Jean Marie GOUNICHE

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Il naît le vendredi 23 octobre 1885 à 4 heures du matin à la Faye de Jean GOUNICHE, 47 ans, scieur de long né à Condat les Montboissier le 18 avril 1839, et de Claudine VACHERON âgée de 39 ans née à St Eloy la Glacière (hameau de la Faye) le 20 mai 1846. Ses parents s’étaient mariés à Condat-les-Montboissier le 6 septembre 1868. Ils vont rapidement habiter à la Faye, mais sur la partie appartenant à la commune d’Echandelys. Jean Marie est le dernier d’une fratrie d’au moins six enfants. Joseph, qui est né le 26 juin 1869, puis Marie le 15 avril 1872 à Echandelys, comme Eugénie le 29 avril 1875, Henri le 23 juin 1878 et François Annet, le 30 avril 1881. Joseph comme François Annet seront appelés lors de la Grande Guerre et ce dernier y perdra la vie. Si leur mère Claudine VACHERON vivra jusqu’en 1933 où elle décédera le 16 octobre à Cher, leur père disparaît à la Faye le 21 juin 1909 à 3 heures du matin à l’âge de 70 ans.
Scieur de long, il effectue plusieurs campagnes et habite à Placey (région de Besançon) dans les années 1908 à 1912. Il est le dernier enfant à rester avec sa mère, devenue veuve en 1909. A partir de 1912, certainement appelé par son frère François Annet qui y habite déjà, il va rejoindre à Lyon (288 rue Garibaldi) où il se marie le samedi 1er février 1903 avec Virginie DUCLOS. Tous deux sont employés. Virginie est originaire de la Drôme, du village de la Concourde, commune de Lachamp (arrondissement de Montélimar) où elle est née le 23 septembre 1889. Ses parents, cultivateurs, ne sont pas présents, alors que la famille de Jean Marie (sa mère et son frère François Annet), assistent à la cérémonie au vu des signatures sur le registre. Il ne leur est pas connu de postérité à ce jour.

Sur le registre matricule, il mesure 1m60, avec des cheveux blonds et des yeux bleus. Son visage est dit ovale et ses caractéristiques sont « ordinaires » ou « moyennes », sans signe particulier. Il dit exercer la profession de scieur de long.
Il effectue son service militaire du 7 octobre 1905 au 25 septembre 1908 en tant que soldat de 2e classe au 109e RI en casernement à Chaumont. Puis, il est affecté compte-tenu de son domicile lyonnais, au 158e RI basé à Lyon, puis à partir de 1913 à la frontière des Vosges (Bruyères, Fraize et Corcieux).
Au début des hostilités, il arrive au corps le 3 août 1914. En raison de la position géographique de son régiment, il doit tenir le secteur du col du Bonhomme. Mais, les ordres initiaux étant d’éviter de créer des incidents avec les patrouilles allemandes avant la déclaration de la guerre, le régiment reçoit l’ordre comme toutes les unités basées aux frontières, de reculer de 10 km, laissant les Allemands occuper cette position stratégique. Le premier combat du régiment est donc de s’emparer du col, ce qui est fait par une attaque le 8 août à 17h.

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Dès le 9 août, le régiment est relevé par le 11e bataillon de chasseurs alpins auquel appartient Claudius ECOLLE, habitant de Deux Frères. Du 9 août au 3 septembre, il va participer à l’offensive décidée par le général Joffre en Alsace et en Lorraine. Le 158e RI va rester en Alsace où il avance dans un premier temps rapidement par la vallée de la Bruche de Saales jusqu’à Rothau en passant par St-Blaise. Puis descendant la vallée de la Sarre Rouge, c’est à Abreschviller que s’engagent les premiers combats violents. Le 20 août le 158e RI reçoit l’ordre d’enlever le village de St-Léon et le col du même nom. Mais la situation se dégradant rapidement devant l’offensive allemande, il est demandé au régiment de se maintenir en position le plus longtemps possible afin de laisser le temps aux autres unités de se replier en bon ordre. Il tient bon jusqu’à 14 heures et ne commence à se replier que lorsque l’ordre en est donné. Commence alors la retraite, avec du 21 au 27 août, en passant de St-Léon à St-Benoit, par St-Quirin, Badenviller, Vaqueville, Thiaville, Ménil. Ce ne sont que combats d’arrière-garde pour contenir l’ennemi, contre-attaques pour enrayer ses progrès, marches de jour et de nuit pour se dérober à son étreinte. Les pertes sot terribles, mais lorsque le 27 août, le régiment, épuisé et décimé, est relevé, l’effort allemand était définitivement brisé sur cette partie du front, et la trouée de Charmes sauvée.
Mais après quelques jours de repos, une autre mission toute aussi vitale lui est assignée : contenir l’ennemi sur la Marne. Le 5 septembre le régiment s’embarque à Darnieulles (près d’Epinal) et le 6 il débarque à Montier-en-Der et Wassy. A peine débarqué, le 21e corps, auquel appartient le 158e RI, est engagé entre l’Armée Foch et l’Armée de Langle de Carry. A travers le Camp de Mailly le Régiment se lance à la poursuite de l’ennemi. Le pays a changé depuis les Vosges : ce ne sont plus les fraîches vallées, les eaux vives, les majestueuses forêts, les pittoresques décors de la montagne ; mais les ondulations crayeuses, les sapins rabougris, les horizons monotones et par-dessus tout le manque d’eau. Tous ceux qui ont participé à cette marche sans arrêt de Wassy à Souain, conservent moins le souvenir des combats d’arrière-garde qui y furent parfois très durs (Sompuis 10 septembre), que celui des ardeurs de la soif. (Historique du 158e RI Imprimerie Berger Levrault et Cie Nancy Paris Strasbourg). La poursuite s’arrête à Souain où des troupes fraîches avaient eu le temps d’organiser le terrain et de creuser des tranchées. De durs combats sont encore livrés aux abords de Souain et du bois Sabot (le13 septembre et les jours suivants). Mais déjà le front se stabilise en Champagne : la guerre de tranchées commence.

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Mais s’est lors de l’engagement suivant que son destin va rattraper Jean Marie GOUNICHE. Le 158e RI va être engagé dans la course vers la mer afin de contenir les Allemands qui essaient de déborder l’armée française par le nord. Il débarque le 3 octobre à Wawrin, entre Lille et Lens. Jusqu’au 12 octobre, ses trois bataillons répartis sur un front de plus de 20 kilomètres, vont avoir à remplir pour mission de protéger le débarquement du 21e corps d’armée et de tenir tête à la cavalerie et aux bataillons de chasseurs de la Garde prussienne, sur les ponts du canal de Douai.

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Du 6 au 10 octobre une série de combats acharnés sont soutenus par les bataillons et même par les compagnies, isolés les uns des autres et menacés sans cesse d’encerclement. Il n’est pas possible de retracer dans les détails chacune de ces actions tant la situation est confuse. Citons seulement l’attaque de Loos (6 octobre), celle de la cité St-Auguste (8 octobre), la défense des ponts par les compagnies du 1er bataillon, enfin la défense de La Bassée (9-11 octobre). Il est ensuite envoyé dans le Pas-de-Calais, où il combat avec les Anglais à Gambrin, puis aux abords de Vermelles et dans les tranchées de Noulette.
Le 1er novembre, les 1er et 2e bataillon sont envoyés en camions à Reninghelst, dans la région d’Ypres. C’est le moment où se prépare le plus formidable assaut de la bataille des Flandres. Le Kaiser est à Thielt en Belgique, et se dispose a faire son entrée à Ypres, puis à Calais. Pendant 25 jours, les 2 bataillons du 158e RI vont prendre part à trois actions différentes. Du 3 au 8 novembre, combat de Kemmel, attaque et défense du moulin de Spanbroke. Du 10 au 15 novembre, défense de Mont-St-Eloi, dans des tranchées pleines d’eau, sans aucune communication avec l’arrière, en butte aux attaques quotidiennes de l’ennemi. Du 16 novembre au 5 décembre, défense du secteur de Hooge où un nouvel ennemi, le froid, fera insidieusement son apparition et causera les premières fortes pertes par gelure de pieds.
En plus du froid, les conditions sanitaires déplorables sont à l’origine de multiples maladies contagieuses dont la typhoïde, maladie à laquelle succombe Jean Marie GOUNICHE le 15 décembre 1914 à l’hôpital temporaire de la caserne Jean Bart de Dunkerque.

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Il est inhumé dans la nécropole nationale de Dunkerque, tombe n° 121. Il avait 29 ans.

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2 réflexions au sujet de « Jean Marie GOUNICHE »

    François Annet GOUNICHE « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    12 décembre 2018 à 19 h 16 min

    […] à Echandelys, comme Eugénie le 29 avril 1875 et Henri le 23 juin 1878. Un petit frère prénommé Jean Marie naîtra après François Annet, le 23 octobre 1885, toujours à Echandelys. Joseph comme […]

    Joseph GOUNICHE « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    12 décembre 2018 à 19 h 25 min

    […] Faye), comme Eugénie le 29 avril 1875, Henri le 23 juin 1878, François Annet le 30 avril 1881 et Jean Marie le 23 octobre 1885. Jean Marie comme François Annet seront appelés lors de […]

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