Christophe Antoine RENAUDIAS

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croixGuerrePalme+MedMilit

Il est né à Deux Frères le vendredi 30 octobre 1891 à 8 heures du matin de Jean Pierre, né à Deux Frères le 2 juin 1851 et d’Antoinette DUCOING née à la Feuille, commune de la Chapelle-Agnon le 17 août 1856. Il est le 6e enfant d’une famille de 9. Ses parents se sont mariés à la Chapelle-Agnon le premier septembre 1883 et la famille va vivre au hameau de la Feuille jusqu’en 1889. Marie Antonine Christine, leur 1e enfant, naît donc à la Feuille le 18 mai 1884 (elle se mariera à Echandelys avec Benoît CHARRIER qui sera aussi soldat pendant la Grande Guerre, et mourra à Echandelys en 1951). Leur second enfant, né à Echandelys le 1er décembre 1885 y décède le 12 avril 1892. Viennent ensuite trois filles, Alice Claudine Antonine le 16 juillet 1887 à la Chapelle-Agnon (elle se mariera avec Pierre DUCROS à Saint-Eloy-la-Glacière en 1910 et y décèdera en 1968), Louise Joséphine Léontine (née à la Chapelle-Agnon le 18 septembre 1888 et morte à Echandelys en 1892) et Joséphine Philomène, née à Echandelys le 24 mars 1890 et morte à Deux Frères le même jour que sa sœur aînée. La simultanéité de ces décès, ajoutés à celui de Pierre Claudius 3 jours plus tard et concernant des enfants fait penser à une épidémie (croup ?). Après Christophe Antoine, naissent Antoinette Marie le 19 février 1893 (mariée en 1918 à Echandelys avec Jean Marie FARCE, aussi soldat pendant la Grande Guerre, elle va mourir à Echandelys en 1955), puis Jean Alfred le 2 mars 1895 (mort le 12 mai 1901) et enfin Pierre François le 20 avril 1896, lui aussi soldat pendant la Première Guerre Mondiale. Le 8 novembre 1897, leur père Jean Pierre meurt à Deux Frères, laissant leur mère seule avec ses six enfants survivants.
Il est appelé sous les drapeaux le 9 octobre 1912 et comme Ambroise Jean Claude BARRIERE incorporé un an plus tard, il n’est donc pas libéré lorsque la guerre éclate.
Il est alors agriculteur, mesure 1 m 54 et possède des cheveux châtain foncé. Ses yeux son marron clair, avec un front vertical et un nez rectiligne. Son visage est long et son teint coloré.
Rappelé en juillet 1914 alors que le régiment se rend dans le camp de la Courtine pour des manœuvres, il est prêt à partir le 6 août. Après une marche dans l’après-midi du même jour par Saint-Bonnet et Châtel-Guyon, où on l’acclame au passage, il s’embarque à Riom le 7, à 13 heures.

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Il arrive le 8 dans la région d’Epinal, destiné à prendre part à l’offensive de Lorraine. Le 11 août il quitte ses cantonnements et se porte à la rencontre de l’ennemi qui, après avoir franchi la frontière, s’est replié en incendiant de nombreux villages. Ce sont d’abord de pénibles marches par une chaleur accablante et enfin le 14 août, à 10 heures, le contact est pris à Badonvillers avec les Allemands. L’artillerie allemande crible le village de ses projectiles afin de retarder l’avance française. Le régiment arrive le soir devant Cirey et se heurte à une position fortement organisée. Les hommes sont exténués de fatigue après une journée entière de marche par une chaleur torride, mais avant que l’artillerie puisse se mettre en position, deux charges à la baïonnette sont ordonnées sous une grêle de balles et d’obus, à travers le plateau qui s’étend entre Petitmond et Cirey et qui coûte de nombreuses pertes sans avantage puisque le lendemain 15 août, le régiment revient un peu en arrière. Les Allemands ayant quitté Cirey, la poursuite est reprise le 16 et la frontière passée à Lafrimbole à 13 heures. A la tombée de la nuit les soldats entrent à Saint-Quirin.
Le 17 août le 105e RI se porte en deux colonnes sur Abreschwiller qu’il dépasse pour aller organiser une position en avant.

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Le 20 août, il reçoit l’ordre d’attaquer avec deux bataillons en direction d’Hartswiller-Carrière et Plain de Vach, mais malgré un tir violent de l’artillerie lourde adverse, il n’est pas déploré de perte. Le régiment trop avancé reçoit l’ordre de se replier d’abord sur Hartswiller, puis dans la nuit de revenir à Abreschwiller. Le 21 août, à 7 h. 30, les Allemands attaquent à leur tour dans la direction de Voyer-la Valette. Le 105e RI, alors en réserve, est alerté et ses 2e et 3e bataillons se portent au nord d’Abreschwiller, le 2e bataillon près de l’artillerie, le 3e bataillon à droite vers la Valette. L’ennemi est reçu par les feux d’infanterie, puis chargé à la baïonnette, mais le retrait d’unités voisines oblige les deux bataillons à se replier en laissant sur le terrain de nombreux tués et blessés. C’est lors de ces combats que disparaît Ambroise Jean Claude BARRIERE, âgé de 22 ans. Après avoir traversé Bacarat le 23 août, le régiment arrive à Rambervillers où le recul est définitivement arrêté. Il commence alors à creuser des tranchées sommaires dans les bois situés au nord de Rambervillers et subit quelques attaques locales. Il est relevé le 11 septembre 1914 pour gagner en train la région de Carlepont dans l’Oise, à la poursuite des Allemands après leur défaite sur la Marne. Du 16 au 19 septembre, de violents combats ont lieu afin de déloger l’ennemi dans les bois au sud de Carlepont. Ceux-ci contre-attaquent le 19 à 5 h 50 et s’avancent jusqu’à 50 m du château de la Quenoterie qu’ils ne peuvent atteindre. Ils doivent alors battre en retraite, laissant de nombreux morts et blessés.

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Le lendemain, suivant la retraite allemande, le 105e RI progresse vers le nord et s’empare par surprise du village de Plessier-du-Roye. Par contre, toutes les tentatives pour enlever Lassigny sont des échecs, de même pour les jours suivants. A partir du 24 septembre 1914, le régiment organise donc son secteur de Plessier-du-Roye et fait ses premiers apprentissages de la guerre de tranchées. La plupart des travaux ne se font que de nuit pour éviter les pertes. Les tranchées et boyaux sont creusés et les réseaux de fil de fer sont placés au milieu d’alertes continuelles et comme le moindre bruit déclenche une fusillade nourrie de la part des Allemands, les soldats abandonnent bien vite la pelle pour le fusil.
La 30 octobre 1914, Antoine est probablement détaché au 305e RI, une vingtaine de km au sud-est, qui avait subi de nombreuses pertes et se reconstitue tout en organisant sa position à proximité de Fontenoy. Chaque nuit, il pousse un peu plus vers l’avant et finit par établir ses tranchées à moins de 200 mètre des Allemands. Les attaques françaises se succèdent. Le 30 octobre, le 305e RI a pour mission d’enlever une redoute située à 2 km au sud-ouest de Nouvron. La préparation d’artillerie a été insuffisante et les assaillants buttent sur un réseau de fils de fer intact juste devant les tranchées allemandes. Le 12 novembre, même situation sur un saillant du bois au sud de Nouvron. Là encore, les pertes sont importantes.

Nouvron

carteFontenoy

Une guerre de mines s’engage alors, permettant avec les explosions des 13 novembre, 6 et 13 décembre 1914 de maintenir la pression sur les Allemands et de s’approcher un peu plus des lignes ennemies.
Le 13 janvier, après l’explosion d’une mine française, la 19e compagnie est désignée pour aller occuper l’entonnoir avec 2 sections de mitrailleuses et une section du génie. Les mouvements sont rendus difficiles par la pluie qui a détrempé le terrain. Le départ est prévu pour un heure. Une heure plus tard, les sections sont à leur objectif, mais l’entonnoir principal n’a pas été retrouvé compte-tenu de l’obscurité. Au point du jour, une section de front de 120 mètres de largeur se retrouve à 10 mètres de la tranchée allemande qui a été mordue par l’entonnoir. Les Allemands jettent alors des bombes et à partir de 9 heures du matin, les 77 se mettent en action. Pendant la nuit du 12 au 13 et la journée du 13, on comptabilisera 16 tués dont Antoine qui va mourir à 10 heures du matin à l’ambulance 1/7 de Fontenoy à l’âge de 23 ans, 55 blessés et 1 disparu.

Fontenoy

Listemort

En tout plus de mille hommes ont été mis hors de combat pendant la période du 12 septembre 1914 au 20 janvier 1915.

Le corps de Christophe Antoine est ramené à Echandelys et est réinhumé dans le cimetière communal en 1922 :

Echandelys.- Réinhumation.- Lundi 27 février a eu lieu la réinhumation des glorieux restes du soldat Renaudias Christophe-Antoine, classe 1911, mort pour la France, le 17 ja,nvier 1915. Au moment de la déclaration de guerre, il était secrétaire du trésorier, au 105e R.I., il demanda aussitôt à partir comme volontaire. Sa brillante conduite lui fit obtenir des citations élogieuses qui lui valurent la croix de guerre avec palme et la médaille militaire. Au cimetière, un ami personnel du défunt a adressé un dernier adieu à ce brave soldat et exprimé la part que chacun prend à la douleur de la famille éplorée.- (Le Moniteur du Puy-de-Dôme du 7 mars 1922)

Une réflexion au sujet de « Christophe Antoine RENAUDIAS »

    Joseph Albert VIVAT « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    22 novembre 2017 à 19 h 46 min

    […] déclaration de la guerre. Il a alors 20 ans. Il y retrouve Simon Blaise FARGETTE de la Foresterie, Christophe Antoine RENAUDIAS et Ambroise Jean Claude BARRIERE de Deux-Frères et, après une marche dans l’après-midi du 6 […]

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