Jean Célestin COUDEYRAS

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C’est le 7e enfant d’une famille de 12. Son père, Etienne, scieur de long, était né à Deux Frères le 14 août 1837. Il se marie une première fois le 7 octobre 1866 avec Marguerite COUDEYRAS née aussi à Deux Frères le 30 avril 1843. Toute la famille y demeure et le couple donne naissance à Jean Etienne le 3 juillet 1867, puis à Marguerite le 2 mai 1869, à Philomène le 11 mai 1874. Vient ensuite un garçon né sans vie le 9 mai 1876. C’est peut-être cette dernière naissance qui est responsable de la mort de Marguerite survenue le 8 juin 1876.
Le 26 septembre 1877, Etienne se remarie avec Michelle BAUTIER, habitant à Lospeux et née le 25 mai 1849. Elle va donner naissance à 8 enfants. Tout d’abord Marie le 4 juillet 1878, puis Jean Annet le 7 juillet 1882 (qui va mourir le 19 février 1883). Jean Célestin arrive le jeudi 26 juin 1884 à 3 heures du matin, suivi le 3 mars 1886 de Pierre qui seront aussi soldats pendant la Première Guerre Mondiale. Une fille naît sans vie le 11 mai 1888, suivie de Jeanne Marie Hortense le 27 mars 1889. Enfin, la famille se termine par deux garçons, Alphonse Jean (né le 22 mai 1892) et Frédéric Henri, né le 6 mai 1894.
Jean Célestin est boulanger en 1904, lors de sa visite d’incorporation. Il mesure alors 1 m 62. Ses cheveux sont bruns et ses yeux châtains, avec un visage ovale, sans signe distinctif. Il est versé aux services auxiliaires (services d’alimentation de la place de Clermont-Ferrand) en raison d’une fracture avec cal vicieux d’un doigt de la main gauche.
Il se marie le 3 novembre 1905 à Egliseneuve-près-Billon avec Louise LAVIGNE. Le couple habite alors chez le père de Louise, menuisier au chef-lieu et a donné naissance à Raymond né à Egliseneuve-près-Billom en 1906.
A la mobilisation, il arrive à la 13e section de COA le 2 août 1914. Mais le 30 octobre 1914, il est déclaré apte au service armé par la commission de Clermont-Ferrand. Il est alors affecté au 30e Bataillon de Chasseurs de Grenoble où il arrive le 18 décembre 1914. Il y fait quelques semaines de classes et passe le 3 mars 1915 au 14e Bataillon de Chasseurs de Grenoble et du Maroc. Il monte alors aux Armées. Son bataillon est en ligne dans les Vosges, dans le secteur de la Tête de Faux et du col du Bonhomme.
A-t-il eu une permission spéciale ? Car son père est mort à Deux Frères le 21 mars 1915. Après avoir organisé le secteur, les chasseurs patrouillent tout au long de cet hiver rigoureux pendant lequel la neige tombe en grande abondance.
Au mois de juillet 1915, le 14e BCP participe à l’attaque du Lingekopf.

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Les gains de terrain ne sont pas à la hauteur des espérances, mais le bataillon s’y conduit brillamment. Le 20 juillet, il réussit à forcer la première ligne allemande sur tout le front qui lui a été fixé, mais les pertes sont très lourdes. Le 22 juillet, il attaque encore, gagne un peu de terrain, mais subit de fortes pertes sur des réseaux de fil de fer intacts. Enfin, le 26, une troisième attaque l’amène sur le sommet. Le 27, les Allemands contre-attaquent violemment après de puissantes et très meurtrières préparations d’artillerie. Les chasseurs ne fléchissent pas. Le premier septembre, à l’aide d’obus à gaz et de lance-flammes, l’ennemi reprend la crête du Linge. Le bataillon, qui était au repos à l’arrière, est rappelé et les 4e et 5e compagnies reprennent la position perdue. Deux contre-attaques allemandes sont repoussées. Le 14e BCP passe l’hiver dans la montagne et continue l’organisation de la position. Du 7 novembre 1915 au 14 mars 1916, les hommes vivent et travaillent sous la neige, dans la boue, parfois par un froid intense, et sous les tirs incessants de minnenwerfer et de l’artillerie ennemie qui, compte tenu de ses positions, peut prendre les tranchées françaises de face, de flanc et même à revers.

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Pendant les mois d’avril et mai 1916, il tient le secteur du Braunkopf, puis au mois de juin, il est envoyé au repos au camp d’Arches. A partir de cette période, appartenant à la 47e division de chasseurs alpins, il va être classé comme une unité d’élite, utilisée dans les situations difficiles. C’est ainsi qu’il fait partie de la bataille de la Somme où il entre en ligne le 11 juillet 1916. Le 20 juillet, il attaque les tranchées de la ferme Rouge et de la Pestilence au sud de Maurepas, atteignant tous ses objectifs. Une nouvelle citation récompense ce succès. Il a avancé de 1 500 mètres, enlevant 2 lignes de tranchées ennemies, fait 130 prisonniers et prend une quantité considérable de matériel dont des milliers d’obus de 77 et de 105.

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Les 16 et 18 août 1916, deux attaques françaises permettent d’avancer encore de manière substantielle. Le 20 septembre, le bataillon est à Cléry. Il participe le 25 à une vaste opération et attaque en direction de Mont-Saint-Quentin. Malgré de lourdes pertes, des observatoires importants ainsi que Combles sont enlevés. Les Français font alors plusieurs milliers de prisonniers. Relevé le 25 octobre, le bataillon est envoyé au repos dans les Vosges, à Fontenelle-la-Forain. Au mois de janvier 1917, les bataillons de chasseurs sont regroupés au camp d’Arches pour les exercices préparatoires aux offensives du printemps.
Le 16 avril, la 47e division est dans la région de Fismes en réserve. Son but est d’intervenir dès que les 2e positions ennemies auront été conquises. L’offensive n’ayant pas donné les résultats escomptés, le bataillon est envoyé dans la vallée de la Marne. Le 4 juin, il entre en ligne dans les carrières au sud-est de Corbény.

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Malgré une violente préparation d’artillerie, l’offensive est un échec et au mois de juillet, le 14e BCP est désigné pour faire partie des troupes d’instruction de la première armée américaine, au camp de Gondrecourt. Toutefois, la conduite au feu de Jean célestin lui vaut une citation à l’ordre du bataillon n°73 du 5 août 1917.
Au mois d’octobre 1917, alors qu’il occupe en Champagne un secteur entre la butte de Tahure et la butte du Mesnil, des nouvelles alarmantes parviennent d’Italie, nécessitant l’envoi de troupes. Le 4 décembre 1917, le bataillon relève les troupes italiennes sur le massif montagneux de Monte Tomba. Les Autrichiens, visant la plaine de la Vénétie, sont susceptibles de continuer leur offensive.

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Après quelques semaines de patrouilles et de coups de main, appuyés par des tirs continuels d’artillerie et de mitrailleuse, une attaque qui se déroule le 30 décembre repousse les Autrichiens dans la vallée de l’Ornie. Après un court séjour sur le plateau d’Asiago , le bataillon est ramené avec la 47e division en France au mois d’avril 1918. Tout d’abord placé en réserve des armées anglaises dans la région de Saint-Pol, le bataillon est envoyé en toute hâte sur le front de l’Ourcq le 1er juin 1918 afin de barrer la route aux Allemands qui menacent à nouveau Paris. Le 5 juin, placé en face de Dammard, il prend l’offensive et enlève 1 500 m de terrain en se rendant maître de toute une ligne d’observatoires. Il fait 40 prisonniers et prend du matériel. Il reçoit à nouveau à cette occasion une citation.
Le 18 juillet, après un mois de travaux pénibles, Un nouvel assaut est donné. Le soir, l’avance réalisée par le 14e BCP est de huit kilomètres. Il faut en outre 110 prisonniers, prend 8 canons et 40 mitrailleuses. Le 21 juillet, le bataillon repart en tête de la division et progresse encore de plus de quatre kilomètres. Ces deux journées lui valent sa troisième citation à l’ordre de l’armée.
En août, il participe à la grande bataille qui fait tomber Roye, centre de résistance allemande. La progression atteint plus de dix kilomètres. La 1e compagnie enlève le bois Croisette formidablement organisé et prend 79 prisonniers, 15 mitrailleuses et 2 canons de tranchée. Il contribue ensuite à forcer le passage du canal du Nord à l’est de Nesles et, le 3 octobre, il se retrouve devant la célèbre ligne Hindenburg, position sur laquelle les Allemands avaient réalisé une importante ligne de défense. En cinq jours, la ligne est enfoncée. Le 8 octobre, l’ennemi est en pleine déroute. La 47e division fait plus de mille deux cents prisonniers et un matériel innombrable reste en nos mains. Le 14e bataillon reçoit sa 4e citation à l’ordre de l’armée et Jean Célestin sa 2e..
C’est alors qu’il est blessé le 7 octobre 1918 au pied gauche par balle. Il est transporté le jour même à l’ambulance de Dompierre dans l’Oise. Il est ensuite dirigé sur l’hôpital Saint-Louis de Saumur 3 jours plus tard.
Pour lui, la guerre est finie. Revenu au dépôt du bataillon le 26 décembre 1918, il est démobilisé le 28 février 1919.
Il meurt en 1959 à Saint-Germain-des-Fossés dans l’Allier.

2 réflexions au sujet de « Jean Célestin COUDEYRAS »

    […] Marie le 4 juillet 1878, puis Jean Annet le 7 juillet 1882 (qui va mourir le 19 février 1883). Jean Célestin, également soldat pendant la Première Guerre Mondiale, arrive le jeudi 26 juin 1884 à 3 heures […]

    Maurice PLANAT « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    5 avril 2018 à 11 h 22 min

    […] le 7 mars 1889, à Deux-Frères, d’Etienne et de Michelle BAUTIER. Deux beaux-frères de Maurice, Jean Célestin et Pierre, seront également soldat pendant la Première Guerre Mondiale et y survivront. Le couple […]

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