Jean Marius DUTOUR

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Second enfant (mais aîné en fait) d’une famille de quatre enfants, il naît au bourg le dimanche 16 avril 1893 à 9 h du matin, de Jean Pierre, garde particulier né au Mas le 13 mai 1865 et de Jeanne Marie CHONION, couturière,née également au Mas le 2 avril 1868. Ils se sont mariés à Echandelys le 24 août 1889 et donnent naissance le 27 juillet 1890 à un petit garçon, Marcel Claudius qui meurt malheureusement trois jours plus tard. Après Jean Marius, viennent au monde deux filles, Angèle Marie Antoinette au bourg le 16 décembre 1894, puis Jeanne Marcelle le 26 octobre 1902, qui naît au Mas. La famille habite un moment au Mas puis à Deux Frères, pour revenir au Mas en 1911, lieu où meurt leur mère Jeanne Marie CHONION le 1er avril 1911. Jean Marius, agriculteur, fait des campagnes de scieur de long, comme beaucoup d’autres, afin de subvenir aux besoins de sa famille.
Lors de sa visite d’incorporation, il est agriculteur, mesure 1 m 62 et possède des cheveux châtain foncé. Ses yeux sont marron clair et il a un visage allongé, avec un front haut, un nez convexe et des oreilles mal ourlées. Il est incorporé au 37e RA de Bourges le premier octobre 1913. Il participe aux écoles à feu du 18 au 31 mai 1914. Lors de la déclaration de la guerre, il est opérationnel et de ce fait s’embarque avec son régiment le 7 août 1914 à Port-Sec. Le 9 , il arrive à Charmes et dans la soirée, commence à marches forcées, la poursuite de l’ennemi, sous une chaleur écrasante, pendant les journées des 11, 12 et 13 août. Il reçoit son baptême du feu le 14 devant Domèvre-sur-Vezouze, en appuyant la 31e brigade.

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Le 16 août au matin, le régiment franchit la frontière et pénètre en territoire allemand. Les troupes françaises occupent les hauteurs de Saint-Georges et les batteries prennent position près du village afin de les protéger. Mais elles sont prises à partie par des batteries allemandes de gros calibre guidées par avion. 7 soldats sont tués et 13 blessés. Puis la poursuite reprend jusqu’à Sarrebourg. Là, c’est bien le guet-apens annoncé par les Lorrains. (Historique du 37e RA). Etablie sur la cote 322, à cheval sur la route de Sarrebourg, le rôle de l’artillerie est d’arrêter les masses allemandes dévalant les pentes au nord et au sud. Rapidement, le régiment est pris à partie par l’artillerie allemande qui atteint quelques pièces. Les hommes reculent à bras leurs pièces afin de les mettre à l’abri, mais le matériel disparaît bientôt sous un encombrement d’arbres renversés et au milieu des entonnoirs. Une quinzaine de morts et une quarantaine de blessés gisent au sol. Le repli se poursuit les jours suivants et les groupes d’artillerie se mettent en batterie autour de Mattexey et de Clézentaine. Jusqu’au 11 septembre, les tirs sont dirigés soit sur l’artillerie ennemie, soit sur l’infanterie, visant à briser leurs attaques. Le 12 septembre 1914, la nouvelle de la victoire de la Marne arrive au régiment. Alors que les Français prévoient une attaque, les Allemands évacuent leurs positions. Le 16 septembre, les batteries sont réembarquées à Charmes et transportées dans la région de Saint-Mihiel et après un passage au nord (Vaubécourt, Rembercourt et Triaucourt, incendiés par les Allemands) repartent vers le sud entre Mécrin et Sampigny, face au camp des Romains afin de barrer le passage aux Allemands. Le 2e groupe reste sur place alors que le 1er se met en route sur la Woevre. Il y reste jusqu’en octobre 1915, barrant la route aux assauts allemands et appuyant l’infanterie française lors de ses attaques sur les bois de Mortmare et du Jury. La 4e batterie est momentanément détachée pour participer à une attaque aux Eparges. Le 14 décembre 1914, Marius est malade et évacué sur une destination inconnue. Il ne revient aux armées que le 18 février 1915, date à laquelle il est nommé 2e canonnier servant à la 68e batterie. Il rejoint certainement le 2e groupe mais il le quitte rapidement car il est muté le 11 juin 1915 au 56e RA (batterie de bombardiers). Son nouveau régiment est en position devant la butte du Mesnil (Mesnil-lès-Hurlus en Champagne, proche de la main de Massiges). Le secteur est très actif, en proie à la guerre des mines. L’artillerie de tranchée est développée de part et d’autre. Les observatoires et reconnaissances gagnent en efficacité, obligeant à une plus grande prudence dans le positionnement des batteries. Les déplacements ont lieu la nuit. Marius participe à l’offensive du 25 septembre 1915. Le 1er et le 3e groupe ont comme cible la butte du Mesnil alors que le 2e est devant Ville-sur-Tourbe, puis dans le ravin de la min de Massiges. Les agents de liaisons sont particulièrement touchés pendant l’opération.

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Mais les Allemands arrêtent partiellement l’offensive et le 56e RA est relevé et déplacé devant Tahure pour y coopérer à son attaque. Les batteries, en position dans la tranchée d’York, y subissent un martelage incessant d’obus de 210 et 305.

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A la fin du mois d’octobre, les trois groupes son réunis et mis en position devant la cote 193, à l’est de Souain. Dans ces vallonnements dénudés ou la craie et la pluie rendent très difficile le camouflage, les services de renseignements ont découvert à peu près tous les ouvrages qui font l’objet de nombreux tirs. Le secteur devient de plus en plus dur. Le 26 décembre 1915, la division entière est relevée et le 56e RA en profite pour se reconstituer dans la région de Ville-en-Tardenois.
En février 1916, il remonte en ligne dans le Soissonnais et y restera jusqu’en juin, date à laquelle Marius sera affecté à un autre régiment. Il se retrouve à l’est de Soissons, dans une zone s’étendant de Soupir à Vailly. Le front y est calme et le paysage, accidenté et boisé se prête bien au camouflage. Les abris sont sûrs. Le régiment travaille activement à organiser de nouveaux emplacements, préludes à une nouvelle offensive projetée pour 1917. Le 2 mars 1916, Marius passe maître pointeur. Le 21 avril 1916, il fait l’objet d’une citation à l’ordre de l’AD 66 (n°25) : servant un canon de 58 a servi sa pièce avec calme et le plus grand sang-froid sous un violent bombardement, fait certainement en rapport avec sa promotion. Nous n’en connaissons ni la date, ni le lieu. Le secteur n’est donc pas toujours calme. Le 21 mai 1916, Marius est blessé par éclat d’obus (plaies superficielles à la tête, au bras et au thorax, avec commotion). Il l’est pas évacué. Le 14 juin 1916, il passe au 9e RAC. La suite du parcours est plus difficile à cerner car le régiment est divisé en plusieurs groupes d’affectation géographique différente. Il est toutefois vraisemblable qu’il appartient au groupe qui quitte le Soissonnais fin juillet 1916 pour arriver à Verdun le 20. Il participe alors aux attaques du 20 août 1916 permettant de reprendre Thiaumont et Fleury. Il prend ensuite position entre Avocourt et l’Argonne. En janvier 1917, il se déplace sur la rive gauche de la Meuse. Le groupe de 90 enraye l’attaque allemande du 25 janvier 1917 sur la cote 304 et permet de regagner le terrain perdu. Le 1er groupe quant à lui vient prendre position dans le bois de Chattancourt.
Alors commence pour le régiment une période très pénible. Au milieu d’un hiver exceptionnellement rigoureux et d’un printemps pluvieux les attaques se succèdent visant à repousser les Français rejeter du bois d’Avocourt, de la cote 304 et des pentes sud du Mort-Homme, en particulier les 18 mars et 31 juillet 1917. Le 30 avril 1917, Marius fait à nouveau l’objet d’une citation à l’ordre de l’AD n°41 sans que nous en connaissions les circonstances.

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Les Allemands ont une puissance de feu dépassant celle des Français qui sont inondés d’obus toxiques et lacrymogènes. Les tirs de contre-batterie arrivent à détruire les positions françaises comme ceux du 31 mai qui détruisent la 1e batterie.

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De nuit comme de jour les rafales de harcèlement gênent la circulation et les ravitaillements. Les coups de main, précurseurs des attaques sont d’un côté ou de l’autre presque quotidiens, les attaques allemandes toujours précédées de plusieurs heures de bombardement et menées par des stosstruppen avec l’aide de gaz et de lance-flamme. La consommation de munitions est considérable et les pertes relativement faibles en raison de la qualité des abris.

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Le 1er juin 1917, Marius est blessé et commotionné par éclat d’obus à un endroit inconnu. Il est alors évacué. Il ne remontera jamais au front. Le 6 juin, il est hospitalisé au Val-de-Grâce à Paris, puis à Neuilly-sur-Marne (hôpital de Maison Blanche) le 8 du même mois. Le 7 mars 1918, il est admis à l’hôpital n°11 de Clermont-Ferrand, puis le 13, nous le retrouvons à l’hôpital n°3 d’Yzeure dans l’Allier et enfin à une date inconnue à celui de Riom. Il est réformé temporaire par la CR de Clermont-Ferrand le 14 juin 1918. Depuis le 3 mai 1918, il est en convalescence à Echandelys. Le 19 décembre 1918, il reçoit une gratification de 300 francs puis les différentes commissions, en particulier le 16 octobre 1922, lui octroient une invalidité de 10% pour des séquelles nerveuses liées à ses commotions par éclat d’obus. Il se marie à Echandelys le 29 octobre 1921 avec Jeanne FOURNIOUX. Il devient par la suite cantonnier puis cantonnier-chef ce qui lui vaut d’être rappelé le 7 septembre 1939 au bataillon de cantonniers n°16 1ere compagnie. Il est alors père de 2 enfants. Il est renvoyé le 28 octobre et est définitivement libéré de ses obligations militaires le 1er juin 1943. Il s’éteint à Echandelys en 1975.

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