Jean Baptiste MENU(T)

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Il naît à la Bournerie (Condat-lès-Montboissier) le mardi 25 juin 1878 à 6 heures du matin d’Annet (né à la Faye d’Echandelys le 10 avril 1852) et de Marie MAISONNEUVE de Cunlhat (où elle serait née vers 1857). Ses parents se sont mariés à Cunlhat le 28 octobre 1876 et Jean Baptiste est leur premier enfant. Métayers à la Bournerie, ils donnent ensuite naissance à Joséphine Antoinette le 2 janvier 1880, puis à François Marie le 9 janvier 1882 (qui va mourir le 14 mai 1894), à Jeanne Joséphine le 17 septembre 1884, à Marie Julie le 25 février 1886 et enfin à un dernier garçon qui sera aussi soldat pendant la Première Guerre Mondiale, Baptiste Marius le 25 octobre 1889 (il se mariera le 5 août 1919 avec Marie Adèle VERDIER, sœur de Jean et Baptiste, tous deux anciens Poilus). Le 18 juillet 1890, alors que Jean Baptiste a 12 ans, leur père meurt. La famille quitte alors la Bournerie et part s’installer à la Faye à Echandelys.
Lors de sa visite d’incorporation, Jean Baptiste possède des cheveux et des yeux bruns, avec un front ordinaire, un visage ovale, un menton rond et une bouche moyenne. Il est agriculteur. Nous ne connaissons pas sa taille, mais il est ajourné en 1899 et 1900 pour défaut de taille. En 1901, il est versé dans les services auxiliaires pour la même raison.
Il se marie le 30 mars 1901 à Echandelys avec Jeanne Marie CHASSAGNE, de la Faye (elle y est née le 4 janvier 1879). Le couple y donne naissance à Lucie Pierrette le 14 octobre 1901, puis à Marie Julie le 21 novembre 1905. Jean Baptiste exerce alors les métiers de marchand mercier en 1901, laitier pour Lavigne et Chomette en 1906, puis maçon ultérieurement.
Le 9 novembre 1914, le conseil de révision de Clermont-Ferrand le déclare apte au service armé. Il est incorporé au 99e RIT de Clermont-Ferrand le 9 février 1915. Il a alors 36 ans. En raison d’une période obligatoire de classes, il n’a certainement pas dû monter en ligne avant juin ou juillet 1915. Pendant toute l’année 1915, le 99e RIT reste dans la région de Seppois.

Seppois

Bien qu’étant un régiment territorial, le 99e combat aux tranchées comme en témoigne l’Historique du régiment : Au cours de l’année 1915 et de l’hiver 1915-1916, les territoriaux du 99e subissent un bombardement continuel d’obus, de torpilles, bombardement souvent intense et suivi d’attaques partielles toujours repoussées ; les pépères subissent bravement le choc, tuent beaucoup d’assaillants et font des prisonniers. Pendant des mois et des mois, ils se donnent entièrement à leur tâche, avec un inlassable dévouement; et, malgré les pertes sensibles qu’ils subissent journellement, nos vétérans attendent patiemment la victoire finale qui les rendra à leurs foyers, à leurs femmes et à leurs enfants, avec la fière conviction qu’ils auront bien contribué par leurs efforts continus à chasser l’ennemi du pays. (Historique du 99e Régiment d’Infanterie Territoriale pendant la Guerre. Tours. Maison Alfred MAME et Fils, imprimeurs).
Pendant cette année il a pris pied dans les bois d’Hirtzbach et, comme en témoigne la carte ci-dessous, a repris des activités familières à nombre de ses soldats.

bois d'Hirzbach

Il participe également à diverses progressions vers Bisel et réalise une organisation défensive contre laquelle l’ennemi est venu plusieurs fois se heurter en vain.

Bisel

CarteSeppois

Puis, le régiment part quelques kilomètres au sud et début de février 1916, alors les Allemands bombardent violemment tous les villages de la vallée de la Largue, le 8, à 22 heures, les bataillons stationnés à Rechisy (3e bataillon ) et Florimont-Couralles (4e bataillon) reçoivent comme mission permanente d’assurer la surveillance et de tenir la première ligne de résistance, face à la Suisse.
Mais Jean Baptiste n’en fait plus partie car le 11 février 1916, il passe au 1er groupe d’aérostation de Versailles. La mission de ce type d’unité est l’observation à l’aide de ballons captifs. Nous ne connaissons pas le rôle qu’a eu Jean Baptiste dans cette unité. De même, ne connaissant pas la compagnie dans laquelle il était affecté, nous ne pouvons suivre ses déplacements. Il a toutefois certainement été employé lors de la bataille de la Somme. Chaque division engagée est équipée d’un ballon, avec un ou deux ballons supplémentaires pour l’artillerie lourde du corps d’armée. Au moment des attaques, chaque ballon divisionnaire devient ballon de commandement et les ballons d’A. L. assurent le service de contre-batterie. Dans ces zones de plaines, les ballons travaillent de manière très efficace, tant lors des réglages d’artillerie et participant sans cesse aux tirs de contre-batterie. Malgré la prédominance des missions d’artillerie, les missions de liaison et de surveillance générale sont aussi efficacement remplies. Les ballons transmettent de nombreux renseignements sur le jalonnement de notre 1er ligne, la physionomie générale du champ de bataille, la circulation des trains, des convois, le repérage des drachens ennemis au campement. C’est ainsi que le 19 septembre 1916, le ballon 39 (commandant de compagnie, lieutenant Combrond, observateur, sous-lieutenant Arondel) signale le passage de 35 trains sur les voies ferrées au nord de Péronne, renseignement qui permet de prévoir l’attaque que les Allemands vont diriger le lendemain sur Bouchavesnes et qui sera leur plus grosse réaction pendant toute la bataille de la Somme. L’observation permet également de suivre les mouvements de l’infanterie ennemie et de transmettre à terre la position exacte et la quantité de troupes engagées. Lors des grandes opérations, la concentration des ballons est telle qu’il y en a 1 tous les 700 à 800 mètres de front. Les ballons sont souvent très avancés et s’ils ont peu à souffrir des avions ennemis, leur artillerie fait des ravages.

Ballon.jpg

En mars 1917, les aérostiers sont aussi mis à contribution pour suivre le repli allemand. Lors de l’offensive du Chemin des Dames, les ballons sont mis en place au dernier moment afin de ne pas alerter les Allemands. Encore une fois, les renseignements qu’ils délivrent, malgré des conditions atmosphériques difficiles, sont importantes. Le 14 avril, deux ballons du secteur d’Hourges ont été complètement déchirés par le vent. L’aviation allemande devient aussi plus agressive.
Le 28 août 1917, Jean Baptiste décède subitement au cantonnement de sa compagnie à Griscourt (Meurthe et Moselle). Il avait 39 ans. Sa mère meurt quelques mois plus tard, avant la fin de la guerre, le 31 janvier 1918 à la Faye. Sa femme décédera à Cunlhat en 1974.

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