Joseph POMEL

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PomelJo
D’une famille de 6 enfants qui sera beaucoup éprouvée par la Première Guerre Mondiale, il naît à Parel le mardi 2 juin 1891 à 1 heure du matin de Joseph Marie, né lui-même à Parel le 6 avril 1860 et de Anne Joséphine RIGAUD née à Parel le 13 juin 1862. Ses parents se sont mariés à Echandelys le 12 août 1882. Ils ont d’abord donné naissance à Jean Jacques le 31 mars 1884 (aussi soldat pendant la Grande Guerre, il fera la campagne d’Orient), Antoine né le 21 janvier 1886, aussi soldat pendant toute la guerre puis Marie, la seule fille de la famille, née le 13 août 1889 à Parel (et décédée à Echandelys en 1969). La famille se complète enfin après Joseph par Jean Eugène, né le 10 avril 1893 qui sera aussi soldat pendant toute la guerre, et enfin Antoine Alphonse né le 30 mai 1895 et qui va mourir à Domfront en juin 1918. Leur père meurt à Parel le 18 août 1895. Joseph n’a que quatre ans.
Lors de sa visite d’incorporation, il est menuisier et mesure 1 m 75, ce qui est grand pour sa classe d’âge. Ses cheveux sont noirs et ses yeux orange verdâtre. Un nez cave et sinueux, un front vertical ornent son visage long au menton saillant et aux oreilles écartées. Il est incorporé au 4e régiment du génie de Grenoble le 12 octobre 1912. A la déclaration de la guerre, la compagnie 8/2, dont fait partie Joseph, quitte Grenoble le 6. Le lendemain, il débarque à Thaon-les-Vosges à 13 h. La nervosité des hommes est telle qu’une sentinelle provoque une fausse alerte dans la nuit du 8 au 9 à Zincourt, au cantonnement. Le 9 à 22 h, départ à marches forcées pour Azerailles qui est atteint le 10 à 14 h 30. Puis commence le travail à proprement parlé avec à partir du 11, la mise en défense du village d’Hablainville.

Hablainville

Les sapeurs voient alors les premiers prisonniers allemands passer. Le 14 août, le régiment repart pour Domèvre-sur-Vezouze où il essuie sa première canonnade, sans perte. Les sapeurs visitent les premiers ouvrages allemands. Ils les trouvent très confortables et garnis d’outils. Le 16, il part pour Blâmont puis Tanconville. La sortie vu village est encore couverte de cadavres d’hommes et de chevaux. Puis la poursuite continue par Lorquin, Bebing, puis Sarrebourg où le régiment arrive le 18 août à 21 h 30. Le bombardement y est violent. Le lendemain, la situation devient intenable et la retraite est sonnée. Le régiment laisse sur place ses premiers blessés et prisonniers. La retraite continue par Lorquin, Plamont. Le 23, il atteint les hauteurs de Belchamps. Le 25, il organise la région de Fauconcourt et la route qui mène à Rambervillers. A partir du 26, l’offensive allemande est stoppée.

Fauconcourt.jpg

Le 1er septembre, le régiment part sur Deinvillers à 17 h. La marche est interrompue par les bombardements. Arrivés la nuit, les sapeurs sont de corvée de désinfection du village et des abords. Ils construisent une fosse pour les cadavres. Le 2 septembre, ils réalisent des passerelles sur la Mortagne. Dans les jours qui suivent, ils rayonnent autour de Dainvillers, réalisant abris, passerelles, ponts de bateaux. Le 15 septembre, la compagnie part pour Charmes, puis rejoint Saint-Mihel où elle débarque le 17 à 2 h 30 du matin. Puis elle gagne Saint-Maurice-sous-les-Côtes et reste dans la région, tournant autour de Saint-Agnant, puis Apremont-la-Forêt. Début octobre, elle y réalise des travaux de sape et d’aménagements en vue d’une attaque prévue pour le 6. Les conditions sont dures compte tenu de la roche et des bombardements incessants.

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Avec les premiers éléments de l’infanterie, marchent quelques sapeurs avec des cisailles afin de couper les réseaux de fils de fer barbelé. Pendant de nombreuses semaines, la compagnie reste sur Saint-Agnan, au bois Brûlé.

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Le travail y est toujours le même : fabrication et consolidation d’ouvrages, accompagnement des attaques. Les pertes sont permanentes, distillées par les attaques et les bombardements. Le 11 décembre 1914, 4 détachements de reconnaissance participent à l’attaque, composés de 5 sapeurs, 8 et 13 sapeurs, afin de s’assurer de l’état de la chambre aux poudres des mines antérieurement perdues et de détruire les mines de feu ennemies s’il y a lieu. La compagnie compte alors 4 morts, 4 blessés graves et 1 disparu. D’autres sapeurs suivent l’infanterie afin d’organiser les positions pendant l’attaque. Les jours suivants, le travail consiste essentiellement en la consolidation des infrastructures existantes, à la création de nouveaux abris ainsi que de quelques galeries de mine.

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Petit à petit, les méthodes s’affinent et les ouvrages se consolident. Le 21 février 1915, la compagnie pose 3 serpents qui explosent à 6 heures du matin le lendemain. Le résultat est merveilleux (JMO de la Compagnie 8/2 du 4e Régiment du Génie). 8 sapeurs suivent l’attaque ½ heure plus tard. La tranchée allemande, prise, est reperdue quelques heures plus tard. 2 sapeurs sont tués, 1 a disparu, 2 sont blessés légèrement et un 3e plus gravement.

BoisBrule.jpg

Bois Brûlé tranchée allemande

Les 5 et 6 avril, 2 pelotons différents de la compagnie participent à l’attaque des tranchées ennemies au bois Brûlé dans un secteur inconnu.

TranchéeBoibBrulefin1914.JPG

Le 5, 2 sapeurs meurent et 4 sont blessés. Le 6, 4 sapeurs sont blessés et 2 sont tués dont Joseph.

PomelTuéJMO.jpg

Il avait 23 ans. Le 24 mars 1915, Eugène, cadet de Joseph, est blessé à la tête à Marbotte par un éclat d’obus. Il appartenait aussi au 4e RG, mais nous ne savons pas à quelle compagnie. Le 24 juillet 1915, il est blessé plus gravement à la cuisse au bois de la Louvière, quelques centaines de mètres seulement à l’ouest de l’endroit où son frère venait d’être tué, mettant un terme définitif à sa participation aux armées. Il est vraisemblable que tous deux appartenaient à la même compagnie. Trois ans plus tard, leur petit frère Antoine Alphonse meurt à Domfront.
Joseph est inhumé à la nécropole nationale de Marbotte, tombe 526.

NécropoleMarbotte

4 réflexions au sujet de « Joseph POMEL »

    Antoine POMEL « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    21 décembre 2018 à 15 h 03 min

    […] à Parel (et décédée à Echandelys en 1969). La famille se complète enfin par trois garçons, Joseph né le 2 juin 1891 (il va mourir dans la Meuse en 1915), Jean Eugène le 10 avril 1894, qui sera […]

    Antoine Alphonse POMEL « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    21 décembre 2018 à 15 h 07 min

    […] à Parel (et décédée à Echandelys en 1969). La famille se complète enfin par trois garçons, Joseph né le 2 juin 1891 (il va mourir dans la Meuse en 1915), Jean Eugène le 10 avril 1894, qui sera […]

    Jean Eugène POMEL « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    21 décembre 2018 à 15 h 45 min

    […] à Parel (et décédée à Echandelys en 1969). La famille se complète enfin par trois garçons, Joseph né le 2 juin 1891 (il va mourir dans la Meuse en 1915), Jean Eugène, et enfin Antoine Alphonse […]

    Jean Jacques POMEL « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    21 décembre 2018 à 16 h 23 min

    […] à Parel (et décédée à Echandelys en 1969). La famille se complète enfin par trois garçons, Joseph né le 2 juin 1891 (il va mourir dans la Meuse en 1915), Jean Eugène, né le 10 avril 1893 qui […]

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