Antonin BOURNERIE

Publié le Mis à jour le

Dernier enfant d’une fratrie de 8, ses parents sont tous deux issus de la commune d’Echandelys puisque son père Claude, propriétaire cultivateur, est né au moulin de Géry en 1830 et sa mère, Marie BRAVARD, au Buisson en 1838. Toutefois, parmi ses aînés, seuls deux sont vivants lorsqu’il naît au Buisson le 16 juin 1878. L’aîné, Pierre, né le 15 avril 1863 meurt cinq mois plus tard. Le second enfant, Claude Antoine est l’un des survivants. Né le 8 mai 1865, il se mariera avec Marie Victorine POINTUD d’Auzelles qui lui donnera deux enfants dont l’un Eugène Antonin sera soldat pendant la Grande Guerre et l’autre, Amélie Augustine se mariera en 1919 avec Antoine Alfred CHEVARIN qui sera également soldat pendant le même conflit. Suivent Jean, né le 02 mars 1867 et mort en 1870, Jules Pierre né le 29 avril 1870 et mort 2 ans plus tard, Marie Léonie, née le 21 février 1872 et morte quelques jours plus tard. Naît ensuite une fille sans vie, mort-née, le 25 février 1873. Seule Marie Anne, née le 24 juillet 1874 survivra jusqu’en 1896 mais comme ses parents ne verra pas partir Antonin à la guerre (puisque leur père meurt en 1895 et leur mère en 1907).

BOURNERIE A 1878Famille

Antonin se marie le mardi 15 novembre 1904 à Echandelys avec Hélène Marie Antoinette TOURDOT, couturière, née le 20 août 1878 au Cluel. Antonin exerçant le métier de boulanger, le couple part alors habiter au bourg et donne naissance à deux garçons en 1905 et 1914.
Lors de sa visite d’incorporation Antonin apparaît grand, mesurant 1 m 70. Ses cheveux sont bruns et ses yeux gris bleu. Il effectue son service au 21e RI de Langres du 15 novembre 1899 au 20 septembre 1902 en ayant été nommé soldat de 1e classe le 31 juillet 1901. A la déclaration de la guerre, il rejoint le 99e RIT de Clermont-Ferrand le 13 août 1914. Il y reste certainement pour une période d’instruction d’un mois et devant l’ampleur des pertes des premières semaines de guerre, il rejoint à 36 ans un régiment de combat, le 50e RI de Périgueux le 18 septembre 1914. Celui-ci ayant perdu environ 1600 hommes en Belgique, ne reçoit un renfort que de 400 soldats. C’est donc affaibli qu’il participe à la 1er bataille de la Marne lorsque Antonin le rejoint à Aubérive-sur-Suippes le 17 septembre 1914. Là, les Allemands avec leur mitrailleuses et leurs canons de 77 clouent sur place les attaques des 19, 20, 24 et 30 septembre faisant de nombreux morts.

Aubérive

Dans la tranchée de la mort, les bombardements tuent la moitié des effectifs d’un bataillon dans la seule journée du 30 septembre. A partir de ce moment, les grandes offensives cesseront et les soldats vont s’enterrer dans les tranchées et essayer d’améliorer leur quotidien.
A partir de mi octobre et jusqu’à fin février 1915, le régiment stationne un peu plus à l’ouest dans le secteur de Prosnes. En raison de l’arrivée de renforts venus du nord, de nombreux mineurs rejoignent le régiment. Ceux-ci creusent de nombreux ouvrages dans la craie de Champagne, ce qui permet de considérablement améliorer le secteur. La dysenterie qui avait fait des ravages jusqu’alors disparaît, les hommes pouvant faire chauffer leurs repas et consommer du vin (remplaçant l’eau non potable !).

Prosnes

Comme le montre la carte ci-dessus avec la répartition des régiments, les régiments d’active tournent en les encadrant avec des régiments de territoriaux (le 112e RIT pour le 50e RI).

Prosnes2

On sait par des prisonniers que les tranchées allemandes sont tenues par des Polonais. Le 26 novembre, un groupe de vingt-cinq Polonais de la Légion étrangère vient au 50e RI pour essayer, par des chants nationaux et en montrant leur drapeau, d’amener leurs compatriotes à déserter. Ils font leur propagande avec ardeur mais n’arrivent qu’à provoquer le changement de secteur des Polonais de la ligne allemande. Leur porte-drapeau est par ailleurs tué pendant cette opération.
Le 28 février 1915, le régiment se déplace 5 km au sud pour relever à Baconnes une partie des 326e RI et 117e RIT. Puis, le 25 mars 1915, le régiment part pour une destination inconnue.
C’est la Lorraine qu’il rejoint, où il est mis en attente du 28 mars au 15 avril. Venant relever le 108e RI dans le secteur de Régniéville, Feyen-Haye, il ne s’agit point de reprendre immédiatement les attaques mais de les préparer par la création de bonnes tranchées et de boyaux de communication sur le terrain conquis. Se relevant tous les quatre jours avec le 108e RI, le 50e RI, fournit un travail énorme, dans un terrain particulièrement difficile, sous un bombardement d’artillerie, continuel au début, auquel s’ajoutait le harcèlement par un engin nouveau, la torpille dite « seau à charbon ». Sans combattre, il subit des pertes importantes.

seauàcharbonsite
Torpille type seau à charbon
Lanceur                                                                                       Projectile

Il est relevé les 28 et 29 mai pour un cantonnement de repos loin à l’arrière, à Foug. Le régiment donne même un concert pour ses soldats et les premières permissions apportent un peu de moral aux soldats.
Le 22 juillet 1915, le régiment part en Artois en automobiles. Il occupe sous une pluie qui rend glissants tranchées et boyaux le secteur de Neuville-Saint-Vaast. Tournant en alternance avec le 126e RI, il organise les ouvrages, recevant de nombreuses attaques de minenwerfer, en particulier sur le secteur de la route de Neuville à Thélus. Les travaux ont pour but de préparer une attaque qui rompra le front ennemi. Après un bombardement de 72 heures, le 25 septembre 1915, à midi 25, les vagues d’assaut du 126e RI se précipitent en avant. Devant le travail des mitrailleuses allemandes, ce dernier ne peut se maintenir et reflue. Les quelques éléments du 50e RI qui montent à l’assaut sont fauchés à leur tour. Une nouvelle attaque est reportée au lendemain. L’artillerie, encore mise à contribution, ne peut nettoyer les barbelés allemands trop près des premières lignes françaises. Elle est toutefois tentée avec le 108e RI mais ne peut se maintenir. Plus de 700 hommes y perdent la vie. Le régiment est alors relevé mais chaque jour il se déplace ; le 28, dans la soirée, il quitte le cantonnement de Maroeuil pour aller à Agnez-les-Duisans ; il repart le 29, pour Lignereuil et Blaviricourt. Le 30, il fait une étape de plus de trente kilomètres pour relever, dans la nuit, des éléments devant Roclincourt et plus au sud. Ainsi, sans avoir pris aucun repos, après les dures journées d’attaque, le 50e RI se trouve de nouveau en ligne dans un secteur, généralement assez bombardé, très démoli, dans lequel les tranchées et boyaux manquent de profondeur. Il se met de suite au travail et, malgré les pertes (17 tués, 19 blessés en quatre jours), il a réalisé une amélioration sensible quand, le 4 octobre, le 326e RI vient prendre le secteur.
Après quelques jours passés à Wanquetin, puis à Haute-Avesnes, Ecoivres et Neuville-Saint-Vaast, pendant la préparation et l’exécution d’une nouvelle attaque le 11 octobre menée par le 108e sur le bois de la Folie, le 50e RI est en secteur, dans la nuit du 12 au 13 octobre, au nord-est de Neuville-Saint- Vaast. C’est là, avec quelques légères modifications de front, que le régiment va passer l’hiver de 1915-1916, soutenant sans faiblir une lutte, à la fois contre un ennemi agressif, qui, lorsqu’il n’attaquera plus en terrain découvert, commencera la guerre de mines, et contre la boue. Jusqu’à la fin d’octobre, le commandement conserve des intentions offensives : on ne place point de fil de fer devant la première ligne, au contraire on fait des travaux d’avance.
Mais le 30 octobre, à la pointe du jour, de grosses torpilles éclatent simultanément sur toute la ligne de guetteurs qui, presque en même temps, est submergée par plusieurs vagues d’assaut très denses, pendant qu’un barrage intense est déclenché sur tout le secteur. Les Allemands sont rapidement arrêtés : des contre-attaques incessantes pendant toute la journée et le lendemain permettent de reprendre le terrain perdu. En 2 jours le 50e RI a perdu 500 hommes. Puis, arrive un nouvel ennemi : la pluie qui, dans la terre extrêmement fine et grasse des vergers de Neuville, menace de destruction rapide toutes les organisations, cause l’éboulement des parois, transforme les tranchées et boyaux en lits de boue épaisse dans laquelle on enfonce jusqu’aux cuisses et où l’on risque de s’enliser. Au commencement de décembre la situation créée par la boue devient inquiétante. Malgré tous les efforts, le 10, la circulation est interrompue : les premières lignes sont menacées de manquer de ravitaillement ; il y a de nombreux pieds gelés. Sous l’impulsion énergique du lieutenant-colonel Payerne, le régiment fait un effort presque surhumain et arrive à se dégager. Oh ! les pénibles journées ! Le séjour au secteur est de huit jours ; quand vient la relève, on éprouve un grand soulagement certes, mais que la marche est pénible pour ces hommes dont la plupart ont les pieds tuméfiés, qui portent un sac surchargé et dont les vêtements, capote, culotte, molletières, les couvertures et toiles de tente, les musettes sont encore alourdies par la boue formant sur toutes choses un enduit épais ! On se traîne en geignant jusqu’à la chaussée Brunehaut. Merveilleux ressort de ces admirables soldats ! Quand, vers la chaussée Brunehaut, on aperçoit les cuisines roulantes qui attendent pour distribuer le repas, quand surtout chacun a mangé la soupe et bu un quart de vin; la gaîté est revenue. Et puis on sait que les autos attendent pour nous transporter dans notre cantonnement habituel, loin du canon (d’abord Izel-les-Hameaux, Tilloy-lès-Hermaville, Doffine, puis Ambrines, Pénin, Villers-Sir-Simon, Doffine) où chacun connaît son coin! C’est déjà le commencement du repos ! […] Au cantonnement on se nettoie et on jouit le plus largement possible du repos qui, comme le séjour aux tranchées, est régulièrement de huit jours. (Historique du 50e RI Imprimerie Cassard frères Périgueux 1920). Le 25 janvier 1916, au 6e jour de repos, le 50e RI est appelé en urgence Maroeuil où les Allemands ont fait exploser les mines qu’ils préparaient depuis plusieurs semaines et aide le 108e RI à occuper les entonnoirs. Ceux-ci, explosés plusieurs fois et sont perdus puis repris. C’est dans cette atmosphère fiévreuse que le secteur est abandonné aux Anglais le 13 mars 1916.
Après moins de 12 jours de repos, le régiment part pour Verdun où il occupe le secteur de Charny à partir du 5 avril 1916. Si le régiment ne participe à aucune attaque, il est l’objet d’incessants bombardements qui font 150 blessés ou tués et s’occupe à mettre en valeur le secteur en creusant boyaux et tranchées. Antonin est alors blessé à l’avant-bras gauche lors des travaux le 16 avril 1916.

Charny1916

Du 18 juillet au 15 septembre 1916, il va prendre dans l’Aisne le secteur d’Oulches. Le 50e RI crée sur toute l’étendue de son front une tranchée, calquée, à bonne distance d’assaut, sur le tracé de la première ligne allemande et pouvant servir de tranchée de départ. Malgré le tir de quelques minenwerfer, le secteur est assez calme. Les Allemands occupent une position dominante, mais les ravins profonds, les bois permettent de circuler sans être vu. Le séjour y dure jusqu’au 15 septembre puis suit une période d’instructions et de manœuvres au camp de Dravegny préparant la bataille de la Somme. Ce n’est toutefois que le 25 novembre, après avoir exécuté pendant un mois environ des travaux de défense sur le territoire avancé du camp retranché de Paris (Coeuvres et Valsery), que le régiment atteindra Barleux, tenu par les Allemands.
Après l’étude détaillée du terrain ; chaque bataillon reconnaît sa zone d’action ; puis on va au repos dans les camps 56 et 59 (près de Cappy et de Morcourt). Le temps est mauvais, la pluie a transformé ces camps en champs de boue et elle continue à tomber. Le 50e RI doit attaquer en première ligne. Mais l’offensive est annulée et à partir du 13 décembre 1916, il ne s’agit plus que de lutter d’abord contre la boue, plus tard contre un froid terrible. Et cela durera pendant les mois de décembre et de janvier, avec de temps en temps de violents bombardements par torpilles et obus toxiques et les tentatives de quelques reconnaissances ennemies. Le régiment quitte alors le secteur le 3 février 1917 et sous un froid terrible arrive le 15 février à Valmy. Mais les Allemands ont attaqué à Maisons-en-Champagne et ont conquis la cote 185, leur fournissant un excellant observatoire. Le 50e RI contre-attaque les 8 9 et 10 mars 1917 après une préparation d’artillerie. Le régiment attaquera les trois bataillons accolés 2e bataillon à droite devant Maisons-de-Champagne, 3e bataillon au centre devant 185, 1er bataillon à gauche devant Gallois et Guerlais. Ce dispositif sans réserves indique bien la conviction du commandement que la tâche de l’infanterie sera très réduite. Dans la nuit du 6 au 7, le régiment reprend le secteur. Il y a peu d’abris, certaines unités n’en ont pas du tout. Il faut donc s’installer dans la tranchée même par un froid très vif et, de jour, il faudra éviter tout mouvement pour ne pas déceler la densité d’occupation. Le 7 au matin il neige. La préparation commence, les destructions sont poursuivies toute la journée avec des moyens réduits. L’ennemi réagit assez peu. Elles sont reprises. avec plus de violence le 8, dès le jour. Le temps est toujours aussi mauvais, la tempête de neige augmente d’intensité, il fait un vent très fort. Aucun ballon ne peut tenir l’air, aucun avion ne peut voler. Quelques coups courts de 155 et de 75 causent des pertes dans la tranchée de départ, surtout au bataillon de droite, où toute une section, y compris l’officier, est enterrée dans un abri par un de ces coups malheureux. Vers 13 heures les Allemands déclenchent un tir de contre-préparation dont les coups précis suivent les tranchées pour un écrasement méthodique. Il y a là un ensemble terrible de mauvaises conditions ! L’attaque est pour 14 h. 40. Dans les P. C., dans les nombreux observatoires qui ont des vues sur le champ de bataille, on s’inquiète et à mesure que l’heure approche.
A 14 h. 40 les trois bataillons sont sur le terrain, marchant en vagues régulières. En peu de temps, la plupart des objectifs sont atteints : Maisons-de-Champagne (7e compagnie, lieutenant Faye), ouvrage Gallois (3e compagnie, capitaine Menon), avancée de l’ouvrage Guerlais (Ire compagnie, lieutenant Quinquette). Les prisonniers affluent vers l’arrière. Mais l’attaque sur la côte 185 a été prise sous un feu violent de mitrailleuses qui, dès le départ (et c’était justement le point où les vagues d’assaut avaient le plus de terrain à parcourir avant d’aborder la position ennemie) lui a fait subir des pertes importantes et finalement l’a arrêtée avant qu’elle ait pu aborder la tranchée de Posen (1e ligne allemande) ; la liaison n’existe pas entre le bataillon de droite et celui du centre. (Historique du 50e RI Imprimerie Cassard frères Périgueux 1920). Malgré les combats des 3 jours suivants, la cote 185 ne sera pas reprise.

MaisonsenChampagne

Les pertes importants nécessitent une réorganisation du régiment. Il reste alors en Champagne et tient un secteur plus calme à l’est de la route Saint-Hilaire-le-Grand – Saint-Souplet. Mais chaque bataillon, avec des effectifs très réduits, même après l’incorporation d’un renfort, a à garder un front de 1.100 mètres environ ; et il y a entre la première ligne allemande et la première ligne française d’anciennes tranchées, d’anciens boyaux abandonnés, qui ont été obstrués par des fils de fer et en partie comblés mais n’en permettent pas moins quelques coups de mains adverses. Les Allemands ont beaucoup de minenwerfer de tous calibres.
Pour une raison inconnue, Antonin est considéré comme à l’intérieur (non combattant) à partir du 25 avril 1917. Il est actuellement impossible de savoir ce qu’il a fait du 25 avril au 3 juin 1917. Il quitte ensuite le 50e RI le 3 juin 1917 pour rejoindre le 327e RI qui se réorganise au camp de Mailly et dans les environs de Provins.
Le régiment part ensuite dans les Flandres où il participe à l’offensive générale du 1er août 1917. Franchissant le canal de l’Yser le 30 juillet, il participe à la 2e phase en enlevant Bixschoote et en atteignant le 16 août les rives du Saint-Jausbeck. Il s’y organise et y repousse les contre-attaques ennemis accompagnées de tirs à obus toxiques.

Bixschoote1917

Après avoir exécuté, en deuxième ligne, une série de travaux défensifs, le régiment occupe, le 28 octobre, au nord du Saint-Jausbeck, des terrains nouvellement conquis: dans la boue jusqu’aux genoux, parfois jusqu’au ventre, les hommes organisent la défense en utilisant les trous d’obus et cherchent, en canalisant les eaux et en installant des pistes avec des caillebotis, à rendre le chaos existant plus abordable jusqu’au 21 novembre, jour de la relève. Après un séjour aux environs de Paris et une période d’instruction dans la zone de Chéry-Chartreuse, le régiment occup, le 27 janvier 1918, le secteur de la Ville-aux-Bois, et y établit une série importante de travaux défensifs. Des coups de main ont lieu de part et d’autre. Relevé, le 24 mars du secteur de la Ville-aux-Bois, le 327e RI est transporté en camions le 26, au nord-est de Soissons, le 27 dans la Forêt de Laigle, le 28, dans le Bois de Ressous-sur-Matz. Le 30 mars, il arrête la marche de l’ennemi débouchant de Montdidier et stabilise la résistance sur une ligne passant au Sud de Mesnil-Saint-Georges et par le Monchel. Jusqu’au 5 mai, le régiment fortifie l’organisation de ce secteur. Ses pertes, pendant cette période, se sont élevées à plus de 500 hommes. Le 6 mai, le 327e RI est chargé d’organiser des positions défensives de deuxième ligne dans la région d’Ansauvillers, puis est subitement transporté en autos, le 29 mai, pour débarquer entre Attichy et Vic-sur -Aisne, sur la rive sud de l’Aisne afin de résister aux environs de Soissons à l’avance prononcée par les Allemands qui tentent de déborder les forêts de Villers-Cotterets et de Compiègne. C’est la seconde bataille de la Marne, en réponse à l’offensive désespérée des Allemands contre Paris afin de s’assurer de la victoire finale.
Le 31 mai, le 4e bataillon attaque au sud de l’Aisne, Mercin et Vaux, cependant que le 6e bataillon s’installe défensivement sur les hauteurs de Nouvron-Vingré, au Nord de l’Aisne. Le 5e bataillon vient appuyer le 6e bataillon, et la défense du secteur de Nouvron-Vingré passe entre les mains du Lieutenant-Colonel DAUVERGNE. Pendant six jours, avec des effectifs variables, l’ennemi cherche à s’infiltrer et à percer les lignes françaises. Par sept fois, dans la même journée, il revient à l’assaut. Mais le front reste intact et la pointe la plus avancée du saillant qui va délimiter les deux grands champs de bataille, l’Oise à l’ouest, l’Ourcq et la Marne au sud, est définitivement fixe. Cette résistance vaut au 327e RI sa première citation à l’ordre de la Xe armée. A partir du 18 juillet 1918, l’armée française prend l’offensive et le 6e bataillon, avec d’autres éléments de la division, s’empare des tranchées au nord de Fontenoy. Les 23e compagnie et 6e compagnie de mitrailleuses sont citées à l’ordre de la 162e Division d’Infanterie. Le 31 juillet, le régiment s’installe dans la région de Le Port-Fontenoy et y prépare une série d’offensives.

Fontenoy

Les 18 et 19 août, les lisières du bois bordant le plateau dominant le ravin de Nouvron-Vingré au Moulin de Fouquerolles tombent entre nos mains, les 20 août et jours suivants la progression continue par Tartiers et le Stand de Vaugerins, le régiment, malgré la défense acharnée de divisions fraîches amenées en toute hâte sur le champ de bataille, s’empare de Villers-Fosse et s’installe sur la chaussée Brunehaut.

Nouvroncarte1918

Après quelques jours de repos destinés à la reconstitution du régiment et passés dans les région de Murret, Croutes et de Serches, il part le 14 septembre du ravin de Couvaille pour s’emparer du château de Vauxelles, du bois de la Souris et des hauteurs dominant le rive droite de l’Aisne à l’Ouest de Vailly, appuyé par des sections de tanks. Le recul des Allemands amène le 327e RI le 28 septembre, aux fermes de Folemprise et Gerlaux et le 30 septembre, au Chemin des Dames enlevé après un combat acharnée et à l’épine de Chevregny occupée dans la foulée.
Transporté dans la région de Gérardmer, le 327e RI occupe, dans les Vosges, le secteur des Lacs et du Linge. Des forestiers ennemis cherchent à faire des prisonniers. C’est au secteur Alsacien que la nouvelle de l’armistice parvient au régiment : après une cérémonie célébrée au Linge en l’honneur des morts pour la Patrie, il pénètre, le 17 novembre, en Alsace et traverse triomphalement Colmar le lendemain pour aller occuper des villages à quelques kilomètres du Rhin.
Antonin quitte alors le 327e RI pour passer au 55e RIT et surveiller la frontière suisse dans un environnement particulièrement accidenté et boisé. Il n’est libéré que le 1er février 1919, à l’âge de 41 ans, puis permettant de retrouver sa femme et ses deux fils dont le cadet reprendra la boulangerie paternelle. Il s’éteindra le 13 février 1960, précédé le 21 mai 1951 par sa femme.

 

2 réflexions au sujet de « Antonin BOURNERIE »

    Eugène Antonin BOURNERIE « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    5 novembre 2018 à 13 h 00 min

    […] soldat de la Grande Guerre. Il faut noter par ailleurs qu’un oncle paternel d’Eugène Antonin, Antonin BOURNERIE, sera aussi mobilisé pendant toute la durée du conflit. Lors de son incorporation, il mesure 1 m […]

    Antoine Alfred CHEVARIN « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    7 novembre 2018 à 18 h 43 min

    […] 1919 avec Amélie Augustine BOURNERIE, dont le frère, Eugène Antonin et l’oncle paternel, Antonin, ont tous deux été soldats pendant la guerre. En 1923, il est père d’un enfant vivant. Il […]

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s