Jean François POUYET

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Aîné de la famille, il naît à la Foresterie le mardi 26 avril 1881 à 4 heures du soir. Son père, Jean Baptiste Paul, scieur de long, était né au Bouchet (Saint-Genès-la-Tourette) le 1e novembre 1851. Il se marie avec Anne Julie POINTUD (née à la Foresterie le 17 juillet 1852) le 21 août 1879 à Echandelys. Les premières années, le couple habite chez les parents du Julie, puis deviennent autonomes entre 1881 et 1886, mais habitent toujours à la Foresterie. Après Jean François, naissent Anna Françoise le 12 avril 1885 (qui décédera à la Foresterie le 12 février 1888), Eugène le 24 décembre 1888 (mort le 6 mars 1889) et enfin Jeanne Marie le 10 mai 1890 (mariée à Echandelys le 31 mai 1913 avec Simon Blaise FARGETTE, aussi soldat de la Première Guerre Mondiale qui va mourir en 1915).
Jean François est agent voyer cantonal lors de sa visite d’incorporation. Il mesure alors 1 m 70 et possède des cheveux châtain foncé et des yeux bruns. Il a un visage ovale, avec un assez grand nez, sans signe particulier. Il arrive au 15e Bataillon de Chasseurs de Saint-Etienne-les-Remiremont (Vosges) le 15 novembre 1902.

StEtiennlesRemiremont.jpg

Son service militaire se termine le 23 septembre 1905 et il repart alors pour Echandelys. C’est vraisemblablement en raison de son métier qu’il habite Randan à partir de 1906. Il se marie le 2 décembre 1913 avec Jeanne Gabrielle VERNIERE à Echandelys et donne naissance à Paul Benoit Jules le 23 novembre 1914 à Echandelys. Il est affecté au 30e BCP de Grenoble et fait deux périodes d’exercices en août 1909 et en mai 1911. Il arrive à Grenoble le 3 août 1914. Il y retrouve certainement Mathieu et Jean Joseph BOURNERIE qui sont affectés dans le même bataillon. Dès le 14, le régiment en engagé en Alsace au Hohneck pour s’installer le soir au col du Sattel sous un violent bombardement. Dès le premier jour, les combats sont violents.

Hohneck

Le 19 août, il attaque par le nord de la vallée de la Fecht afin de faciliter la progression des troupes qui passent par le fond de la vallée vers Wasserburg et Sultzbach où il met en déroute les 121e et une partie des 123 et 124e régiments allemands. La 22 août, une compagnie du régiment est aux portes de Colmar, à Logelbach. Mais l’ordre est de refluer sur Zimmerbach où le régiment prend quelques heures de repos.

Zimmerbach

Le 25 vient l’ordre de repli par les cols du Bonhomme et des Bagenelles. De là, il marche sur Mandray non sans s’emparer d’un convoi d’une division bavaroise faisant 230 prisonniers. La résistance autour du col des Bagenelles, s’organise alors et après un dernier assaut effectué le 14 septembre 1914 sur les pentes est du col de Bagenelles où quelques tranchées sont enlevées aux Allemands, le front se fixe. Pendant plusieurs semaines, sous les obus, la pluie et la neige qui arrive bientôt, le bataillon vit sous les bois, sans feu ni abri des Bagenelles au Louchpach en organisant le secteur. Des assauts se produisent de part et d’autre, dans bénéfice important pour l’une ou l’autre des parties.

Bagenelles

BagenellesCarte

Fin octobre, le régiment est désigné pour participer à la prise de la Tête du Violu qui domine la région de Saint-Dié-des-Vosges à la fin du mois d’octobre 1914. L’attaque a lieu les 31 octobre et 1er novembre 1914 après pour la première fois, une préparation d’artillerie digne de ce nom. La Tête du Violu est enlevée. Mais à quelques encablures, la Tête des Faux, aux mains des Allemands reste menaçant pour tous les chemins, routes et voies ferrées des hautes vallées et des abords de Fraize. Le sommet est enlevé le 2 décembre 1914 sous une météo effroyable. Malgré de multiples contre-attaques allemandes dont une particulièrement importante dans la nuit du 24 au 25 décembre 1914, le sommet reste au mains des Français. Les pertes sont très lourdes de part et d’autre.

Faux01

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Enfin le 20 janvier 1915, le 30e BCP est rassemblé en entier au repos à Plainfaing. Il remonte ensuite en ligne entre le col du Bonhomme et le col de Wettstein où il organise les premières lignes et creuse les tranchées. Les compagnies descendent à tour de rôle en repos à Plainfaing. Des attaques allemandes ont lieu comme le 19 février de Wettstein à Stosswihi. Malgré le froid intense et les marmitages incessants, la vie s’organise.
En juin 1915, en prévision de l’attaque du Linge, le bataillon entier travaille aux parallèles de départ sous les obus et les mines. Des sorties de diversion sont organisées plus au sud vers Metzeral. Le 2 juillet, le bataillon descend à Plainfaing pour s’équiper et s’entraîner au lancement des nouvelles grenades. Il est passé en revue par le général de Maud’Huy au col du Bonhomme le 8. Le 20 juillet, c’est l’attaque, repoussée à 14 heures en raison d’une préparation d’artillerie insuffisante.

Linge

Lorsqu’on voit les ouvrages allemands, on comprend les difficultés de l’armée française pour les investir. Les deux premières vagues se heurtent à un épais réseau de barbelés de tranchées intactes occupées et de blockhaus et mitrailleuses ignorés par les reconnaissances. Les pertes sont considérables. Malgré tout, une attaque est décidée pour le lendemain. La crête est conquise et les positions se maintiennent difficilement sous l’intense bombardement allemand. Dans la journée du 4 août, les arbres disparaissent sous les obus de 150 et 200. Sur le crête, sur un front de 200 mètres, les minen de 170 et 245 pleuvent au rythme de 600 à l’heure. Lorsque la bataillon retourne à Plainfaing le 6 août 1915, il compte 199 tués, 513 blessés évacués. Les premières permissions redonnent un peu de courage aux chasseurs. Début septembre, le bataillon repart dans le Linge où les positions se sont stabilisées.

Jean François est alors affecté au 12e BCP le 9 septembre 1915. Sa conduite au combat le fait nommer caporal des réserves le 15 septembre 1915. Son bataillon est aussi en action dans le Linge où, en raison de ses pertes, il est reconstitué par des renforts venant des dépôts. Puis il relève, ironie du sort le 30e BC, ancienne unité de Jean François, les 14 octobre 1915 sur le Linge. La relève ne s’effectue pas sans incident. L’ennemi, inquiet d’un mouvement inaccoutumé, redoute une attaque. L’artillerie ennemie manifeste de l’activité. Il en résulte quelques pertes. (JMO du 12e BCA). Jean François fait partie des blessés :

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Grièvement blessé à la cuisse droite par un éclat d’obus avec fracture du fémur, son état nécessite une amputation du membre inférieur droit à la cuisse. Il est alors transféré à l’un des 9 hôpitaux complémentaires de Gérardmer. Son état s’aggrave et il y meurt le mardi 19 octobre à l’âge de 34 ans.
Il fait l’objet à titre posthume d’une citation à l’ordre de l’armée n°87 du 6 novembre 1915 : Gradé énergique qui a fait vaillament son devoir au combat du 17 août 1915 ; a été grièvement blessé ; amputé de la cuisse droite blessé du 15 au 21 octobre 1915 au Lingekopf. Sa famille est rapidement informée de son décès, le 4 novembre suivant :

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Rapatrié le 28 novembre 1921, il est inhumé dans le cimetière d’Echandelys.

Echandelys.- Réinhumation.- Mardi 29 novembre, a eu lieu, à Echandelys, la cérémonie de réinhumation de M. Jean-François Pouyet, ancien agent voyer à Randan, caporal au 12e bataillon de chasseurs alpins, titulaire de la croix de guerre et de la médaille militaire, mort pour la France, à l’hôpital de Gérardmer , le 19 octobre 1915.

Le cercueil, ramené la veille, disparaissait sous les gerbes et couronnes offertes par la famille et par la Société amicale des agents voyers du Puy-de-Dôme. Une nombreuse assistance, profondément recueillie, était venue apporter à ce héros de la grande guerre ses marques d’admiration et de reconnaissance.

Au cimetière, M. Vachérias, agent voyer à Cunlhat, a présenté à la famille les condoléances du service vicinal du département ; puis M. Gaby, agent voyer à Saint-Dier, parlant au nom de l’Amicale des agents voyers, et M. Chantagrel, ancien directeur d’école à Randan, ont retracé en termes émus la carrière et la mort glorieuse de leur regretté collègue et ami. – (Le Moniteur du Puy-de-Dôme du 4 décembre 1921)

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