Jean Martin Antoine AUBERT

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Dernier enfant d’une famille de trois, il naît au bourg d’Echandelys le jeudi 30 juillet 1885 à 5 heures du matin. Son père Antoine, sabotier est originaire de Marat (où il est né le 13 juin 1854), mais habite Sauxillanges lors de son mariage avec Françoise RAVAUD le premier mai 1880 à Echandelys. Sa femme née à Ceilloux le 8 décembre 1851 habite alors à la Parade. Le couple donne naissance à une première fille dont nous ne savons à peu près rien en dehors du fait qu’elle se prénommait Angèle et était née vers 1882. Ensuite, une seconde fille, Marie Antonine arrive le 2 septembre 1883 au bourg pour décéder quelques mois avant la naissance de Jean, le 10 mai 1885. Pendant son adolescence, Jean travaille avec son père qui lui enseigne le métier de sabotier comme il le déclare lors de sa visite d’incorporation. Il mesure alors 1 m 58, possède des cheveux châtains et des yeux bruns. Son visage ovale est orné d’une petite cicatrice à l’arcade sourcilière gauche.
Il arrive le 9 octobre 1906 au 92e RI de Clermont-Ferrand pour être libéré deux ans plus tard le 25 septembre 1908. Il dit alors se retirer à Saint-Germain-l’Herm mais les recensements d’Echandelys le retrouvent depuis 1886 jusqu’en 1911. Il se marie alors le samedi 11 novembre 1911 avec Jeanne Marie CHAMPROUX du Mas (où elle était née le 27 avril 1893). Le couple a la douleur de perdre un petit garçon mort-né le 30 septembre 1912. Le père de Jean meurt également le 13 janvier 1913. Leur deuxième enfant, Marie Françoise Raymonde va naître le 25 février 1914.
Jean est mobilisé le 4 août 1914 au 286e RI du Puy. Le 7, après une revue sur la place du Breuil, il embarque pour Gap.

lePuyBreuil

Le régiment comprend alors 39 officiers, 2214 soldats, 161 chevaux et 8 voitures. En attendant que l’Italie précise son attitude pendant le conflit, il reste à Gap où exercices, marches et manœuvres permettent de créer une cohésion entre tous ces soldats d’origine disparate. Le 21 août, le régiment embarque pour le front nord-est. Il débarque à Charmes (entre Nancy et Lunéville) en fin d’après-midi et part à pied à Ferrières ou il arrive au milieu de la nuit. Au cours de la marche, il rencontre des soldats sans armes, sans matériel en retraite qui racontent que deux corps d’armées français sont détruits. Il se déploie sur le plateau de Saffais où, pendant toute la journée du 23, il organise la position. La 21e compagnie se porte sur la côte 273 et la 22e dans Damelièvres. A la faveur d’un épais brouillard, les Bavarois s’avancent et attaquent dans Damelièvres en le contournant par l’est. La 22e compagnie se replie et le 25 août, le 286e RI se rassemble au nord d’Haussonville. La bataille est violente et le régiment est porté par Chamois en flammes sur Mont-sur-Meurthe. Dans le bois d’Einville, les groupes d’Allemands sont chassés à la baïonnette. Le soir, il pénètre dans Mont-sur-Meurthe qui vient d’être évacué par les Allemands. Les pertes ont été importantes.

montsurmeurthe

Le 29 août 1914, nouveau départ cette fois-ci pour Saint-Max et Essey-les-Nancy. Le régiment va participer à la bataille du Grand-Couronné, une série de hauteurs à l’est de Nancy. Après l’échec de la bataille de Charmes pour les Allemands, la prise de Nancy serait pour eux une victoire psychologique. Guillaume II vient personnellement assister à l’offensive.

grandcouronnécarte

D’abord passé au groupe de division de réserve, il est dirigé le 31 août sur Velaine et le bois de Pulnoy. Le 4 septembre, une opération d’artillerie allemande détruit de nombreux villages. Le 8 septembre, le 6e bataillon reste au bois de Pulnoy avec le colonel et l’état-major alors que le 5e reçoit l’ordre de marcher sur la ferme de Bouzule et Champenoux. Il doit être soutenu à gauche par le 206e RI et à droite par le 275e RI. Mais à 6 heures, heure de l’attaque, il part seul, le 206e RI ne partant qu’à neuf heures.

champenoux

Les hommes du 286e RI sont alors fauchés par les mitrailleuses allemandes placées sur son flanc gauche, vers la maison forestière. Néanmoins, il progresse, s’empare de la Bouzule et s’avance jusqu’à la lisière est du bois de Champenoux.

champenouxcarte

Le 9 septembre 1914, le 5e bataillon est laissé sans soutien dans le bois de Champenoux où il travaille toute la nuit et le matin à se fortifier. A 9 heures, il est attaqué à la fois de trois côtés. Les Allemands ont avancé une mitrailleuse dans la petite maison forestière à 20 mètres du carré français.

ChampenouxForest

La résistance a lieu au corps à corps. Le repli est ordonné, mais en raison de la disparition d’un certain nombre d’officiers et de sous-officiers, il se réalise tardivement et de manière désordonnée. C’est pendant ces deux jours qu’a du être blessé Jean qui meurt le 9 septembre des suites de blessures de guerre à proximité de Champenoux.

champenouxcimetière

Le 12 septembre, les Allemands entament leur retraite sous la protection de leur artillerie. Le lendemain Lunéville et Pont-à-Mousson sont repris par les Français sans combat. Comme pour beaucoup de soldats, la famille n’est avisée de sa disparition que le 10 août 1915. Son avis de décès ne parvient à Echandelys que le 7 février 1916. Le jugement déclaratif de décès n’est lui prononcé à Ambert que le 31 janvier 1918. Que d’incertitudes pour la famille !
Le 3 juillet 1919, Marie Françoise Raymonde, seule enfant survivante de Jean est adoptée par la Nation. Sa femme Jeanne Marie CHAMPROUX décédera à Pontgibaud le 4 décembre 1951.

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