Benoît Félix dit Antoine TOURDIAS

Publié le Mis à jour le

Troisième enfant d’une famille de 5, il voit le jour à Cher le mardi 25 juillet 1882 à 8 heures du matin d’Antoine, scieur de long et cultivateur, également né à Cher le 3 mai 1839 et d’Antoinette PAROT née au Rouvet (Aix-la-Fayette) le 9 avril 1845. Le couple habite rapidement à Cher et donne naissance avant Benoît Félix à Antoinette le 17 juin 1867, puis à Jean Marie le 7 octobre 1874. Après Benoît Félix, naissent Alphonse, le 17 janvier 1885 (qui sera aussi soldat pendant toute la guerre de 14), et enfin Jean, le 22 juillet 1887 mais qui va décéder le 19 février 1890, toujours à Cher. Leurs parents vont décéder respectivement le premier avril 1899 pour leur père Antoine, et le premier novembre 1900 pour leur mère. Encore présente à Cher en 1901, la famille disparaît sur les recensements d’Echandelys de 1906 et 1911.
Antoine est donc tout d’abord dispensé du service comme aîné d’orphelins, puis est incorporé au 92e RI de Clermont-Ferrand le 14 novembre 1903. Il mesure alors 1 m 70, possède des cheveux bruns et des yeux châtains. Son visage est allongé, avec un grand nez et un menton rond. Il est renvoyé à Echandelys le 18 septembre 1904. Il quitte la région et se marie à Villiers-sur-Marne le 17 octobre 1908 avec Anne Marie Josèphe MASSON (née vers 1886 à Carentoir ?). Il est alors livreur et habite au 66 rue de Paris.

VllierssurMarne.jpg

A la déclaration de la guerre, il rejoint son corps le 12 août 1914. Dès le 7 août, le régiment est formé et le 9, il débarque à Girancourt dans les Vosges.

Girancourt

Le 12 août, il s’avance vers la frontière que les Allemands ont déjà franchie. Il passe par Rambervillers, Raon l’Étape, Badonvillers et Embermenil. Le 14, les Allemands se sont retranchés et les premières escarmouches se produisent, permettant aux ennemis de faire une retraite en ordre. Le 16, le 92e RI passe la frontière et s’établit le 18 dans les villages de Brouderdoff, Plaine-de-Walsch et dans le bois de Voyer. Le 19, il se fortifie sur ces positions et le 20, l’engagement est sérieux. En effet, les Allemands ont reculé, mais se sont arrêtés sur des lignes prévues d’avance garnies d’une nombreuse artillerie lourde. Antoine rejoint vraisemblablement son régiment à ce moment.
Les pertes du 1er bataillon à Plaine-de-Walsch sont devenues si grosses, qu’il doit être relevé par le 3e bataillon placé en réserve au bois de Voyer. Les Allemands contre-attaquent, obligeant l’armée française à reculer. Si, jusqu’au 23, la retraite est calme, le 24 les Allemands deviennent pressants, les 2e et 3e bataillons attaquent à Domptail, mais la pression allemande devient intolérable.

Domptail

Le 3e bataillon est fauché par un feu terrible et seul le dévouement de la 7e compagnie protège sa retraite. Cette même 7e compagnie, le 26 août, séparée des autres, se heurte dan les bois à un fort détachement allemand cherchant à s’infiltrer dans Rambervillers. Elle le repousse jusqu’à la lisière après avoir tué son commandant bavarois qui reste sur le champ de bataille. Puis le régiment est relevé des Vosges et débarque à Liancourt (Oise) le 15 septembre. Il combat en particulier à l’Ecouvillon et au Plémont, puis réalise le 26 septembre, se portant vers le nord, des tranchées à Tilloloy.

BARRIERE J M A 1882 1916 02

Puis, glissant encore toujours vers le nord, il s’établit face aux Allemands à Fouquescourt et à Fresnoy. Le 2e bataillon, à la Chavatte, fait face à de nombreuses attaques allemandes et le manque de munitions se fait douloureusement sentir le 30 septembre. En effet d’une part l’artillerie française reste muette, car non approvisionnée alors que les Allemands bombardent à gros obus, et d’autre part, les munitions manquent pour l’infanterie (le capitaine de la 7e compagnie retire des cartouches à ses hommes pour les donner à la 6e compagnie dont la position est plus périlleuse). Les deux commandants de compagnie prescrivent même à leurs hommes, les munitions n’arrivant toujours pas, de ne tirer qu’à deux ou trois cents mètres. Les pertes se montent à plusieurs centaines d’hommes, en particulier au 2e bataillon.

BARRIERE J M A 1882 1916 03

Relevé, le régiment débarque sur la frontière belge, à Esquelbecq, les 12 et 13 novembre 1914, il se porte dans la direction de Zonnebeke. Dans l’après-midi, il reçoit du général l’ordre d’attaquer les lignes allemandes au nord de Zonnebeke, vers le carrefour de Broonseinde. Attaques et contre-attaques se succèdent jusqu’en décembre, avec obtentions de plusieurs citations du régiment. Les unités s’infiltrent mutuellement et ne peuvent se dégager qu’à la baïonnette.

BARRIERE J M A 1882 1916 04

Le régiment est ramené sur les confins des départements de la Somme et de l’Oise; où il y restera pendant toute l’année 1915, se remettant de ses fatigues et de ses grosses pertes de Lorraine et de Belgique. Il tient alors les secteurs du bois des Loges et de Beuvraignes. Dans ce dernier, la lutte de tranchées bat son plein entre les villages du Cessier et de Beuvraignes.

BARRIERE J M A 1882 1916 05

BARRIERE J M A 1882 1916 06Le journal de marche et des opérations fait état d’une alternance de journées calmes et de journées mouvementées à l’activité relativement intense, comme le 8 août 1915 : De nombreux coups de feu pendant toute la durée de la nuit ainsi que de nombreuses fusées éclairantes lancées dans le but de déceler nos travailleurs. Peu d’obus dans la journée ( 67/77 – 27/105 et 13/150). La nuit, de nombreuses bombes ont été échangées dans le but d’interrompre les travaux de part et d’autre. Pertes : trois hommes blessés.

beuvraignescarte.jpg

Antoine fat partie des blessés. Sa jambe droite ayant été arrachée par une bombe au niveau de la cuisse, il est évacué sur Montdidier, à l’hôpital d’évacuation (Gare), ambulance 14/20 (Hôtel-Dieu) où il meurt le 9 août 1915 à 11 heures du matin.

MontdidierHopital.jpg

Il avait 33 ans. Nous ne savons pas s’il avait des enfants.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s