Jean Marie VAISSE

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MedailleVictoire+grandeGuerre
Il naît à Lyon au 65 rue Moncey le jeudi 30 mai 1889 à 2 heures du soir d’un père, Auguste Michel, originaire du moulin de Géry, et d’une mère, Françoise BUISSON, issue de Condat-lès-Montboissier. Il est l’avant-dernier d’une fratrie de 5 garçons, dont trois ont été soldats pendant la Première Guerre Mondiale. Ses parents se sont mariés le 29 septembre 1882 à Condat. L’aîné, André Alexis, est né à Echandelys le 11 juin 1883 au moulin de Géry (il va mourir dans les Vosges pendant les premières semaines du conflit). Suit un frère prénommé Joseph qui serait né en 1887 à Echandelys, mais dont la trace n’a pu être retrouvée. Puis la famille émigre à Lyon dans le 3e arrondissement où naît Denis Jean le 29 mars 1888, lui aussi futur soldat.

LyonMoncey

Enfin, la famille est de retour à Echandelys pour la naissance le 4 mars 1896 de Marcel Casimir Alexis, qui sera exempté pour faiblesse et musculature insuffisante en 1916, 1917, 1918 et 1920 (il décédera à Clermont-Ferrand en 1975).
Jean Marie est scieur de long lors de son incorporation le 5 octobre 1910 au 36e RAC de Clermont-Ferrand. Il mesure alors 1 m 60, avec des cheveux et des yeux bruns. Son visage ovale est orné d’un front bombé, d’un nez concave et d’un menton rond. Il ne présente pas de signe particulier. Il passe 2e canonnier-conducteur au 53e RA de Clermont-Ferrand le premier janvier 1911, nouvellement créé, et est libéré de ses obligations militaires le 25 septembre 1912. Il se retire à Echandelys et fait deux campagnes de sciage dans la région de Neufchâteau en 1912 et de Vesoul en 1913.
A la déclaration de la guerre, il rejoint le 53e RA le 3 août 1914 à Clermont-Ferrand. L’historique de ce régiment est assez difficile à suivre car de multiples groupes ont été placés sous cette dénomination. Nous allons donc considérer que Jean Marie a fait partie du groupement de base, à l’exclusion des trois groupes de sortie, du groupe et de la batterie de renforcement.

Caserne53eRAClerF

Il s’embarque donc à Clermont le 8 août pour débarquer le lendemain à Passavant, à proximité d’Epinal. En trois étapes, il rejoint Thaon-les-Vosges. Le 20 août, les batteries qui s’étaient avancées jusqu’à hauteur du village de Hesse sont obligées de se replier sur Nitting et Voyer. Il appuie peut-être sans le savoir son frère Denis qui combat dans la même zone. Devant l’avancée allemande, le repli continue le lendemain sur Cirey, puis Rambervillers. Les24 et 25, il soutient de violents combats entre la Meurthe et la Mortagne en passant cette dernière. Le 26, la position devenant intenable, il repasse sur la rive gauche et en chasse des éléments ennemis qui avaient réussi à y passer. Le 27, la situation se stabilise en avant de Rambervillers. Dans les jours qui suivent, il effectue à droite de ses positions des tirs de barrage sur la route de Rambervillers à Raon-l’Etape afin de barrer la route aux Allemands, puis à gauche soutient une action offensive de la 25e DI et du 8e corps. A partir du 10 septembre, il est ramené en arrière, embarqué à Darnieulles d’où son frère Denis avait débarqué 15 jours plus tôt. Il est alors transporté dans l’Oise dans la région de Creil. Le 16 septembre, il est coupé en deux, les 1er et 2e groupes, mis face à Carlepont, puis de Roye afin d’empêcher la prise de la ville par les Allemands, tandis que les 3e et 4e groupes sont face à Lassigny et participent aux combats pour la reprise de la ville. Le 13 octobre, les deux parties sont à nouveau fusionnées.
Au milieu d’octobre, le 53e RA est réparti sur un front de 30 km, s’étendant de l’Oise jusqu’à la route de Roye à Montdidier. Le front se stabilise et les positions s’organisent. La guerre de secteur commence, alternant bombardements par tirs réglés, tirs de représailles, tir d’appui aux coups de main de l’infanterie. Pendant plus d’un an, jusqu’à la bataille de Verdun, le régiment ne s’éloigne pas de Ribécourt, Lassigny et Roye.
Le 18 février 1916, le régiment est relevé et transporté dans la région de Montdidier pour être embarqué à partir de Dompierre-Ferrières dans plusieurs trains à partir du 23 février à 18 h. Arrivée à Sainte-Ménehould, l’artillerie prend position à l’est de Verdun, sur les côtes de la Meuse, en face de Fresnes-en-Woëvre. Puis, contournant la forêt d’Argonne par le sud, arrive le 28 à Dugny pour prendre position entre le fort du Rozellier et Haudiomont.

Haudiomont

Verduncartefev1916

La position exacte des lignes amies et ennemies est des plus incertaine. Pas de fils de fer, aucune organisation d secteur. Les observatoires sont des points quelconques des côtes de Meuse. Les objectifs sont variables et imprécis ; on ne peut que répartir entre les trois groupes le terrain à battre ; les tirs sont très délicats, les deux infanteries adverses étant toujours presque au contact. […] Heureusement notre artillerie occupe sur les hauteurs des positions incomparablement plus avantageuses que celles de l’ennemi dans les plaines marécageuses de la Woëvre. Bientôt, le froid, la neige et le brouillard éprouvent beaucoup le personnel et les animaux restés sans abri, mais en revanche amènent un peu d’accalmie dans le secteur. (Historique du 53e RA). Les 11 et 12 mars, les trois groupes sont relevés, concentrés à Landrecourt, mais remontent immédiatement dans la nuit du 12 au 13 sur la route de Verdun à Longwy, au sud du fort de Tavannes et à l’ouest du fort de Moulainville, puis se déplace en avant de la sortie nord-est du tunnel de Tavannes. Le secteur est particulièrement dangereux. Dès qu’elles tirent, les pièces sont repérées et font l’objet de tirs de destruction de gros calibre, plusieurs canons étant journellement mis hors service. Des boyaux creusés hâtivement protègent un peu le personnel mais les pertes humaines sont continuelles. Les canons tirent quotidiennement 150 à 200 coups. Les objectifs sont la route d’Eix à Ornes, le village de Dieppe, la ferme de la Plume et les bois du Grand et du Petit Chenas garnis de batteries ennemies. Le meilleur observatoire, le fort de Vaux, voit ses liaisons téléphoniques constamment coupées. Les signaux optiques rendant peu de services à cause du brouillard et de la poussière des bombardements, les liaisons se font uniquement par coureur. Les 17 et 18 mars, le régiment participe à la préparation d’une attaque exécutée le 19 au matin, ce qui lui vaut un redoublement d’activité ennemie dans la semaine suivante.

Verduncartemars1916

Du 28 mars au 1er avril, les trois groupes sont retirés du front, transportés en trois étapes au sud de Saint-Dizier, sur la Marne, embarqués à Eurville et Bienville. Les 4 et 5 avril 1916, il sont débarqués au sud de la forêt de Compiègne et mis au repos à Néry, Béthizy-Saint-Pierre et Béthizy-Saint-Martin.
Fin avril le régiment remonte pour tenir le secteur d’Attichy au nord de l’Aisne (PC au château de Sainte-Claire), plus calme, le secteur possédant de nombreuses batteries de position de tout calibre. Les 2 et 4 juillet 1916, pour faire diversion de la bataille de la Somme, le 53e RA prépare un coup de main sur le saillant de Balthazar motivant d’importantes préparations d’artillerie. Du 22 au 24 août, le régiment est relevé et gagne le camp d’entraînement de Crèvecoeur avant de se porter dans la Somme en lisière d’Herleville et à l’est de Vauvillers. Les tirs de destruction commencent, à un rythme de 250 par pièce et par jour. Le 17, une préparation d’artillerie aide à la prise de Vermandovillers où 850 prisonniers allemands sont capturés. L’attaque ne peut être poussée vers Ablaincourt et Pressoir en raison du mauvais temps, les pluies abondantes détrempant le sol. Le secteur est alors organisé défensivement. La progression n’est reprise que début septembre et les 5e et 6e groupes s’installent sur un terrain complètement bouleversé, jonché de grenades non explosées … La situation évolue peu jusqu’au 27 octobre, date à laquelle le premier groupe est retiré du front tandis que les autres y restent encore pendant trois semaines. Ils y appuient plusieurs tentatives d’offensives, sans succès notable. Les premier et 2 décembre 1916, le 53e RA se retrouve au complet dans la région de Neufchâteau pour un repos d’un mois. Début janvier 1917, il repart pour Béthizy-Saint-Pierre et Verberie dans l’Oise afin de tenir le secteur de Marest-sur-Matz. D’abord autour de la sucrerie de Ribécourt, le 53e RA se déplace vers le bois des Loges et la route de Roys à Lassigny.

Ribecourtsucrerie

Une grande offensive se prépare, nécessitant l’ouverture en 4 jours de 213 brèches dans les réseaux ennemis dont la moitié n’est observable qu’en avion et qui vont nécessiter 130 000 coups de 75. Mais sur le terrain, la construction des positions de batteries et observatoires prennent du retard en raison des conditions météorologiques. Mais les Allemands, afin de réduire le front qu’ils ont à tenir, effectuent un recul tactique sur 17 km de front. Le 14 mars, l’armée française s’avance donc occupant les 1er et 2e lignes allemandes dont seule la 2e résiste. Elle atteint Candor sans presque aucune résistance. L’artillerie progresse alors de nuit sur un terrain totalement défoncé, coupé de tranchées et réseaux. Elle s’arrête dans la région de Candor et de Lassigny. Les Allemands ont tout détruit sur leur passage, des routes, ponts aux arbres sciés, des maisons et églises totalement détruites aux machines, charrettes, voitures démolies, sans compter les puits et sources remplis de cadavres et d’immondices et les mines cachées.

Candor

Après un repos d’une quinzaine de jours, le 53e RA devenant le 53e RAC, il remonte à l’assaut de la ligne Hindenburg, ligne de repli des Allemands. Sous de fortes chutes de neige, il se déploie autour de la ferme de la Manufacture au nord d’Urvillers les 5 et 6 avril 1917, afin d’attaquer la position de Saint-Quentin, fortement fortifiée par les Allemands. Les tirs de destruction allemands y font des ravages, sur un terrain nu où presque tous les arbres ont été coupés, les seuls restant servant de repère à l’aviation allemande.

StQuentin1917

L’ordre d’ouvrir les brèches étant arrivé trop tôt, le 10 avril, le travail était achevé alors que l’offensive ne débute que le 13. Les Allemands ont donc tout le temps de réparer les dégâts. L’attaque échoue donc de façon sanglante, l’infanterie devant abandonner rapidement la première ligne allemande chèrement conquise. L’opération est abandonnée et l’artillerie ramenée en arrière. Commence alors la vie de secteur, monotone dans cette région désolée et exposée qui va durer jusqu’au 27 juin. Les actes d’indiscipline, fréquents sur d’autres secteurs à cette période, semblent rares au 53e RAC. Les hommes ne prennent toutefois que 4 jours de repos successivement dans le village ruiné de Grand-Séraucourt.

Grndseraucourt1917

Les tirs de barrage et de contre-préparation lors des coups de main ennemis valent au régiment, comme le 29 mai, une pluie d’obus toxiques. Les tirs ennemis, bien réglés par l’aviation font de nombreuses pertes malgré la mobilité incessante des batteries. Le 24 juin par exemple, la 4e batterie en position au nord d’Holnon subit un tir de 250 à 350 coups de 150 et 210. Tous les abris sont crevés et les dépôt de munitions sautent. Les ¾ des canons sont détruits. Du 24 au 27 juin 1917, la division est relevé pour retourner à Verdun.
Le 4 juillet 1917, elle se trouve cantonnée au nord de Bar-le-Duc. Le 13 juillet, les 2e et 3e groupes sont positionnés dans le bois de Marre (forêt de Hesse) au sud d’Avocourt sous une pluie diluvienne. Les positions n’existent pas et les batteries sont à découvert. Les deux groupes participent à l’offensive visant à reconquérir les tranchées perdues le 28 juin dernier. C’est chose faite le 17 juillet. Il passe ensuite pendant 7 semaines dans le secteur de la cote 304 et du Mort-Homme sur un terrain totalement dévasté. Les demandes de tirs de barrages, de harcèlement, de contre-préparation et d’interdiction y sont quotidiennes. Les tirs de destruction allemand, bien réglés par avions causent de nombreuses pertes en hommes et en matériel. Dans la nuit du 31 juillet au 1er août 1917, les Allemands neutralisent toutes les batteries par des obus à gaz. C’est le prélude d’une attaque allemande partiellement réussie. Le régiment est relevé du 6 au 8 août, après de nombreuses attaques par obus de tout calibre mais aussi à l’ypérite, nouvelle dans le secteur, qui rend nombre de positions de batterie intenables aussi bien pour les hommes que pour les animaux. Il n’est en fait que peu déplacé et doit participer dans les mêmes conditions difficiles une attaque française sur la cote 304 le 20 août. Après un premier échec, elle est enlevée le 24. Une fade odeur d’immondices et de cadavres flotte partout.

Verduncarte1917

Les Allemands répondent dans les jours qui suivent par des tirs réglés de 210. Les pertes par obus explosifs et à gaz se poursuivent à un rythme soutenu, aussi bien pour les hommes que les animaux. Pas loin de 100 hommes et autant d’animaux sont mis hors de combat pendant cette période.

verdun1917 03

Les 14 et 15 septembre, le 53e RAC est ramené à l’arrière sans être remplacé et dirigé à Saint-Aubin-sur-Aire. Un tiers de son effectif est envoyé en permission. Après une semaine et avec 500 hommes manquants, le régiment repart pour Verdun et s’installe dans le secteur de la cote 344 (non loin de Samogneux). Là encore, l’activité est intense, dans des installations noyées dans l’eau et la boue et connues des Allemands qui venaient de les perdre. Les 17 et 18 octobre, il est relevé pour un repos de 17 jours. A demi mot dans les textes officiels, en raison des conditions particulièrement dures, de la difficulté d’approvisionnement et de la suppression de l’indemnité de combat pour les conducteurs (seul le personnel des batteries de tir continuant à la percevoir), la révolte gronde : Tous seraient retournés n’importe où plutôt qu’à Verdun. Mais le 7 novembre, le 53e RAC y retourne pour un mois ½. Il y occupe les secteurs de Thierville et Landrecourt. La pluie est continuelle et la boue épaisse. Les animaux souffrent. Le paysage est lunaire : partout l’artillerie avait retourné et fouillé le terrain, creusant des entonnoirs jointifs, partout une extraordinaire accumulation de matériaux de toutes sortes, pourris ou à demi-détruits et dans maints endroits encore des cadavres et des débris humains.

verdun1917 01

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L’activité y est identique à celle décrite dans les secteurs précédemment occupés par le régiment. En particulier le 13 novembre 1917, le PC reçoit environ 300 coups de 150. Le lendemain, un gros obus tombe sur l’abri d’une batterie de 220. Une dizaine d’hommes ,e peuvent s’en dégager et y meurent. Le 12 décembre, le central téléphonique est détruit par un bombardement de 6 coups à la minute. Après 42 jours ininterrompus de présence sur le secteur, le 53e RAC est relevé le 17 décembre sous une neige drue. Les deux étapes qui lui succèdent se font par un froid terrible, chevaux cramponnés. Comme il manquait 400 animaux, une partie du matériel est acheminée en train. Le repos est enfin acquis dans la région de Revigny jusqu’au 9 janvier 1918. Ce temps est mis à partie pour former les cadres qui en raison des pertes importantes, étaient souvent des soldats ou sous-officiers sortis du rang. Les conditions y sont de plus précaires : hommes entassés dans des granges ouvertes à tout vent, paille pour le couchage difficile à obtenir, chevaux maintenus à la corde.
Le régiment gagne ensuite le secteur de Vauquois où la guerre des mines continuait à creuse d’énormes entonnoirs. Le village est complètement dévasté.

vauquois

Le secteur, qui offre une vue dégagée sur les anciennes zones de combat du régiment est plus calme, même s’il n’est pas exempt de coups de mains allemands. Le 16 mars 1918, le 53e RAC participe à la préparation d’une attaque sur le saillant sud du bois de Cheppy, les tirs étant réglés par avion. Le soir, le saillant est pris. A partir du 21 mars, date de l’offensive allemande dans l’Oise, le secteur devient beaucoup plus calme et le régiment est déplacé un peu vers l’arrière. Les canonniers doivent quitter leurs positions parfaitement organisées pour des zones non organisées souvent boueuses en raison de l’abondance et la fréquence des pluies et refaire tout le réseau de communications téléphoniques. Les Allemands intensifient l’utilisation des obus toxiques, en particulier sur les carrefours et les PC occasionnant de nombreuses pertes. Le nombre de cadres diminue dramatiquement (postes attribués à l’armée d’Orient, à l’artillerie portée, l’aéronautique, l’école de Fontainebleau, l’instruction de l’armée américaine …). La ration d’avoine passe à 1,5 kg pour des animaux fourbus, travaillant toute la journée. Dans les nuits du 13 au 15 mai, le régiment est relevé par une division italienne et arrive le 17 à son cantonnement de repos à Villers-en-Argonne. Il y est victime de l’épidémie de grippe espagnole qui, après un répit de quelques mois, va faire parler d’elle en octobre. Le 28 mai, le 53e RAC repart pour participer à la seconde bataille de la Marne. La tête de l’artillerie débouche à Venteuil le 30 à 8 heures du matin. Les premiers coups de canon sont tirés avant midi. Devant l’avancée allemande, le repli débute le 31 mai dans la matinée et le régiment s’installe sur les rives droite (entre Montigny et Binson-Orquigny) et gauche (au sud d’Oeuilly) de la Marne. Le lendemain, le maximum du repli est atteint ; l’avance allemande est enrayée. Recommence alors la vie habituelle des secteurs agités, dans un terroir qui n’avait pas encore trop souffert de la guerre, seuls les villages apparaissant ruinés. Les camions du 53e RAC servent en partie à évacuer le mobilier et les biens des habitants qui avaient fuit sur Epernay, en particulier des Pères Blancs du prieuré de Binson. Les batteries françaises, en contrebas, sont l’objet de bombardements de gros calibre, en particulier à Binso-Orquigny.

Binson

Les 7 et 8 juillet, le régiment est relevé par le 250e RAC dont les tracteurs, tombant en panne successivement, ne peuvent arriver à la date prévue. Il est immédiatement transporté à Ay et s’installe vers Nanteuil-la-Fosse. Dans la nuit du 14 au 15 juillet 1918, les Allemands déclenchent leur dernière grande offensive. Devant l’avancée allemande, le 2e groupe doit se replier au sud. A partir du 18, la contre-offensive française commence et le 26 juillet, le régiment est relevé sana être remplacé. Il se repose 4 jours à Saint-Quentin-sur-Coole puis est envoyé à Verdun, tenant le secteur de Béthincourt à Beaumont, sur les deux rives de la Meuse. Il y reste jusqu’au 10 septembre, dans un calme qui contrastait avec ses séjours précédents. En septembre 1918, il occupe le secteur de la Harazée à la Petite-Courte-Chausse en Argonne, là encore sans grande activité. Fin septembre, il est déplacé en Champagne pou participer à la grande offensive prévue. Dans la nuit du 23 au 24, les pièces sont amenées dans le secteur des Hurlus avec 4 jours ½ de munitions et laissées sans personnel. La préparation d’artillerie commence la nuit suivante à 23 h. Puis l’artillerie suit la progression de l’infanterie jusqu’à Vouziers, atteint mi-octobre. Le régiment subi alors les effets de la grippe espagnole qui met à terre bon nombre d’hommes. Il se reconstitue ainsi tant bien que mal jusqu’au 27 octobre et, en s’allégeant en raison du déficit en chevaux, est chargé de forcer le passage de l’Aisne, qu’il traverse le 2 novembre sous le feu ennemi. La progression devient ensuite difficile en raison de la pluie et de la destruction des infrastructures par la Allemands pendant leur retraite. Le 9 novembre la Meuse est atteinte et des hauteurs qui la bordent, la vue s’étend sur la vallées de Sedan. Le 11, la nouvelle de l’armistice parvient au régiment qui écoute un Te Deum dans l’église de Saint-Aignan avec les habitants et les soldats du 86e RI. Il y croise certainement Marius Ambroise BARRIERE, soldat comme lui au 53e RAC.
Jean Marie n’en n’est pas pour autant libéré de ses obligations militaires. Fin novembre 1918, il suit son régiment à Suippes, pour gagner la région de Nancy le 25 décembre. Le général de Mitry, lors de la revue du 10 janvier 1919, remet à l’étendard du 53e RA la fourragère aux couleurs de la Croix de Guerre. Le 53e RAC fusionne alors avec le 263e RACM. Le 26 janvier 1919, le nouveau régiment quitte la région de Nancy pour la Palatinat Bavarois et Jean Marie cantonne certainement à Goellheim comme troupe d’occupation. Un mois plus tard, le 11 mars, il est déplacé à Barmen en Westphalie. Le 30 juillet 1919, Jean Marie est démobilisé et regagne Echandelys. Il deviendra titulaire de la médaille de la Victoire et de la médaille commémorative de la Grande Guerre.
Il se marie alors le 5 novembre 1921 avec Victorine Eugénie FOURNIER, sa belle-sœur, veuve de son frère aîné et s’établit à Saint-Eloy-la-Glacière où il décédera en 1954. Il est père de deux enfants en 1923.

2 réflexions au sujet de « Jean Marie VAISSE »

    André Alexis VAISSE « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    2 janvier 2019 à 15 h 29 min

    […] émigre à Lyon dans le 3e arrondissement où naissent au 65 de la rue Moncey Denis Jean en 1888 et Jean Marie en 1889, tous deux futurs soldats. Enfin, la famille est de retour à Echandelys pour la naissance […]

    Denis Jean VAISSE « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    2 janvier 2019 à 15 h 33 min

    […] dont la trace n’a pu être retrouvée. Puis la famille émigre à Lyon dans le 3e arrondissement. Jean Marie l’avant-dernier enfant, arrive le 30 mai 1889, lui aussi futur […]

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