Jean Marie PILLEYRE

Publié le Mis à jour le

PILLEYRE J M 1884Portrait

Aîné d’une famille de 6 enfants, il voit le jour au moulin de Géry le jeudi 12 juin 1884 à 10 heures du soir. Son père Antoine (mais nommé par erreur Louis dans son acte de naissance) est originaire de Domaize puisqu’il est né à Puissachet le 13 août 1854. Il s’est marié avec Marie VAISSE née au moulin de Géry le 12 janvier 1859, le 28 juillet 1883. D’abord tailleur de pierre puis maçon, la famille s’installera ensuite à la Parade où naît Joseph Ernest le 24 octobre 1886 (il sera aussi soldat pendant toute la Grande Guerre mais aura plus de chance qu’eux puisqu’il sera le seul à y survivre ; marié à Marsac en 1919, il va y décéder le 21 juin 1965). Vient ensuite le troisième fils, Ludovic Benoît né le 22 janvier ) la Parade (marié en 1911 à Echandelys, il sera aussi victime de la guerre le 18 juillet 1917 dans la Meuse). Antoine François né le 24 juillet 1890 à la Parade, ne fera qu’un court passage sur terre, mourant à l’âge de 20 mois le 8 mars 1892, peu de temps avant la naissance de sa petite sœur Marie Eugénie le 27 août 1892 (mariée à Echandelys le 13/09/1919 avec Arthur Antoine THIODAS, un ancien combattant de la Première Guerre Mondiale, elle va mourir à Echandelys le 9 janvier 1963). Enfin, le dernier enfant, Léon Joseph né le 5 octobre 1900 à la Parade décédera à Issoire le 30 août 1956.

FamillePilleyre

Sur cette photographie sont présents sur la première rangée Maria, Jean, Ernest et Ludovic, puis sur la seconde les parents Antoine et Marie, séparés par le petit dernier Léon.
Marchand de produits alimentaires lors de son incorporation (même si les registres de recensement le disent maçon en 1906), il mesure 1 m 63 et a des yeux et des cheveux châtains. Son visage est ovale et il ne présente pas de signe particulier. Il arrive au 92e RI de Clermont-Ferrand le 9 octobre 1905 pour devenir caporal le 28 septembre 1906 et être libéré de ses obligations le 28 septembre 1907. Il revient à Echandelys et prend le métier de scieur de long pour lequel il fera des saisons à Beuzevillette (Normandie) en 1908, à Verrières du Grosbois (Belfort) en 1910 et à nouveau en Normandie à Bois-Guillaume en 1911. Il devient ensuite maître d’hôtel au château du marquis des Roys à Echandelys).
Il se marie le samedi 23 août 1913 avec Marie Clémentine SAUVADE née le 26 janvier 1887 à Marsac (hameau de Flaittes). Sa femme devient lingère au château.
Lors de la déclaration de guerre, il rejoint le 292e RI le lundi 3 août 1914. Dès le 12, le régiment est embarqué en train en deux convois partis respectivement à 15 h 27 et 18 h 07. Arrivés à la gare régulatrice de Gray, les hommes et le matériel sont débarqués pour aller cantonner à Mollans en Haute-Saône le 13 août en fin d’après-midi. Le 15, le régiment quitte son cantonnement pour Reppe à proximité de Belfort, après avoir franchi la frontière. Les Allemands s’étant retirés derrière la ligne Mulhouse-Altkirch-Ferette, l’armée d’Alsace, dont fait partie le 292e RI marche vers l’est dans la région de Hagenbach et Burnhaupt où le 6e bataillon appuie le 305e RI pour l’attaque d’Illfurt. Deux compagnies défendent le pont d’Aspach où elles améliorent les défenses, et qui sera détruit quelques jours plus tard.

Aspach

Mais les Allemands sont en train de foncer sur Paris et la situation est critique. Le 292e RI embarque le 27 à Belfort pour une destination inconnue. Les trains emmènent la division à grande vitesse, par Besançon, Dijon, Fontainebleau, Paris, à la Faloise (Somme), où elle débarque le 29. Les Allemands, depuis Charleroi, talonnent l’armée française et marchent sur Paris. Le régiment prend une formation de combat vers Folleville, face au nord-est. Pour l’exécution du plan du général JOFFRE, le repli est ordonné. Les marches des 2 et 3 septembre sont pénibles, en raison de la chaleur et de la longueur des étapes ; il ne faut pas s’attarder, l’ennemi suit, et il faut que franchir les ponts sur l’Oise. Après le passage de la division, le génie fait sauter le pont de l’Isle-Adam. La marche sur Paris se continue par Écouen, puis vers l’est par Dammartin-en-Goële, Marly, où le régiment cantonne le 5, tandis que 5 compagnies prennent les avant-postes de combat de l’Issard à Chantemerle. Quelques patrouilles de uhlans sur lesquelles on tire sont repoussées. La bataille de l’Ourcq se prépare.
Le 6 septembre, le 292e RI se porte à l’attaque. Tout le régiment marche sur le village de Puisieux (Seine-et-Marne). La 23e compagnie (3 sections), sous le commandement du lieutenant GRASSET et du sous-lieutenant SOALHAT, se distingue particulièrement ; la tâche est dure et les pertes sont grosses, surtout à la 24e compagnie. Le 6e bataillon a pu arriver en face de Puisieux, où il s’est retranché en utilisant les abris abandonnés par les Allemands. Le 7 septembre, parvient la proclamation désormais historique du général JOFFRE, qui est communiquée à toutes les troupes, même à celles de première ligne. Le 292e RI exécutera l’ordre à la lettre. Laissons le JMO nous relater les faits de l’attaque du 8 septembre :
Ordre de la Brigade : le Régiment attaquera l’ennemi dans ses positions de VINCY-MANOEUVRE partant du village de PUISIEUX, 6ème Bataillon en première ligne, 22ème Compagnie en avant garde, 3ème section (Adjudant GUILIANI) en tête de marche à l’ennemi. A 1200 mètres environ de PUISIEUX (c’est-à-dire environ à hauteur du Grand Poligny sur le carte) la section de tête est accueillie par un feu intense de mousqueterie ayant été repéré par les incendies allumés par les Allemands. Le Chef de Bataillon fait soutenir cette section à gauche par la 4ème section (Lieutenant MOURQUES) et à droite par les 1ère et 2ème section. Il prescrit en même temps aux 21ème et 23ème Compagnie de prolonger la 22ème à droite face à la ferme MANOEUVRE, et à la 24ème Compagnie à gauche face à VINCY.

Puisieux

Puisieux01

Ces mouvements s’exécutent sous un feu d’Infanterie qui s’est étendu sous le feu des mitrailleuses retranchées et sous les feux terrifiants d’une artillerie parfaitement repérée. En même temps que ces feux fauchent un grand nombre d’Hommes, et fixent sur place un certain nombre d’unités, et de fractions, il est étendu sur le 5ème Bataillon qui n’a pas trouvé de terrain pour son déplacement. Dès la première heure le Commandant GATAL Chef du 6ème Bataillon est blessé d’une balle au bras droit. Il a pu conserver son commandement et rester à la tête sur la ligne de feu, jusqu’à la fin du combat. Le Sous Lieutenant LASSAGNE est tué, le Lieutenant MERMET reçoit trois blessures graves. Le Lieutenant PAPON est blessé, le Sous Lieutenant SANSELME est blessé, l’Adjudant BAHUET, le Sergent Major PELISSIER et autres sous officiers (PERRIER, SALON etc…) sont tués ou blessés ainsi qu’un nombre considérable de Soldats. Cependant au 5ème Bataillon la situation s’aggrave de suite le Commandant Pereira est tué, le Lieutenant Colonel est blessé grièvement, le Sous Lieutenant MARTEL et l’Adjudant BENNET étaient tués au cours du déploiement de ce Bataillon nombre d’Hommes tombaient. Les feux de l’Infanterie et de l’Artillerie étaient si intenses qu’ils ne permettaient pas à ce Bataillon de dépasser ses premières positions de déploiement. Le 6ème Bataillon ne pouvait donc être soutenu et devait se maintenir avec ses seules ressources. Il était soutenu par les feux de l’Artillerie Divisionnaire à droite par l’attaque du 305ème et à gauche par le 321ème. Il pouvait utiliser ses feux et celui de ses mitrailleuses jusqu’à ce qu’il fussent mis hors de combat. L’action a durée ainsi jusqu’à la fin du jour alors l’ennemi se met nettement en retraite abandonne sa position de VINCY-MANOEUVRE. Le chef de Bataillon GATEL, blessé ayant pris le Commandement du Régiment ou plus exactement celui de son Bataillon, qu’il n’avait pas quitté durant la journée, et ayant décidé de rallier les débris de son Bataillon et de tenir la nuit sur ses positions, mais devant le petit nombre de gradés et d’hommes valides, très impressionnés par la vue de leurs camarades tués ou blessés et ayant reconnu la nécessité de reformer son Bataillon en arrière à BREGY et prendre toutes ses dispositions pour faire recueillir les blessés. Il rassemble ainsi la majorité de ses valides et les blessés susceptibles de marcher il les conduit à BREGY et après entente avec le corps médical, les voitures d’ambulance partaient avec les Docteurs DE MARTEL, LAROCHE, les Officiers comptables DILLON et ANDRE et ramenaient le plus grand nombre de blessés restés sur le champ de bataille. Plusieurs de ces blessés devaient être déposés au village de PUISIEUX. Quelques oubliés étaient cachés dans les champs de luzerne et de betteraves et n’ont été recueillies que le lendemain et soignés avec un dévouement inlassable par le Docteur DE MARTEL et son personnel. Tués : Mrs les S/Lieutenant MARTEL et LASSAGNE, 54 Hommes, Blessés : Mr le Lieutenant Colonel LALANDE, Mr les Capitaine PROCHASSON ET BERNARD, Mrs les Lieutenants MEUNIER, MERMET, PAPON, Mrs les Sous Lieutenant BOURNAUD, GIGARET, COMPAGNON, DE MOURGUES et SANSELME, 649 Hommes.

Puisieux02

Jean Marie a disparu ce jour-là à Puisieux. Sa famille n’est informé de sa disparition que le 18 octobre 1916.

PILLEYRE J M 1884 AvisDisparu.jpg

Il est considéré comme mort au combat le 8 septembre 1914 par le tribunal civil d’Ambert.

Puisieux03

 Il avait 30 ans laisse sa femme et une petite fille, Madeleine Marie Camille, née une semaine plus tôt qu’il n’a même pas eu le temps de voir.

PILLEYRE J M 1884PortraitFemme

PILLEYRE J M 1884MplF.JPG

 

3 réflexions au sujet de « Jean Marie PILLEYRE »

    Ludovic Benoît PILLEYRE « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    1 novembre 2017 à 16 h 09 min

    […] puis maçon, la famille habitant d’abord au moulin de Géry, s’installera ensuite à la Parade. Jean Marie, son frère aîné, naît donc au moulin de Géry le 12 juin 1884 (soldat de la Grande Guerre, il […]

    Joseph Ernest PILLEYRE « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    9 novembre 2017 à 17 h 49 min

    […] puis maçon, la famille habitant d’abord au moulin de Géry, s’installera ensuite à la Parade. Jean Marie, son frère aîné, naît donc au moulin de Géry le 12 juin 1884 (soldat de la Grande Guerre, il […]

    Maurice PLANAT « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    5 avril 2018 à 11 h 23 min

    […] par les fermes de Poligny et de Manœuvre au prix de nombreuses pertes (56 morts dont Jean Marie PILLEYRE de la Parade et 660 […]

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