Mathieu BOURNERIE

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Né le mercredi 24 mars 1886 au moulin de Géry à 2 heures du matin, ses parents sont tous deux issus de la commune d’Echandelys. Son père, Blaise, né le 28 juin 1854 aussi au moulin de Géry est scieur de long. Il se marie le 11 août 1883 avec Marie SIMONDET née à Cher le 27 mars 1859. Mathieu est le seul enfant du couple. Sa mère meurt alors qu’il n’a pas encore 9 ans, le 10 février 1895 au moulin de Géry. Son père se remarie alors presque trois ans plus tard, le 14 décembre 1897 avec Marguerite GIRAUD de Dijoly, un hameau de Saint-Etienne-sur-Usson. Un petit frère arrive le 27 octobre 1902, alors que Mathieu a 16 ans. Il se prénomme Francisque Louis et se mariera à Echandelys en 1933.
Mathieu effectue son service militaire au 30e BCP de Grenoble du 7 octobre 1907 au 25 septembre 1909, comme Jean Joseph BOURNERIE qui effectuera aussi les premiers mois de la Première Guerre Mondiale dans ce même bataillon. Mathieu y est victime d’une fracture de la jambe droite le 13 octobre 1908 lors d’un exercice. Il mesure alors 1 m 63. Ses cheveux et ses yeux sont châtains, avec un visage ovale et un menton rond. Il ne présente pas de signe distinctif. Peu après la fin de son service militaire, il quitte Echandelys pour être fromager à Saint-des-Ollières à la fromagerie Roinet et Cie.
Lors de la déclaration de guerre, il rejoint son corps le 4 août 1914. Dès le 14, le régiment en engagé en Alsace au Hohneck pour s’installer le soir au col du Sattel sous un violent bombardement. Dès le premier jour, les combats sont violents.

Hohneck

Le 19 août, il attaque par le nord de la vallée de la Fecht afin de faciliter la progression des troupes qui passent par le fond de la vallée vers Wasserburg et Sultzbach où il met en déroute les 121e et une partie des 123 et 124e régiments allemands. La 22 août, une compagnie du régiment est aux portes de Colmar, à Logelbach. Mais l’ordre est de refluer sur Zimmerbach où le régiment prend quelques heures de repos.

Zimmerbach

Le 25 vient l’ordre de repli par les cols du Bonhomme et des Bagenelles. De là, il marche sur Mandray non sans s’emparer d’un convoi d’une division bavaroise faisant 230 prisonniers. La résistance autour du col des Bagenelles, s’organise alors et après un dernier assaut effectué le 14 septembre 1914 sur les pentes est du col de Bagenelles où quelques tranchées sont enlevées aux Allemands, le front se fixe. Pendant plusieurs semaines, sous les obus, la pluie et la neige qui arrive bientôt, le bataillon vit sous les bois, sans feu ni abri des Bagenelles au Louchpach en organisant le secteur. Des assauts se produisent de part et d’autre, dans bénéfice important pour l’une ou l’autre des parties.

Bagenelles

BagenellesCarte

Fin octobre, le régiment est désigné pour participer à la prise de la Tête du Violu qui domine la région de Saint-Dié-des-Vosges à la fin du mois d’octobre 1914. L’attaque a lieu les 31 octobre et 1er novembre 1914 après pour la première fois, une préparation d’artillerie digne de ce nom. La Tête du Violu est enlevée. Mais à quelques encablures, la Tête des Faux, aux mains des Allemands reste menaçant pour tous les chemins, routes et voies ferrées des hautes vallées et des abords de Fraize. Le sommet est enlevé le 2 décembre 1914 sous une météo effroyable. Malgré de multiples contre-attaques allemandes dont une particulièrement importante dans la nuit du 24 au 25 décembre 1914, le sommet reste au mains des Français. Les pertes sont très lourdes de part et d’autre.

Faux01

Faux02

Enfin le 20 janvier 1915, le 30e BCP est rassemblé en entier au repos à Plainfaing. Il remonte ensuite en ligne entre le col du Bonhomme et le col de Wettstein où il organise les premières lignes et creuse les tranchées ; bref, il organise le front. Les compagnies descendent à tour de rôle en repos à Plainfaing. Des attaques allemandes ont lieu comme le 19 février de Wettstein à Stosswihi. Malgré le froid intense et les marmitages incessants, la vie s’organise.
En juin 1915, en prévision de l’attaque du Linge, le bataillon entier travaille aux parallèles de départ sous les obus et les mines. Des sorties de diversion sont organisées plus au sud vers Metzeral. Le 2 juillet, le bataillon descend à Plainfaing pour s’équiper et s’entraîner au lancement des nouvelles grenades. Il est passé en revue par le général de Maud’Huy au col du Bonhomme le 8. Le 20 juillet, c’est l’attaque, repoussée à 14 heures en raison d’une préparation d’artillerie insuffisante.

Linge

Lorsqu’on voit les ouvrages allemands, on comprend les difficultés de l’armée française pour les investir. Les deux premières vagues se heurtent à un épais réseau de barbelés de tranchées intactes occupées et de blockhaus et mitrailleuses ignorés par les reconnaissances. Les pertes sont considérables. Malgré tout, une attaque est décidée pour le lendemain. La crête est conquise et les positions se maintiennent difficilement sous l’intense bombardement allemand. Dans la journée du 4 août, les arbres disparaissent sous les obus de 150 et 200. Sur le crête, sur un front de 200 mètres, les minen de 170 et 245 pleuvent au rythme de 600 à l’heure. Lorsque la bataillon retourne à Plainfaing le 6 août 1915, il compte 199 tués, 513 blessés évacués. Les premières permissions redonnent un peu de courage aux chasseurs. Début septembre, le bataillon repart dans le Linge où les positions se sont stabilisées. L’équipement de combat nouveau et pas toujours très fiable compense modérément la faiblesse géographique de certaine positions françaises, souvent surplombées par les Allemands.

MatNouArbaletes

Pendant tout le mois d’octobre 1915, le bataillon essuie des attaques au pétrole enflammé qui lui enlève régulièrement les tranchées de première ligne, qu’il doit reconstruire quelques mètres en arrière. Là encore les pertes sont nombreuses et c’est le soulagement lorsque des camions prennent le bataillon à la Schlucht et le transportent à Corcieux puis Anould où il reste jusqu’au 4 novembre 1915. Le 5, il remonte au lac Noir et sous les bourrasques de neige, il relève le 23e bataillon entre Basses-Huttes et la Hoche du Corbeau où il s’intercale entre des compagnies de territoriaux qu’il encadre et soutient. Le 15 novembre, le froid est très vif. La neige atteint près d’un mètre d’épaisseur et on relève plusieurs sentinelles presque inanimées. Les 29 et 30 novembre, le dégel survient brusquement. Tranchées et boyaux s’effondrent ou deviennent de véritables torrents. L’eau emporte tout. Pendant 4 jours, les chasseurs ne peuvent s’allonger pour se reposer. La nuit de Noël voit la visite dans les tranchées du colonel Brisssaud sous les tirs de mines allemandes. Le 15 mars 1916, le bataillon est relevé et groupé à Gérardmer dans les casernes du 152e RI où il reste trois semaines.

gerardmer

Mais l’hiver a été difficile et les organismes sont éprouvés. Le 29 mars 1916, Mathieu a été reconnu inapte au service de campagne pendant deux mois par la commission de Grenoble pour lymphatisme, adénopathies cervicales multiples, conjonctivite double et mauvais état général. Il est alors classé au service auxiliaire. Même s’il passe au 2e RAC le 1er décembre 1916, puis au 28e BCP le 1er avril 1917, il n’est reconnu apte au service armé que le 20 septembre 1917 par la commission de Grenoble. Il rejoint alors son nouveau bataillon qui combat depuis 5 mois au chemin des Dames. Il prend certainement part à la grande offensive du 23 octobre sur toute la crête depuis le Panthéon à l’est jusqu’au moulin de Laffaux à l’ouest. Il attaque sur le ravin des Bovettes et la carrière dite du Charbon.

RavinBovettes

Les gains sont partiels et la boue rend impossible l’organisation du peu de terrain conquis. Dans les jours qui suivent, le front a progressé de 2 km 3 de profondeur et pris le village de Filain.

chemindesdamescarte

Dans la nuit du 26 au 27 octobre 1917, le bataillon quitte la région après de lourdes pertes. En transit par Château-Thierry, il gagne le village de Montjustin près de Vesoul où il cantonne et se reforme jusqu’au 26 novembre 1917. Par étapes, il gagne la vallée de la Thur et retrouve l’Alsace où il occupe l’Hartmannswillerkopf le 12 décembre 1917. L’artillerie de tranchée allemande pilonne les tranchées françaises jusqu’au 21 décembre, date à laquelle elle lance une attaque, tuant les sentinelles qui n’ont pas eu le temps de se replier. Du 7 janvier au 28 janvier 1918, le bataillon se repose aux environs de Moosch puis remonte à l’Hartmannswillerkopf. Après deux jours de repos in change de secteur pour Sicurani qu’il tient du 22 février au 15 mars 1918. Après un court séjour dan la vallée de la Thur et dans le secteur entre Thann et Aspach, il gagne par étapes Lure d’où il part pour Rethondes via Verberie dans l’Oise. Le 3 mai au soir, il relève une partie du 287e RI dans le secteur de Hailles au sud d’Amiens.

Hailles

Il reste dans le secteur pendant trois mois débutant par des travaux d’organisation du secteur en vue d’opérations offensives. La grippe espagnole nécessite de nombreuses évacuations. A partir du 27 juin, une offensive est engagée afin d’asseoir les positions françaises sur la rive gauche de l’Avre. Il avance jusqu’à hauteur du pont de Castel détruit. Le 27 juillet l’Avre est traversée. Jusqu’au 8 août, la vallée est sécurisée jusque sur Moreuil.

Moreuil

Après un court repos, le 28e BCP repart en camions le 23 août pour l’Aisne où il se rend le 27 aux carrières de Morsain, près des lignes. Le 31 août 1918, il attaque entre la ferme de Montécouvé et Juvigny. A partir du 5 septembre, le bataillon suit le repli allemand pour s’installer jusqu’au 14 septembre dans le ravin de la ferme d’Antioche sous de violents bombardements. Les orages nombreux rendent le terrain difficile. Relevé dans la nuit du 16 au 17 septembre, il part au repos à Rethondes pour repartir le 11 octobre pour Etaves-Bocquiaux dans l’Aisne, non loin de ses zones de combat antérieures, où il livre ses dernières batailles. Suivant la retraite allemande, aidé de chars d’assaut, il progresse sur Mépas, Oisy, franchissant le canal de la Sambre à l’Oise le 4 novembre sur des radeaux de fortune puis des passerelles établies par le génie. Il est retiré des lignes lorsqu’il apprend l’armistice du 11 novembre.
Il rejoint Paris par étapes et participe au défilé de la victoire des souverains étrangers, aligné le long de l’avenue du bois de Boulogne puis de la rue de la Paix.
Il rejoint ensuite la région de Maubeuge où il assure la garde de la frontière avec la Belgique jusqu’en février 1919, date de sa dissolution.
Mathieu est rendu à la vie civile le 21 mars 1919 par le 92e RI et se retire à Saint-Jean-des-Ollières. La suite de sa vie ne nous est pas connue.

2 réflexions au sujet de « Mathieu BOURNERIE »

    Joseph POUMARAT « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    28 décembre 2018 à 13 h 08 min

    […] effectue son service militaire du 9 octobre 1910 au 25 septembre 1912 au 30e BCP de Grenoble comme Mathieu et Jean Joseph BOURNERIE. Il mesure alors 1 m 55 et son teint est pâle. Ses cheveux blond foncé […]

    Jean François POUYET « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    28 décembre 2018 à 13 h 13 min

    […] en août 1909 et en mai 1911. Il arrive à Grenoble le 3 août 1914. Il y retrouve certainement Mathieu et Jean Joseph BOURNERIE qui sont affectés dans le même bataillon. Dès le 14, le régiment en […]

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