Alphonse TOURDIAS

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Quatrième enfant d’une famille de 5, il voit le jour à Cher le samedi 17 janvier 1885 à midi d’Antoine, scieur de long et cultivateur, également né à Cher le 3 mai 1839 et d’Antoinette PAROT née au Rouvet (Aix-la-Fayette) le 9 avril 1845. Le couple habite rapidement à Cher et donne naissance avant Alphonse à Antoinette le 17 juin 1867, à Jean Marie le 7 octobre 1874, puis à Benoît Félix le 25 juillet 1882 (qui sera tué dans la Somme en 1915). Après Alphonse, naît Jean, le 22 juillet 1887 mais qui va décéder le 19 février 1890, toujours à Cher. Leurs parents vont mourir respectivement le premier avril 1899 pour leur père Antoine, et le premier novembre 1900 pour leur mère. Encore présente à Cher en 1901, la famille disparaît sur les recensements d’Echandelys de 1906 et 1911.
Il est ouvrier maçon lorsqu’il est incorporé dans une unité inconnue (13e section de COA ?) le 7 octobre 1906. Il mesure alors 1 m 67, possède des yeux gris bleu. Son visage est ovale, avec un menton rond. Il est libéré le 25 septembre 1908 et rejoint son frère au 66 rue de Paris à Villiers-sur-Marne.

VllierssurMarne

A la déclaration de la guerre, il rejoint la 13e section de COA le 5 août 1914. Comme nous ne possédons pas de témoignage direct, il nous est impossible de retracer son parcours à cette période. Il passe au 81e RI de Montpellier le 3 décembre 1915. Comme il n’a certainement jamais fait d’instruction militaire, il passe ses premiers mois en manœuvres et intègre le 24e bataillon alpin de chasseurs à pied de Villefranche le 16 mai 1906. Ce dernier occupe en Alsace la région autour du Südel.

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Après une période de repos, il gagne la Somme près du Forest. Il participe alors à l’offensive du 3 septembre 1916, fortement éprouvé par les tirs de contre-préparations allemands, les 2e, 4e compagnies et la 1e compagnie de mitrailleuses ayant perdu tous leurs officiers avant l’attaque. Dès l’après-midi, le Chemin Creux est totalement pris ainsi que 120 prisonniers capturés. Le Forest puis la tranchée de la Cranière sont ensuite enlevés.

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Il capture pendant l’attaque 7 mitrailleuses, fait 400 prisonniers et a enfoncé les défenses allemandes sur une profondeur de 1 800 mètres. Mais 50% du bataillon est hors de combat. Alphonse est alors blessé le 5 septembre, en fin d’opération sur le secteur de Cléry-sur-Somme. La gravité ainsi que la localisation de sa blessure ne sont pas précisées. Après avoir organisé le terrain nouvellement conquis, le bataillon, sans être complété, prend part au combat de Rancourt quelques km plus au nord. Après avoir stationné à Curlu pendant quelques jours, il est transporté en train à Forges-les-Eaux, en Normandie. Le 21 octobre, alors que la 4e brigade se rend dans les Vosges, le 24e BACP est désigné pour le service de garde du Grand Quartier Général à Chantilly et y reste jusqu’au 11 novembre 1916. Le 29 novembre, La 66e division est passée en revue sur le plateau de Chamfrey.
Puis le 24e BACP est porté dans l’Aisne où, au matin du 16 avril 1917, il se place dans le bois de Beaumarais afin d’assurer la 2e vague d’assaut. Malheureusement, l’attaque déclenchée n’ayant abouti, il retourne le soir au camp des Couleuvres où il reste encore 2 jours. Il remonte du 18 au soir jusqu’au 21 au bois de Beaumarais où il reste dans l’eau, sans abri, en butte à l’artillerie allemande. Ses pertes commencent à y être sensibles. Puis il relève dans la nuit du 23 les positions conquises par le 5e RCA (tranchées de la Plaine et d’Enver-Pacha devant Corbeny). Les bombardements sont intermittents et les boyaux en partie détruits, parfois même inexistants. La relève est dangereuse. Il organise le terrain et crée des parallèles de départ à proximité des tranchées allemandes. Après un bombardement allemand le 29 avril plus violent que les autres, il repousse une attaque, puis une autre le lendemain.
Début mai 1917, il est relevé et part pour Craonne, en face de Chevreux. L’état-major français est informé d’une grande offensive allemande sur 3 corps d’armée prévue pour le 28 mai 1917. Mais rien ne se produit jusqu’au 1e juin. La journée du 2 juin est marquée par un violent bombardement qui coupe toutes les communications .Le 3, le tir, qui s’est un peu calmé dans la soirée du 2, reprend à 3h 15 avec une extrême violence. A 4 heures, le tir s’allonge tout en gardant la même intensité. Puis c’est l’offensive. Après avoir traversé les premières lignes, les Allemands buttent sur les positions de réserve du bataillon. A 13 heures, une contre-attaque réussit complètement et à la nuit, toutes les anciennes tranchées sont réoccupées. Ce jour, Antoine est à nouveau blessé sans que l’on ait de détails sur sa blessure.

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Du 26 juin au 16 juillet s’écoule une période de repos qui est marquée par toute une série de fêtes de la division, dont la dernière et la plus belle, le triomphal défilé dans Paris, le 14 juillet, pour lequel le 24e BCA a l’honneur d’avoir la garde du drapeau des chasseurs. Il remonte ensuite en ligne, toujours dans l’Aisne, et participe à l’attaque de la Malmaison. La préparation d’artillerie déclenche une contre-préparation allemande toute aussi violente. Aussi, lors du déclenchement de l’attaque à 5 h 15, les Allemands avaient eu le temps de regarnir les tranchées de la carrière des Bovettes de leurs mitrailleuses. Enfin, les pluies des jours précédents retardent les premières vagues. Ainsi, les vagues d’assaut s’essoufflent vite et le combat acharné fait de nombreuses victimes ( 467 homme mis hors de combat du 23 au 27 octobre). Malgré les pertes, le bataillon progresse lentement et le 25, ses premiers éléments dévalent les pentes de la vallée de l’Ailette.

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Dans la nuit du 27 au 28 octobre 1917, le 24e BACP est relevé et mis au repos. Il a réalisé une avancée de 1000 mètres sur un front de 350 mètres en s’emparant de 4 lignes de tranchées allemandes, de 8 mitrailleuses et de 9 mortiers et minenwerfer. Il est cité à l’ordre du 11e corps d’armée.
Début 1918, le bataillon repart en Alsace où il tient les tranchées du Südel. Le secteur est relativement calme. En avril, il repart pour la Somme et occupe le bois Sénécat, puis le plateau de Rouvrel. En juillet, il participe le 12 à une attaque sur le bois de Gros-Hêtre. Il faut 35 prisonniers et capture 3 mitrailleuse ainsi qu’un important stock de matériel. Il perd par contre 50 hommes dont 10 morts.
Le 8 août 1918, il participe à une attaque de la 66e division visant à prendre Morisel, la rive gauche de l’Avre et Moreuil. Deux de ses compagnies sont mises à disposition du génie afin de construire un pont à Castel, le reste restant en réserve. Le 31 août, il est mis à contribution pour l’attaque du ravin des Ribaudes (à Montécouvé, près de Juvigny) qui est enlevé et nettoyé malgré de lourdes pertes (31 tués et 124 blessés) et avec l’appui de trois chars. L’attaque est reprise le 2 septembre et le front atteint le mont de Leuilly, la ferme Toutvent et la fontaine saint-Remy. Le soir, le bataillon s’empare de l’Ermitage.

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Les jours suivants, la pression française continue et la progression est significative, permettant d’atteindre la ferme Tincelle puis la ferme d’Antioche. Le 9 septembre, le Blavet est occupé et nettoyé.
Après une période de repos, le bataillon remonte le 17 octobre aux abords de Seboncourt, au nord-ouest de Guise, avec pour mission de défendre le village contre d’éventuelles attaques pendant que le 7e groupe de BCA attaque. Le 19, le 24e BACP es chargé de tenir la route n°4 qui longe le canal de la Sambre, entre Oisy et Etreux.

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La rive ouest du canal est progressivement purgée de tout élément ennemi. Le 4 novembre 1918, le canal est franchi (les passerelles posées sont trop courtes de 4 mètres et les hommes pataugent dans plus d’un mètre d’eau pour atteindre la rive). Le lendemain, en raison des pertes subies, le bataillon est relevé et se dirige sur Seboncourt. C’est là qu’il apprend la nouvelle de l’armistice.
Alphonse est démobilisé le 25 mars 1919. Il se retire à Villiers-sur-Marne où il se marie le 6 octobre suivant avec Jeanne Marie JUMEL. Nous ne connaissons pas sa descendance.

Une réflexion au sujet de « Alphonse TOURDIAS »

    […] Antoinette le 17 juin 1867, puis à Jean Marie le 7 octobre 1874. Après Benoît Félix, naissent Alphonse, le 17 janvier 1885 (qui sera aussi soldat pendant toute la guerre de 14), et enfin Jean, le 22 […]

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