Antoine Alphonse POMEL

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PomelAlph

Dernier enfant d’une famille de 6 qui sera beaucoup éprouvée par la Première Guerre Mondiale, il naît à Parel le jeudi 30 mai 1895 à 10 heures du matin de Joseph Marie, né lui-même à Parel le 6 avril 1860 et de Anne Joséphine RIGAUD née à Parel le 13 juin 1862. Ses parents se sont mariés à Echandelys le 12 août 1882 et donnent naissance tout d’abord à Jean Jacques le 31 mars 1884 (il fera aussi toute la Grande Guerre et se mariera avec Berthe Victorine FAYOLLE dont trois de ses frères seront aussi soldats), puis Antoine né le 21 janvier 1886, aussi soldat pendant toute la guerre. Après Antoine vient Marie, la seule fille de la famille, née le 13 août 1889 à Parel (et décédée à Echandelys en 1969). La famille se complète enfin par trois garçons, Joseph né le 2 juin 1891 (il va mourir dans la Meuse en 1915), Jean Eugène le 10 avril 1894, qui sera aussi soldat pendant la guerre, et enfin Antoine Alphonse. Leur père meurt à Parel le 18 août 1895, quelques mois après la naissance de Antoine Alphonse.
Lors de sa visite d’incorporation en 1914, il est valet de chambre et mesure 1 m 77. Ses cheveux sont noirs et ses yeux jaune verdâtre. Un front large et un nez cave ornent un visage ordinaire. Il est alors exempté pour faiblesse en 1914 et en 1915. Par contre le conseil de révision du Puy-de-Dôme le considère le 7 juin 1916 comme bon pour le service armé. Cinq de ses frères sont à la guerre et l’un est déjà mort. Aussi, la situation familiale est critique :

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Il arrive alors au 13e RI de Nevers le 27 août 1916.

Neverscasernepittié.jpg

Pendant sa période d’instruction, il est hospitalisé à l’hôpital complémentaire n°14 de Nevers (école normale d’institutrices) du 30 décembre 1916 au 5 février 1917.

neversEcolNormaleInstitutrices.jpgIl ne remonte certainement pas en ligne à ce moment car il est réhospitalisé du 24 février au 5 avril 1917.
C’est alors qu’il est confronté pour la première fois avec le front. Son régiment participe  à l’offensive en Champagne à partir du 17 avril. Il est chargé de tenir le mont Cornillet lorsqu’il aura été pris par le 83e RI. L’attaque est fixée au 17 avril. Dans le courant de l’après-midi, le 83e RI, après avoir couronné le mont, a subi de nombreuses pertes et ne peut plus assurer la continuité du front, se repliant de plus en plus au fur et à mesure du temps. Le 13e RI se retrouve alors en première ligne. Le bataillon de réserve est alors chargé d’enlever le réduit du mont Cornillet. Il y prend pied mais ne peut enlever le mont dans son ensemble. Il est relevé le 21 avril après avoir perdu 417 hommes.

montCornillet.jpg

Le repos est de courte durée car le 5 mai 1917, Il occupe une partie du mont Blond où il est chargé d’organiser le secteur conquis sur les Allemands et bouleversé par les bombardements incessants. Puis il repasse au niveau du réduit du mont Cornillet qu’il tient jusqu’au 29. Il gagne alors Sainte-Menehould en Argonne.
Il y connaît la vie de tranchée, avec ses veilles pénibles, ses travaux toujours recommencés et jamais achevés, ses relèves par le froid et la pluie, ses périodes de demi-repos à quelques centaines de mètres de la première ligne. Fréquemment, l’ennemi se livre à des concetrations de feu sur une partie du front, effondrant les abris, retournant les tranchées et les réseaux de fils de fer. Le terrain boisé et raviné se prête aux coups de mains. L’étendue du terrain à garder et la faiblesse des effectifs amènent à employer l’adoption du principe des îlots de résistance répartis sur le front de loin en loin et échelonnés en profondeur, concentrant les moyens de défense sur des points choisis. Le 13e RI est chargé d’y garder à cheval sur la route de Binarville et sur la rive droite de la Biesme les hauteurs boisées situées au nord-est de Vienne-le-Château.

VienneleChateau.jpg

Un raid est tenté le 11 juillet sur les tranchées allemandes, sans pouvoir ramener de prisonnier. Les Allemands prennent leur revanche dans la nuit du 17 au 18 juillet mais y laissent 4 morts et 8 prisonniers sans perte française. Ils récidivent le 1er septembre 1917, sans plus de succès. Les tentatives identiques se poursuivent chaque mois, plus ou moins heureuses. Le 20 février 1918, le régiment est relevé et part au camps de Saint-Ouen dans l’Aube. Il y fait un peu d’instruction et quelques manœuvres pendant une quinzaine de jours. Envoyé en soutient de division d’abord à Souains puis Tahure, il est dirigé le 27 mars sur Montgerain, au sud de Montdidier qui est tombé aux mains des Allemands. Il arrive en pleine nuit à l’hôpital d’évacuation de Tricot abandonné par son personnel le jour précédant en raison de l’avancée allemande. Il passe le 4 avril en première ligne face à Montdidier, à cheval sur la route de Rubescourt à Montidier et sur la voie ferrée de Saint-Just à Montdidier. La première ligne est à peine ébauchée et les bataillons s’activent à l’organisation du terrain. Les Allemands déclenchent dans la nuit du 16 au 17 avril un violent bombardement à l’ypérite qui dure plus de 3 h 30 sur la ferme le Pas et Rubescourt. 448 hommes sont évacués pour intoxication plus ou moins grave. Mai est marqué par une recrudescence d’activité de l’artillerie ennemie, appuyée par des avions en nombre, faisant redouter une attaque prochaine. Le 8 juin au soir, l’artillerie ennemie ouvre le feu et bombarde par obus toxiques la zone de batterie et le poste de commandement. L’infanterie allemande attaque à 3 h 30 et prend le village du Frétoy découvrant le bataillon du Bouchet sur son flanc droit qui est menacé d’encerclement. Malgré ses contre-attaques, pendant 4 heures, il est condamné à la retraite après avoir perdu 600 hommes. Alphonse en faisait partie. Il meurt, tué à l’ennemi par balle vers 5 heures, à Domfront, dans le secteur de Ribécourt à l’âge de 21 ans.

Domfront1918carte

Sa famille n’est informée de son décès qu’un mois plus tard.

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Il est inhumé dans la nécropole nationale de Dompierre, tombe n°808.

DompierreNécropoleNationale

Une réflexion au sujet de « Antoine Alphonse POMEL »

    Antoine POMEL « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    21 décembre 2018 à 15 h 03 min

    […] la Meuse en 1915), Jean Eugène le 10 avril 1894, qui sera aussi soldat pendant la guerre, et enfin Antoine Alphonse né le 30 mai 1895, qui mourra à Domnfront en 1918. Leur père meut à Parel le 18 août 1895, […]

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