Simon Blaise FARGETTE

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Originaire de Saint-Genès-la-Tourette où il est né le mardi 16 août 1887 au hameau de Baye, Il n’aura vécu malheureusement que peu de temps à Echandelys. Peut-être est-il apparenté avec les familles FARGETTE d’Echandelys, seule une étude généalogique plus approfondie, mais sortant du cadre de ce travail pourrait le confirmer. Il est l’aîné d’une famille de quatre enfants. Ses parents, Antoine, métayer et Philomène Antoinette FAYOLLE sont tous deux nés aussi à Saint-Genès-la-Tourette respectivement en 1858 et 1862. Après Simon Blaise naissent Marie Françoise le 3 août 1889, Antoine le 8 août 1894 et Marie Berthe le 20 juillet 1897, tous à Baye.
Il est cultivateur lorsqu’il est incorporé au 105e RI de Riom le 7 octobre 1908. Il mesure alors 1 m 65 et possède des cheveux blonds. Son visage ovale, s’orne d’un nez fort avec un menton rond et un front couvert. Son service militaire s’achève sans élément notable le 25 septembre 1910. Il regagne alors Cunlhat. Le 31 mai 1913, il se marie avec Jeanne Marie POUYET de la Foresterie et part alors y habiter. Le 22 septembre 1914, naît le seul enfant du couple, une petite fille prénommée Jeanne Antoinette.
A la déclaration de la guerre, il arrive au 105e RI le 4 août 1914. Il y retrouve Christophe Antoine RENAUDIAS et Ambroise Jean Claude BARRIERE de Deux-Frères et, après une marche dans l’après-midi du 6 août par Saint-Bonnet et Châtel-Guyon, où on l’acclame au passage, il s’embarque à Riom le 7, à 13 heures.

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Il arrive le 8 dans la région d’Epinal, destiné à prendre part à l’offensive de Lorraine. Le 11 août il quitte ses cantonnements et se porte à la rencontre de l’ennemi qui, après avoir franchi la frontière, s’est replié en incendiant de nombreux villages. Ce sont d’abord de pénibles marches par une chaleur accablante et enfin le 14 août, à 10 heures, le contact est pris à Badonvillers avec les Allemands. L’artillerie allemande crible le village de ses projectiles afin de retarder l’avance française. Le régiment arrive le soir devant Cirey et se heurte à une position fortement organisée. Les hommes sont exténués de fatigue après une journée entière de marche par une chaleur torride, mais avant que l’artillerie puisse se mettre en position, deux charges à la baïonnette sont ordonnées sous une grêle de balles et d’obus, à travers le plateau qui s’étend entre Petitmond et Cirey et qui coûte de nombreuses pertes sans avantage puisque le lendemain 15 août, le régiment revient un peu en arrière. Les Allemands ayant quitté Cirey, la poursuite est reprise le 16 et la frontière passée à Lafrimbole à 13 heures. A la tombée de la nuit les soldats entrent à Saint-Quirin.
Le 17 août le 105e RI se porte en deux colonnes sur Abreschwiller qu’il dépasse pour aller organiser une position en avant.

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Le 20 août, il reçoit l’ordre d’attaquer avec deux bataillons en direction d’Hartswiller-Carrière et Plain de Vach, mais malgré un tir violent de l’artillerie lourde adverse, il n’est pas déploré de perte. Le régiment trop avancé reçoit l’ordre de se replier d’abord sur Hartswiller, puis dans la nuit de revenir à Abreschwiller. Le 21 août, à 7 h. 30, les Allemands attaquent à leur tour dans la direction de Voyer-la Valette. Le 105e RI, alors en réserve, est alerté et ses 2e et 3e bataillons se portent au nord d’Abreschwiller, le 2e bataillon près de l’artillerie, le 3e bataillon à droite vers la Valette. L’ennemi est reçu par les feux d’infanterie, puis chargé à la baïonnette, mais le retrait d’unités voisines oblige les deux bataillons à se replier en laissant sur le terrain de nombreux tués et blessés (dont Ambroise Jean Claude BARRIERE). Après avoir traversé Bacarat le 23 août, le régiment arrive à Rambervillers où le recul est définitivement arrêté. Il commence alors à creuser des tranchées sommaires dans les bois situés au nord de Rambervillers et subit quelques attaques locales. Il est relevé le 11 septembre 1914 pour gagner en train la région de Carlepont dans l’Oise, à la poursuite des Allemands après leur défaite sur la Marne. Du 16 au 19 septembre, de violents combats ont lieu afin de déloger l’ennemi dans les bois au sud de Carlepont. Ceux-ci contre-attaquent le 19 à 5 h 50 et s’avancent jusqu’à 50 m du château de la Quenoterie qu’ils ne peuvent atteindre. Ils doivent alors battre en retraite, laissant de nombreux morts et blessés.

Carlepontchateau

Le lendemain, suivant la retraite allemande, le 105e RI progresse vers le nord et s’empare par surprise du village de Plessier-du-Roye. Par contre, toutes les tentatives pour enlever Lassigny sont des échecs, de même pour les jours suivants. A partir du 24 septembre 1914, le régiment organise donc son secteur de Plessier-du-Roye et fait ses premiers apprentissages de la guerre de tranchées. La plupart des travaux ne se font que de nuit pour éviter les pertes. Les tranchées et boyaux sont creusés et les réseaux de fil de fer sont placés au milieu d’alertes continuelles et comme le moindre bruit déclenche une fusillade nourrie de la part des Allemands, les soldats abandonnent bien vite la pelle pour le fusil.
Transporté en chemin de fer, le 105e RI arrive le 14 novembre en Belgique, puis embarqué en camions, monte en ligne à l’est de Zonnebecke, à l’extrémité du saillant d’Ypres. Pour s’y rendre, il n’existe qu’une seule route sur laquelle, jour et nuit, les obus se croisent venant de toutes les directions. La chaussée pavée est insuffisante pour les ravitaillements et les colonnes de troupes ; celles-ci étant obligées d’emprunter les bas-côtés où les hommes s’enlisent parfois jusqu’aux genoux. Les tranchées sont à moitié effondrées autant par l’effet de la pluie que par celui des obus, transformées parfois en ruisseaux. Presque journellement l’ennemi attaque. Le 17 novembre, les Allemands attaquent sur le carrefour de Broodesinde après une violente préparation d’artillerie lourde. Le 105e RI aide le 92e RI de Clermont-Ferrand à reprendre les tranchées momentanément perdues.

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Le 26 novembre 1914, tout le régiment se déplace pour tenir le front entre Zonnebecke et Molenaarelstock. Le 27, après une violente préparation d’artillerie, les Allemands attaquent à nouveau. Elle est a nouveau repoussée.
Début décembre, il revient en France et se réorganise à Moyvilliers dans la région de Compiègne et reçoit des renforts, nécessaires en raison des pertes subies depuis le début du conflit.
Le 27 décembre 1914, il monte en ligne dans le secteur d’Erches dans la Somme. La guerre de tranchées commence. Mais de tranchées, il n’y en a guère. Il faut alors exécuter tout un travail d’organisation, creuser tranchées et boyaux de communication, créer des abris dignes de ce nom. Afin de ne pas attirer l’attention des Allemands, les plus gros travaux ne peuvent être réalisé que de nuit. La pluie et le froid rendent le séjour pénible, bien que le secteur soit relativement calme. Périodiquement chaque bataillon part au repos dans des villages pratiquement vidés de leurs habitants.

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Le service de guetteur est pénible : Surveiller l’ennemi sans trêve jour et nuit en risquant la balle du tireur adverse ou l’éclat d’obus qui ne pardonne pas |quand on n’est pas en faction il faut travailler. Les minen, les shrapnels vous frappent partout : à la tranchée, au travail, au repos dans un mauvais abri ; aucun moment de détente, en secteur aucune sécurité nulle part, fatigues et dangers sont supportés vaillamment par tous. (Historique du 105e RI).
Dès que la première ligne est suffisamment organisée, des sapes sont réalisées vers le bois Carré fortement défendu et dont les français veulent s’emparer. Mais le 105e RI n’en verra pas les effets car il est relevé fin juin 1915 pour occuper le secteur de Marquivillers. Là, les tranchées présentent en avant un terrain libre de 800 à 1200 mètres. Pour pouvoir attaquer efficacement, il faut absolument se rapprocher de l’ennemi. Le régiment entreprend alors le 19 août 1915 les travaux d’approche qui doivent amener les premières lignes françaises partout à 200 ou 300 mètres au plus de la ligne ennemie. C’est un formidable travail de terrassement. En certains points il faut avancer de 800 à 900 mètres. Chaque nuit, malgré les fusillades, les bombardements qui parfois infligent des pertes sévères, car on travaille à découvert, en avant des lignes, protégés par quelques patrouilles, les travailleurs poussent les boyaux d’attaque, creusent des tranchées tous les 200 mètres jusqu’à ce qu’enfin le 8 septembre la troisième parallèle soit achevée. Le 27 septembre 1915, l’attaque prévue est annulée. Dans le courant des mois d’octobre et de novembre, le front tenu par le régiment est plusieurs fois modifié et s’étend jusqu’à Popincourt. On y intercale des unités de territoriaux que l’on veut habituer au service en 1er ligne en les encadrant par des troupes de l’armée active. Aucun détail sur l’activité offensive des Allemands ne nous est parvenu. Nous savons simplement que pendant le mois d’octobre 13 tués et 30 blessés sont a déplorer. Simon Blaise fait certainement partie de ceux-là. Il meurt en effet à Ploisy dans l’Aisne le 3 novembre 1915 (15 jours après son beau-frère Jean François POUYET, le frère aîné de sa femme) d’une septicémie consécutive à des blessures de guerre, sans que l’on ait d’autre renseignement. Il avait 28 ans et laisse une petite fille qui sera adoptée par la Nation le 3 juillet 1919, ainsi que sa femme et sa belle-mère dans une situation difficile :

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Il est inhumé dans le cimetière d’Echandelys.

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2 réflexions au sujet de « Simon Blaise FARGETTE »

    Joseph Albert VIVAT « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    22 novembre 2017 à 19 h 46 min

    […] encore sous les drapeaux lors de la déclaration de la guerre. Il a alors 20 ans. Il y retrouve Simon Blaise FARGETTE de la Foresterie, Christophe Antoine RENAUDIAS et Ambroise Jean Claude BARRIERE de Deux-Frères et, […]

    Fargette Jean-Michel a dit:
    22 mars 2018 à 11 h 28 min

    Honneurs aux héros morts pour la France en laissant chez eux femmes et enfants souvent dans une misère inimaginable !

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