Frédéric SAR(R)ON

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Il est né à Deux-Frères le 2 février 1893 à 2 heures du soir de Barthélémy SARRON, agriculteur âgé de 47 ans et de Marie COUDEYRAS, 36 ans. Son père, né le 15 juin 1834 à Ladoux (commune d’Aix-la-Fayette), exerçait le métier de scieur de long au moment de son mariage. Sa mère, originaire de Deux-Frères, y était née le 26 juin 1856. C’est certainement ce hameau que le couple va rejoindre après son mariage le 24 août 1878 puisqu’il est retrouvé dans les recensements dès 1881. Claudius Antoine, l’aîné de sa fratrie, né le 24 novembre 1885, sera aussi combattant de la Grande Guerre et mourra à la bataille de Verdun le 11 juillet 1916. Naissent ensuite 2 enfants, Alphonse le 21 novembre 1888 et décédé 2 jours plus tard, et Philomène née le 15 mai 1890 et décédée 2 ans plus tard, que Frédéric, ne connaîtra donc pas. Après lui, viennent encore deux autres enfants, Jean Marc, né le 24 mai 1896, et Marie Hélène née le 17 juin 1898 qui survivront tous deux à Claudius Antoine et à Frédéric, même si Jean Marc sera aussi combattant pendant cette guerre. La famille se compose donc de quatre enfants lorsque leur père Barthélémy décède en 1906 à l’âge de 72 ans. Leur mère, qui ne se remariera pas, décédera à Deux-Frères le 16 mars 1926. Considéré comme son frère Claudius Antoine comme soutien de famille en 1913, il est toutefois incorporé à partir du 28 novembre 1913 au 86e RI basé au Puy.
Décrit comme possédant des cheveux châtains, ses yeux sont bleu clair. Son front est légèrement fuyant, ses oreilles écartées et son visage ovale. Relativement grand, 1m68, il a la particularité de posséder un grain de beauté entre les épaules.
Compte-tenu de la durée du service militaire, il n’est pas libéré lorsque la guerre éclate. Le 5 août, sous une pluie battante, le régiment s’embarque dans 3 trains pour rejoindre la région d’Epinal. Il participe à la bataille en Lorraine dès le 15 août vers Ancerviller, puis est dirigé rapidement vers Sarrebourg, d’où il pénètre en territoire allemand jusqu’à Nitting. Mais le canal de la Marne au Rhin constitue un point limite et les contre-offensives allemandes fixent le régiment autour de Nitting et à partir du 21, c’est le début de la retraite de Lorraine qui va les conduire dans la région de Baccarat où le 25, les rudes combats pour reprendre la ville firent plus d’un millier de morts. Il arrive à contenir la poussée allemande dans la région de Roville aux Chênes lors de la bataille de la Mortagne, région qu’il quitte le 9 septembre pour poursuivre les Allemands défaits à la 1e bataille de la Marne. A partir du nord-ouest de Paris, le 86e RI se porte vers Ribecourt puis le 20 septembre participe aux combats de la ferme Attiche en subissant de lourdes pertes, notamment pendant la période du 20 septembre au 20 octobre 1914 où il exécute après avoir conquis la ferme, 12 attaques sur le plateau d’Attiche et enregistre la perte de 192 soldats.

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Un monument fut érigé en juillet 1915 par le 86e RI en souvenir des soldats tombés autour de la ferme d’Attiche et préfigurera ceux élevés après-guerre.

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Le régiment s’enterre alors sur la ligne Attiche, la Carmoye, l’Ecouvillon, le front étant fixé. La guerre devient une guerre de tranchées. Deux bataillons restent en ligne tandis que le troisième se repose quelques jours en réserve au bivouac des Carrières (près de Montigny), puis dans le village de Machemont. Il ne quitte la région qu’en février 1915 pour quelques semaines reprenant rapidement sa place dans la même région. Puis le 20 mars 1915, Frédéric est affecté au 82e RI. Il participe alors à plusieurs offensives en Argonne. Les 3, 4, 5 avril, la division tente une attaque locale à cheval sur la Haute-Chevauchée et à la cote 263, n’ayant pour but que d’élargir nos positions dans cette région. Le 2e bataillon du 82e RI seul attaque avec les autres régiments de la division. Ce bataillon éprouve d’assez fortes pertes par des tirs de mitrailleuses et ne réalise qu’une faible avance dans l’axe de la Haute-Chevauchée. Pendant ce temps, les autres bataillons du régiment ont un rôle passif, tenant les positions des Meurissons (1e bataillon) et de Bolante (3e bataillon).
Dans les premiers jours de juillet 1915, le régiment avait été mis au demi-repos dans les camps baraqués de Monhoven et de Lenhardt (abords de La Croix-de-Pierre). Là il préparait, par des reconnaissances en ligne et des exercices aux environs de ces camps, une attaque à laquelle devaient prendre part également les autres régiments de la division. Mais les Allemands déclenchent le 13 juillet au matin, une attaque importante qui constituera leur seule offensive sérieuse sur le front occidental au cours de l’années 1915. Dès 3 heures du matin, ce jour-là, l’ennemi entame une violente préparation d’artillerie par obus asphyxiants sur tout le front d’Argonne, de Boureuilles à Binarville. Le régiment tient sa position pendant les 14 jours de combats qui suivent. Le calme rétabli sur le front d’Argonne, il reprend ses séjours à peu près réguliers en ligne et au repos (Lochères-Fleury-sur-Aire) (Meuse). Il lui échoit, à la fin d’août, comme secteur dans la division et qu’elle conservera longtemps, celui de la Fille-Morte, à l’ouest de la Haute-Chevauchée, endroit où est blessé Frédéric le 22 août 1915, certainement à l’occasion de tirs de mines allemands comme le précise le JMO :

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Chaque bataillon travaille activement à la consolidation de la première position quand il est en ligne ; à l’établissement d’une deuxième position (Courtes-Chausses) comprenant des lignes de tranchées bien agencées, des blockaus bétonnés de mitrailleuses et même quelques pièces de 65 de montagne qui ne doivent se révéler, par un tir à vue et de plein fouet, qu’en cas d’attaque sur la Fille-Morte. Mais le répit est de courte durée puisque, le 27 septembre 1915, deux jours après la grande offensive française de Champagne, la division va essuyer le contrecoup d’une diversion que l’ennemi tente en Argonne. Ce jour là, la situation du régiment est la suivante : le 3e bataillon en premier ligne, à la Fille-Morte ; le 2e bataillon en deuxième ligne, aux Courtes-Chausses ; le 1e bataillon en réserve, au camp baraqué de Monhoven.

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A 8 heures du matin, les Allemands entament un bombardement de la Fille Morte, du plateau des Courtes Chausses et du vallon du Triage avec des obus de tout calibre, du 77 au 210, dont un certain nombre sont lacrymogènes. A 9h30, des mines allemandes commencent à exploser sur tout le front de la Fille Morte, en commençant vers la droite. A 10h, le 2e bataillon qui était au travail se rassemble dans le vallon du Triage. A 12h, l’ennemi sort de ses tranchées et envahi les premières lignes. A 12h25, ordre au 2e bataillon de se porter à la Fille Morte et de contre-attaquer. Le mouvement s’exécute lentement par les boyaux. Les contre-attaques dureront jusqu’au lendemain. C’est au cours de cette journée du 27 septembre que disparaît Frédéric SARRON, à l’âge de 22 ans. Le régiment comptera ces deux jours 88 tués, 208 blessés et 215 disparus.

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Par la suite, une guerre des mines fera particulièrement rage dans le secteur. Sa famille n’est avisée de sa disparition que le 26 novembre 1915,avec la mention « présumé prisonnier ». Quand a-t-elle su qu’il était décédé ?

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3 réflexions au sujet de « Frédéric SAR(R)ON »

    Léon Jules MAROTTE « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    9 juin 2017 à 13 h 35 min

    […] du cou. Il est incorporé au 86e RI du Puy le 8 octobre 1913. Il y retrouve quelques compatriotes (Frédéric SARON et Antoine Marius COUDEYRAS entre autres qui le rejoindront le 27 novembre suivant). Lorsque la […]

    Claudius Antoine SARRON « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    28 décembre 2018 à 19 h 13 min

    […] 1888 et décédé 2 jours plus tard, Philomène née le 15 mai 1890 et décédée 2 ans plus tard, Frédéric, né le 2 février 1893 et qui décédera le 27 juin 1915 sur la Meuse, Jean Marc, né le 24 mai […]

    Jean Marc SARRON « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    28 décembre 2018 à 19 h 17 min

    […] 2 jours plus tard, de Philomène, née le 15 mai 1890 et décédée 2 ans plus tard, puis de Frédéric, né le 2 février 1893, qui sera lui aussi emporté par la Grande Guerre à la Fille Morte le 27 […]

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