Maurice (ou Marius) Antoine THIODAS

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Il naît le 2 avril 1888 à midi au bourg, de Joseph THIODAS, âgé de 32 ans et de Anne RAVAUD, ménagère de 27 ans. Son père, maçon, était certainement l’apprenti de Marc Antoine RAVAUD, maçon au bourg, et dont il avait épousé la fille. Il était originaire de Lachamp, commune de Brousse. Maurice Antoine est rapidement accompagné d’un frère, Arthur Antoine, qui naît le 23 octobre 1889 puis de Théodore Marius le 21 août 1893. Toutefois ce dernier décède quelques jours plus tard, le 5 septembre 1893, précédé par sa mère qui meurt des suites de couches le 26 août 1893 à 10 heures du soir au bourg. Son père, quant à lui, décède le 18 juin 1908 au Mas, à l’âge de 52 ans. Ses deux fils sont alors respectivement âgés de 18 et 20 ans. Leurs tuteurs sont alors Antoine THIODAS, leur oncle paternel, maçon au bourg, puis Jean DISSARD, propriétaire cultivateur du bourg, qui déclare s’occuper d’eux depuis le décès de leur oncle survenu le 29 août 1914. Les deux orphelins ne possèdent qu’une terre au Mas et une maison inhabitable. Il subvient donc à leurs besoins et fait une demande d’allocation en janvier 1916 à la municipalité d’Echandelys, car en raison de la poursuite de la guerre, ses possibilités financières s’amenuisent.

Le registre matricule de 1908, le dit boucher, sachant tuer. Il mesure alors 1 mètre 61, avec des cheveux blond moyen et des yeux bleu clair. Son front est petit, vertical avec un nez long et rectiligne. Sa lèvre inférieure est épaisse et son teint pâle.

Il fait son service militaire comme soldat de 2e classe à partir du 7 octobre 1909 dans le 86e RI. Il y arrive à la mobilisation le 3 août 1914. Rapidement, le régiment par pour la Lorraine où il arrive le 10 août à 15 km d’Epinal. Dès les premiers combats, le 15 août, les pertes sont sévères mais permettent de progresser en territoire allemand dès le 16 vers Sarrebourg. Le canal de la Marne au Rhin est franchi, mais rapidement, devant la résistance et l’offensivité allemandes, les troupes se replient laissant 950 hommes et 25 officiers sur le terrain. Mais le régiment va connaître encore de plus dures conditions autour de Baccarat, où, la retraite l’amenant sur le sol français, il tente une infructueuse reprise de la ville, en franchissant le pont sur le Meurthe. Plus d’un millier d’hommes et 24 officiers y perdent la vie. Après un dernier combat à la Mortagne (bois de la Pucelle), les troupes sont acheminées par voie ferrée afin gagner la région nord de Paris et poursuivre les armées allemandes lors de leur recul après la bataille de la Marne. Elles arrivent le 13 septembre à Creil. Au contact de l’ennemi à partir du 17, les soldats effectuent de nombreuses reconnaissances dans les jours suivants ainsi qu’une offensive en direstion de Noyon. C’est alors que Maurice Antoine est blessé le 19 septembre en même temps que 4 autres de ses camarades. 7 hommes sont tués dont un capitaine et un soldat est porté disparu. Nous ne connaissons pas la gravité ni la durée d’immobilisation de Maurice Antoine. Toutefois, le 86e RI est accroché à ce grand plateau au nord-ouest de Ribecourt, entre les bois de Thiescourt et la vallée de l’Oise. L’Ecouvillon, la Carmoye, Attiche deviennent son domaine. Le régiment alterne alors séjours en première ligne et replis à l’arrière pour se reposer et effectuer des manœuvres. Maurice Antoine THIODAS passe alors au 92e RI à partir du 31 janvier 1915. Il reste dans la Somme, alors que son ancien régiment part combattre autour de Verdun, attaqué par les Allemands. Il y reste peu de temps puisqu’il est affecté au 87e RI à partir du 24 mars 1915. Il combat alors en Champagne où son régiment s’illustre du 25 février au 6 mars en enlevant la cote 196 au nord de Mesnil les Hurlus au prix de 191 tués, 616 blessés et 416 disparus.
Après un bref repos lors duquel il en profite pour déménager au 81 rue Danton à Levallois-Perret en région parisienne, son régiment participe aux combats de la tranchée de Calonne et sur les Hauts de Meuse du 17 avril au 19 juillet 1915, se rapprochant progressivement de Verdun. Ces combats valent au régiment sa première citation à l’armée. Il a dû repousser des attaques fin juin faites à l’aide de liquides enflammés. C’est peut-être à cette occasion que Maurice Antoine a été blessé aux Eparges. Nous ne connaissons toutefois pas la nature de ses blessures qui sont seulement consignées dans les délibérations du conseil municipal d’Echandelys mais ne figurent pas dans son dossier militaire. Les combats se poursuivent aux Eparges en particulier dans le ravin de Sonvau, avant de se replier en octobre 1915 en Champagne ou le régiment s’illustre autour du village de Tahure.
Les autorités militaires profitent de ce repli puisque Maurice Antoine est affecté au 19e RI à partir du 12 octobre 1915, régiment qui combat alors aussi en Champagne, dans les parages de son ancien régiment. L’hiver se passe alors à garder les positions conquises. Peut-être est-ce pendant cet hiver, rigoureux dans l’est de la France, que notre soldat est évacué peu de temps pour bronchite comme en attestent les délibérations du conseil municipal d’Echandelys ? Reconstitué en fin d’hiver au camp de Mailly, le régiment participe à la bataille de Verdun du 28 mars au 24 avril où il essuie de très violents bombardements et de nombreuses attaques dont celle du 16 avril particulièrement meurtrière. Les pertes sont telles qu’il est alors nécessaire en mai de reconstituer à nouveau le 19e RI.
Maurice Antoine est ensuite affecté au 151e RI à partir du 2 mai 1916. Ce régiment combat aussi dans le secteur de Verdun, au Mort-Homme. Le 19 mai, juste après la relève, vers 4 heures les Allemands commencent à exécuter des tirs de réglage sur toutes nos positions. Ces tirs réglés par de nombreux avions durent environ deux heures puis ils sont immédiatement suivis d’un tir lent et progressif dont la densité va augmentant jusqu’à midi. A partir de midi jusque vers 19 heures le bombardement devient de plus en plus violent. Les tirs de l’artillerie ennemie exclusivement de gros calibres sont d’une précision remarquable. Les Allemands lancent de gros minen sur toutes les tranchées de première ligne ainsi qu’un grand nombre de grenades à fusil.

Thiodas MA 01

Thiodas MA 02

En fin de journée, les tranchées sont en partie comblées, les boyaux n’existant plus. Les travaux de réfection sont rendus presque impossible par le bombardement qui continue avec la même violence. Les communication téléphoniques n’existent plus, les fils étant hachés. La 2e position a énormément souffert des bombardements (JMO du 151e RI). Maurice Antoine THIODAS y trouve la mort « tué à l’ennemi » dans le même secteur que François Annet GOUNICHE, deux mois après lui.

THIODAS M A 1888 JMO 03
Je ne sais pas ce qui a motivé le déménagement de Maurice Antoine en région parisienne. Les archives des Hauts-de-Seine n’étant en ligne que jusqu’en 1912, peut-être s’y est-il marié en 1915, même si aucune mention marginale n’en fait état sur son acte de naissance. Sa postérité n’est donc pas connue.

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