Jean DAVID

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CroixGuerreetoilbronze
Second enfant d’une famille de 3 garçons, il naît à Labat le lundi 21 avril 1879 à 8 h du soir de Antoine, scieur de long et propriétaire, originaire lui-même de Labat où il est né le 12 avril 1841, et de Marie Pétroline POINTUD, née le 14 mai 1852 aux Amouillaux (Saint-Eloy-la-Glacière), mais habitant aux Sagnes au moment de son mariage le 17 septembre 1871. Sept ans plus tôt, Claudius était né également à Labat. Il sera aussi soldat pendant la Grande Guerre. Enfin arrive Frédéric le 14 août 1884, mais qui va malheureusement mourir moins d’un an plus tard.
Jean est cultivateur au moment de sa visite d’incorporation. Il mesure 1 m 65 et a des cheveux bruns avec des yeux gris bleu. Son visage est ovale, avec un menton rond et une bouche qualifiée de grande. Il arrive au 105e RI de Riom le 15 novembre 1900. Il est envoyé en disponibilité le 20 septembre 1903. Il regagne alors Echandelys.
Le 2 juillet 1907, il se marie à Echandelys avec Anna Maria BARRIERE, née aux Sagnes chez son grand père maternel le 12 novembre 1882. Il fait deux périodes d’exercice en 1906 et en 1909 au 92e RI de Clermont-Ferrand.
A la mobilisation, il arrive au 99e RIT de Clermont-Ferrand le 14 août 1914 à l’âge de 35 ans. Il y rejoint de nombreux compatriotes dont Jean PONCHON, Joseph GOUNICHE, Gustave Louis BRAVARD et François DESUSCLADE entre autres. Son frère Claudius y arrivera le 15 octobre 1914. Son régiment gagne Lyon par voie ferrée le 16. Il y tient un front de 30 km jusqu’au 20 octobre 1914, avec un intermède dans le camp de la Valbonne où il fait des manœuvres et s’entraîne au tir. Le 20 octobre 1914, le régiment quitte la place de Lyon et se rend par voie ferrée à Belfort, où il arrive le 21. Il sert à verrouiller la trouée de Belfort et est mis en ligne dans la région Largitzen, Ubertrass sur la Largue, aux environs de Seppois. La guerre de positions commence pour le 99e RIT.
Le 8 novembre, une section de la 8e compagnie, appuyée par une fraction de cyclistes, un détachement de génie, exécute une reconnaissance offensive sur un poste ennemi fortement retranché à 1800 mètres au nord-est de Largitzen. A 5 h. 45 du matin, la reconnaissance arrive à 50 mètres de l’ennemi, mais ne peut pousser plus loin en raison des fortes défenses accessoires des Allemands. Accueillis par un feu violent, les soldats se maintiennent toute la journée sur la position.

Largitzen

Durant tout l’hiver 1914-1915 et pendant l’été 1915, de telles offensives se multiplient, sans résultat sur le terrain. Pendant toute l’année 1915, le 99e RIT reste dans la région de Seppois.

Seppois

Bien qu’étant un régiment territorial, le 99e combat aux tranchées comme en témoigne l’Historique du régiment : Au cours de l’année 1915 et de l’hiver 1915-1916, les territoriaux du 99e subissent un bombardement continuel d’obus, de torpilles, bombardement souvent intense et suivi d’attaques partielles toujours repoussées ; les pépères subissent bravement le choc, tuent beaucoup d’assaillants et font des prisonniers. Pendant des mois et des mois, ils se donnent entièrement à leur tâche, avec un inlassable dévouement; et, malgré les pertes sensibles qu’ils subissent journellement, nos vétérans attendent patiemment la victoire finale qui les rendra à leurs foyers, à leurs femmes et à leurs enfants, avec la fière conviction qu’ils auront bien contribué par leurs efforts continus à chasser l’ennemi du pays. (Historique du 99e Régiment d’Infanterie Territoriale pendant la Guerre. Tours. Maison Alfred MAME et Fils, imprimeurs).
Pendant cette année il a pris pied dans les bois d’Hirtzbach et, comme en témoigne la carte ci-dessous, a repris des activités familières à nombre de ses soldats.

bois d'Hirzbach

Il participe également à diverses progressions vers Bisel et réalise une organisation défensive contre laquelle l’ennemi est venu plusieurs fois se heurter en vain.

Bisel

CarteSeppois

Puis, le régiment part quelques kilomètres au sud et début de février 1916, alors les Allemands bombardent violemment tous les villages de la vallée de la Largue. Le 8, à 22 heures, les bataillons du 99e territorial stationnés à Rechisy (3e bataillon ) et Florimont-Couralles (4e bataillon) reçoivent mission permanente d’assurer la surveillance et de tenir la première ligne de résistance, face à la Suisse, sur la partie de frontière comprise entre la borne des 3 puissances (borne n° 4056 de la carte d’état – major allemande au 1/20000) et la route de Courcelles-Montignez.

Borne 3 puissances

Le 16 février, le régiment est relevé et après un séjour de quelques jours à Giromagny, gagne Montbéliard, puis la région Blamont- Meslières, où il arrive le 29 février. Sa mission est alors d’interdire à l’ennemi, sur le front Delle-Saint-Hippolyte, les incursions de ses éléments légers par la Suisse, et de tenir sur les positions organisées pour permettre l’arrivée des renforts.
Du 10 au 13 mars, le régiment fait mouvement vers le nord et vient occuper, à partir du 17 mars, 30 kilomètres plus loin, les deux centres de résistance de Michelbach sud et Michelbach nord, où les cantonnements sont, comme ceux précédemment occupés dans la vallée de la Largue, soumis à des bombardements journaliers, au cours desquels le 99e éprouve des pertes sensibles. Le régiment reste dans la région de Thann jusqu’au début de l’année 1917.
Malheureusement, Jean change d’affectation et passe au 321e RI de Montluçon le 1er juillet 1916. Renforcé à l’Entre-Largue, de dernier monte en première ligne à Largitzen où il occupe en particulier les tranchées de Lüffendorf et des Cinq-Etangs. Le secteur est calme même si les coups de main se succèdent. Il est relevé le 11 septembre et est porté à Lévoncourt. Deux mois et demi après son départ, il remonte à Verdun. Il est en secteur autour de Fleury (tranchée Pauly, tranchée Vidal, ouvrage de Munich et tranchée de Bavière) à partir du 20 septembre où les attaques à la grenade et l’artillerie causent de nombreuses pertes (200 soldats en 10 jours sont mis hors de combat).

fleury.jpg

verdunfin1916.jpg

Le 3 octobre, au repos à Erize-Saint-Dizier et Géry, il se prépare à l’offensive que le général Nivelle prévoit à la fois sur le terrain par des répétitions générales des différentes phases de l’offensive ainsi que par des études sur plans à grande échelle. Les 21 et 22 octobre 1916, le régiment est embarqué pour relever dans la nuit suivante les unités qui avaient matériellement préparées l’attaque. Il se retrouve exactement dans le même secteur que quelques semaines plus tôt. L’attaque débute sous un brouillard protecteur. Le premier objectif (dépôt 2405 et croupe du bois de la Caillette) est rapidement conquis. Le deuxième objectif, la Tourelle de Douaumont, est plus difficile à atteindre compte-tenu des bouleversements du terrain, mais est toutefois enlevé à 15 h 30. Douaumont était pris.

douaumont.jpg

La tâche d’organisation du terrain conquis est rude et sanglante, sous un violent bombardement de gros calibre. De plus, la boue ne rend utilisable que la baïonnette et la grenade. Dans certains secteurs, les pertes sont de 2/3 des effectifs. Le ravitaillement n’arrive qu’au compte-gouttes. Le régiment est relevé dans la nuit du 28 au 29 octobre. Il retourne à Ancerville, s’entraîne au camp de la Houpette après avoir reçu un gros renfort. Une incertitude plane alors sur l’affectation réelle de Jean. En effet, son registre matricule signale qu’il a été blessé le 5 mai 1916 au flanc droit par éclat d’obus à Bouffignereux (localité non couverte par le 99e RIT) et qu’il a fait l’objet d’une citation à l’ordre du régiment n° 164 le 5 novembre 1916 : excellent soldat blessé en se portant bravement à l’assaut des positions ennemies le 5 novembre 1916. Or à cette période, le 321e RI est au repos. Aucun de ces deux faits ne peuvent être reliés à ce que nous savons de son parcours militaire.
Dans la nuit du 13 au 14 décembre 1916, le 321e RI remonte en ligne au ravin de la Faune Côte, appuyé sur la route qui mène du fort de Douaumont à l’ouvrage d’Hardaumont en vue d’une attaque visant à consolider les acquis de l’offensive antérieure. La préparation d’artillerie entraîne une importante réaction de l’artillerie allemande qui cause de nombreuses pertes sur les bases de départ, en particulier au 5e bataillon. L’heure de l’attaque est alors avancée. Les pentes de la Carrière sont rapidement enlevées, mais l’ouvrage de Bezonvaux est plus difficile à gagner. C’est chose faite la nuit, après avoir enlevé la tranchée des Deux-Ponts.

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be'zonvaux.jpg

Après avoir achevé le nettoyage des tranchées conquises, le régiment est relevé dans la nuit du 16 au 17 décembre 1916. Les pertes sont une nouvelle fois importantes : 200 morts, 446 blessés. Il part au repos à Ancerville et remonte le 12 janvier dans la partie ouest de son dernier secteur d’attaque, à Hassoule. Les conditions, jusqu’à la relève sont dures. Outre les minenwerfer, l’artillerie et les combats à la grenade, le froid et l’épaisse couche de neige font des ravages sur les pieds de Poilus. C’est avec soulagement qu’il quitte Verdun le 9 février 1917. A Jussécourt, il incorpore un renfort de la classe 1917 puis débarque à Mourmelon. Il s’y prépare à la grande offensive de Nivelle sur le chemin des Dames où le 321e RI a Laon comme objectif. Du 21 mars au 14 avril il gagne par étapes Viel-Arcy en passant par Athis, Saulchery, la Ferté-sous-Jouarre, Oulchy-la-Ville, Tannières et Mont-Notre-Dame. Le 16 avril, il est en place dans les abris de Madagascar. Il est placé immédiatement derrière les troupes d’assaut et avance, du bas-fond situé à l’ouest de Vendresse-Troyon, sur les pentes sud de Beaulne-Chivy., où il est attaqué de flancs par des mitrailleuses qui ont échappé au nettoyage. Durant 5 jours, les 5e et 6e bataillons restent accrochés à la tranchée Fuleta sous un bombardement qui s’intensifie de jour en jour.

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Le 21 avril 1917, le régiment relève alors des troupes du 20e CA entre l’arbre de Ceny et le ravin de Paradis. Les bombardements allemands sont là encore violents. Ils tentent de plus de nombreuses actions. Le 5 mai, une attaque française est décidée sur Courtecon. Les hommes se postent face à la tranchée du Pirate. Le 5 mai 1917, à 9 heures, les premières vagues d’assaut partent. La préparation d’artillerie ayant été inefficace, l’assaut se brise sur un réseau insuffisamment détruit. Sur le front du seul 5e bataillon, 10 mitrailleuses allemandes se dévoilent. Le soir, une violente contre-attaque allemande est repoussée.

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Jean y disparaît le 5 mai 1917. Sa famille n’en est informée que le 4 septembre. La date de son décès est fixées par décision du tribunal au 6 mai 1917. Il avait 38 ans.

Cerny

Il est enterré au cimetière d’Echandelys.

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Sa femme lui survivra jusqu’en 1957, année lors de laquelle est décède à Cunlhat.

Une réflexion au sujet de « Jean DAVID »

    Claudius DAVID « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    17 novembre 2018 à 16 h 36 min

    […] mais habitant aux Sagnes au moment de son mariage le 17 septembre 1871. Sept ans plus tard Jean voit le jour à Labat le 21 avril 1879. Egalement soldat pendant la Grande Guerre, il va y mourir […]

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