Mathieu Vincent Paul Mary DAVID

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Second enfant d’une famille recomposée, il naît à Cher le mardi 19 juillet 1881 à 6 h du matin de Jean, chiffonnier et scieur de long, originaire lui-même de Cher où il est né le 3 juin 1846, et de Jeanne SIMONDET, née également à Cher le 28 avril 1855. Son père s’est marié une première fois le 18 septembre 1873 avec Antoinette CHAUTARD de Brousse, mais vivant alors à Condat-lès-Montboissier et dont il a eu un premier fils, Gustave Antoine en 1875 et qui sera aussi soldat pendant la Première Guerre Mondiale. Antoinette CHAUTARD étant morte en 1878, Jean DAVID se remarie alors avec Jeanne SIMONDET le 21 octobre 1880. Après Paul, naissent deux filles, Anna Augustine le 25 juin 1885 et Anna Eugénie le 5 décembre 1887. Leur père meurt le 25 mars 1895. Paul a alors 14 ans.
Il est tout d’abord dispensé la première année du service militaire comme fils de veuve. Il est alors chiffonnier et scieur de long et mesure 1 m 58. Ses cheveux ainsi que ses yeux sont châtains. Il a un visage ovale, avec un menton rond et un front découvert, sans autre signe distinctif. Le 14 novembre 1902, il est incorporé au 158e RI de Bruyères, Fraize et Corcieux. Il est libéré le 19 septembre 1903. A partir de 1907, il habite Lyon et Villeurbanne. Il y exerce certainement la profession de scieur mécanique. Il est soumis à 2 périodes d’exercices au 92e RI de Clermont-Ferrand en 1908 et 1910.
Le 3 août 1914, Paul arrive au 7e RIC de Bordeaux. Il a 33 ans. Le 7 août, son régiment est formé et s’embarque à la gare de la Bastide pour la Belgique. Le 21, la frontière est atteinte. On entend le canon au loin. Le lendemain, les Allemands, occupant Tintigny, poussent sur Saint-Vincent, menaçant de prendre la 3e DIC à revers. L’ordre est alors donné de stopper l’ennemi. A 14 heures, les pertes sont lourdes et presque tous les officiers hors de combat. Les compagnies s’acccrochant à la cote 385 et la ferme des Fresnois sont soumises à un intense bombardement. Les 5e et 6e compagnies, pourtant renforcées, sont réduites à une vingtaine d’hommes. Il faut se retirer sur les lisières est et nord, puis ouest du village pour diminuer le front et ne pas se faire déborder. En fin de journée, il faut évacuer Saint-Vincent. En moins de 12 heures, le régiment a perdu 38 officiers et 1.500 hommes.

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A la tombée de la nuit, le régiment se replie sur Orval. Le lendemain, l’ordre de retraite est donné. Le 7e RIC se replie sur Limes. La Meuse est traversée à Inor le 26 à l’aube. La retraite est pénible, les convois créant des embouteillages, le régiment utilise chemins et pistes, boueuses à souhait et dans lesquelles les fourgons s’embourbent. Le 26, il s’organise sur les hauteurs bordant la rive gauche de la Meuse. Il empêche les Allemands de traverser la rivière. Mais le 29 août, la retraite continue. Les routes sont de plus encombrées par les civils qui fuient l’avancée allemande. Le ravitaillement est irrégulier. Le 6 septembre, le recul s’interrompt et le 7e RIC se poste à Domprémy. Du 6 au 10 septembre, le régiment résiste aux assauts allemands. Le 6 septembre au soir, l’ordre du général Joffre de se faire tuer sur place plutôt que de reculer arrive.

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Dans la soirée du 10 septembre, les Allemands déclenchent un violent tir de barrage. Ils masquent ainsi leur recul. Un orage épouvantable empêche de les suivre. Ils prennent ainsi une certaine avance. Le 12 septembre à l’aube, le régiment suit le recul allemand. Dans les villages qu’ils traversent, ils trouvent les meubles sortis des maisons, les bibelots et tableaux méthodiquement emballés, attendant d’être emportés. Les routes sont jonchées de bouteilles. Le 14 septembre, le 7e RI cantonne à Malmy. Le lendemain, il prend Ville-sur-Tourbe, la dépasse, et occupe au nord une ligne sur laquelle le front se stabilisera pendant de longs mois. Les hommes s’enterrent. La guerre de position a commencé. Le 7e RIC qui tient le secteur alterne avec l 3e RIC. Il cantonne à Maffrécourt pendant ses périodes de repos. Si les tranchées sont creusées, les boyaux transversaux y conduisant ne sont pas encore en place. Aussi, les pertes sont nombreuses lorsque les hommes vont de l’avant à l’arrière. Le 20 décembre 1914, le 7e RIC est amené à faire une rectification de ligne aux dépens des Allemands au niveau du calvaire de Beauséjour et à la cote 180. Il résiste ensuite pendant 2 jours à de fortes contre-attaques. Le 1er bataillon, quant à lui, est prêté au 2e CA. Il participe aux combats d’usure en Argonne : le 11 décembre, il attaque à la Harazée. Il butte sur les épais réseaux de fil de fer allemands et les pertes sont nombreuses. Il rejoint le reste du régiment le 28 janvier 1915. L’hiver est pluvieux et froid. A Maffrécourt, on a créé des salles de réunions chauffées, assez bien éclairées, et l’on y trouve du papier à lettres. Le ciné-concert de la division vient y jouer à peu près à chaque repas. D’autres cérémonies sont plus poignantes :

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Jusqu’au 15 mai, le secteur de Ville-sur-Tourbe est à peu près tranquille en dehors de quelques escarmouches entre patrouilles ainsi que des bombardements réciproques. Mais à partir de ce moment, la guerre des mines s’intensifie. Le 15 mai à 18 h 30, 3 formidables explosions s’élèvent de l’ouvrage Pruneau, tête de pont tenue par la 5e compagnie. Deux compagnies sont presque totalement englouties. Les Allemands déclenchent immédiatement un tir roulant suivi d’une attaque d’infanterie.

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Les Français doivent reculer, pour réoccuper les mêmes tranchées de 1e ligne après de multiples contre-attaques. 81 soldats français sont morts, 165 ont disparus et 163 sont blessés. Pendant cet épisode, se déroule le fait suivant : Quatre marsouins de la 4e compagnie (Farjounel, Marcel, Perron et Daspe) réussissent à se dégager, émergeant de la glèbe, sans arme et errant à la recherche du reste de leur régiment. Le soldat Marcel se trouvait, au moment où explosèrent les mines – il faut donner cette précision – aux feuillées et n’avait naturellement ni fusil ni équipement. Renversé, à demi couvert de erre et d’ordure, il se dégagea et voulut, dit-il courir à son poste ; mais il suivit le mouvement de repli. Il ne put rallier de suite les débris de sa compagnie qui avait été presque entièrement ensevelie, et où l’on se retrouva à 27, après la contre-attaque. (cité par Henry ANDRAUD Quand on fusillait les innocents Gallimard 1935) Le capitaine Kaufmann du 7e RIC, 1e compagnie, les croise, les apostrophe et les fait emprisonner sur le champ à Maffrécourt. Traduits devant le conseil de guerre de la 3e division coloniale, le 28 mai, ils sont accusés d’« abandon de poste en présence de l’ennemi et condamnés à mort. Ils sont fusillés le 29 mai 1915, à 7h du matin, devant le régiment rassemblé, exception faite pour Daspe, gracié à la dernière minute. Ils ont été réhabilités en juin 1927 par la cour de cassation.
Le 30 mai 1915, le régiment est dirigé sur l’Oise. Le 6 juin, il est en réserve, chargé d’exploiter le succès d’une éventuelle attaque dans la région de Pierrefonds. Celle-ci ayant échoué et le 7e RIC quitte l’Oise en train le 14. Après un passage dans les environs d’Arras, il rejoint la région de Ville-sur-Tourbe et de Massiges où il commence les travaux d’aménagement du futur champ de bataille, jusqu’à l’attaque du 25 septembre 1915.
La préparation d’artillerie commence le 22 septembre. Le7e RIC tient le même secteur d’en mai dernier. A l’arrivée sur les réseaux ennemis, ceux-ci sont intacts et le cisaillement des fils de fer barbelé occasionne de nombreuses pertes. Aussi, c’est en importante infériorité numérique qu’il aborde les lignes allemandes. Certains groupes parviennent à s’y maintenir quelque temps comme à la Briqueterie sur la route de Cernay-en-Dormois, mais sont obligés de se retirer. Les contre-attaques allemandes, comme celle du 27 septembre, menacent même les lignes françaises. Le 9 octobre 1915, le régiment part se reposer pour quelques jours à Courtemont, puis revient occuper le secteur à l’ouest de l’ouvrage Pruneau jusqu’au 26 novembre, date à laquelle il est relevé pour un repos d’abord à Bussy-le-Repos, puis ) Plessis-Placy vers Meaux. Le 6 janvier 1916, le 7e RIC part par étapes pour le camp de Crèvecoeur. Pendant un mois, Instructions et manœuvres s’alternent. Le repos y est surtout moral.
Le 30 janvier 1916, le régiment est transporté dans la Frise, à Harbonnières. Il monte en ligne dans la nuit du 11 au 12 février contre le canal de la Somme. Le temps est très mauvais ; la pluie, les obus, la marche ont transformé les boyaux, les tranchées, en rigoles de boue gluante dans laquelle les hommes s’enlisent. Cette relève et surtout la suivante — lorsque le 25e vient relever le 7e après l’attaque — demande à tous des efforts violents, une abnégation absolue et un sentiment très élevé du devoir. D’aucuns mirent plusieurs heures pour, d’une tranchée, parvenir dans la suivante. D’autres, enlisés jusqu’à mi-corps, jusqu’à la poitrine, quelquefois jusqu’au cou pour les plus petits, doivent attendre plusieurs heures dans cette situation peu confortable pour qu’à l’aide de toiles de tente et de cordes, on vint les arracher à la boue. Beaucoup passaient sur le parapet pour éviter les boyaux, malgré le bombardement qui atteignait souvent une rare violence. (Historique du 7e RIC). Le régiment est chargé de reprendre le bois de la Vache (ainsi nommé car une vache, projetée par l’explosion d’un obus dans un arbre, y est restée jusqu’à décomposition complète ; le bois s’appelle en réalité bois de Bierre) perdu par le 3e CA lors d’une des manœuvres de diversion ayant précédé l’attaque allemande sur Verdun.

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vallée de la Somme avec le bois de la Vache situé en haut à gauche sur le plateau

L’attaque se produit le 13 février 1916 à 17 h 30 sur les tranchées A et de Serbie. Après une courte lutte à la grenade, l’ancienne première ligne française est réoccupée et aussitôt réorganisée. Les contre-attaques allemandes suivantes restent sans effet.

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Le 15 février 1916 au soir, le 7e RIC est relevé dans des conditions encore plus dur que la relève précédente. Elle dure trois jours et deux nuits. Stationné à Chuignolles, il y attend les retardataires que la boue et la fatigue avaient retenus en ligne. Du 22 février au 2 juin, il occupe ensuite les tranchées de Fontaine-lès-Cappy, puis les saillants de Rajan et de Filippi minés par les Allemands, en dehors d’une courte période à l’arrière. Pendant cette période, est affecté à des travaux en vue de l’offensive de la Somme. Le 20 juin, les travaux sont terminés.
Le 25, la préparation d’artillerie commence. Tout d’abord prévue pour le 29 juin, l’assaut est reporté au 1er juillet en raison du mauvais temps. Il débute à 9 h 30. A 10 heures, le premier objectif est atteint. A midi, la 2e position est aussi enlevée. Mais le 265e RI à droite, progresse difficilement et le 7e RIC doit ralentir. Il reprend son avancée à 18 h et enlève deux tranchées devant Assevillers.

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A 21 h 30, une contre-attaque allemande entraîne quelques pertes. Le lendemain, l’attaque d’Assevillers est difficile, les défenses accessoires allemandes étant intactes. Le village tombe aux mains des Français le 3 juillet dans la matinée.

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Le 7e RIC est mis au repos le 5 juillet et cantonne à Proyart. Il a perdu 632 hommes dont 104 tués et fait 1.055 prisonniers en plus du matériel pris. Pendant la nuit du 12 au 13, il monte en ligne entre Assevillers et Chuignes où une nouvelle attaque est en préparation. Après une préparation d’artillerie commencée le 15 juillet, l’assaut, d’abord prévu le 18, est retardé au 20 en raison du mauvais temps. Rapidement, le 401e RI, situé à droite est cloué sur place. Les Allemands prennent alors le 7e RIC à flanc et à revers, lui causant de lourdes pertes. Le ravitaillement devient impossible et le régiment doit se replier. Un partie du terrain conquis est conservé, mais le 2e bataillon est réduit à 190 hommes. Dans la nuit du 30 au 31 juillet, il est relevé. Il part en camions dans la région de Formerie, en Normandie, puis à Etang, dans l’Oise.
Le 25 août 1916, il part par voie ferrée en Champagne dans la région de Vadenay. Il monte en ligne aux Poteaux dans la nuit du 31 août au 1e septembre 1916. D’abord calme, le secteur devient agité, les Allemands étant nerveux d’avoir en face un régiment de marsouins. Ils tentent un coup de main de grande envergure dans la nuit du 18 au 19 septembre. Des prisonniers sont faits de part et d’autre. Le 7 octobre, le 7e RIC cantonne à nouveau à Vadenay. Fin octobre, embarqué en chemin de fer, il est débarqué dans la région de Saint-Maur, puis se met en marche fin novembre 1916 pour la région de Montdidier. Le temps est froid.
Le 6 décembre, il monte en ligne devant Marquivilliers. Cette période de tranchée est pénible car le temps est très pluvieux. Pluie, neige et accrochages pendant les patrouilles sont le lot quotidien. Le premier janvier 1917, Paul est affecté au 2e RIC de Brest. Le 6 janvier 1917, son nouveau régiment se porte sur Juvignies, puis monte en ligne le 16 janvier dans le secteur de Moulin Rouge. Il y est relevé le 8 février par le 33e RIC et cantonne à Cohons jusqu’au 8 mars 1917. En raison de l’absence de camions, un bataillon (le 3e), fait une marche de 34 km de nuit par une température de – 21°. Le contenu des bidons et le pain gèlent. Seuls une trentaine d’hommes restent en arrière. Le 9 mars, le régiment monte en ligne dans le secteur de Vassognes (région de Fismes) et y reste jusqu’au 20 mars. Le secteur est assez calme. Il passe ensuite aux creutes de l’Yser et à Paissy.

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Creute de l’Yser

Jusqu’au 15 avril 1917, les pertes sont peu élevées. A cette date, le 2e RIC part occuper les emplacements d’attaque en vue d’une offensive de grande envergure au nord de l’Aisne qui a pour but de prendre le plateau des Dames et d’atteindre la rive nord de l’Ailette. Le 16 à 6 h, l’assaut est donné. Les tranchées de Franconie, de la Courtine, de Battemberg et de Sadowa sont bientôt occupées. Le mouvement est arrêté par les mitrailleuses établies tout le long de la crête de la ferme de la Bovelle et dans la ferme, sous des blockhaus. A 7 heures, la progression est enrayée. A 17 h, le repli sur la tranchée de Battemberg s’amorce. Malgré plusieurs nouvelles attaques, les positions se stabilisent.

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Le régiment est relevé le 18 avril 1917 et retourne cantonner aux creutes de l’Yser. Il a eu des pertes sérieuses : plus de 100 morts et plus de 700 blessés ou disparus. Du 21 au 26 avril, il cantonne à Villevenard où il reçoit 7 officiers et 315 soldats en renfort. Du 25 mai au 21 août, il occupe le sous-secteur de Domjevin (secteur de Vého). La zone est moyennement active, sauf le 4 août, jour pendant lequel les Allemands effectuent un coup de main. Des petits postes sont attaqués et pris à revers. Certains peuvent se replier, d’autres voient tous leurs occupants tués, blessés ou pris. Des tranchées sont envahies, puis reconquises. Relevé le 22 août 1917, le 2e RIC se repose jusqu’au 19 septembre vers Marainviller puis Hattonville. Il gagne ensuite la Haute-Marne et est transporté par camions à Verdun. Le régiment est au complet et chaque bataillon est renforcé d’une compagnie sénégalaise.
Dans la nuit du 26 au 27 septembre, le 2e bataillon monter en première ligne dans la zone du Chaume, quartier des Deux-Bois, le 1er bataillon dans le ravin de l’Hermitage en réserve et le 3e dans celui des Quatre-Chemins. La situation était délicate, car tranchées et boyaux en première ligne étaient à peine ébauchés et continuellement démolis par le bombardement adverse. Les défenses accessoires n’existaient pas ; les quelques réseaux bruns ou ribards posés étaient immédiatement détruits par le bombardement allemand. Notre aviation était notoirement insuffisante, et les avions ennemis régnaient en maître dans les airs, explorant nos positions de l’avant et de l’arrière, descendant très près du sol et ne s’éloignant un peu que par suite du tir des mitrailleuses. Les Allemands faisaient un grand usage des obus à gaz toxiques (lacrymogènes et ypérite), nous causant ainsi des pertes assez lourdes. Le terrain est formé de vallonnements et de collines sur lesquels autrefois s’étalaient verdoyants les bois touffus du Chaume, de l’Herdebois, de la Caillette, de Bezonvaux, d’Hardaumont. Aujourd’hui c’est un paysage lunaire qui s’offre à nos yeux. Le terrain est bouleversé, ravagé, retourné par les obus. Il semble un véritable échiquier de trous d’obus ; quelques rares troncs d’arbres calcinés rappellent par ci et par là l’ancienne végétation. L’humus a disparu. Terrain de désolation. On sent la mort à chaque pas. Les milliers de morts eux-mêmes tombés là depuis février 1916 ne dorment pas en paix ; leurs tombes sont retournées par la mitraille. (Historique du 2e RIC). Le ravitaillement est pénible, les tirs d’obus toxiques quotidiens, occasionnant de nombreuses pertes, même à l’arrière. L’accumulation des gaz est telle qu’une grande partie du personnel du poste de secours, installé dans le ravin de la Vauche, est intoxiqué, nécessitant son évacuation et son repli au ravin de l’Hermitage. Le rôle du 2e RIC est de garder la position des Chaumes, récemment conquise et que les Allemands veulent absolument reprendre. Il y subit d’importants bombardements et les conditions météorologiques nécessitent l’évacuation de 51 hommes pour pieds gelés. Les bombardements et les gaz complètent le tableau des pertes considérables.
Les 4 et 5 octobre 1917, le régiment est relevé et placé en réserve aux ravins du Helly et de la Couleuvre, ainsi qu’aux abris de Fleury. Les abris y sont insuffisamment ménagés et les bombardements fréquents empêchent l’accès à l’eau (donc les soins corporels et le lavage du linge). Le 8 octobre, il remonte en ligne dans la zone Herbebois avec des effectifs réduits en raison des pertes, du renvoi des compagnies sénégalaises et des permissions. Les compagnies ne sont composées que d’une soixantaine d’hommes. Dès le 10 octobre, il y subit un tir allemand de préparation. Quinze minutes plus tard, les Allemands attaquent les tranchées de Lohengrin et du Delta.

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Position allemande à Herbebois

La 1er compagnie est anéantie avec tous ses officiers et la 2e ne survit qu’à l’état d’éléments disparates, éparpillés. Les contre-attaques ne permettent que de stopper l’ennemi, mais pas de reconquérir le terrain perdu. A partir du 11, les bombardements diminuent d’intensité. Relevé dans la nuit du 13 au 14 octobre, il arrive à Joinville-sur-Marne le 16. Les pertes ont été de 34 tués, 161 blessés et 187 disparus. Le 20 octobre, un renfort de 262 soldats arrive. Le 2 novembre 1917, il est réorganisé et par en camions pour Toryon à proximité du chemin des Dames et monte quelques jours dans le secteur de Rouvrois. Il y reste ensuite du 16 novembre au 3 janvier 1918, en dehors d’une interruption de 10 jours mi décembre. Puis du 12 janvier au 1er avril 1918, il tient le secteur de Chauvoncourt – Paroches. Il n’y a pendant cette période pas d’incident notable, en dehors d’un coup de main allemand le 11 mars ne causant qu’un décès et 7 blessés.
Jusqu’au 10 avril, le 2e RIC cantonne à Sorcy puis arrive à Bruyères dans les Vosges le 15 avril. Le 26 avril, il repart pour Beauvais en chemin de fer, puis pour Breteuil dans la Somme en camions et monte le 16 mai dans le sous-secteur Merville. Chaque jour, le régiment déplore quelques blessés et quelques tués. Le 9 juillet, il occupe le secteur de Louvrechy. Il participe à une attaque le 12 sur Mailly, puis le 23 juillet sur la cote 103 à partir du bois de la Gaune. Il est pour la première fois aidé par des chars d’assaut qui lui permet d’atteindre la tranchée de Bohême et de réduire de nombreux nids de mitrailleuses.
Le 25 juillet 1918, il prend le sous-secteur du bois de Sauviller. Le 4 août, les Allemands entament leur repli au delà de l’Avre et y brûlent les passerelles. Au cours de la nuit du 7 au 8 août, le génie jette deux passerelles sur l’Avre. Le 8 à 4 h 20 du matin, l’attaque se déclenche. Les deux passerelles ont été détruites par l’artillerie allemande mais les hommes arrivent à traverser. Le village de la Neuville, fortement tenu par les allemands est tout d’abord contourné, puis nettoyé par une compagnie sénégalaise. La progression se poursuit vers Plessier-Rozainvillers. Dans la nuit du 9 aout, le 2e RIC est relevé et se porte sur Louvrechy puis Lawarde. Il est ensuite emmené par voie ferrée dans la région de Joinville-sur-Marne le 27 août.
Le 5 septembre, il gagne les Eparges en camion. Le 12 septembre, il participe à une opération destinée à prendre les Hauts-de-Meuse. Après une préparation d’artillerie de 7 h 30, le 3e bataillon, ses trois compagnies en profondeur, se porte à l’attaque. Le réseau de fils de fer barbelé est intact et de nombreuses mitrailleuses battent le terrain. La tranchée de Jenonsevaux est néanmoins enlevée. L’après-midi, l’ouvrage de la Pieuvre et le village de Saint-Remy sont pris. La progression continue sur la côte Amaranthe, la tranchée de Breslau et le ravin de la Gentille-Femme. Le lendemain, la progression reprend. Le 13, Herbeuville est atteint et la cote 373 tenue. Les objectifs ont été réalisés.

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Le 21 septembre, le régiment relève le 5e RIC dans le sous-secteur Deramé. Après un court séjour dans le secteur de Damloup (Verdun), il se porte le 19 octobre au bois des Forges, au nord de Verdun, secteur violement bombardé par obus toxiques. Il retourne le 20 octobre aux Hauts-de-Meuse et y réalise le 2 novembre des reconnaissances offensives sur les organisations allemandes de la chapelle Saint-Pantaléon et de la ferme Magenta. Il les prends et s’y maintient. Le lendemain, il reprend l’attaque. Si le Haut-Chêne et la cote 378 sont pris, la ferme de Villeneuve et le bois Nachet résistent. Attaques et contre-attaques se succèdent sans résultat décisif. Le 7 novembre, obligés de retirer des troupes afin d’enrayer une avancée américaine sur Haraumont, les Allemands ne peuvent résister à une nouvelle attaque. La ferme Villeneuve, Sillon-Fontaine et la ferme Solférino sont pris. Pendant ces 18 jours le régiment a eu 45 morts, 137 blessés et 147 intoxiqués, pertes importantes sur un effectif déjà amoindri par les 234 évacuations pour intoxication aux gaz sur Verdun.
Ayant reçu l’ordre d’attaque le 11 novembre au matin, la préparation d’artillerie commence. Un message avise alors de la signature de l’armistice. Le 13, il part pour le camp du Moulin-Brûlé. En décembre 1918, il part à Bingen par Nancy, Boulay, Sarrelouis, Sarrebruck et Kreuznach et monte la garde au Rhin.

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Paul est démobilisé le 17 février 1919 et se retire à Montceau-les-Mines. Il voyage ensuite régulièrement, habitant Toulon en 1923, Cosne, Auxerre puis Parthenay en 1928, année pendant laquelle il rentre à Echandelys. Il meurt à Cher en 1944.

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