Antoine Jean Baptiste CHALIMBAUD

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Il est dernier d’une famille semblant compter quatre enfants, dont l’histoire est assez difficile à retracer car elle semble être partie de Parel après 1861. Ses parents, respectivement Joseph, né le 31 mai 1833 à Parel et Jeanne ARFEUIL (ou REFEUIL ou REFEUILLE en fonction des actes) née à Brousse le 24 avril 1840, se sont mariés à Brousse le 17 août 1860. Dès le 11 avril 1861, naît leur premier enfant, Antoine, qui va mourir deux jours plus tard. Le 14 juin 1864, naît un second Antoine dont nous ne savons rien sauf qu’il est scieur de long en 1881. La famille part ensuite pour Cologne dans le Gers. Elle habite tout d’abord rue de Toulouse en 1872, puis dans le quartier de la Chicone en 1876 et 1881. En 1872, sont aussi présents trois domestiques (Antoine et Jean GRUEL âgés de 26 et 21 ans, et Etienne CHEVARIN âgé de 21 ans). Arrivent ensuite au monde Antoinette entre 1873 et 1875, Joséphine entre 1874 et 1876, puis Antoine Jean Baptiste le dimanche 23 février 1879.CologneRueToulouse.jpg

La famille regagne ensuite Parel où meurent leur mère le 7 mars 1892, puis leur père le 28 novembre 1905.
Antoine Jean Baptiste est incorporé le 15 novembre 1900 au 105e RI de Riom. Il est alors scieur de long, mesure 1 m 69. Ses cheveux sont noirs et ses yeux gris ornent un visage ovale avec un nez fort, une grande bouche et un menton rond. Il passe rapidement au 92e RI de Clermont-Ferrand, puis est libéré le 19 septembre 1903. Il regagne alors Echandelys et participe à deux campagnes de sciage dans la région de Langres en 1904 et 1906. Il rentre ensuite à Echandelys et s’y marie le 20 octobre 1906 avec Antoinette Jeanne Marie BOURNERIE du Cros (commune d’Aix-la-Fayette). Une enfant, Adrienne Marie Jeanne, naît du couple le 2 avril 1908 au Cros. Antoine Jean Baptiste repart en 1912 dans la région du Havre.
Il est de retour à Echandelys lorsque la guerre est déclarée. Il rejoint alors le 99e RTI de Clermont-Ferrand le 14 août 1914, à l’âge de 35 ans, de même que Gustave Louis et Ernest Abel BRAVARD, deux frères du Cluel, mais surtout Antonin BOURNERIE du Buisson dont le parcours sera commun jusqu’au décès d’Antoine Jean Baptiste.
Il y reste certainement pour une période d’instruction d’un mois et devant l’ampleur des pertes des premières semaines de guerre, il rejoint un régiment de combat, le 50e RI de Périgueux le 20 septembre 1914. Celui-ci ayant perdu environ 1600 hommes en Belgique, ne reçoit un renfort que de 400 soldats. C’est donc affaibli qu’il participe à la 1er bataille de la Marne lorsque Antoine Jean Baptiste le rejoint à Aubérive-sur-Suippes le 17 septembre 1914. Là, les Allemands avec leur mitrailleuses et leurs canons de 77 clouent sur place les attaques des 19, 20, 24 et 30 septembre faisant de nombreux morts.

Aubérive

Dans la tranchée de la mort, les bombardements tuent la moitié des effectifs d’un bataillon dans la seule journée du 30 septembre. A partir de ce moment, les grandes offensives cesseront et les soldats vont s’enterrer dans les tranchées et essayer d’améliorer leur quotidien.
A partir de mi octobre et jusqu’à fin février 1915, le régiment stationne un peu plus à l’ouest dans le secteur de Prosnes. En raison de l’arrivée de renforts venus du nord, de nombreux mineurs rejoignent le régiment. Ceux-ci creusent de nombreux ouvrages dans la craie de Champagne, ce qui permet de considérablement améliorer le secteur. La dysenterie qui avait fait des ravages jusqu’alors disparaît, les hommes pouvant faire chauffer leurs repas et consommer du vin (remplaçant l’eau non potable !).

Prosnes

Comme le montre la carte ci-dessus avec la répartition des régiments, les régiments d’active tournent en les encadrant avec des régiments de territoriaux (le 112e RIT pour le 50e RI).

Prosnes2

On sait par des prisonniers que les tranchées allemandes sont tenues par des Polonais. Le 26 novembre, un groupe de vingt-cinq Polonais de la Légion étrangère vient au 50e RI pour essayer, par des chants nationaux et en montrant leur drapeau, d’amener leurs compatriotes à déserter. Ils font leur propagande avec ardeur mais n’arrivent qu’à provoquer le changement de secteur des Polonais de la ligne allemande. Leur porte-drapeau est par ailleurs tué pendant cette opération.
Le 28 février 1915, le régiment se déplace 5 km au sud pour relever à Baconnes une partie des 326e RI et 117e RIT. Puis, le 25 mars 1915, le régiment part pour une destination inconnue.
C’est la Lorraine qu’il rejoint, où il est mis en attente du 28 mars au 15 avril. Venant relever le 108e RI dans le secteur de Régniéville, Feyen-Haye, il ne s’agit point de reprendre immédiatement les attaques mais de les préparer par la création de bonnes tranchées et de boyaux de communication sur le terrain conquis. Se relevant tous les quatre jours avec le 108e RI, le 50e RI, fournit un travail énorme, dans un terrain particulièrement difficile, sous un bombardement d’artillerie, continuel au début, auquel s’ajoutait le harcèlement par un engin nouveau, la torpille dite « seau à charbon ». Sans combattre, il subit des pertes importantes.

seauàcharbonsite

Torpille type seau à charbon
 Lanceur                                                                Projectile

Il est relevé les 28 et 29 mai pour un cantonnement de repos loin à l’arrière, à Foug. Le régiment donne même un concert pour ses soldats et les premières permissions apportent un peu de moral aux soldats.
Le 22 juillet 1915, le régiment part en Artois en automobiles. Il occupe sous une pluie qui rend glissants tranchées et boyaux le secteur de Neuville-Saint-Vaast. Tournant en alternance avec le 126e RI, il organise les ouvrages, recevant de nombreuses attaques de minenwerfer, en particulier sur le secteur de la route de Neuville à Thélus. Les travaux ont pour but de préparer une attaque qui rompra le front ennemi.

ThelusCarte1915.jpg

Après un bombardement de 72 heures, le 25 septembre 1915, à midi 25, les vagues d’assaut du 126e RI se précipitent en avant. Devant le travail des mitrailleuses allemandes, ce dernier ne peut se maintenir et reflue. Les quelques éléments du 50e RI qui montent à l’assaut sont fauchés à leur tour.

Thelus.jpg

Une nouvelle attaque est reportée au lendemain. L’artillerie, encore mise à contribution, ne peut nettoyer les barbelés allemands trop près des premières lignes françaises. Elle est toutefois tentée avec le 108e RI mais ne peut se maintenir. Plus de 700 hommes y perdent la vie dont Antoine Jean Baptiste. Il avait 36 ans.

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