Alcide Marius FOUGERE

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Il naît le jeudi 27 avril 1899 à 6 heures du matin au Buisson d’Antoine, originaire de Saint-Eloy-la-Glacière (les Amouillaux où il est né le 17 août 1857), cultivateur, et de Marie CLAVELIER née au Buisson le 27 avril 1863. Ses parents se sont mariés à Echandelys le 19 août 1882. Six enfants ont précédé sa venue, mais seul un a survécu lorsque naît Alcide Marius. Il s’agit de Hippolythe Henri, né le 16 décembre 1887 au Buisson, mais qui sera tué dès le début de la guerre à Fontenoy le 13 septembre 1914. Les 5 autres enfants n’ont survécu que quelques heures ou quelques mois (Jean né le premier mai 1883 et décédé le 20 ; Jean né le 6 avril 1886 et décédé le 19 mai 1887 ; Roch Paul né le 3 avril 1889 et décédé le 2 novembre de la même année ; Jean Marie né le 6 aout 1893 et décédé moins d’un mois après le 2 septembre ; Pauline Marcelle née le 25 janvier 1895 et morte le lendemain). Alcide Marius n’a donc comme seul frère que son aîné de 16 ans.
La guerre semble interminable lorsqu’il est appelé sous les drapeaux. Beaucoup de soldats partis ne reviendront jamais, dont son frère Hippolythe Henri. Devant le besoin d’hommes, sa classe est appelée plus tôt qu’elle ne le devrait et il est incorporé au 171e RI de Belfort le 20 avril 1918. Il mesure alors 1 m 64 et ses cheveux sont châtain foncé. Ses yeux sont marrons et son visage ovale. Il ne présente pas de signe distinctif. Les quatre premiers mois de sa vie militaire sont réservés à l’instruction. Il ne gagne le front que le 20 août 1918 lorsqu’il passe au 152e RI. Ce dernier est dans la région de Fismes, entre Soissons et Reims, puis en avant de Mont-Notre-Dame, immobilisant sur la Vesle les divisions allemandes qui auraient pu se porter au Chemin des Dames où l’armée Mangin attaque.

Fismes

Il a beaucoup perdu pendant l’offensive de la Marne et le secteur qu’il occupe n’est pas de tout repos. Tout est à organiser, en repoussant de multiples coups de main ennemis et sous d’incessants bombardements classiques, aéroportés et aux gaz de combat. Comme les Allemands se retranchent derrière le canal de l’Aisne, laissant libre la rive nord de la Vesle, le 152e RI s’embarque fin septembre à Château-Thierry pour gagner Calais.
Après trois jours seulement de repos à Gravelines, le régiment se rapproche à pied de la frontière belge puis du front des Flandres. Afin d’échapper à l’observation de l’ennemi, les déplacements se font de nuit, sur de grandes routes que les avions allemands survolent et mitraillent constamment. Arrivé sur le front, le spectacle offre le même aspect bouleversé qu’à Verdun. La végétation a complètement disparu. De villages entiers, il ne reste que quelques pierres éparses sur les bords des gros entonnoirs. Le champ de bataille n’est qu’un immense ossuaire. La seule différence, c’est le relief. Si Verdun est vallonné, ici au contraire c’est le chaos qui s’étend à perte de vue. Le 30 septembre 1918, le 152e RI se porte en avant de Westrozebeke puis de Roeslare. Comme les routes qui y mènent sont devenues impraticables en raison des bombardements, les batteries d’artillerie restent plusieurs jours sans munitions, les soldats sans ravitaillement et les blessés sans pouvoir être évacués. Le 2 octobre, le 3e bataillon se porte à l’assaut de la chapelle de Gemeenhof. En l’absence de préparation d’artillerie et de chars, l’assaut est repoussé au lendemain. La position est enlevée au prix de nombreuses victimes. Il est ensuite relevé pour passer quelques jours de repos sous la tente entre Westrozebeke et Poelkapelle.

poelkapelle

A partir du 14 octobre, il accompagne l’armée belge dans son offensive. Il relève le 17 au matin le 3e régiment de carabiniers belges et enlève le moulin de Paanders tenu par des arrière-gardes sacrifiées, équipées de mitrailleuses, afin de laisser le temps à l’armée allemande de passer la Lys. Le 18 au soir, il entre dans Wakken. Soumis à un bombardement allemand, le passage de la Lys est difficile et le régiment attaque les Allemands retranchés dans une boucle, la boucle de Zulte. En raison d’une préparation d’artillerie insuffisante, c’est un demi succès pour ce régiment à bout de forces qui avait perdu la moitié de ses effectifs en Flandres. Après un court repos à Ingelmunster, le 152e RI remonte en ligne sur la rive gauche de L’Escault avec ordre de traverser. Le 9 novembre, les Allemands se sont repliés. Les rumeurs d’armistice se font alors plus précises. Le 11 au matin, le régiment allait attaquer lorsque parvient l’ordre de ne pas bouger. Il reçoit alors la consigne d’avancer que s’il n’y avait personne devant lui et de s’arrêter à 11 heures précises. Tout le monde avait compris. Les troupes gagnent Ninove le 17 novembre puis Bruxelles le 22.
Alcide Marius n’est pas pour autant libéré. Il est affecté le 23 avril 1919 au 171e RI de Belfort. Son nouveau régiment occupe alors la rive gauche du Rhin et notre soldat est mobilisé en territoire rhénan du 4 mai 1921 au 1er juillet 1921. Il est alors sergent (nommé le 16 juin 1920). Il est démobilisé le 23 octobre 1921.
Le 3 février 1923, il se marie avec Germaine BRUGERE. Il suit les cours de l’école de sous-officiers de réserve d’Ambert en 1933 et 1934. Son zèle et son travail appliqué lui valent les félicitations du régiment. Il décède à Echandelys le 18 avril 1958.

Une réflexion au sujet de « Alcide Marius FOUGERE »

    Hippolythe Henri FOUGERE « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    12 décembre 2018 à 16 h 00 min

    […] de la famille, dont deux ont précédé sa venue, un autre seulement va survivre. Il s’agit de Alcide Marius, né le 27 avril 1899 au Buisson, qui sera soldat pendant les dernières années du conflit. Les 5 […]

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