Antoine Marcel VERDIER

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C’est un soldat qui n’a pas habité la commune d’Echandelys, ou seulement lors d’un laps de temps très court. Sa présence n’est attestée que par des délibérations du conseil municipal de la commune correspondant à des demandes d’aide de la part de sa femme et de sa mère. Aussi son parcours est difficile à établir.

Il naît au Crest le 28 novembre 1892 à 8 h 30 du matin d’Antoine, cultivateur âgé de 35 ans et de Marie Virginie MARTIN née au Mauchet (commune de Charensat) le 20 octobre 1872. Nous ne connaissons pas d’autre enfant au couple et lors de la Première Guerre Mondiale, l’épouse d’Antoine Marcel se réfugie à Echandelys (au Mas plus exactement) auprès de sa belle-mère qui est alors dite Marie MARTIN, épouse DUMAS. Il est donc vraisemblable qu’elle était soit devenue veuve d’Antoine VERDIER, soit en avait divorcé.

Antoine Marcel est cultivateur et habite à Chamalières lorsqu’il s’engage volontairement en mairie de Clermont-Ferrand le 10 mars 1913. Subodore-t-il la survenue d’une prochaine guerre, cet engagement lui permettant alors de choisir son arme et son régiment ? Il mesure alors 1 m 47 et possède des cheveux châtain foncé. Ses yeux orange verdâtre agrémentent un visage long, avec un front moyen et un nez rectiligne. Il est incorporé au 36e RAC de Clermont-Ferrand le jour même. Pour une raison inconnue, il est hospitalisé à Clermont-Ferrand du 22 mars au 20 avril 1913. Il est donc encore sous les drapeaux lors de la déclaration de la guerre. Son régiment vient juste de quitter Clermont-Ferrand pour Moulins il y a quelques mois. Il exécute des manœuvres au camp de la Courtine et est ramené à Moulins par voie ferrée le 31 juillet 1914. Embarqué les 5 et 6 août, il débarque à Girancourt et se concentre dans la région de Ville-sur-IlIon. Il est formé de 3 groupes. Il est engagé en Lorraine dès le 13 août. De Rambervillers, il traverse Baccarat, puis se positionne devant Montigny et Ancervillers sur la Blette, affluent de la Vesouze. Le 14 août, il contrebat le feu de l’artillerie de campagne allemande et reçoit le baptême du feu de l’artillerie lourde ennemie sans éprouver de pertes sensibles. Les Allemands se retirent sur la Sarre en incendiant les villages. L’aspect de la région est sinistre. Le 15 au soir, après la prise d’Harbouey et de Cirey, le 36e RAC, sous une pluie torrentielle et par des routes encombrées, vient bivouaquer devant Cirey et Haute-Seille. Le 16, le il prend position au N.-E. de Bertrambois, enfilant la vallée de la Sarre blanche, et bivouaque sur place au delà de la frontière. Le poteau-frontière a été emporté sur un caisson.

Bertrambois

La poursuite continue. Le 17, le 36e RAC prend position successivement au nord de Lorquin, puis au nord de Nitting. Le 20 août, après une nuit au bivouac dans la région Nitting-Hermelingen, notre progression est enrayée et la retraite va s’imposer. Le 1er groupe est en batterie sur les hauteurs de Schneckenbusch. Forcé de se replier par la violence du feu ennemi, ce groupe se déploie à nouveau au sud du canal de la Marne au Rhin. Mais il est encore obligé de quitter cette position et traverse Hesse sous les obus. Tout le Régiment se trouve alors déployé aux alentours de Hesse dont le clocher sert d’observatoire. Il est atteint par l’artillerie ennemie, installée au sud de BuhI, alors qu’une bonne partie des maisons du village sont détruites.

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Le ravitaillement en munitions des batteries s’effectue par une route que balayent les obus; les pertes sont sérieuses. A 18 heures, le 1er groupe reçoit l’ordre de se porter sur les positions qu’il avait occupées un moment au nord de Hesse, le matin. La batterie de tête du groupe parvient sur l’éperon de la côte 330 où elle ne peut mettre qu’une section en batterie, en raison de pertes importantes. Cette section réussit à ouvrir le feu, mais elle ne peut se maintenir sur son emplacement et parvient à grand-peine à enlever ses canons.

Le 21 août, la retraite est devenue inévitable en raison de la situation générale et du redoublement de violence des attaques ennemie. Le 36e RAC reçoit l’ordre de se retirer par échelons. A Nitting, il couvre la retraite de toute la Division, ne passant la Sarre Rouge qu’en dernier, au milieu du village en flammes. A Fraquelfing, il résiste encore sous un feu convergent de tous calibres et permet le repli de l’infanterie. II ne se retire qu’au moment où il va être encerclé par l’ennemi. Le 23, il bivouaque à Rambervillers. Le 24, il est positionné face au nord. Le 1er groupe, à l’ouest de la Mortagne, va occuper les lisières nord du bois de Fays alors que les 2e et 3e groupes, à l’est de la rivière, se placent respectivement à la Grande-Pucelle et au Bois Menu, au nord de Roville-aux-Chênes. Le 25, après une nuit passée en position, la Division attaque. Le 2e Groupe traverse Xaffevilliers à la suite de l’infanterie et atteint même le bois de la Horne. Mais il reçoit l’ordre de regagner ses positions de la veille, les Allemands ayant en effet contre-attaqué, leur artillerie lourde, tirant de Bazien et de Domptail, écrase les batteries de la Grande Pucelle et du Bois Menu. La situation est critique, Le Colonel Thionville, commandant du 36e RAC est blessé grièvement sur la position, aux côtés du Général de Division. L’infanterie ennemie se rapproche et subit le feu violent de des batteries qui contre-battent également l’artillerie adverse. Le 36e RAC aide le 53e RA à reconquérir une partie de son matériel qu’il avait dû abandonner. Le 26, une contre-attaque française se solde par un échec avec la prise par les Allemands de Saint-Maurice. Le régiment se positionne sur la rive gauche de la Mortagne et y organise le terrain. Il y reste jusqu’au 4 septembre 1914, malgré d’intenses bombardements allemands. Après quelques tentatives d’avancée, toutes repoussées par les Allemands, la Division est relevée dans la nuit du 9 au 10 septembre. Elle s’embarque le 11 à Dorneuille et débarque le 13 à Montataire où elle passe sous les ordres de la Il Armée (Général de Castelnau).

Après deux jours de marche forcée, le 36e RAC reprend contact avec l’ennemi le 16 septembre dans la région de Ribécourt, dans l’Oise. Il est aussitôt engagé dans de durs combats. L’artillerie est soumise à de nombreux déplacements.Le 17 septembre, toutes les réserves sont employées. Il ne reste plus aucun élément disponible pour faire face à deux compagnies de mitrailleuses allemandes qui tirent dans le dos de l’infanterie. Le village de Béthancourt, où le 2e groupe est en batterie, va être pris. Le moment est critique, mais l’assaut allemand est enrayé par la batterie Genevois, du 2e groupe, qui ayant passé l’Oise au pont de Béthancourt, se met aussitôt en batterie., permettant à la batterie Leclerc (l’autre batterie du 2e groupe) de récupérer son matériel momentanément abandonné. Le 23 septembre 1914, les 2e et 3e groupes se rapprochent de Lassigny, tandis que le 1er groupe reste pour appuyer l’attaque de la Division marocaine sur Bailly.

Le 2 octobre, les Allemands sont replié sur les positions au sud de Noyon et le front parait stabilisé dans la vallée de l’Oise. Tout le régiment se porte au nord de Lassigny, dans la région de Crapeaumesnil-Beuvraignes. Il appuie le 98e RI au bois des Loges, attaqué par des régiments poméraniens qui sont décimés par le tir des batteries du 36e RAC les 3 et 4 octobre 1914 (le drapeau du 49e Poméranien sera retrouvé quelques jours plus tard sous un monceau de cadavres et déposé aux Invalides). Les Allemands reprennent Beuvraignes le 6 octobre et attaquent à nouveau le bois des Loges le 7. La batterie Faure, portée à la corne sud-ouest du bois, prend d’enfilade le village des Loges et la rue de l’Abbaye. L’attaque échoue sous son feu avec des pertes terribles. Plus de 600 Allemands sont obligés de se rendre.

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Puis le front se stabilise et avec l’apparition des premiers froids, le secteur commence à s’organiser. Les liaisons téléphoniques avec l’infanterie sont établies, des abris sont creusés sur les positions. Les premiers réglages avec observateur en avion sont effectués. L’année 1914 s’achève dans un calme relatif avec le 1er groupe situé aux alentours de la gare de Roye-sur-Matz, le 3e groupe au bois des Usages (au sud-ouest du bois des Loges) et le 2e groupe à la gauche du 3e groupe. En 1915, la période de stabilisation continue dans la région. Les échelons et avant-trains sont reportés plus en arrière, les batteries de tir améliorent leur installation. L’instruction est développée, les liaisons se perfectionnent et les observatoires se multiplient. L’artillerie de tranchée fait son apparition chez les Allemands. Après un séjour d’un an dans la région de Conchy-Ies-Pots, le régiment est relevé. Il est envoyé le 30 septembre au repos à Rémy et ses environs. Ce repos est brusquement interrompu par une alerte. Le secteur de Chaulnes, tenu par des régiments territoriaux, parait menacé. Le Régiment reçoit l’ordre de renforcer l’artillerie de ce secteur et fait 75 km. en 23 heures. Il prend position le 16. La réorganisation et l’amélioration des emplacements de batterie s’imposent et sont réalisées en moins de 4 semaines, grâce à un labeur acharné. L’ennemi n’ayant pas attaqué, le 36e RAC est ramené dans la région Roye-Lassigny. Il déplace fréquemment ses batteries pour effectuer des tirs de concentration de nuit, et réorganiser ses emplacements en utilisant toutes les ressources du camouflage dont les premières équipes font leur apparition. Le régiment reste dans la région de Roye-Lassigny jusqu’au 18 février 1916. Il quitte alors la VIe Armée avec tout le 13e C A.

Le 21 février, débute l’attaque allemande sur Verdun. Le 22, le régiment, envoyé au repos, s’embarque à Villers-Cotterets et débarque le 25 à Revigny, par un froid intense. De là, il est acheminé par bonds successifs à proximité de la zone de bataille puis stationne jusqu’au 8 mars 1916 dans la région de Fleury-sur-Aire, Rambercourt-aux-Pots et Somaisne. Le lendemain, il prend position au bois Bourru. Pendant la journée du 11, l’artillerie maintient son feu sans arrêt (le 3e groupe en particulier tire pendant 36 heures sous un violent bombardement d’obus de 210). Le 14, une attaque, dont la soudaineté a surpris l’infanterie, déferle menaçante sur les pentes du Mort-Homme. Un tir de barrage déclenché sur les renseignements des observateurs de tranchée, arrête les Allemands qui sont refoulés dans leurs tranchées de départ. Le 16 mars, une nouvelle attaque allemande sur le Mort-Homme échoue comme la précédente sous le feu de des batteries, .appuyant une infanterie française très épuisée et clairsemée, à la limite de la rupture. D’autres tentatives analogues échouent les jours suivants en raison de la vigilance de l’artillerie, que les signaux de l’infanterie alertent à toute heure du jour et de la nuit. Elles se poursuivent jusqu’au 31 mars, lorsque, après trois semaines de fatigues et d’efforts incessants, le 3e groupe brise net une attaque allemande débouchant du Mort-Homme. Il est pris violemment à partie par la contre-batterie ennemie.

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Le 1er avril 1916, le 36e RAC est relevé et quitte la IIe Armée. Il s’embarque à Blesmes le 6 avril, débarque à Nanteuil-le-Haudoin et prend 15 jours de repos dans la région à l’est de Senlis. Le 25 avril, il est envoyé en secteur sur le plateau de Nouvron, dans l’Aisne, où il reste jusqu’au 27 septembre (IIIe Armée du Général Humbert). Cette période relativement calme est marquée par une lutte incessante contre les minenwerfer, par des actions d’artillerie destinées à masquer des offensives engagées sur d’autres points du front, et par plusieurs coups de main. Les batteries sont soumises à de fréquentes concentrations de feux de l’artillerie ennemie. Antoine Marcel ne participe que peu à ces opérations.

Pour une raison inconnue, il est évacué le 28 juin 1916 et ne rentre au dépôt de son régiment que le 11 septembre 1916. Il reste alors à l’intérieur, et passe lors d’une réorganisation générale de l’artillerie au 55e RAC basé à Orange le 10 janvier 1917. Il remonte au front dès le 11 en tant que 2e canonnier conducteur. Il se marie toutefois le 13 janvier 1917 avec Antoinette Clémence Henriette DUPOIX, vraisemblablement par procuration.

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Il retrouve son nouveau régiment dans le secteur de Nieuport, à l’embouchure de l’Yser. L’hiver est est particulièrement rigoureux et les températures descendent parfois à – 17°. Les canonniers occupés à creuser les boyaux sont surpris de trouver le sable gelé sur plus d’un mètre de profondeur. La neige persiste épaisse de longues journées, ne fondant que lentement. Les jours de brouillard forcent les artilleries à rester muettes. Les tempêtes soulèvent le sable qui pénètre partout, des cuisines aux âmes des canons. Elles rendent parfois la circulation impossible malgré le port de lunettes. Les luttes contre les engins de tranchée alternent avec les tirs de destruction plus lointains.

Le 21 avril 1917, Antoine Marcel passe au 27e RAC de Saint-Omer. Il arrive alors au bois de Beaumarais, vers Concevreux, dans l’Aisne où les batteries de son nouveau régiment sont depuis le 28 mars et pendant un mois sous les tirs précis de l’artillerie allemande qui connaissait toutes leurs positions, les obus toxiques occasionnant de lourdes pertes. Le 13 mai 1917, le 27e RAC est relevé et par au repos au camp de Mailly où il parfait sa technique jusqu’au 14 juin. Antoine Marcel part certainement en permission en juin pour la naissance de fille Fernande Antoinette le 2 juin 1917 au Mas. Son régiment part ensuite vers la région de Provins et s’embarque le 8 juillet pour Dunkerque afin de participer à l’attaque franco-britannique des Flandres. L’Yser est rapidement atteinte par l’infanterie, mais difficilement franchie par l’artillerie. Les ravitaillements sont difficiles à assurer, à travers une mer de boue, sur des pistes de rondins. Après un repos de 11 jours dans la région de Calais, le 27e RAC est rappelé d’urgence dans le même secteur. Il participe aux attaques de Mangelaere et de la forêt d’Houthulst, ainsi qu’à la prise de Papegoed.

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Il est relevé le 6 décembre 1917 par la 1ere division britannique. Par une série d’étapes longues et pénibles, en raison de la neige et du froid, le 27e RAC arrive au repos dans la région de Senlis, le 28 décembre 1917. Il y reste jusqu’au 17 janvier 1918, date à laquelle il gagne la région de La Ferté-Milon. Des reconnaissances et travailleurs sont envoyés au nord de Soissons où, du 20 janvier au 8 février, des positions d’artillerie de 2e ligne sont construites. Le 12 février 1918 les détachements de travailleurs rejoignent le régiment qui fait étape vers Braisne pour occuper les positions sur la rive gauche de l’Aisne, alors que les offensives allemandes du printemps sont attendues. Le 2 mars, les batteries prennent position d’urgence, par la neige, sur les bords de l’a rivière (secteur de Courcelles, Serval, Vieil-Arcy et Villers-en-Prayères). Le régiment relève le 22 mars le 263e RAC dans le secteur du bois des Buttes, secteur qu’il quittera le 30 mars. Mais le 22 mars 1918, Antoine Marcel pour une raison inconnue passe à l’intérieur. Il ne reverra plus le front car il est réformé temporairement le 18 octobre 1918 par la commission de réforme de Périgueux pour « débilité pulmonaire très marquée des deux sommets et état général médiocre (long séjour au front) ». Les commissions de réforme successives de Clermont-Ferrand confirment sa réforme temporaire en 1919, 1920, 1921. Il est proposé en 1922 pour une pension permanente avec invalidité de 15%. Il est réformé définitivement avec pension temporaire de 100% et définitive de 15% pour tuberculose pulmonaire à forme scléro-bronchique et bacilles et permanence dans les crachats.

Il habite en 1923 à Pont-du-Château, rue Porte Maigne puis déménage en 1925 à Chanturgue, 21 allée des Côtes.

En 1927 (le 17 mars), sa fille Fernande Antoinette est adoptée par la Nation.

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