Baptiste VERDIER

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MedailleVictoire+grandeGuerre

Troisième enfant d’une famille de 5, il naît à Labat le mercredi 27 octobre 1897 à 10 heures du soir. Son père, Pierre Marius, est tailleur de pierre, originaire de Saint-Chamond dans la Loire où il est né le 9 mars 1860. Sa mère Jeanne Marguerite GRANET quant à elle, est née à Labat de Laurent et Anne MENUT le 3 décembre 1866. Son frère aîné Jean a vu le jour à Labat le 19 avril 1893 (également soldat pendant la Première Guerre Mondiale, il sera prisonnier pendant presque tout le conflit). Deux ans plus tard, arrive Marie Adèle, le 22 avril 1895 (qui se mariera après la Première Guerre Mondiale avec un ancien Poilu d’Echandelys, Baptiste Marius MENUT, vraisemblablement apparenté à sa grand-mère maternelle et décédera à Echandelys en 1955). Viennent enfin après Baptiste, Baptiste Marius le 22 juin 1898 dont nous perdons toute trace ensuite, et enfin Jean Marie Marcel le 24 février 1907.

Baptiste mesure 1 m 55 lors de sa visite d’incorporation fin 1915. Il exerce le métier de chef de chantier. Ses cheveux sont blonds, avec des yeux gris. Son visage est ovale, sans signe particulier. Il rejoint le 4e Régiment d’Infanterie Coloniale le 8 janvier 1916 à Toulon. Il bénéficie d’une période d’instruction qui se termine le 8 septembre 1916, date à laquelle il rejoint le front. Il arrive dans un régiment aux abois. Le 10 août précédent, un ordre d’attaque visant à enlever la partie est de Biaches et le bois Blaise (dans la Somme) se solde par la désertion temporaire d’une centaine d’hommes qui rentrent toutefois juste à temps. L’attaque se solde par 72 tués, 241 blessés et 17 disparus, sans aucun gain territorial. Mais le mal est fait et le régiment est retiré du front et se réorganise dans la région de Clermont, renforcé par des recrues venues du dépôt, comme Baptiste. Il est destiné à partir pour l’armée d’Orient. Le 5 novembre 1916, il passe au camp de la Valbonne pour récupérer le complément de matériel nécessaire pour la campagne d’Orient.

Baptiste est alors affecté le 9 novembre 1916 au régiment d’infanterie coloniale du Maroc, composé, quoique son nom puisse évoquer, uniquement de soldats métropolitains. Il va donc rester en France. Son nouveau régiment vient d’enlever fin octobre le fort de Douaumont. En décembre, il est chargé de parfaire le travail en attaquant le ravin d’Heurias, adossé à la côte du Poivre et en prenant le village de Louvemont le 15 décembre. Les objectifs sont atteints au prix de la perte de 765 hommes (blessés ou prisonniers).

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Le village est conquis au bout d’une heure de lutte (le 15 décembre à 11 heures), et le RICM fait 815 prisonniers valides, prend ou détruit 23 mitrailleuses et 26 canons. Il reçoit dans son ensemble la médaille militaire.

Le 16 janvier 1917, il quitte Verdun afin de préparer l’offensive du chemin des Dames. Le 15 avril 1917, il passe les ponts de l’Aisne et occupe le secteur d’Ailles. Bien que destiné à exploiter l’offensive après avoir que d’autres unités aient enfoncé les lignes allemandes, le régiment combat quotidiennement pendant 3 mois à la grenade sur la crête séparant l’Ailette de l’Aisne. Les Allemands ne peuvent entamer les tranchées du plateau d’Ailles.

Ailles

Le 6 mai 1917, il est chargé d’enlever l’éperon du Monument qui menace les anciennes tranchées prises aux Allemands à Hurtebise. Après une marche d’approche de plusieurs heures en plein jour, le 1er bataillon arrive à 17 h dans le parallèle de départ lorsqu’un dépôt de grenades incendiaires et offensives explose, faisant 30 victimes. Le terrain est malgré tout conquis et les marsouins s’y maintiendront malgré les contre-attaques et les bombardements pendant 3 jours, luttant à 1 contre 4. Le mois suivant, le RCIM est chargé par une contre-attaque à l’Est de Cerny, de reprendre le terrain que les Allemands avaient progressivement grignoté lors d’attaques méthodiques de leurs Stosstruppen. 994 hommes du régiment ont été tués ou blessés au cours de cette période.

En octobre 1917, le RCIM est à nouveau sollicité pour une entreprise périlleuse. Il doit enlever les positions qui protègent le fort de la Malmaison, tenu par les Allemands et menaçant Soissons. L’attaque est fixée le 23 octobre. Dès sa mise en place dans les tranchées de départ, il subit des pertes sévères sous un bombardement d’anéantissement allemand, l’ennemi étant informé de l’imminence du combat. L’objectif est de réduire les carrières de Bohéry, d’enlever le plateau de la Malmaison à l’ouest du fort et d’occuper une partie de la vallée de l’Ailette.

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En quelques, l’important labyrinthe défensif des carrières est enlevé après avoir été encerclé. Les tranchées de la Carabine, de la Danse et le boyau du fort sont pris. Une contre-attaque débouchant du bois de la Garenne est stoppée.

BoheryCarrières

Anciennes carrières de Bohéry

Quelques heures plus tard, le 1er bataillon atteint la vallée de l’Ailette. Une fois encore, les pertes ont été nombreuses. Le premier bataillon par exemple a marché sans officiers, ces derniers ayant été tués dès le début de l’assaut. Le régiment a perdu 727 hommes, tués ou blessés. Il a fait 950 prisonniers, pris 19 canons et 36 mitrailleuses.

Après une fin d’année et un début 1918 plus calmes pour le RICM, il est engagé fin mars 1918 dans la bataille de l’Oise. Le 21 mars, sous la poussée des Allemands, le front allié a cédé. Le 27, parti la veille de la région d’Epernay en camions, débarque sur la route d’Abbeville à Compiègne, à l’ouest du bois de Ressons. Sans repas, les cuisines roulantes étant à la traîne, les soldats, passant par Gury, vont occuper la ligne Cany – Plessier-de-Roye. Le 28, après un violent bombardement, les Allemands progressent sur la rive droite de la Matz. Malgré un disproportion des forces, le bataillon Fillaudeau contre-attaque sur le flanc allemand qui est découvert jusqu’à Roye. L’ensemble du régiment suit et se cramponne à la ferme Larroque malgré les nombreuses contre-attaques allemandes. Toutes les réserves sont sollicitées. Le 30 au soir, les soldats poussent même jusqu’au parc de Plessier-de-Roye qui est pris. Les Allemands sont refoulés sur Lassigny.

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Parc du château de Plessier-de-Roye

En plus des 785 prisonniers, 50 mitrailleuses et plus de 1000 fusils pris, le régiment délivre 93 soldats français faits prisonniers le 21 mars. Après une courte accalmie, le RICM est envoyé entre Oise et Aisne en prévision d’une nouvelle attaque. Le 30 mai, les premières lignes françaises abandonnent Varesne et Pontoise. À 23 h , le régiment est chargé de fermer l’intervalle formé entre Caisnes et Nampcel. Au point du jour, l’assaut allemand débute. Il est stoppé et une contre-attaque française sur le bois de Nampcel renforce les lignes. Le 4 juin, après un intense bombardement, les Allemands lancent un nouvel assaut, également repoussé. Mais à l’ouest, les Allemands progressent le long de la vallée de l’Oise, tournant la gauche de la 38e division. Le 10 juin à 20 heures, il faut se replier sur Tracy-le-Val en abandonnant ce qui était solidement tenu. L’artillerie fait sauter ses dépôts et le génie les routes préalablement minées. Rien n’est laissé en arrière. La marche de plus de 5 km s’effectue sous un violent bombardement. Nuit par nuit, le terrain est organisé, les tranchées creusées et les réseaux de fil de fer barbelé tendus. Après 60 jours de contact permanent avec les Allemands, le régiment n’est pas mis au repos mais gagne dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918 la forêt de Retz. Dès le lendemain, il reçoit l’ordre d’attaquer Longpont, en direction de Fère-en-Tardenois. Selon les nouvelles directives, les bataillons sont échelonnés en profondeur. Le 18 juillet, à 4 h 35, les Français tombent sur les premières lignes allemandes, bousculant leur résistance, traversant le bois du Mausolée, franchissant le rû de la Savière, de l’eau boueuses jusqu’aux aisselles. Trois heures plus tard, la ferme de Montramboeuf tombe. La progression devient plus difficile sur le plateau découvert, battu de tous côtés. Néanmoins, lorsque la nuit tombe, le RCIM n’est plus qu’à 600 m de Parcy-Tigny. Le village ne peut toutefois être enlevé et le lendemain à 19 h 30, l’attaque générale reprend en direction de Contremain afin de couper la route Château-Thierry – Soissons. Le 20 juillet, le RCIM est relevé. Il a perdu 754 hommes et capturé 825 prisonniers, 24 canons et 120 mitrailleuses. Il a avancé de 8 km, enfoncé dans un coin dans l’armée allemande.

Après quelques semaines de repos, il attend à proximité de la forêt de Laigle le moment d’une nouvelle attaque. Le 19, il subit un copieux arrosage d’ypérite et d’arsine.

Devant lui se profile nu et plat le plateau qui s’étend de la ferme des Loges au bois des Cayeux. Au delà on aperçoit les villages de Lombray, Gizaucourt, Gournay, Bourguignon, puis les champs et bois qui conduisent à l’Ailette. Le 20 à 7 h 10, il enlève la première ligne allemande. Les creutes du bois des Cayeux sont nettoyées. A 12 h 15, Gizaucourt est dépassé. Dans l’après-midi, Gournay est atteint sous les bombardements d’avions allemands. Le 21 à 16 heures, la progression est bloquée par la plaine herbeuse qui s’étend devant Bourguignon. Deux chars Saint-Chamond sont en arrière mais n’ont plus d’essence. Pendant la nuit, les Allemands battent en retraite. L’avance peut continuer. La liaison entre l’artillerie et l’infanterie, parfaitement rodée, permet de déclencher un tir de destruction sur la ferme de la Cappelle, blockhaus fortement fortifié et entouré d’un glacis de 600 mètres. Malgré la chaleur accablante, les hommes se hâtent afin d’empêcher la destruction des passages sur le canal de l’Ailette à l’Oise. Le 23 août, après avoir perdu 547 hommes, le régiment est cité à l’ordre de l’armée pour avoir capturé 1027 hommes, 20 canons, 8 minenwerfer et 76 mitrailleuses.

Pendant les jours suivants, il glisse sur sa droite, bouchant un trou formé entre le 2e régiment de tirailleurs marocains et le 4e de tirailleurs algériens. Puis il force le 2 septembre le canal de l’Aisne à l’Oise et occupe la voie ferrée de Laon. Le 4 septembre, il est relevé et part en Champagne.

Le 19 septembre, il est à pied d’œuvre dans les environs de Valmy, complété par de nouveaux éléments qui n’ont pas vraiment eu le temps de s’intégrer au corps. Il s’agit de s’emparer de la butte du Mesnil; de franchir la Dormoise, de conquérir le plateau de Gratreuil et de pousser sur le plateau de Marvaux, au delà de l’Alin. Les vallées de la Dormoise et de l’Alin forment de larges bandes marécageuses dues aux pluies et aux inondations artificielles. Sur le plateau le terrain est nu et découvert. C’est un lacis inextricable de tranchées et de réseaux, d’ouvrages de toutes espèces s’étendant sur une profondeur de plus de 8 kilomètres. Les organisations souterraines sont nombreuses, car les Allemands ont eu le temps de s’incruster dans le sol depuis quatre ans. Dans la butte du Mesnil même existe un tunnel à plusieurs sorties.

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Le 25 septembre 1918 à 5 h 25, les premières vaques d’assaut s’élancent. Il fait encore nuit noire. A 6 heures, la butte est prise et nettoyée. La progression est ensuite plus difficile, les compagnies devant infiltrer leurs hommes un par un. Elle continue le lendemain, dépassant le village de Gratreuil. Le 27 à 18, les Allemands contre-attaquent. Ils sont repoussés. Sur la droite, les Américains ne sont pas encore parvenus à la hauteur du RICM. Les Allemands en profitent pour se lancer sur son flanc. Leur attaque est repoussée et les Américains viennent recouvrir la partie droite. Le lendemain, l’avancée se poursuit et après avoir traversé l’Alin, entre dans le village de Vieux. Tous les objectifs sont atteints et les marsoins contemplent dans la plaine de Monthois les nombreux trains et convois, les colonnes d’infanterie faisant retraite vers le nord.

Vingt jours plus tard, le RICM fournit en Argonne un dernier effort en prenant l’arrête montagneuse qui encadre le ruisseau de Beaurepaire au nord-est d’Olizy ainsi que le contrefort boisé du mamelon de la cote 202.

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Les Allemands tiennent toutes le têtes de ravin avec des mitrailleuses. D’autres mitrailleuses légères quadrillent le terrain, le tout étant caché dans un taillis touffu parsemé de clairières fangeuses et mis en action par un simple signal d’alerte donné par un observateur perché dans un arbre. Toutes les tentatives avaient été jusqu’à présent vaines. Le 22 octobre, après 24 heures de tirs d’artillerie, l’attaque débute. Rapidement les adversaires en viennent au corps à corps. Les hommes ne progressent que par infiltration. Deux heures après, la crête est atteinte. Trente minutes plus tard, c’est au tour de la cote 202 et de ses abords d’être prise. Cette action vaut au régiment sa 10e citation à l’ordre de l’armée. Il est ensuite relevé et c’est en Haute-Alsace qu’il apprend la nouvelle de l’armistice le 11 novembre. Il s’enfonce alors progressivement ver le Rhin et rejoint la région du Sungau. La guerre est enfin terminée.

Baptiste n’est démobilisé que le 28 septembre 1919. Il rejoint alors Echandelys pour une courte période car dès octobre 1919, il habite Neuville-sur-Saône. Il se marie le 27 avril 1920 avec Reine DURET à Châtillon-d’Azergnes, toujours dans le Rhône. En 1928, le couple déménage à Belleville-sur-Saône. En 1933, il quitte le Rhône pour la Côte d’Azur (Sospel, quartier du Château), puis pour Nantes où il habite à partir de novembre 1937 rue de la Montagne (au n°23 puis au n°7). Il revient à une date indéterminée dans le Rhône puisqu’il décède en 1964 à Saint-Jean-d’Ardières à l’âge de 67 ans.

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2 réflexions au sujet de « Baptiste VERDIER »

    Baptiste Marius MENU(T) « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    14 décembre 2018 à 18 h 23 min

    […] Le 5 août 1919, il se marie à Echandelys avec Marie Adèle VERDIER, sœur de Poilus (Jean et Baptiste). Après un séjour à Clermont-Ferrand à partir de 1922, il revient à Echandelys et y meurt en […]

    Jean Baptiste MENU(T) « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    14 décembre 2018 à 19 h 22 min

    […] le 25 octobre 1889 (il se mariera le 5 août 1919 avec Marie Adèle VERDIER, sœur de Jean et Baptiste, tous deux anciens Poilus). Le 18 juillet 1890, alors que Jean Baptiste a 12 ans, leur père meurt. […]

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