Benoît Annet Robert GRENOUILLET

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Non originaire d’Echandelys, et n’y ayant vécu que quelques années, il est toutefois apparenté aux familles RAVAUD et THIODAS qui ont donné beaucoup de soldats pendant la Première Guerre Mondiale. Il a de plus vécu à Echandelys autour de cette période.
Il naît au bourg de Fournols le vendredi 13 avril 1883 de François, cordonnier âgé de 35 ans et de Marie BEAL. Bien qu’il ne soit présent à aucun recensement d’Echandelys, il est dit y habiter lors de sa visite d’incorporation. Il est alors scieur de long et mesure 1 m 57. Ses cheveux sont châtain clair et ses yeux bruns. Il ne présente pas de signe particulier. Il arrive au 92e RI de Clermont-Ferrand le 15 novembre 1904. Soldat de 1e classe le 10 février 1907, il est libéré le 12 juillet de la même année. Il se marie à Echandelys le 10 septembre 1909 avec Théodorine Marie THIODAS, fille d’Antoine et de Marie RAVAUD, dont la sœur Eugénie Berthe s’est mariée avec Ludovic Benoît PILLEYRE, menuisier mort en Argonne en 1917, et le frère Léo Alphonse Jean sera soldat pendant la Première Guerre Mondiale. Dès 1910, le couple quitte l’Auvergne pour habiter tout d’abord 6 rue d’Ecosse à Paris (5e), puis Levallois-Perret au 37 bis rue Carnot. Benoît Annet Robert y est carreleur, alors que sa femme est concierge.

LEvalloiPerret

Le 19 août 1911, naît à Echandelys, dans la maison, de son grand-père maternel, Jean François Emmanuel. Il meurt malheureusement le 6 septembre suivant.
A la déclaration de la guerre, Benoît Annet Robert arrive au 92e RI le 5 août 1914. Régiment d’Auvergnats, de nombreux autres soldats d’Echandelys en font partie. Dès le 7 août, le régiment est formé et le 9, il débarque à Girancourt dans les Vosges.

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Le 12 août, il s’avance vers la frontière que les Allemands ont déjà franchie. Il passe par Rambervillers, Raon l’Étape, Badonvillers et Embermenil. Le 14, les Allemands se sont retranchés et les premières escarmouches se produisent, permettant aux ennemis de faire une retraite en ordre. Le 16, le 92e RI passe la frontière et s’établit le 18 dans les villages de Brouderdoff, Plaine-de-Walsch et dans le bois de Voyer. Le 19, il se fortifie sur ces positions et le 20, l’engagement est sérieux. En effet, les Allemands ont reculé, mais se sont arrêtés sur des lignes prévues d’avance garnies d’une nombreuse artillerie lourde.
Les pertes du 1er bataillon à Plaine-de-Walsch sont devenues si grosses, qu’il doit être relevé par le 3e bataillon placé en réserve au bois de Voyer. Les Allemands contre-attaquent, obligeant l’armée française à reculer. Si, jusqu’au 23, la retraite est calme, le 24 les Allemands deviennent pressants, les 2e et 3e bataillons attaquent à Domptail, mais la pression allemande devient intolérable.

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Le 3e bataillon est fauché par un feu terrible et seul le dévouement de la 7e compagnie protège sa retraite. Cette même 7e compagnie, le 26 août, séparée des autres, se heurte dan les bois à un fort détachement allemand cherchant à s’infiltrer dans Rambervillers. Elle le repousse jusqu’à la lisière après avoir tué son commandant bavarois qui reste sur le champ de bataille. Puis le régiment est relevé des Vosges et débarque à Liancourt (Oise) le 15 septembre. Il combat en particulier à l’Ecouvillon et au Plémont, puis réalise le 26 septembre, se portant vers le nord, des tranchées à Tilloloy.

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Puis, glissant encore toujours vers le nord, il s’établit face aux Allemands à Fouquescourt et à Fresnoy. Le 2e bataillon, à la Chavatte, fait face à de nombreuses attaques allemandes et le manque de munitions se fait douloureusement sentir le 30 septembre. En effet d’une part l’artillerie française reste muette, car non approvisionnée alors que les Allemands bombardent à gros obus, et d’autre part, les munitions manquent pour l’infanterie (le capitaine de la 7e compagnie retire des cartouches à ses hommes pour les donner à la 6e compagnie dont la position est plus périlleuse). Les deux commandants de compagnie prescrivent même à leurs hommes, les munitions n’arrivant toujours pas, de ne tirer qu’à deux ou trois cents mètres. Les pertes se montent à plusieurs centaines d’hommes, en particulier au 2e bataillon.

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Benoît Annet Robert est promu caporal des réserves le 30 octobre 1914, vraisemblablement en raison des pertes importantes du régiment dans la période qui a précédé, en particulier en cadres.
Relevé, le régiment débarque sur la frontière belge, à Esquelbecq, les 12 et 13 novembre 1914, il se porte dans la direction de Zonnebeke. Dans l’après-midi, il reçoit du général l’ordre d’attaquer les lignes allemandes au nord de Zonnebeke, vers le carrefour de Broonseinde. Attaques et contre-attaques se succèdent jusqu’en décembre, avec obtentions de plusieurs citations du régiment. Les unités s’infiltrent mutuellement et ne peuvent se dégager qu’à la baïonnette.

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Le régiment est ramené sur les confins des départements de la Somme et de l’Oise; où il y restera pendant toute l’année 1915, se remettant de ses fatigues et de ses grosses pertes de Lorraine et de Belgique. Il tient alors les secteurs du bois des Loges et de Beuvraignes. Dans ce dernier, la lutte de tranchées bat son plein entre les villages du Cessier et de Beuvraignes.

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Le journal de marche et des opérations fait état d’une alternance de journées calmes et de journées mouvementées à l’activité relativement intense, comme le 8 août 1915 : De nombreux coups de feu pendant toute la durée de la nuit ainsi que de nombreuses fusées éclairantes lancées dans le but de déceler nos travailleurs. Peu d’obus dans la journée ( 67/77 – 27/105 et 13/150). La nuit, de nombreuses bombes ont été échangées dans le but d’interrompre les travaux de part et d’autre. Pertes : trois hommes blessés.

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Benoît Félix TOURDIAS de Cher fait partie des blessés. Sa jambe droite ayant été arrachée par une bombe au niveau de la cuisse, il est évacué sur Montdidier, à l’hôpital d’évacuation (Gare), ambulance 14/20 (Hôtel-Dieu) où il meurt le 9 août 1915 à 11 heures du matin.
Remis à l’entraînement au camp de Crèvecoeur, le régiment part fin février 1916 pour la défense de Verdun. Il bivouaque au bois de Fouchères, à trois kilomètres de Dombasle. Si le régiment ne combat pas immédiatement, les conditions sont difficiles. L’ennemi frappe des coups redoublés, la rive droite de la Meuse est actuellement le théâtre de la lutte, mais la rive gauche s’enflamme à son tour, et, dans le bois, sans autre abri que la tente individuelle, contre la neige qui tombe toutes les nuits, le 92e, en réserve, attend l’heure de se porter en avant. Le 6 mars, le régiment arrive sur la neige par 12 degrés au-dessous de zéro au bois du Bouchet. Il reste là, alerté toute la nuit sans abri. Au jour, il se porte en formations d’approche sur la limite d’Esnes à Chattancourt. Il s’y établit en position d’attente. (Historique du 92e RI Maison Alfred Mame imprimeurs, Tours). Le 8 mars, il se lance à l’assaut du bois des Corbeaux tombé la veille aux mains des Allemands. Il est pris pour être reperdu le lendemain, le tout au prix de centaines de morts.

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Le 20 mars 1916, le régiment est relevé, reformé, et tient les secteurs de Bailly et Fouquescourt, dans la Somme, au nord de Roye. Il est alors en première ligne pour participer à la bataille de la Somme à partir du 1er juillet 1916.
Il est toutefois vraisemblable que Benoît Annet Robert n’a pas participé à ces derniers combats. Il est réformé le 30 juin 1916 par la commission sanitaire de Clermont-Ferrand pour raideur du genou gauche et de l’articulation tibio-tarsienne (cheville) avec troubles circulatoires très accentués à la jambe et au pied. Cet état est consécutif à une blessure par balle dont nous ne connaissons ni le lieu ni la date de survenue. Il est réformé avec pension d’invalidité pour invalidité à 30% en juillet 1919 par la CS de la Seine. Il se retire alors à Levallois-Perret le 4 juillet 1916. En 1943, il déménage au 75 rue Vallier, mais meurt au bourg d’Echandelys le 11 janvier 1945. Sa femme s’éteindra à Bondy en Seine-Saint-Denis en 1979.

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