Jean Marie GRANGE

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Né à la Faye le 27 juin 1895 à 8 heures du matin de Pierre GRANGE, scieur de long de 26 ans et de Anne-Marie LEMOINE, 27 ans. Ses parents, mariés 3 ans plus tôt le 20 août 1893 étaient pour son père originaire d’une famille de cultivateurs de Parel (Etienne GRANGE et Jeanne CHALIMBAUD) alors que sa mère elle, était originaire de la Faye (de Pierre LEMOINE et Marie RACINE tous deux aussi agriculteurs). Le jeune couple s’installe chez les parents d’Anne Marie jusqu’au début du XXe siècle pour déménager sur Fiosson puis Parel, mais le petit Jean Marie restera momentanément à la garde de ses grands-parents maternels alors que sa sœur habitera avec ses parents. Il rejoindra ses parents après 1911. Il est le premier de la fratrie et une sœur naît 4 années plus tard. Philomène Victorine, venue au monde le premier avril 1899 se mariera à Echandelys le 15 septembre 1920 et décédera à Echandelys le 22 juillet 1991. Deux frères complètent ensuite la famille : Paul Jean, né le 3 juillet 1903 à la Faye, puis Victor Joanès le premier mai 1907 à Parel. Ce dernier se mariera à Condat les Montboissier le 19 août 1941 et décédera à Ambert le 28 avril 1984. Leur père Pierre GRANGE, également soldat pendant la Première Guerre Mondiale, décédera le 15 septembre 1938 à Parel à l’âge de 69 ans, la déclaration étant faite par son fils Victor Joanès alors que sa mère sera encore vivante à cette date et décédera en 1952.
Jean Marie, considéré comme agriculteur lors du recensement de 1911, est déclaré garçon limonadier lors de l’établissement de sa fiche matricule en 1914. Travaillait-il dans l’un des multiples cafés du bourg ? Il est relativement petit, 1m57. Ses cheveux sont noirs et ses yeux jaune verdâtre, sans autre signe distinctif.
La guerre est une mangeuse d’hommes en 1914. Aussi, la classe 1915 à laquelle appartient Jean Marie est appelée dès la fin de l’année 1914. Lui même est incorporé dès le 16 décembre 1914 au 139e RI, tenant garnison à Aurillac. A la maison, la situation n’est pas brillante. Son père sollicite une aide de la municipalité en raison de la maladie de sa femme et d’un de ses fils (s’agit-il de Paul Jean qui décédera à l’âge de 18 ans le 7 mai 1921 à 1 heure du matin à Parel ?) ainsi que de la charge de ses trois enfants de moins de 16 ans et de son beau-père de 78 ans. Jean Marie n’a certainement pas le temps de rejoindre son corps qui combat dans la Somme puisque le 21 mars 1915, il est affecté au 413e RI. Ce régiment est une unité nouvellement constituée à Saint-Germain-Lembron le 21 mars 1915 à partir de soldats de la classe 1915 venus des dépôts des 86e, 92e, 139e, 156e et 171e RI. Il part au front en avril 1915 et débarque à Corbie dans la Somme. D’avril à fin septembre 1915, il prend les tranchées successivement dans les secteurs de Fontaine-lès-Cappy, Lihons, Faucaucourt-Herville. Son père Pierre, reconnu apte au service armé, est affecté au 99e RTI qu’il rejoint le 20 avril 1915. Il restera mobilisé jusqu’au 9 mars 1917, date à laquelle il sera détaché comme agriculteur dans ses foyers. Fin septembre, le 413e RI part plus au nord, et est mis en soutien pour l’attaque du 25 septembre du bois en Hache.

Grange JM 1895 1916 02S’il ne participe pas directement aux combats, il reste stationné dans cette région réputée l’une des plus dure au front jusqu’au 29 novembre suivant et reçoit, pour son endurance autant que pour sa conduite, les félicitations du général d’URBAL, commandant la 10e armée. Du 30 novembre 1915 au 30 mars 1916, le régiment, reformé après les pertes qu’il a subies, est successivement mis au repos et à l’instruction, puis il occupe un des secteurs tranquilles d’Alsace à Largitzen.
Puis vient le séjour terrible à Verdun où le régiment reste en ligne dans le secteur d’Haudiomont en juin et juillet 1916. Il occupe ensuite le secteur de Tavanne, où il supporte une très forte attaque (1.500 hommes de perte environ).

Grange JM 1895 1916 03Les 2e et 3e bataillons, qui se trouvent en première ligne, sont plus particulièrement éprouvés. Le premier août 1916, le capitaine Monteil, commandant le 2e bataillon occupant la zone du Bois Fumin fait connaître dans un rapport arrivé à 6 h que de 3 à 5 h sa zone a été en butte à un bombardement sérieux par obus à torpilles asphyxiantes. Bombardement intense et atteignant vers 9 h une violence extraordinaire sur tout le secteur. […] Aucune nouvelle ne parvient des zones de Fumin et de Vaux-Régnier, malgré les tentatives faites pour s’en procurer. […]

Grange JM 1895 1916 03Malgré l’absence de renseignements, il devient évident que toute la première ligne a été forcée et le commandant du 3e bataillon reçoit l’ordre de refouler l’ennemi qui, d’après les reconnaissances, cherche à s’infiltrer dans le bois de Vaux-Régnier. […] A la tombée de la nuit une patrouille de reconnaissance envoyée vers Bois Fumin sous le commandement du sous lieutenant Bennegent se heurte à l’ennemi et pour ce ne peut accomplir sa mission. (JMO du 413e RI).

Grange JM 1895 1916 05Jean Marie GRANGE fait partie des 1059 disparus de cette hécatombe du premier août 1916 (pour seulement 10 hommes considérés comme tués, ce fait témoignant de la violence des bombardements qui ont pulvérisé les corps, ainsi que de l’avancée allemande qui n’a pas laissé aux reconnaissances françaises la possibilité de retrouver leurs morts), laissant sa famille dans l’incertitude de son sort.

Grange JM 1895 1916 06Photographie aérienne prise à la verticale du bois Fumin à 1000 mètres d’altitude le 30 juillet 1916

En effet, lorsque sa mère Anne-Marie LEMOINE fait a nouveau appel à l’aide municipale début 1917, ne touchant que 1 franc 25 depuis 1914, elle déclare que son mari est mobilisé, son fils est porté disparu depuis plus d’un an et qu’elle a à charge ses deux enfants de 9 et 13 ans, son autre enfant étant malade, de même que sa mère âgée de 74 ans. De fait, la famille n’est informée de la disparition de Jean Marie que le 9 janvier 1917 par une lettre qui indique qu’il est présumé prisonnier :

GRANGE J M 1895 AvisDisparu.jpg
Les restes de Jean Marie GRANGE sont inhumés dans le caveau familial du cimetière d’Echandelys aux côtés de son père, sa père, son frère et son oncle.

Grange JM 1895 1916 06

2 réflexions au sujet de « Jean Marie GRANGE »

    Claude Louis GRANGE « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    12 décembre 2018 à 19 h 33 min

    […] aux Aciéries de Saint-Etienne jusqu’en mars 1917 (ce frère aura un fils, neveu de Claude Jouis, Jean Marie GRANGE, mort pour la France à Verdun en 1916 à l’âge de 21 ans). Enfin, un troisième et dernier […]

    Pierre GRANGE « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    14 décembre 2018 à 15 h 01 min

    […] déménager ensuite sur Fiosson puis Parel au début du XXe siècle. Ils vont avoir 4 enfants : Jean Marie, né à la Faye le 27 juin 1895 et qui restera habiter chez ses grands parents maternels […]

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