Pierre PONCHON

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Né le jeudi 11 juin 1885 à 4 heures du matin à Chabreyras, c’est l’avant-dernier d’une famille de 5 enfants. Son père, Jacques Antoine, scieur de long, né également à Chabreyras le 30 mars 1850 s’était marié avec Jeanne Marie COUDEYRAS (née à Fiosson le 12 avril 1852) le 20 septembre 1874 à Echandelys. Avant lui, naissent Jean le 4 mai 1877 (il sera aussi soldat pendant toute la Première Guerre Mondiale), Marie Antoinette le 26 février 1879 (qui se mariera en 1900 avec Francisque Louis ECHALIER, soldat de la Première Guerre Mondiale), Marguerite Marie le 24 mars 1882, qui mourra le 30 août 1883. Après Pierre, vient enfin Maria Eugénie le 23 janvier 1888. Toute la famille habite à Chabreyras et lorsque sa mère meurt en 1903, la famille ne se compose que de lui, son père et sa petite sœur âgée de 15 ans, puisque son frère aîné et sa sœur aînée se sont mariés respectivement en 1901 et 1900.
Il est scieur de long lors de sa visite d’incorporation. Mesurant 1 m 65, ses cheveux sont châtain foncé et ses yeux bruns. Il ne présente pas de signe particulier. Il arrive le 7 octobre 1906 au 38e RI de Saint-Etienne. Il passe en cours de service militaire au 119e RI de Lisieux et Courbevoie le 14 avril 1908 et est libéré le 26 septembre 1908. Il se retire à Echandelys. Il fait alors quelques campagnes de sciage dont une vers Belfort en 1910.
Le 16 décembre 1911, il se marie à Brousse, comme son frère Jean avec Marie Joséphine FAIDIDE. Son père se retrouve donc seul à Chabreyras avec sa dernière sœur qui se mariera à Echandelys en 1921, quelques mois après la mort de leur père.
Il arrive au 358e RI de Lyon le 2 août 1914 (et non au 158e RI comme il est inscrit sur le registre matricule). Le 358e RI, régiment de réserve du 158e RI, vit toutefois, comme tous les régiments de réserve pendant la Première Guerre Mondiale et en raison du besoin en troupes sur tous les fronts, son existence propre, ses affectations devenant indépendantes de son régiment de rattachement. Du 2 au 5 août, il se forme à la caserne du fort Lamothe. En fait, il n’existait encore que sur le papier, devant n’être rassemblé pour la première fois qu’à l’occasion des manœuvres de forteresse d’Epinal, en septembre suivant. Les officiers supérieurs et capitaines viennent du 158e RI, caserné à Bruyères (Vosges). Le reste du régiment est formé d’éléments disparates prélevés à la hâte sur les réservistes des 157e, 158e et 159e RI.
Le 5 au matin, il s’embarque à la gare de la Part-Dieu et arrive à Epinal le 6 au matin. Pendant les jours suivants, il participe à des manœuvres chargées de donner la cohésion qui lui manquait à cet ensemble disparate. Alerté le 13, il gagne par étapes Fays, Bruyères, Gorcieux, Vanémont et Genfosse. Le 20 août, il traverse la frontière au col de Saales.

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Après une nuit de bivouac autour de Saulxures, et alors que tout le monde croit que l’on va se porter en avant, survient l’ordre de se porter en arrière. La bataille de Sarrebourg vient de se terminer et l’heure de la retraite sonne pour l’armée française. Le 22 août, le régiment est dirigé sur le col de Saintes-Marie-aux-Mines, la localité elle-même venant d’être évacuée par le 221e RI. La contre-attaque française est prévue pour le lendemain. C’est alors le baptême du feu pour tout le régiment. Les combats durent deux jours. Mais le régiment ne parvient pas à la ville. Pris sous un tir nourri de l’artillerie allemande, il est pris à revers par l’infanterie qui le déborde en s’infiltrant dans la forêt. La retraite s’effectue alors à travers bois par petites unités qui se rallient le soir à Coinches où le commandant Chanson, seul officier supérieur survivant, prend le commandement du régiment. Celui-ci reste à Coinches pendant 24 heures afin de protéger la retraite sur Epinal de toute la division. Du 31 août au 5 septembre, cantonné à Deyvillers, il participe aux travaux de défense du camp retranché d’Epinal.
Le 5 septembre, l’ordre est donné de marcher en avant. Le 358e RI occupe alors successivement Mirménil, Virménil puis arrive dans la nuit du 9 dans la forêt de Romon sous un orage violent. Il investi ensuite Ménarmont qui vient d’être évacué par les Allemands. Il pousse ensuite le 14 sur Glonville, puis sur Baccarat.

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Après quelques reconnaissances sur la rive droite de la Meurthe, il relève le 75e RI à Hablainville. Le front se stabilise alors et le rôle du régiment est d’organiser ses positions de façon à interdire l’accès à la rivière et de faire de multiples reconnaissances de nuit qui donnent lieu à de fréquents contacts avec l’ennemi qui envoie des détachements analogues. Seules deux attaques sérieuses ponctuent cette période. La première, allemande, a lieu le 24 septembre. Après une préparation d’artillerie, les Allemands arrivent à prendre Fréménil, le plateau 289 et Ogéviller, la 24e compagnie devant se replier sur Buriville. Aidé de 2 bataillons du 297e RI, le régiment reprend le soir le terrain perdu au pris de 2 tués et 31 blessés. Le 26 octobre, c’est une attaque française qui se déclenche sur Leintrey. Après y avoir pris pied, la colonne réintègre ses positions le soir même en repassant la Vezouse sans incident.

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Fin décembre, le régiment est relevé et envoyé à Baccarat. Il est chargé des travaux d’organisation défensive de la ville et de ses abords. Entre-temps, il effectue des reconnaissances sur Ancervillers-Montreux pour réquisitionner fourrage et vivres.
Le 27 février 1915, le 358e RI relève le 349e RI dans le secteur de Badonviller, en pleine attaque allemande. Bréménil est pris et Badonviller, dont les carrières sont occupées, est très menacé.

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Le 358e RI est alors chargé de reprendre les carrières, mais en butte à de violents tirs d’artillerie et de mitrailleuse ne réussit pas et se replie sur le Gros-Hêtre, bivouaquant dans la forêt. La nuit, la canonnade met le feu à Badonviller et Pexonne.

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Le sol est couvert d’une neige glacée rendant impossible tout travail d’organisation. Le 28, les combats ont pour but d’interdire aux Allemands la route Badonviller-Allarmont. Mais ceux-ci, profitant des trous des avant-postes du 349e RI, s’installe au sommet de la Chapelotte (cote 542), d’où il domine toute la région.
Le 1er mars, à 4 heures, le bataillon MARTELET (sauf la 19e compagnie arrêtée en cours de route pour une autre mission) arrive au bas des pentes de la cote 542 et commence sa marche d’approche. Sur les pentes raides, couvertes de neige, la progression est pénible, jusqu’à 250 mètres du sommet. Après un court répit, vers 15 heures, l’attaque reprend, mais, à la nuit, la chaîne des tirailleurs est arrêtée à 50 mètres des mitrailleuses allemandes.

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Les hommes, le nez collé dans la neige, sous les rafales qui leur rasent le crâne, ne peuvent plus avancer. Les pertes sont lourdes. Le bataillon, jalonnant la ligne de nos tranchées futures, va demeurer toute la nuit sur place, au milieu du vacarme effroyable des premières bombes et fusées employées par les Allemands, attendant d’être relevé par les troupes fraîches de la brigade voisine.

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Pierre est alors blessé et évacué. Il reste à l’hôpital jusqu’au 23 mars 1915. Il rejoint son régiment qui occupe toujours le secteur de Badonviller. Il organise et occupe à l’est le Chamois dont les ruines de la ferme donne leur nom à l’immense réseau de tranchées mi-plaine mi-forêt qui s’étendent des rives de la Blette au col du gros-Hêtre en pleine forêt d’Allarmont.

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Les tranchées ennemies n’étant qu’à une distance variant de 50 à 200 mètres, les tirs sont fréquents, de même que les opérations d’artillerie, installée sur les hauteurs de Montreux et d’Angemont, bouleverse largement les travaux. Le 358e RI reste dans le secteur du Chamois jusqu’au 9 juin 1916. Il est alors relevé et s’embarquant à Bertrichamps le 10 à midi, prend la direction de la Meuse. Le secteur a laissé d’importants souvenirs en raison des pertes et de l’âpreté des combats durant cette période comme en témoigne le monument érigé par les soldats du 358e RI en souvenir de leurs camarades disparus.

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Pendant cette période, 98 hommes sont morts et 289 sont blessés.
Par Baccarat et Rambervillers, le régiment gagne le camp de Saffrais en vue de manœuvres destinées à donner de l’homogénéité aux diverses unités de la division. La réorganisation, avec création du dépôt divisionnaire enlève les 16e, 19e et 23e compagnies. Le régiment déplore de plus la perte du capitaine Lebreton par chute de cheval et du sous-lieutenant Roux grièvement blessé par l’explosion d’une grenade. Le 26 juin au matin, les Allemands ayant pris Fleury, la division est alertée et s’embarque à Einvaux pour débarquer 24 heures plus tard à Mussey, près de Revigny. Sous la pluie, le régiment gagne par étapes Auzecourt puis Rembercourt-aux-Pots où il arrive le 29. Le 30 juin, à 8 heures, le régiment part en camions, et par cette Voie Sacrée, à jamais légendaire, gagne les bois de Nixéville, où il bivouaque tout le jour, attendant la nuit pour poursuivre sa route. Les convois n’arrivent que le soir. A 20 heures, il s’ébranle vers la ville martyre, à travers le décor féerique que constitue la route, dont la largeur est triplée par le passage continuel au galop des convois et de l’artillerie, et le ciel sombre sillonné à l’horizon par les éclairs de nos canons et le fusées rouges qui demandent nos tirs de barrage. Ceux-ci grondent sans arrêt, ponctués par les coups plus graves de l’artillerie lourde. Le régiment pénètre dans Verdun abandonné et silencieux, le 1e juillet, à 1 heure du matin. Il cantonne toute la journée dans la caserne d’Anthouard, où il touche ses munitions. (Historique du 358e RI pendant la guerre 1914-1918 Imprimerie Berger-Levrault. Nancy Paris Strasbourg).

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Le 5 juillet 1916 au soir, il monte en ligne et occupe les bois du Chesnois, de la Vaux-Régnier et Fumin. Le PC est établi à la batterie de l’Hôpital. Le régiment restera ainsi jusqu’au 14 juillet, à peine ravitaillé, souffrant cruellement de la soif, soumis à l’effroyable pilonnage qui prépare la grande attaque du 11. Tranchées et boyaux n’existent plus ; tout est retourné, nivelé ; le boyau de l’Etang, qui mène du P.C. du lieutenant-colonel à la première ligne, le boyau d’Altkirch, qui conduit du fort de Tavannes aux positions du Chesnois, ne sont plus que des fossés coupés de fondrières, pleines d’une boue gluante, qui servent trop souvent de cercueil à ceux que l’obus vient y surprendre et qui s’y enlisent pour toujours. La première ligne n’est qu’une succession de trous d’obus, parfois jointifs ; elle sera passée intacte à nos successeurs. (Historique du 358e RI pendant la guerre 1914-1918 Imprimerie Berger-Levrault. Nancy Paris Strasbourg).

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Le 11 juillet, dès l’aube, à la faveur d’un brouillard intense, l’attaque allemande se déclenche sur le front Fleury-Batterie de Damloup. Sur la gauche, les avancées du fort de Souville sont enlevées mais reprises le soir même. Sur le front du régiment, le 4e bataillon résiste héroïquement sur son saillant du bois Fumin, amoncelant devant lui les cadavres allemands. Il a une tâche particulièrement pénible, car, bien en flèche, privé de ravitaillement pendant quatre jours, presque sans nouvelles de ses flancs et de l’arrière, il se sent isolé mais tient jusqu’à sa relève. Sur la droite, l’ennemi, qui a crevé le front de la Laufée et enlevé la batterie de la Montagne, PC du 217e RI (poste qui sera repris quelques heures après permettant de délivrer le commandant du 217e RI), prend à revers le 6e bataillon du 358e RI, et en menace le PC. Mais les Allemands concentrent leurs efforts sur le 6e bataillon dont la compagnie de droite (21e), enveloppée, décimée par le tir de l’artillerie, est presque anéantie : son peloton de première ligne, commandé par le capitaine Jance, résiste désespérément puis disparaît tout entier. La 24e compagnie, placée au centre recule pour ne pas se laisser envelopper, puis contre-attaque, et rétablit la situation, gardant la liaison avec la compagnie de gauche (22e ) qui résiste bien avec la compagnie de mitrailleuses. Il y a un trou entre notre droite et la gauche du 217e RI, qu’il va falloir boucher pendant la nuit, car déjà une patrouille allemande a réussi à s’infiltrer par là jusqu‘à l’entrée du tunnel de Tavannes, où elle est capturée. Cette mission est confiée à un bataillon du 370e RI. A l’aube du 12 juillet, les lignes du régiment sont telles qu’elles étaient avant l’attaque, mais le régiment a perdu plus du tiers de son effectif.
Au matin du 14 juillet, le 358e RI est relevé, rassemblé à Audainville puis gagne en camions Vilotte-devant-Saint-Michel où il va se reconstituer jusqu’au 19. Le 30, il est dirigé sur Vauquois et ses positions attenantes, le Bois Noir, la Maize et la Cigalerie Butte. Les périodes de 12 jours de ligne alternent avec celles de repos à Auzéville. Vauquois, point culminant du secteur, en est aussi le point délicat. Au contact immédiat de l’ennemi (30 à 50 mètres), le régiment y connaît toutes les angoisses de la guerre de mines dont le plateau de Vauquois offre un des plus beaux échantillons qui aient existé. Aussi ne reste-t-il pas une pierre du village. Sur ce terrain chaotique, bouleversé par les mines de gros calibre, les tranchées n’existent souvent que de nom. Les guetteurs, séparés de l’ennemi par une simple suite d’entonnoirs, sont journellement soumis à un bombardement infernal, et sous eux le sol tremble à tout moment. Dans cette guerre souterraine, les sapeurs de la compagnie 27/1 du 11e régiment du génie rivalisent de dévouement avec les fantassins. Nombreux sont ceux qui restent ensevelis au fond d’un étroit puits de mines sans qu’on ait pu retrouver leurs restes.

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Des bombardements extrêmement violents ainsi que des explosions, suivis ou non de tentatives de coup de main, ont eu lieu particulièrement les 7, 24 et 26 août, 10 septembre, 13 octobre, 11 et 27 novembre, 6, 7, 10, 22, et 26 décembre.
Après un court repos à Villers-en-Argonne, le 2 janvier 1917, l’alerte est donnée et le régiment gagne Verdun sous une neige épaisse. Le 358e RI relève alors le 312e RI au Mort-Homme avec un bataillon en première ligne, un bataillon en soutient et le dernier en réserve au camp des Clairs-Chêne près de Blercourt (il faut faire 22 km de marche dans la neige les nuits de relève). Pendant 50 jours, le régiment tient dans des circonstances très défavorables. Le froid y est tellement intense que le vin gèle dans les bidons. Il faut jeter le pain, avarié par le gel. Pendant cette périodes, 300 hommes sont évacués pour pieds gelés. Deux hommes meurent de froid au camp des Clairs-Chênes. La division précédente ayant perdu le sommet, les Allemands se sont installés dans les anciennes tranchées françaises bordant la crête. Ils ont une vue plongeante sur les fossés pleins de neige et de boue qui forment la première ligne française. Il n’y a presque pas d’abris et la moitié des soldat se terre dans des trous d’obus. Aucun travail n’est possible déclenchant aussitôt une avalanche de petites bombes à ailettes. Les déplacements ne se font de jour que par brouillard.

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Le régiment ne subit toutefois aucune attaque d’envergure pendant cette période. Mais l’attaque allemande des 25 et 26 janvier 1917 les rends maîtres de la cote 304, augmentant leur vue sur le secteur tenu par le 358e RI. Le 27 février 1917, il est relevé et gagne Villers-en-Argonne, puis Sainte-Menehould où il défile le 5 mars. Il reste au repos dans la région, organisant les défenses de Moiremont et Florent.
Mais ce repos relatif est brusquement interrompu : les Allemands se sont emparés de Maisons-en-Champagne et de la cote 185 et s’y maintiennent. Alerté le 13 à midi, le 358e RI gagne par marches forcées Laval et Saint-Jean-sur-Tourbe. Le 16 au soir, il relève sous un bombardement d’obus toxiques le 108e RI dans le secteur de la ferme de Beauséjour. La cote 185 et Maisons-en-Champagne viennent d’être repris, mais il faut s’attendre à une réaction allemande. Alors le régiment réorganise, créant les tranchées Neuville et Rousseau, refaisant le boyau du bois Allongé, repoussant des coups de main allemands en particulier sur l’ouvrage Guerlais.

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Le 28, à 3 h du matin, les Allemands entament un intense préparation d’artillerie par obus à gaz. A 6 h 30, l’attaque est déclenchée. A gauche, la 22e compagnie qui tient la tranchée Bègue repousse les assaillants venant des ouvrages Kolossal et Kalau. Mais la 21e, à droite, fléchit sous l’assaut et est contrainte d’évacuer la tranchée de Posen et l’ouvrage Gallois. Elle est presque totalement détruite par un pilonnage intensif. La situation de vient critique à gauche qui perd une partie de Guerlais. Une contre-attaque menée à 16 h 30 échoue. Le 29, les attaques allemandes en partie sur le boyau C7 et Guerlais sont repoussées au pris de lourdes pertes. La contre-attaque française du lendemain permet de reprendre le terrain perdu. Le 31 au soir, le 358e RI est relevé. Il a perdu 466 soldats en 4 jours.
Il gagne alors Sainte-Menehould, puis tient le secteur de la Harazée, près de Vienne-le-Château. La région est calme. Le 5 juin 1917, il gagne le camp de Châlons. En raison des mutineries, dont il semble qu’elles n’aient pas touché le régiment, il reste au repos dans la région de Saint-Hilaire-au-Temple. Le 26 juin, il rejoint Suippes et relève le lendemain soir le 248e RI à l’est d’Autérive. Le 13 juillet 1917, il est relevé et part pour Dormans en train. De là, il gagne à pied la région de Châtillon, dans la vallée de la Marne, où il reste au repos, relevant du 27 au 29 juillet 1917 le 135e RI, de la tête de pont de Sapigneul jusqu’au mont Sapin en passant par le village de la Neuville (près de Berry-au-Bac). Il faut organiser le terrain, encore tout frémissant de la récente offensive, sous le feu dominant de l’Allemand qui, de la cote 108, du mont Sapigneul et du mont Sapin, voit tout chez nous et connaît tous les recoins de ce terrain qui lui appartenait quelques semaines auparavant. Il nous faut riposter à ses bombardements d’artillerie lourde et de minewerfer, lutter avec les inondations du Loivre – ruisseau qui traverse le secteur dans toute sa largeur – qui constituent des nappes souterraines, assainir enfin le terrain ou gisent pêle-mêle, sous des terres meubles, des cadavres français, russes, sénégalais, allemands de l’offensive d’avril. (Historique du 358e RI pendant la guerre 1914-1918 Imprimerie Berger-Levrault. Nancy Paris Strasbourg). Les coups de main y sont nombreux. En dehors d’une période de repos au sud d’Epernay du 28 octobre au 11 novembre, il tient le même secteur. Début 1918, en raison de la suspicion d’une grande offensive allemande prévue pour le printemps, tout le front est préparé. Relevé le 23 février 1918, le régiment fait alors la navette entre Vaux-Varennes, Châlons-le-Vergeur et la région de Jonchery. Il organise les positions au sud de Cormicy. Le 17 mars, il relève entre Miette et Aisne le 283e RI au Camp de César.
Le 21 mars, se déclenche l’offensive allemande sur le front anglais, accompagnée de diversions sur tout le font français. Dans le secteur du régiment, après un violent bombardement qui dure six heures, un important raid ennemi pénètre dans les positions du 6e bataillon, à 17 heures. Les Allemands sont repoussés mais les combats coûtent la vie à une trentaine d’hommes, sans compter, les pertes infligées par le bombardement aux unités en réserve, qui s’étaient portées à leur poste de combat. Afin de boucher le trou qui s’est formé entre Français et Anglais dans la Somme, des unités sont prélevées sur tout le front. Le régiment voit donc son secteur augmenter. Le 12 mai 1918, la division cède son secteur à la 25e DI britannique. Par étape le 358e RI gagne Soissons. L’épidémie de grippe, qui fait de gros ravages dans la division, l’empêche de monter en ligne. Mais le 22 mai, brusquement alerté, diminué, le régiment embarque à la gare de Longpont pour Arques près de Saint-Omer et gagne Elbinghem, son cantonnement. Le 25 il entre à Cassel et y reste jusqu’au 30 mai. Il relève ensuite le 128e RI sur le secteur mont Rouge – village de Locre. Les Allemands dominent toute la région du mont Kemmel, rendant les communications impossibles de jour. Il n’y a pas de boyaux ni de tranchées. Les hommes se terrent le long des haies et dans les champs de seigle qui les séparent des Allemands dont on ignore les positions exactes.

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Les 3 et 4 juin au soir, de violents bombardements à gaz s’abattent sur les ruines de Locre. Le 5, à 21 heures, la canonnade reprend en redoublant d’intensité, immédiatement suivie de l’attaque d’infanterie. Les Allemands arrivent à se glisser dans un ravin entre la 20e compagnie et le 217e RI. La 20e compagnie est écrasée lors d’un corps à corps à la grenade. Toutes les contre-attaques restent vaines. LE e terrain n’est repris que le lendemain dans la nuit. Plus d’une centaine d’hommes y a perdu la vie. Le 5 juillet 1918, la division est relevée par les Anglais. Le régiment, pendant ces 35 jours, a perdu plus de 600 hommes. Le 8 juillet, il s’embarque à Arneke pour la Marne. Après 40 heures de transport, il est au repos lorsque la 14 au matin, il est alerté. La dernière offensive allemande va commencer.
Le 15 à 0 h, le bombardement commence, suivi à 4 h de l’attaque de l’infanterie. Toute la première position a été abandonnée, y compris les Monts-de-Champagne. Les Allemands sont arrêtés partout en position intermédiaire, sauf au niveau de la Chaussée Romaine où ils ont pu s’infiltre. La contre-attaque du 18 juillet reprend le terrain perdu.
Le 19 août, il reprend un ancien secteur , occupé 15 mois plus tôt, vers Vienne-le-Château. Le 8 septembre, il est relevé pour partir en repos au camp d’Auve, au sud de Sainte-Menehould. Le 25 septembre, il participe à partir du sud de la main de Massiges (cote 202) à l’offensive de Champagne. Il est alors placé en réserve, suivant les troupes d’assaut. Les 27 et 30, il attaque le bois de l’Echelle. Puis c’est la poursuite des Allemands qui battent retraite, avec souvent des zones de résistance, comme au village d’Autry, de l’autre côté de la Dormoise, franchie sur une passerelle. Le village est pris le 7 octobre en laissant sur le terrain le ¼ de l’effectif du 358e RI.

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Dès lors, l’avance ne subit plus d’arrêt. Talma le 16 octobre, qui est à un moment complètement encerclé par les Allemands, Somme-Suippes le 7 novembre, Loisy-sur-Marne le 11, où il apprend l’armistice. du 27 septembre au 3 novembre, il a perdu 1 200 hommes. Son attitude lors de ces combats vaut au 358e RI une citation à l’ordre de l’armée. Le drapeau du régiment reçoit la crois de guerre avec palme le 14 janvier 1919. Le 20 janvier à 11 heures, il pénètre dans Colmar. En février, il repasse le col du Bonhomme pour rentrer le 13 février à Monthureaux-sur-Saône. Il est dissout le 16 avril, cérémonie que ne verra pas Pierre qui a été démobilisé le 20 mars 1919.
Il se retire alors à Brousse. Il y décédera en 1963.

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