Ludovic Benoît PILLEYRE

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CroixGuerreetoilbronze
C’est le troisième garçon d’une famille de 6 enfants qui naît à la Parade le 22 janvier à trois heures du soir. Son père Antoine est originaire de Domaize puisqu’il est né à Puissachet le 13 août 1854. Il s’est marié avec Marie VAISSE née au moulin de Géry le 12 janvier 1859, le 28 juillet 1883. D’abord tailleur de pierre puis maçon, la famille habitant d’abord au moulin de Géry, s’installera ensuite à la Parade. Jean Marie, son frère aîné, naît donc au moulin de Géry le 12 juin 1884 (soldat de la Grande Guerre, il trouvera la mort dès les premières semaines de combat en 1994). Vient ensuite Joseph Ernest le 24 octobre 1886, premier enfant né à la Parade (Il sera aussi soldat pendant toute la Grande Guerre et, seul survivant parmi ses frères, décédera à Marsac en 1965). Antoine François né le 24 juillet 1890 à la Parade, ne fera qu’un court passage sur terre, mourant à l’âge de 20 mois le 8 mars 1892, peu de temps avant la naissance de sa petite sœur Marie Eugénie le 27 août 1892 (mariée à Echandelys le 13/09/1919 avec Arthur Antoine THIODAS, un ancien combattant de la Première Guerre Mondiale, elle va mourir à Echandelys le 9 janvier 1963). Enfin, le dernier enfant, Léon Joseph né le 5 octobre 1900 à la Parade décédera à Issoire le 30 août 1956.

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Sur cette photographie sont présents sur la première rangée Maria, Jean, Ernest et Ludovic, puis sur la seconde les parents Antoine et Marie, séparés par le petit dernier Léon.
Charpentier chez Piallat en 1906, puis menuisier lors de son incorporation, il mesure 1 m 63 et a des cheveux châtains. Ses yeux sont jaune clair. Son visage est dit « plein » et il ne présente pas de signe particulier. Son parcours militaire particulier ne nous permet pas d’être précis dans ses affectations. Il est en effet affecté à la 20e section d’infirmiers militaires (SIM) de la région d’Oran (dépendant du 19e corps d’armée) le 8 octobre 1909. La gestion des SIM dépend de l’intendance et aucune trace de leur parcours n’est gardé, puisque ce personnel peut être affecté à des tâches très diverses. Il est recruté parmi les soldats sachant lier et écrire et n’ayant subi aucune condamnation. Après l’instruction en peloton d’instruction d’une durée de 6 semaines (les « classes »), une formation commune à tout le personnel du SIM est assurée, puis l’infirmier gagne le peloton spécial d’instruction technique pour une durée de trois mois, qui finit d’assurer l’instruction théorique et pratique. Puis il gagne son affectation qui peut être très variable (régiment, hôpital militaire). Le seul élément certain concernant l’affectation de Ludovic est qu’il a fait son service militaire en Algérie. Il passe soldat de 1er classe le 10 octobre 1910 et est libéré le 24 septembre 1911.
Dès le 4 novembre de la même année, il se marie à Echandelys avec une jeune fille couturière née à Echandelys. Une enfant, Marie Fernande, naît le 27 décembre 1913.
Moins d’un an plus tard, la guerre le rappelle le mardi 4 août 1914. Il est alors affecté à la 13e SIM, dépendant du 13e corps d’armée basé à Clermont-Ferrand. La SIM elle-même est située à Vichy. Là encore, il est impossible sans renseignement personnel, de suivre son parcours. Il a pu être affecté en hôpital militaire, en hôpital de triage, en ambulance (corps comprenant quelques dizaines d’officiers, sous-officiers et soldats dépendants du service de santé). Les SIM en temps de guerre sont des corps virtuels dont les membres sont affectés au gré des besoins sur le terrain, pouvant aller jusqu’au brancardage secondaire voire primaire sur le champ de bataille. Il n’existe donc ni JMO ni historique. Aussi, il est actuellement impossible de connaître son parcours géographique jusqu’au 19 janvier 1917, date à laquelle il passe au 135e RI. Toutefois, on peut penser qu’il a du côtoyer les champs de batailles, les postes infirmiers à l’arrière étant de plus en plus souvent confiés à des femmes au fur et à mesure de l’avancée du conflit. Est-il resté en réserve ou monté directement en ligne ? Le nouveau régiment de Ludovic est alors en secteur à Biaches à proximité de Péronne dans la Somme.

Biache

La zone est relativement calme en dehors de quelques tirs de torpilles. Il part début février pour Thennes, puis devant faire un séjour dans le camp de Mailly, il embarque le 9 février pour Vitry-la-Ville. Mais un ordre d’alerte l’envoie dans la région de Valmy Sainte-Ménehould (à Verrières du 16 au 27 février, puis à Epense ensuite). Puis il part pour le camp de Saint-Ouen où il arrive le 5 mars. Il y participe à des manœuvres de grande envergure. Le 21 mars il pratique des coupes de bois dans la région de Soulanges.
A partir du 28 mars, le régiment monte progressivement vers la Champagne et arrive le 15 avril 1917 à Ville-en-Tardennois afin de participer à l’offensive du général Nivelle en Champagne. Aux environs de Courcy, le régiment organise le secteur offensif sous un bombardement intense. Il est ensuite chargé au moment de l’offensive de franchir le canal de la Marne à l’Aisne.

Courcy

L’attaque débute le 28 avril 1917 à 19 heures au nord du village de Courcy. Le jour même le canal et franchi et les positions sont consolidées le lendemain. La cavalerie relève le 135e RI dans la nuit du 29 au 30 avril. Progressivement, il se déplace sur Loivre, quelques kilomètres plus au nord, qu’il atteint le 3 mai. Dans se secteur, l’attaque prévue n’ayant pu aboutir, le régiment est relevé et part au repos pendant quelques jours à l’arrière à Châlons-sur-Vesle.
Le 25 mai 1917, Ludovic est affecté au 51e RI. Celui-ci, quitte la Champagne et se repose quelques jours au camp de Péon. Il est ensuite enlevé en camion le 30 juin 1917 pour gagner Souhesmes, Vadelaincourt et la célèbre cote 304 sur le Mort-Homme d’où il doit attaquer le 17 juillet. Pendant toute la nuit du 16 au 17 juillet, les bataillons se portent à leurs emplacements de départ.

Cote304juillet1917

Cote 304 le 17 juillet 1917

cote304carte

Ils sortent de la tranchée Bouchez et du boyau des Zouaves à 6 h 15 sous un violent tir de barrage. Les soldats pénètrent dans les positions ennemies bouleversées par l’artillerie. Ils progressent d’entonnoir en entonnoir. L’objectif (les tranchées Grosclaude, Lescaux et la Demi-Lune sont rapidement atteintes. L’ouest de la cote 304 est dégagé mais l’artillerie allemande pilonne la zone avec des obus de gros calibre. Toute la nuit du 17 au 18 juillet, la compagnie de droite combat à la grenade et repousse trois contre-attaques allemandes. Les pertes à déplorer sont de 65 tués, 217 blessés et 58 disparus.

Cote304juillet19172

Ludovic est tué pendant les combats. Son courage lui vaut une citation à l’ordre de la brigade (n°126 du premier août 1917) : soldat courageux a été tué en se portant bravement à l’assaut d’une position ennemie. Il est décoré de la Croix de Guerre avec étoile de bronze. Il avait 29 ans et laisse sa petite fille de 3 ans orpheline. Celle-ci sera adoptée par la nation le 3 juillet 1919 et décédera à Brioude la 29 mars 1998.
Le 1er août 1917, une contre-attaque allemande reconquiert tout le terrain gagné 15 jours plus tôt.

La famille de Ludovic est informée de son décès le 24 août suivant et de son lieu d’inhumation le 14 novembre :

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Ludovic repose dans la nécropole nationale du Bois de Bethelainville tombe 282, à Dombasle-en-Argonne.

cote304photoaérienne

nécropole

2 réflexions au sujet de « Ludovic Benoît PILLEYRE »

    Joseph Ernest PILLEYRE « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    9 novembre 2017 à 17 h 49 min

    […] trouvera la mort dès les premières semaines de combat en 1994). Vient ensuite le troisième fils, Ludovic Benoît né le 22 janvier à la Parade (marié en 1911 à Echandelys, il sera aussi victime de la guerre le […]

    Jean Marie PILLEYRE « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    9 novembre 2017 à 18 h 50 min

    […] ; marié à Marsac en 1919, il va y décéder le 21 juin 1965). Vient ensuite le troisième fils, Ludovic Benoît né le 22 janvier ) la Parade (marié en 1911 à Echandelys, il sera aussi victime de la guerre le […]

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