gravement, est obligé de donner l’ordre d’arrêter le mouvement. Le régiment, au petit jour, parvient à regagner péniblement et par bonds la base de départ, d’où il est ramené au bois Bourrus pour se reformer.

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Cette action sans doute n’a pas donné le résultat matériel voulu ; mais elle a vraisemblablement pesé de tout le poids de sa mesure, sur les déterminations de l’ennemi qui, pendant quelques jours, ne va songer qu’à s’organiser défensivement sur les positions conquises avant de se livrer à de nouvelles entreprises. Et c’est d’après la répercussion qu’ont sur les forces morales ces manifestations de la combativité d’une troupe, plus encore que d’après ses gains territoriaux qu’il faut estimer le prix des sacrifices comme ceux que nous coûta cette nuit du 11 au 12 mars, là aussi trouvent leur principale récompense les faits d’armes individuels qui en cette occasion comme en toute autre, ne manquèrent pas. Le Sous-Lieutenant RAYNAUD (3e Cie) ne rejoignit que le surlendemain ; aux questions du Commandant THOMAS, il eut pour se justifier cette parole : « J’étais parvenu avec quelques hommes à 50 mètres du bois des Corbeaux et dans un trou d’obus, nous attendions la reprise de l’attaque. » Une section de mitrailleuses est égarée : pour retrouver son unité, le sergent a une inspiration héroïque : c’est d’aller là où les obus tombent le plus dru. Et en effet, il reprend le contact avec ses camarades. (Historique du 16e RI Imprimerie J-L Serre Montbrison 1919).

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Gouniche FA04C’est au cours de ces combats que disparaît François Annet GOUNICHE, âgé de 33 ans, laissant orphelines ses deux filles de 11 et 6 ans. Il a été décoré de la croix de Guerre étoile de bronze et de la Médaille militaire le 27 septembre 1922.

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5 réflexions au sujet de « François Annet GOUNICHE »

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