Jean Marie Eustache PONCHON

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Il naît le lundi 16 septembre 1889 à 5 h du soir au bourg de Adolphe André, cultivateur, né également au bourg le 23 avril 1863et de Jeanne Marie CHAMPROUX originaire du Mas (où elle est née le 10 mai 1862). Avant lui, est né Barthélémy Jean Séraphique le 28 juin 1888 (mort moins d’un an plus tard). Il est donc aîné de la famille lorsqu’arrivent les quatre enfants suivants : Marius Alfred le 26 mai 1891 (exempté en 1911 pour arrêt de développement), Félix Jean Marie le 11 décembre 1893 (il va mourir de ses blessures à Amiens en octobre 1919), Marie Adélaïde le 4 mai 1896, puis Antoine Gabriel Arsène le 11 avril 1899 (qui sera boucher et va mourir en 1932 à Echandelys).
En 1911, il est exempté pour « faiblesse irrémédiable ». Il est alors maréchal-ferrant. Ses cheveux sont bruns, de même que ses yeux. Son visage est ovale, avec un menton rond, sans signe particulier.
Comme tant d’autres, le conseil de révision de Clermont-Ferrand le rattrape en le déclarant apte au service armé le 27 novembre 1914. Il rejoint alors le 86e RI du Puy le 18 février 1915. Son frère Félix, tout d’abord exempté pour les mêmes raisons, est sous les drapeaux depuis le 18 décembre 1914. La situation familiale est alors difficile :

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Le 2 mars 1915, il passe au 44e RI de Lons-le-Saulnier et Montbéliard, mais ne monte certainement au front pas avant son passage le 23 avril 1915 au 23e RI de Bourg-en-Bresse Pontarlier Salins. Ce dernier régiment est en ligne dans le secteur de Saint-Dié, à la Fontenelle. La guerre des mines fait rage, particulièrement pendant les mois d’avril et mai 1915. Allemands et Français se disputent alors âprement l’entonnoir creusé par l’explosion. C’est à cette période que les Allemands commencent à utiliser des obus et des grenades chargés de gaz asphyxiants. L’enjeu pour l’ennemi est d’enlever la cote 627, hauteur située à l’est de la Fontenelle et qui constitue un excellent observatoire de toute la partie est et nord-est du Ban-de-Sapt (importante partie des lignes allemandes).

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Explosion d’une mine cote 627 en juin 1915.

Se rendant compte que ni les mines ni les coups de main ne peuvent assurer la possession de la cote 627, les Allemands préparent une attaque qui débute le 22 juin, à 13 h. 55,par l’explosion de deux mines allemandes explosent sous les ouvrages avancés tandis que se déclenche un tir d’artillerie très violent sur l’ensemble de la position de la Fontenelle ainsi qu’un tir de barrage plus en arrière, afin de s’opposer à l’arrivée des renforts. Ce bombardement particulièrement dense sur le village même de la Fontenelle, cause dans les lignes françaises des dégâts considérables. Les tranchées sont nivelées, les défenses accessoires rasées, les abris défoncés, les hommes ensevelis sous les décombres. A 17 h 30, le tir s’allonge et l’infanterie allemande se porte à l’attaque.

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Vers 20 h, le régiment a perdu les 2/3 de son effectif. Les rescapés se replient sur les lisières est du village où ils résistent jusqu’à l’arrivée des renforts. Ceux-ci, un bataillon du 37e RIC et un bataillon du 43e RIT arrivent à 22 h 15. Malgré une préparation d’artillerie, la contre-attaque, qui débouche à 1 h 15 sur la crête, est arrêtée au lever du jour à 3 h 30 par le feu intense des mitrailleuses et un puissant tir de barrage.

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Le 23 juin, la contre-attaque est définitivement enrayée. Se rendant compte qu’avec des effectifs réduits de moitié et la perte de presque tous les cadres, il est impossible d’attaquer, le lieutenant-colonel donne l’ordre de s’organise à partir des anciennes troisièmes lignes, aux abords sud de la cote 627. Les 8 et 27 juillet 1915, deux attaques françaises rendent la cote 627 aux Français. Le 23e RI n’a pas participé à la première. La seconde, qui vise à sécuriser les flancs est et sud-est est réalisée presque uniquement avec le régiment. Les positions allemandes à enlever sont établies autour et en avant du village de Launois, fortifié par les Allemands. Les parallèles de départ sont établis au bois Martignon, à la ferme de Faymont et au battant de Bourras. L’attaque, débutée à 18 h 30, atteint tous ses objectifs à minuit, enlevant du matériel et faisant de nombreux prisonniers. La crête 627 restera aux mains des Français pendant tout le restant de la guerre.

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Mis au repos dans la Woevre, le régiment reste ensuite au front dans le même secteur. Si plus aucune opération active n’est menée de part et d’autre, les Allemands poursuivent la guerre de mines, lançant de plus grenades et torpilles qui provoquent de nombreuses pertes.
Dans la soirée du 16 décembre 1915, le régiment est enlevé en chemin de fer, à destination de Bussang. Il passe le col le 17 et vient cantonner, le même jour, dans la haute vallée de la Thurr, pour prendre part à une attaque que la 66e division prépare, pour le 21 décembre 1915, sur le sommet même de l’Hartmannswillerkopf. Le 20 décembre, le 1er bataillon monte en ligne, entre le 15e BC à droite et le 152e RI à gauche. Il enlève rapidement le puissant système défensif qui lui fait face et gagne 600 mètres de terrain en capturant 125 soldats et 2 mitrailleuses. Il organise ensuite les positions conquises. Le 22, une contre-attaque allemande reconquiert presque tout le terrain perdu la veille, sauf le sommet de l’Hartmannswillerkopf où la 2e compagnie du 23e RI résiste. Le lendemain, une attaque française échoue en raison d’une tempête de neige rendant impossible tout tir d’artillerie.

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A partir du 25 décembre 1915, toute la partie française du Vieil Armand est à la garde du 23e RI. L’occupation et l’organisation des nouvelles positions sont rendues particulièrement pénibles par les intempéries, la dureté du sol rocheux et un bombardement continuel par torpilles, grenades et obus qui interdisent tout travail de jour. Le 28 décembre 1915, les Allemands retentent une offensive qui est en grande partie repoussée, de même que le 30 décembre et le 1er janvier 1916. Cette pression continuelle a épuisé le régiment qui a perdu depuis le 20 décembre 931 soldats. Il est relevé le 13 janvier 1916 et se réorganise à Saint-Dié. Après un mois de repos, le régiment monte en ligne dans les secteurs de Saint-Jean-d’Omont, Launois et la Forain où il mène la vie classique des tranchées sous des bombardements allemands quasi quotidiens.
Le 4 avril 1916, Jean Marie Eustache est détaché, en qualité de maréchal-ferrant mécanicien à la maison Clément Bayard de Levallois en région parisienne (usine de cycles et d’automobiles, elle sera vendue à Citroën en 1922, lui permettant de sortir sa 5 CV).

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Le premier juillet 1917, il passe à la 24e section de COA et ne sera démobilisé que le 1er août 1919. Il se retire alors à Reims, 86 rue du Moulin. Le 21 juin, il déménage boulevard Pommery au 162. Il décède le 5 janvier 1939 à Châlons sur Marne à l’âge de 49 ans.

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