François Gabriel DUTOUR

Publié le Mis à jour le

Décoration non mentionnée.

Fils de Antoine, instituteur puis professeur à l’école d’agriculture de la Molière et de Marie Henriette ROUVET, sans profession, il naît à Echandelys le dimanche 21 novembre 1897 à 8 h du matin au hameau de Coudeyras chez Antoine ROUVET, son grand père maternel. Son père était né au Cluel le 27 septembre 1871 et habite à Dore-l’Eglise au moment de son mariage le 9 novembre 1895. Son frère cadet, Pierre, oncle de François Gabriel sera aussi soldat pendant la Première Guerre Mondiale. Sa mère avait vu le jour à Coudeyras le 5 février 1874. Nous ne connaissons pas d’éventuels frères et sœurs de François Gabriel, son passage à Echandelys étant épisodique. Sa mère semble se remarier le 24 novembre 1900 à Echandelys avec Damien MARQUET né le 8 mai 1864 à Saint-Germain-l’Herm et qui était veuf en premières noces de Anne Marie DAILLOUX (décédée à Saint-Germain le 3 octobre 1899). Lors de sa visite d’incorporation, il habite donc Saint-Germain-l’Herm et est étudiant. Il mesure 1 m 65 et a des cheveux châtains et des yeux gris. Son visage est allongé, avec un front large et un nez convexe dévié à gauche. Le lobe de ses oreilles est adhérant.
Incorporé au 40e RI de Nîmes, Alès et Uzès le 8 janvier 1916, il y arrive le 10. Il bénéficie d’une période d’instruction qui se prolonge jusqu’au 18 février 1917, date à laquelle il est muté au 54e RI de Compiègne et monte à la même date au front. Son régiment est dans un secteur alors relativement calme, tenant les tranchées au chemin des Dames, entre Soupir et Moussy. Il doit toutefois faire face à des des tirs d’artillerie et à quelques coups de main. La seule action d’envergure à laquelle il participe alors se déroule entre Braye-en-Laonnois et la Royère, toujours au niveau du chemin des Dames, lorsqu’il enlève le 5 mai 1917 l’Epine de Chevregny. Après une préparation d’artillerie de plus de 8 jours, l’attaque débute à 9 heures. Le 3e bataillon conquiert en moins de 20 mn le chemin des Dames et pousse plus en avant sur les positions des anciennes batteries allemandes. A 9 h 35, il a atteint son premier objectif, mais doit s’arrêter car à sa gauche le régiment voisin ne peut progresser, stoppé par un résistance opiniâtre et à droite, les Allemands résistent dans la ferme Froidmont. Il organise alors les positions conquises. A 14 heures, le 2e bataillon vient occuper la région de la tranchée de Gallipoli tandis que dans la soirée, le 1e bataillon se porte en soutien du 350e RI vers la ferme de Certeaux.

CheminDesDames5mai1917carte.jpg

La nuit se passe sans incident notable, mais le lendemain à midi, les Allemands déclenchent une violente contre-attaque sans aucune préparation d’artillerie sur les positions conquises la veille par le 350e RI. Les pertes sont sensibles et les hommes doivent reculer.

ChemindesDames.jpg

François Gabriel est alors blessé au thorax (plaie transfixiante) par balle du coté droit. Il est alors évacué pour une destination qui nous est inconnue. Cette blessure lui laisse des séquelles (frottements pleuraux) qui sont incompatibles avec la poursuite de son activité militaire dans l’infanterie, mais aussi une citation à l’ordre du régiment n°5 du 17 mai 1917 : blessé le 6 mai 1917 en se portant courageusement à l’attaque d’une position ennemie fortement organisée. La CS de Laval le propose alors le 28 août 1917 pour un changement d’arme et le destine à l’artillerie de campagne. Le 20 septembre 1917, il passe au 44e RAC. Le 17 novembre 1917, il est dirigé sur le COAL (dépôt d’artillerie lourde) de Chaumont et détaché (mis en subsistance) à la 68e batterie du 121e RA. Le 19 novembre 1917, il est affecté au 115e RAL (27e batterie 6e groupe) et monte à cette date au front. Le groupe vient d’être équipé de nouveaux canons de 155 long de Schneider modèle 1917. Aussi, l’instruction et les écoles à feu se prolongent jusqu’au 6 janvier 1918. Il est opérationnel et part par voie de terre le 6 janvier 1918. Il se rend par étapes en Champagne. Les étapes sont pénibles en raison du froid. Le dégel oblige le groupe à s’arrêter à Etoges du 16 au 20 janvier. Il est positionné ensuite au sud-ouest de Reims et reçoit des missions de contre-batteries en cas d’attaques. Le secteur étant calme, il utilise une partie de son temps à la construction de nouvelles positions de repli. Le 6 mars 1918, le 6e groupe devient le 3e groupe du 114e RAL. Il semblerait que ce groupe est alors mis à la disposition du 40e CA en Alsace. Il participe à de nombreux coups de main tout en exécutant des tirs de destruction. Occupant des positions anciennes et repérées, il est soumis à de nombreux bombardements dont quelques uns par obus toxiques obligeant à évacuer momentanément les positions. Malgré tout, les pertes sont faibles. François Gabriel passe au 414e RAL le 16 juillet 1918. Mais d’autres sources nous indiquent qu’il est formé à partir du 3e groupe du 414e RAL issu lui même du 3e groupe du 114e RAL (jusque là nous sommes d’accord), mais que ce groupe stationne le 16 juillet, date de la formation du 414e RAL en territoire belge (et non pas en Alsace!). Faute de ne pouvoir demander aux intéressés, nous ne sommes donc sûrs de rien. François Gabriel appartiendrait au 3e groupe dudit 414e RAL. En position au sud-est de Woesten et à la ferme rouge, il forme avec le 1er groupe un groupement de contre-batterie à la disposition de la 2e puis de la 6e armée belge. Il reste dans ce secteur jusqu’au 20 septembre 1918.

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Ils exécutent de nombreux tirs contre les batteries allemandes de la forêt d’Houthuls et appuient les attaques belges sur Langemark et Saint-Julien, les 28 août et 8 septembre. Le 19 septembre 1918, en vue d’une attaque, le régiment passe au complet dans le secteur de Streenstraat. Le 3e groupe est placé à la ferme Pétain, près de la maison du Passeur. Le 3 octobre, il se porte en avant d’Ypres dans le vallon à l’ouest de la crête de Passchendaele où il exécute des destructions de batteries pendant l’arrêt momentané de la progression. Pour l’attaque du 14 octobre, le groupe prend position à Moorslede où il s’organise malgré des tirs ennemis continuels et violents au cours des quels deux maréchaux des logis sont tués. Dès le 15 octobre, le 3e groupe reprend sa progression et occupe successivement des positions à Winckel-Saint-Éloi, Ingelmunster, Costroosebeke, exécutant, malgré la fatigue du personnel et la difficulté du ravitaillement en munitions, de nombreux tirs d’interdiction. Le 21 octobre, le 3e groupe est mis à la disposition de l’armée française en Belgique et rejoint le reste du régiment. Il es positionné devant la Lys à Markeghem et Wackem et se met en place malgré les tirs de harcèlement allemands, à obus toxiques et explosifs. Des tirs de concentration très rapides et très nourris sont exécutés sur les nids de batteries allemandes, en particulier le 25 octobre, permettant à l’infanterie de franchir la Lys en de nombreux points, et d’établir sur la rive est de larges têtes de pont. Le 31 octobre, le 414e RAL coopère à l’attaque générale qui permet de rejeter les Allemands sur la rive est de l’Escaut malgré leur résistance sur le hauteurs de Cruyshautem. Le 2 novembre, il avance à 1 km à l’ouest de Oycke. Il se rapproche de l’Escaut afin d’établir des têtes de pont sur sa rive est lorsque l’armistice met fin aux opérations Il regagne la France et arrive le 20 décembre dans la région de Brombos-Hautbos, puis fait mouvement vers l’est pour arriver dans la région de Metz le 8 février 1919. Fin avril et début mai, il regagne son dépôt de Valence où il est dissout et François Gabriel passe le 22 mai 1919 au 268e RAC. Il est démobilisé le 26 septembre 1919 et regagne Saint-Germain l’Herm, mais dès le 15 novembre, habite au 150 boulevard Rochechouart à Paris (11e). Il est proposé pour une pension temporaire avec évaluation de l’invalidité à 10% le premier avril 1920 par la 6e CS de la Seine. Il obtient une concession de pension de 240 francs la même année. En 1921, il déménage pour le 9 de la rue d’Arras, Paris 5e, et se marie le 26 avril de la même année avec Geneviève Suzanne Marie TERQUI. Après un court séjour à Saint-Germain-l’Herm en mai, il repart à Paris en juillet pour le 73 de l’avenue de la République. En 1926, il habite à Saint-Servay (4 rue Ville Pépin) dans la région de Saint-Malo, et décède à Saint-Malo en 1973.

SaintServais.jpg

Une réflexion au sujet de « François Gabriel DUTOUR »

    Benoît ROUVET « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    29 août 2017 à 16 h 22 min

    […] instituteur et professeur à l’école d’agriculture la Molière qui lui donnera un fils, François Gabriel également soldat pendant la Première Guerre Mondiale. Un dernier garçon, Frédéric Antoine, […]

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