Eugène Louis CHEVARIN

Publié le Mis à jour le

S’il n’est pas né à Echandelys et ne peut être rattaché dans un passé proche à la famille CHEVARIN de la Cibaudie, Eugène Louis a vécu à Echandelys depuis 1909 et y est resté après la Première Guerre Mondiale. Il a exercé la profession de boucher au bourg.
Il est né à Saint-Genès-la-Tourette au hameau de Baye le mercredi 29 juillet 1885 à 3 heures du matin, de Simon CHEVARIN et de Marie Françoise DAILLOUX, respectivement âgés à cette date de 22 et 21 ans. Nous ne connaissons pas le lieu de naissance de ses parents, la date de leur mariage, ainsi que la présence d’éventuels frères et sœurs. Nous savons seulement qu’Eugène Louis s’est marié à Auzelles le 3 août 1909 avec Adèle Benoite MAGAUD née à Alzon dans le Gard le 17 avril 1887. Les parents d’Eugène Louis, bien qu’habitants au Réal à Saint-Genès-la-Tourette, ne sont pas présents au mariage de leur fils.
Il est encore cultivateur et habite Saint-Genès-la-Tourette lorsqu’il est incorporé au 92e RI de Clermont-Ferrand le 6 octobre 1906. Il mesure alors 1 m 62, possède des cheveux châtains, des yeux gris. Son visage est ovale, avec un front découvert et un nez moyen. Il est libéré le 25 septembre 1908. Après son mariage, le jeune couple va donner naissance à des jumelles, Simone Marie et Emma Francine, nées le 31 décembre 1909 au bourg d’Echandelys (l’aînée se mariera à Echandelys en 1932). Puis vient une 3e fille, Aline Augustine le 2 mai 1911 (qui ira vivre à Paris où elle se mariera et mourra en 2001). Le 4e enfant est un garçon prénommé Claude Célestin, qui naît le 5 mars 1914. Lorsque la guerre éclate, il est donc père de 4 enfants.
Il arrive au 286e RI du Puy le 4 août 1914, le même jour que Jean Martin Antoine AUBERT du bourg d’Echandelys . Le 7, après une revue sur la place du Breuil, le régiment embarque pour Gap. Il comprend alors 39 officiers, 2214 soldats, 161 chevaux et 8 voitures. En attendant que l’Italie précise son attitude pendant le conflit, il reste à Gap où exercices, marches et manœuvres permettent de créer une cohésion entre tous ces soldats d’origine disparate. Le 21 août, le régiment embarque pour le front nord-est. Il débarque à Charmes (entre Nancy et Lunéville) en fin d’après-midi et part à pied à Ferrières ou il arrive au milieu de la nuit. Au cours de la marche, il rencontre des soldats sans armes, sans matériel en retraite qui racontent que deux corps d’armées français sont détruits. Il se déploie sur le plateau de Saffais où, pendant toute la journée du 23, il organise la position. La 21e compagnie se porte sur la côte 273 et la 22e dans Damelièvres. A la faveur d’un épais brouillard, les Bavarois s’avancent et attaquent dans Damelièvres en le contournant par l’est. La 22e compagnie se replie et le 25 août, le 286e RI se rassemble au nord d’Haussonville. La bataille est violente et le régiment est porté par Chamois en flammes sur Mont-sur-Meurthe. Dans le bois d’Einville, les groupes d’Allemands sont chassés à la baïonnette. Le soir, il pénètre dans Mont-sur-Meurthe qui vient d’être évacué par les Allemands. Les pertes ont été importantes.

montsurmeurthe

Le 29 août 1914, nouveau départ cette fois-ci pour Saint-Max et Essey-les-Nancy. Le régiment va participer à la bataille du Grand-Couronné, une série de hauteurs à l’est de Nancy. Après l’échec de la bataille de Charmes pour les Allemands, la prise de Nancy serait pour eux une victoire psychologique. Guillaume II vient personnellement assister à l’offensive.

grandcouronnécarte

D’abord passé au groupe de division de réserve, il est dirigé le 31 août sur Velaine et le bois de Pulnoy. Le 4 septembre, une opération d’artillerie allemande détruit de nombreux villages. Le 8 septembre, le 6e bataillon reste au bois de Pulnoy avec le colonel et l’état-major alors que le 5e reçoit l’ordre de marcher sur la ferme de Bouzule et Champenoux. Il doit être soutenu à gauche par le 206e RI et à droite par le 275e RI. Mais à 6 heures, heure de l’attaque, il part seul, le 206e RI ne partant qu’à neuf heures.

champenoux

Les hommes du 286e RI sont alors fauchés par les mitrailleuses allemandes placées sur son flanc gauche, vers la maison forestière. Néanmoins, il progresse, s’empare de la Bouzule et s’avance jusqu’à la lisière est du bois de Champenoux. Le 9 septembre 1914, le 5e bataillon est laissé sans soutien dans le bois de Champenoux où il travaille toute la nuit et le matin à se fortifier. A 9 heures, il est attaqué à la fois de trois côtés. Les Allemands ont avancé une mitrailleuse dans la petite maison forestière à 20 mètres du carré français.

ChampenouxForest

La résistance a lieu au corps à corps. Le repli est ordonné, mais en raison de la disparition d’un certain nombre d’officiers et de sous-officiers, il se réalise tardivement et de manière désordonnée. C’est pendant ces deux jours qu’a du être blessé Jean Martin Antoine AUBERT qui meurt le 9 septembre des suites de blessures de guerre à proximité de Champenoux.
Le 12 septembre, les Allemands entament leur retraite sous la protection de leur artillerie. Le lendemain Lunéville et Pont-à-Mousson sont repris par les Français sans combat. Le 14 septembre, le régiment est mis en réserve, puis le 24, il tient le secteur d’Erbeviller. Le 25, il quitte définitivement la région. Il se dirige par étapes parfois pénibles comme le 26 ou il parcourt 66 km par une forte chaleur, pour gagner la Meuse. Il arrive à Flandres dans la nuit du 26 au 27, quelques unités prenant les avant-postes vers Richecourt, occupé par les Allemands. L’action dure deux jours, sans nourriture, sans ravitaillement. Les pertes sont sérieuses. La progression est peu importante, puis cesse devant des ennemis fortement retranchés. Le 30 septembre, le régiment est positionné en réserve à la sortie ouest de Mandres. Il repart ensuite dans le même secteur, organisant le secteur dans la boue, les parallèles et les tranchées à peine creusés étant remplis par l’eau. L’artillerie allemande devient moins meurtrière, laissant présager un retrait partiel allemand. Un coup de main est donc programmé le 6 pour connaître les intentions de l’ennemi. Le 20 octobre, il est relevé pour réaliser une attaque dans le secteur de Flirey. Malgré une préparation d’artillerie, l’attaque échoue. Elle n’est pas renouvelée. Puis le 23, il revient à Remières. La guerre de position commence, avec ses reconnaissances offensives comme celle du 18 novembre 1914 qui se solde par un échec. Le 7 décembre 1914, il part au repos à Ménil-la-Tour. Il y prépare une attaque pour le 12 décembre 1914 des tranchées de Remières sur Saint-Baussant. Pataugeant dans les tranchées et les abris, tout le monde est couvert de boue. Les fusils ne fonctionnent plus. Les soldats des vagues d’assaut sont alors une cible facile pour les Allemands qui reprennent toutes les tranchées qu’ils avaient perdues.

StBaussant.jpg

Le 13, lorsque le 286e RI se regroupe à Ansauville, les19, 19, 20, 21, 23 et 24e compagnies sont presque totalement détruites. D’autres ont perdu le 1/3 de leur effectif. La perte totale est de 1013 hommes. Jusqu’au 4 janvier 1915, le régiment se reforme et se reconstitue autour de Royaumeix.
Le 4 janvier 1915, il remonte en ligne au même endroit. Les cadavres français du 12 décembre sont toujours alignés sur les tranchées allemandes. Le 14 mars, il se porte sur Broussey-en-Woevre, occupant les secteurs de Bouconville et de Girauvoisin. Il y restera jusqu’en septembre 1915. L’activité est essentiellement celle de surveillance avec, à la tombée de la nuit, de petits postes qui se portent avec précaution vers le villages de Loupmont et d’Apremont, s’installant dans des haies ou en plein champ, guettant les patrouilles allemandes. Au petit jour ils se replient à l’intérieur du bois, ne laissant que quelques groupes de 2 ou 3 hommes restant dans la plaine pour donner l’alerte. Ces petits postes, situés entre 800 et 1200 mètres de la forêt, font l’objet de nombreux coups de main par les Allemands qui les surveillent depuis les hauteurs environnantes.

Loupmont.jpg

Le régiment ne va jamais à l’arrière, restant en permanence entre Liouville Broussey, les hommes étant logés dans de petites huttes, sans feu ni lumière qui attire les bombardements. Le sol étant marécageux, ils ne peuvent creuser d’abri. Le lavage du linge ne se fait que la nuit, dans l’eau sale du bord des étangs. Le ravitaillement est difficile, ne se faisant que de nuit. La distribution de la nourriture (froide) et de l’eau potable est très irrégulière. On organise des filtres de fortune pour boire l’eau des étangs.

1915 carte.jpg

Les Allemands tentent régulièrement des coups de main, en particulier les 9 et 23 septembre 1915. Le 23 septembre, à la faveur du brouillard, ils attaquent en 5 endroits, depuis la route Bouconville-Apremont jusqu’à la voie de chemin de fer de Liouville. Les gains sont nuls et les pertes peu importantes.
Le 30 septembre, la 64e DI est relevée et s’embarque pour la Champagne. Le 3 octobre, le 286e RI débarque à Châlons et va cantonner à Vadenay. Le 5 octobre 1915, après uns distribution de matériel (munitions, casques et masques à gaz en particulier), il part pour Souain où il reste jusqu’au 21. Les 8 derniers jours, il est en avant de la ferme Navarin, reprise mi septembre, où il est soumis à de violents bombardements et de nombreuses attaques. Il y organise de plus les positions sous un soleil de plomb, dans un sol crayeux, sans eau potable.

fermenavarin.jpg

Du 21 au 29 octobre, il est relevé et occupe des positions en arrière de Souain, puis près de Cuperly. Ensuite, pendant deux mois, il est remis à l’instruction dans les hauts de Meuse. Le 7 novembre, le Président de la République visite ses cantonnements.
A partir du 7 janvier 1916, il remonte en ligne en Woevre, occupant les secteurs de Xiveay, Rambucourt et la cote 239. Le secteur est très actif, avec des bombardements violents, même sur les cantonnements de repos. Les tranchées sont en mauvais état et il faut des pompes pour vider tranchées et abris. Le ravitaillement est difficile et ne peut être fait, comme tous les déplacements, que de nuit. Le froid y règne en maître. Le 17 mai 1916, il est relevé et part par étapes pour le camp de Saffrais. Le 26 mai 1916, il remonte à Bremoncourt, en alerte pour un départ possible. Il apprend le lendemain qu’en raison de la réorganisation des régiments (qui passent de 2 à 3 bataillons), il est dissout et réparti entre le 232e RI et le 339e RI, nouvelle affectation d’Eugène Louis. Il y arrive le 1er juin 1916. Il est alors en secteur dans le bois d’Avocourt. Le 22 juin, il est soumis à un intense bombardement qui fait 17 tués et 46 blessés. Au mois de juillet, il occupe dans le même secteur de nouvelles tranchées devant Sivy-la-Perche et Fromenville. Du 4 au 5 août 1916, les bombardements et accrochages font 20 morts et 16 blessés.
Eugène passe alors à la 14e section de COA le 17 septembre 1916, dépendant du 14e corps d’armée de Lyon. Son parcours ne peut alors âtre suivi. Le 10 novembre 1917, il quitte le service armé, entrant à l’ambulance 16/22, puis à l’hôpital temporaire d’Issoire (musée Lescure) le 18 avril 1918.

HopTempIssoire.jpg

Démobilisé le 3 janvier 1919 à l’âge de 33 ans, il forme un dossier de père de 5 enfants. En effet, Isabelle Jeanne Pierrette est née à Echandelys le 8 janvier 1918.
Il est père de 7 enfants en 1928, quitte Echandelys et décède à Saint-Germain-Lembron en 1955.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s