Pierre Vincent Marie RAVAUD

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Second enfant et seul garçon d’une famille de quatre, il naît le lundi 20 juillet 1885 à 5 h du soir au bourg de Marc Antoine RAVAUD, cultivateur né à la Parade le 3 juillet 1855 et de Jeanne AUBERT née à la Valette (commune de Marat) le 2 décembre 1860. Il est précédé de Marguerite Théodorine née le 18 janvier 1882 à la Parade. Jeanne Marie Gilberte née le 14 novembre 1889 au bourg et Hortense Artémise née le 20 septembre 1897 à la Parade le suivent. Les deux premières filles de la famille vont se marier respectivement avec Pierre Auguste DISSARD et Pierre Victor DUPIC (qui sera soldat pendant la Première Guerre Mondiale) à Echandelys et vont mourir toutes deux à Bruay-en-Artois dans la Pas-de-Calais, alors que leur dernière sœur Artémise va se marier dans le Pas-de-Calais à Haillicourt avec Stanislas CIESLAK et reviendra à Echandelys où elle décédera en 1969. Un cousin de Pierre Vincent Marie, Jean Martin Antoine AUBERT, né 10 jours après lui, sera aussi soldat pendant la Grande Guerre et va y mourir le 8 septembre 1914.
Soutien de famille selon l’article 22, il mesure 1 m 62 lors de sa visite d’incorporation. Ses yeux sont gris et il est blond, avec un visage petit et un menton fort. Il est incorporé au 92e RI le 9 octobre 1907 et est libéré le 25 septembre 1909. Entre temps, il se blesse le 31 mars 1908 à la cheville droite (entorse) en glissant sur le bord arrière d’une planche en salle d’escrime. Il déménage sur Bruay-en-Artois en juin 1911, puis au hameau de Lavofville, commune de Labuissière (juste à proximité de Bruay) en novembre 1912. Il passe dans la subdivision militaire de Béthune le 7 janvier 1913 et ne réintégrera sa subdivision d’origine qu’en janvier 1920.

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A la déclaration de la guerre, il arrive au 273e RI de Béthune (et non au 73e RI comme indiqué sur sa fiche matricule) le 7 août 1914. Il part en train le 10 août 1914 dans l’après-midi pour débarquer à Landouzy-la-Cour près de Vervins le 12. Pendant quelques jours, il s’exerce à la marche et au combat puis se met en route et traverse Rocroi. Le 21, il a pour mission de relever le plus tôt possible à Dinant et Bouvignes son régiment frère le 73e RI qui doit défendre Namur, attaqué par les Allemands. Il y arrive le 22, après une marche forcée de 40 km et a pour objectif de garder les ponts sur la Meuse. Dans la nuit du 22 au 23 août, il repousse une première attaque allemande sur le pont de Dinant. Le lendemain, l’artillerie lourde allemande sape la barricade établie par la 20e compagnie et met le feu aux maisons voisines. En fin d’après-midi, en raison de la propagation de l’incendie, la situation n’est plus tenable et il est décidé de faire sauter le pont et de faire retraite sur Onhaye. A Bouvines, la situation n’est pas plus brillante et avec de nombreuses pertes, le repli est amorcé.

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La retraite s’effectue par Anthée le 23, Mariembourg le 24, les Rièzes le 25, Bas-Val-la-Cause le 26, Renneval le 27, Goudelancourt le 28. Le lendemain, demi-tour et la marche en avant reprend afin de reconquérir Voulpaix. Le 30 août, l’assaut est donné. Le village est pris et à la surprise générale, ce n’est pas la marche en avant qui est ordonnée, mais la retraite. Pendant 6 jours, à marche forcée vers le sud, le 273e RI atteint Saudoy le 5 septembre. C’est alors la bataille de la Marne, donnée afin de barrer la route de la capitale aux Allemands. Le 7 septembre 1914, Il organise défensivement les Bordes, puis gagne Esternay qui vient d’être pris par le 73e RI.

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Le soir, il occupe les lisières nord du bois de Saint-Gond, arrêtant les Allemands qui essaient de glisser sur le flanc droit de l’armée française. Le 9 septembre, le régiment doit attaquer Saint-Prix. Lorsqu’il arrive dans les bois au sud du village, il les trouve abandonnés, encombrés de cadavres d’hommes et de chevaux. Les blessés n’ont même pas été relevés. Partout traînent équipements, armes et munitions. Le 10, la poursuite continue et après avoir enlevé Pierre-Morains, le 273e RI arrive le 13 à Nogent-l’Abbesse. Près de la ferme de la Jouissance, l’avant-garde reçoit des coups de fusil des tranchées allemandes placées au nord-est de la cote 113. En même temps, l’artillerie ennemie se dévoile et crible d’obus la ferme de la Jouissance. Les compagnies cherchent un abri derrière le talus du chemin de fer haut de 3 à 4 mètres. Les pertes sont lourdes, surtout à la 22e compagnie (plus de 50 hommes). Le Les hommes subissent sans broncher ni bouger le feu de l’ennemi pendant plusieurs heures. Le sur-place va durer trois ans. La guerre de mouvement est finie. La guerre de position commence. Du 13 au 18 septembre 1914, entre le coin du canal et la route de Saint-Léonard, le 273e RI perd 176 hommes sans pouvoir avancer d’un pas.

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A partir du 19 septembre, il organise la ligne Vrigny – Ville-Dommange. Régiment de mineurs, il se met à la tâche dans un activité qui lui rappelle son métier. Il n’hésite pas à creuser profond, rendant inutiles les parapets. Du 12 au 15 octobre 1914, il est en réserve à Vaux-Varenne puis à Guyencourt. L’attaque de Berry-au-Bac n’ayant pas donné les résultats escomptés, il revient dans le secteur de Saint-Léonard où il a tant souffert. Il continue à l’organiser. Les journées sont calmes, mais la nuit les hommes sont nerveux. Au moindre bruit, toute la première ligne s’allume, laissant peu de sommeil aux hommes. Le 9 novembre, ils voient arriver avec amusement les premières fusées éclairantes. Il passe alors au secteur de la Pompelle immédiatement à l’est. Les travaux continuent. Le 27 novembre, l’annonce d’une victoire russe en Pologne est accueillie par de nombreux cris, hourras et même la Marseillaise. Le 22 décembre, une attaque permet au 273e RI de gagner un peu de terrain. Le 2 janvier 1915, la 18e compagnie enlève les entonnoirs créés par l’explosion d’une mine française qui a sauté sous les lignes allemandes. Le 8 février, le régiment gagne Pargny-lès-Reims.

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Tour à tour, ses unités occupent les tranchées du bois de la Mine, du Choléra, du secteur du mont Doyen (nord de l’Aisne et de Berry-au-Bac). C’est le secteur des coups de main ainsi que de la guerre des mines. Le 18 mars 1915, vers 19 h 40, les Allemands font exploser au bois de la Mine une mine qui crée un entonnoir de 25 m de diamètre sur 6 m de profondeur. Plusieurs hommes sont ensevelis. Les survivants l’occupent immédiatement, permettant le sauvetage des hommes ensevelis. Le 22 avril 1915, le 273e RI est dirigé sur le bois des Zouaves et y reste un mois.
Le 28 mai, il embarque pour la Somme où une offensive, la première de grande envergure depuis la bataille de la Marne, est envisagée afin de fixer les troupes allemandes et les empêcher de se déplacer vers le front russe. Mis en réserve, le 273e RI attend sous une pluie fine le succès des troupes d’assaut pour pouvoir suivre. Malheureusement, n’ayant pas donné les résultats escomptés, l’attaque est abandonnée. Les semaines suivantes, jusqu’au 26 août 1915, se déroulent entre repos et instruction respectivement à Puchevillers, Grenat puis Coullement et Couturelle.
Le 28 août 1915, le 273e RI relève dans le secteur des Wagons, au sud de Lihons (à cheval sur la ligne Amiens – Péronne) le 125e RI. Là encore, c’est essentiellement un travail d’aménagement qui est demandé au régiment, rendu pénible par le mauvais temps. Le 30 septembre, il est embarqué pour le camp de Châlons, en Champagne. Il doit assurer le succès de l’offensive en Champagne commencée le 25 septembre.
La région est faite de larges ondulations ponctuées de collines plus conséquentes, appelées buttes et recouvertes de bois de pins et dont les lisières affectent des formes géométriques. La première position, principale ligne de résistance, est composée de plusieurs lignes de tranchées s’échelonnant en profondeur, avec des défenses accessoires : réseaux impénétrables de fils de fer, chevaux de frise, abris-cavernes contre le bombardement et fortins garnis de mitrailleuses.
Lorsque le régiment arrive, la première position a été enlevée et la deuxième, à 4 km à l’arrière, a été organisée avec soin ; des emplacements de mitrailleuses y ont été ménagés ; le réseau de fil de fer, très dense, qui la protège est enterré et placé à contre-pente pour en diminuer la visibilité. Entre les deux positions, toutes les coupures du terrain ont été aménagées en vue d’une défense pied à pied.
Le régiment, placé au centre du dispositif, doit attaquer les bois P 15 et P 16, au nord de la ferme Navarin.

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Le 6 octobre à 5 h 19, l’artillerie allonge son tir. En moins de 5 minutes, la première ligne de tranchées est enlevée. La première vague nettoie boyaux et tranchées tandis que la 2e continue et prend les lisières nord et est du bois P 16 dont elle s’empare. Les hommes commencent aussitôt à retourner les tranchées conquises. Le lendemain, 7 octobre 1915, au petit jour, les Allemands contre-attaquent. Après un premier mouvement de recul, les mitrailleuses françaises entrent en action. Elles repoussent toutes les actions allemandes, au nombre de 5 en tout. Malheureusement, Pierre Vincent Marie est blessé au genou droit et à la tête par un éclat d’obus. Il doit être évacué. Pendant ces journées, son régiment a perdu la moitié de ses effectifs et il ne reste plus que 12 officiers sur 37.

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Nous ne savons pas dans quel hôpital il a été soigné. Il ne rejoint le dépôt du 273e RI que le 12 septembre 1916, soit presque un an plus tard. Il est alors classé au service auxiliaire par la 1e CS de la Seine en raison de se cicatrice au genou et de son impossibilité d’étendre complètement le genou. Il est mis alors en sursis d’appel au titre des mines de Bruay.

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Il est définitivement réformé en 1920 et pensionné à 30% en raison des séquelles de sa blessure au genou droit. Il s’installe certainement dans la région de Bruay car en 1947 il est dit ouvrier mineur.

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