Claudius Antoine SARRON

Publié le Mis à jour le

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Né à Deux-Frères le 24 novembre 1885 à 11 heures du soir de Barthélémy SARRON, agriculteur âgé de 41 ans et de Marie COUDEYRAS, 28 ans. Son père, né le 15 juin 1834 à Ladoux (Commune d’Aix-la-Fayette), exerçait le métier de scieur de long au moment de son mariage. Sa mère, originaire de Deux-Frères, y était née le 26 juin 1856. C’est certainement ce hameau que le couple va rejoindre après son mariage le 24 août 1878 puisqu’il est retrouvé dans les recensements dès 1881. Claudius Antoine est l’aîné de sa fratrie. Viendront ensuite 5 enfants : Alphonse né le 21 novembre 1888 et décédé 2 jours plus tard, Philomène née le 15 mai 1890 et décédée 2 ans plus tard, Frédéric, né le 2 février 1893 et qui décédera le 27 juin 1915 sur la Meuse, Jean Marc, né le 24 mai 1896, et Marie Hélène née le 17 juin 1898 qui survivront tous deux à Claudius Antoine. La famille se compose donc de quatre enfants lorsque leur père Barthélémy décède en 1906 à l’âge de 72 ans. C’est la raison pour laquelle il est considéré comme soutient de famille (ses frères et sœur ont respectivement 13, 10 et 8 ans à cette date) lors de son premier contact avec le autorités militaires. Sa mère, qui ne se remariera pas, décédera à Deux-Frères le 16 mars 1926. Ceci ne l’empêche toutefois pas de faire son service militaire de 1906 à 1908 au 109e RI, basé à Chaumont en Haute-Marne. Il est affecté au titre de la réserve au 92e RI (régiment de Clermont-Ferrant). Surnommé « Antonin », il participe tôt à des campagnes de scieur de long afin de subvenir aux besoins de sa famille, sa mère étant âgée de 50 ans à la mort de son mari. C’est lors de ses campagnes qu’il est signalé à Autrey (Langres) en 1911, St-Mihiel (Verdun) en 1913 et Champagney (Hte-Saône) en 1914. Malgré une situation difficile, il se marie le samedi 21 juin 1913 avec Antonine BERAUD, voisine de Deux Frères, de 3 ans sa cadette, issue elle aussi d’une famille d’agriculteurs. Moins d’un an plus tard, Antonin a la joie de voir naître sa fille, Yvonne Lucienne à Deux Frères, le 8 mai 1914. Elle sera la seule enfant du couple.
Décrit comme possédant des cheveux châtain foncé, avec des yeux de même couleur, son visage est ovale et il ne présente pas de signe distinctif.
Lors de la déclaration de guerre, il se rend à son troisième régiment de rattachement, le 158e RI, initialement basé à Lyon mais qui stationnait depuis septembre 1913 à la frontière des Vosges. Un mystère persiste sur l’affectation réelle d’Antonin puisque lors de son décès, il est considéré comme appartenant au 358e RI, régiment formé à Lyon au moment de la déclaration de la guerre à partir d’éléments prélevés au niveau des réservistes des 157e, 158e et 159e RI. Il nous est donc actuellement impossible de savoir dans quelle unité il a réellement effectué les deux années de combat. Etait-il en Lorraine aux combats du col de la Chapelotte ou en Artois à ceux du bois de Hache, tout aussi violents, lors de la mort de son frère Frédéric en Meuse en septembre 1915 ? Il arrive en tout état de cause au plus tard en juin 1916 au 358e RI, puisque ce dernier se repose au camp de Saffais (vallée de la Moselle à proximité de Nancy) pendant une quinzaine de jours des combats qu’il a mené à Badonviller (Meurthe et Moselle). Mais la bataille de Verdun bat son plein et les Allemands, fin juin, lancent de nouvelles troupes dans la bataille. Aussi, le 26 juin le régiment part de Saffais pour atteindre la célèbre Voie Sacrée qu’il utilise le 30 juin pour rejoindre en camions les bois de Nixéville où il bivouaque.

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Les premiers combats du 358e RI débutent les 5 et 6 juillet lorsque les 5e, 6e et 7e bataillons montent en soutien. A partir du 8 juillet, les Allemands soumettent la zone à un effroyable pilonnage qui prépare la grande attaque du 11. Tranchées et boyaux n’existent plus ; tout est retourné, nivelé ; le boyau de l’Etang, qui mène du P.C. du lieutenant-colonel à la première ligne, le boyau d’Altkirch, qui conduit du fort de Tavannes aux positions du Chesnois, ne sont plus que des fossés coupés de fondrières, pleines d’une boue gluante, qui servent trop souvent de cercueil à ceux que l’obus vient y surprendre et qui s’y enlisent pour toujours. La première ligne n’est qu’une succession de trous d’obus, parfois jointifs. (Historique du 358e RI pendant la guerre 1914-1918 Imprimerie BERGER-LEVRAULT Nancy Paris Strasbourg).

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Boyau d’Altkirch

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Le 11 juillet, dès l’aube, à la faveur d’un brouillard intense, l’attaque allemande se déclenche sur le front Fleury-Batterie de Damloup. Au petit jour, vers 4h30, les Allemands déclenchent une forte attaque d’infanterie sur le front tenu par les 4e et 6e bataillons du 358e ainsi que sur celui tenu par la bataillon Travieux du 217e. Sur le front tenu par le 4e bataillon (Roman) échec complet des attaques allemandes. […] Sur le front du 6e bataillon, la lutte est plus mouvementée. Le peloton de la 21e Cie qui, sous les ordres du capitaine Jance se trouvait à droite du bataillon et en liaison avec le 217e, a été écrasé sous une pluie d’obus de gros calibre ; l’infanterie ennemie, venant de la direction générale N-E et E s’est ensuite approchée ; un corps à corps violent se produit avec les survivants du peloton du capitaine Jance ; mais bientôt, il ne reste plus rien de ce peloton. Seulement l’effort et l’élan de l’ennemi sont brisés. Il pousse bien jusqu’au abords de la ligne de la Laufée où se trouvait en position de soutien le second peloton de la 21e Cie (ss lieutenant Aubergier) : mais là il est arrêté net par notre fer et obligé de se replier. (JMO du 358e RI).

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C’est au cours de ce mardi 11 juillet 1916 qu’Antonin trouve la mort, « tué à l’ennemi » certainement pendant le bombardement meurtrier qui a décimé la 21e Cie dont il faisait partie. Sa femme n’est avisée de sa disparition que le 31 août 1916, la lettre lui laissant de plus espérer qu’il est vraisemblablement prisonnier. Son décès n’est rendu officiel que par une décision du tribunal civil d’Ambert que le 21 juillet 1920.

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Il avait 30 ans et laisse sa fille de 2 ans ainsi que sa femme de 28 ans qui se remariera avec Charles Raymond CHARETTE, cantonnier originaire du Jura, et décédera le 24 avril 1926.

Il est enterré dans la sépulture nationale de Douaumont, tombe individuelle n°1846.

3 réflexions au sujet de « Claudius Antoine SARRON »

    Claudius BERAUD « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    9 mai 2017 à 15 h 26 min

    […] 3 septembre 1879. Après Claudius, naît Antonine le premier avril 1888. Elle se marie en 1913 avec Claudius Antoine SARRON, mort pour la France en 1916 (avec lequel elle donne naissance à une fille), puis se remarie avec […]

    Frédéric SAR(R)ON « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    28 décembre 2018 à 19 h 07 min

    […] après son mariage le 24 août 1878 puisqu’il est retrouvé dans les recensements dès 1881. Claudius Antoine, l’aîné de sa fratrie, né le 24 novembre 1885, sera aussi combattant de la Grande Guerre et […]

    Jean Marc SARRON « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    28 décembre 2018 à 19 h 17 min

    […] recensements dès 1881.Il est précédé par 4 frères et sœur dont deux décéderont en bas âge. Claudius Antoine, l’aîné de sa fratrie, né le 24 novembre 1885, sera aussi combattant de la Grande Guerre et […]

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