Marius RAFFIER

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Sa vie reste pour nous un mystère. Il naît le samedi 6 janvier 1894 au 30 rue Sidoine Apollinaire de Marie RAFFIER, repasseuse célibataire, alors âgée de 28 ans et née à Brenat (aucune naissance de Marie RAFFIER n’a été retrouvée dans les tables décennales de la période considérée), habitant au 8 de la rue Jolie. Elle le reconnaît par acte du 17 janvier 1894. Il est confié à l’Assistance Publique et est considéré comme tel sur sa fiche matricule. Il habite au moment de sa visite d’incorporation à Echandelys, mais depuis peu car il n’apparaît sur aucun recensement, en particulier celui de 1911. Nous ne savons donc pas à quel endroit de la commune il habitait réellement.
Il mesure alors 1 m 60 et exerce la profession d’agriculteur. Ses cheveux sont châtain foncé et ses yeux châtains. Il a un front moyen, un nez rectiligne, un menton rond et un visage ovale. Il est incorporé au 38e RI de Saint-Etienne le 14 septembre 1914. Il effectue environ 6 mois de classes et ne gagne certainement pas le front avant mi-février 1915. Il passe au 37e RI de Nancy à une date indéterminée, certainement lors de son passage aux armées. Son régiment est alors dans les tranchées de l’Yser, en Belgique, où il lutte, en plus de l’ennemi, de l’eau et de la boue qui infiltre tout et fait s’affaisser le peu d’ouvrage construit. Il tient alternativement les secteurs du bois Triangulaire et de Langemarck.

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La fièvre typhoïde et les gelures aux pieds, chez ces soldats qui ne se déchaussent que rarement, font des ravages dans les rangs.

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Le 15 avril, c’est donc avec joie que le régiment quitte la boue de l’Yser. le 21, il arrive à Maroeuil, au nord-ouest d’Arras, où il travaille à l’aménagement du terrain en vue d’une attaque. Celle-ci a lieu le 9 mai et le 37e RI est en réserve, derrière le 79e RI qui progresse tout d’abord rapidement et dépasse Maison-Blanche. Il est alors pris de flanc et à revers par les défenseurs du Labyrinthe que les soldats du 26e RI n’avaient encore pu réduire au silence.

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Le 1er bataillon du 37e RI s’engage alors aux côtés de la 3e vague du 79e RI et enlèvent Maison-Blanche. Pour sécuriser le terrain, il faut alors descendre dans les boyaux et les tranchées afin de les « nettoyer ». Ce combat meurtrier dure les 9 et 10 mai.
Le 11 mai, l’ordre est donné au 37e RI de s’emparer du cimetière de Neuville-Saint-Vaast. L’attaque est lancée à 14 heures. Seul le 3e bataillon y parvient, le 1er et le 2e étant cloués au sol par un violent tir de barrage. Malgré de lourdes pertes, il parvient au cimetière de front et en le contournant latéralement. Un violent corps à corps se déroule de tombe en tombe. Les tranchées conquises sont rapidement retournées et rapidement, les troupes doivent faire face à une contre-attaque allemande qui est repoussée.

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Le lendemain, pendant qu’une partie du régiment organise le cimetière, le reste enlève rue par rue, maison par maison le village encore aux mains de Allemands.

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Les combats vont durer 18 jours et coûter la vie à 1078 Français. Dans la nuit du 26 au 27 mai, il est relevé et se reconstitue à Tiloy-lès-Hermaville.
Du 5 au 15 juin, il est ramené à l’est de Neuville afin d’exécuter les travaux en vue d’une attaque prévue pour le 16 juin.

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Elle est menée par le 3e bataillon, qui a pour objectifs le moulin et l’ouvrage en Losange. Mais son élan est rapidement arrêté par des réseaux de fil de fer profonds et par le feu des mitrailleuses qui couvrent le terrain d’une véritable nappe de balles. Seule la 11e compagnie, dans une course folle, atteint les tranchées ennemies et y livre un furieux corps à corps où peu à peu elle succombe sous le nombre. Le 2e bataillon, partant en deuxième vague, s’élance à son tour pour entraîner le troisième ; mais en un instant presque tous ses officiers sont tués ou blessés et il est lui aussi cloué sur place. Une section cependant, la section FASQUEL (7e), a poursuivi son élan et elle aborde la tranchée ennemie où comme la 11e compagnie elle succombe sous le nombre. Héroïsme infructueux, mais héroïsme splendide. C’est en vain qu’à la tombée de la nuit, une double attaque est tentée. C’est en vain aussi que le 17 nos bataillons partent trois fois à l’assaut. Les moyens de défense de l’ennemi ne sont pas détruits et les mitrailleuses crépitent toujours. Nos batteries sont devenues impuissantes à les réduire, en présence d’une artillerie adverse déjà très nombreuse et qui se renforce chaque jour. Aussi, le 18, l’ordre est-il donné de suspendre l’attaque et d’organiser le terrain conquis. (Historique du 37e RI Imprimerie Berger-Levrault). Ces 2 jours voient mourir 706 Français dont Marius qui est tué à l’ennemi le 16 juin 1915, âgé de 21 ans. Le lieu de sa sépulture ne nous est pas connu.

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