Louis RIGOULET

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Originaire d’Aix-la-Fayette (né aux Martinanches le jeudi 30 avril 1874 à 6 heures du soir), il n’a vécu que peu de temps à Echandelys. Son père Jean était né vers 1837-1839 et sa mère  Marie COURTINE dans la même période à Saint-Germain-l’Herm. La date de leur mariage est inconnue et ils sont métayers lorsque naît Louis. Le couple se semble avoir donné naissance qu’à trois enfants : Marie Pétronille le 21 juin 1868 (mariée entre autres à Jean Marie MOURRAS d’Echandelys, elle donne naissance en 1895 à Pierre Marius, soldat de la Première Guerre Mondiale qui va mourir au Pressoir dans la Somme en novembre 1916). Arrive ensuite Pierre vers 1872-1874, toujours à Aix-la-Fayette. Leur père Jean meurt en 1889. La famille habite alors à Ladoux, sous le toit de Pierre, alors scieur de long.
Louis est voiturier lorsqu’il est incorporé le 14 novembre 1895 au 149e RI. Il mesure 1 m 68, possède des cheveux noirs et des yeux châtains. Il a un visage ovale, avec un menton rond et un nez fort. Nommé soldat de 1e classe le 7 octobre 1897, il est rendu à la vie civile le 17 septembre 1898. Il regagne alors Aix-la-Fayette et effectue des passages dans la région de Laon en 1899 puis de Reims (à Fismes) en décembre 1900. Le 30 avril 1907, il se marie à Echandelys avec Marie Henriette ROUSSEL, habitant alors au Cluel, née le 8 décembre 1884 à Novacelles. Le couple habite alors au bourg d’Echandelys et donne naissance le 7 juillet 1907 à deux jumelles, Marie Andrette et Maria Thérèse qui meurent six mois plus tard à 3 jours d’intervalle. Un troisième enfant, Jean Louis, naît alors le 22 octobre 1909 (marié dans la Manche à Couderville-sur-Mer, il meurt pour la France à Hanovre le 25 avril 1945 (jugement à Paris du 06/06/1956).
A la déclaration de la guerre, Louis arrive au 99e RIT de Clermont-Ferrand le 13 août 1914. Il y retrouve de nombreux soldats d’Echandelys comme Gustave Louis BRAVARD du Cluel, François DESUSCLADE du moulin de Géry, Jean PONCHON de Chabreyras entre autres. Son régiment gagne Lyon par voie ferrée le 16. Il y tient un front de 30 km jusqu’au 20 octobre 1914, avec un intermède dans le camp de la Valbonne où il fait des manœuvres et s’entraîne au tir. Le 20 octobre 1914, le régiment quitte la place de Lyon et se rend par voie ferrée à Belfort, où il arrive le 21. Il sert à verrouiller la trouée de Belfort et est mis en ligne dans la région Largitzen, Ubertrass sur la Largue, aux environs de Seppois. La guerre de positions commence pour le 99e RIT.
Le 8 novembre, une section de la 8e compagnie, appuyée par une fraction de cyclistes, un détachement de génie, exécute une reconnaissance offensive sur un poste ennemi fortement retranché à 1800 mètres au nord-est de Largitzen. A 5 h. 45 du matin, la reconnaissance arrive à 50 mètres de l’ennemi, mais ne peut pousser plus loin en raison des fortes défenses accessoires des Allemands. Accueillis par un feu violent, les soldats se maintiennent toute la journée sur la position.

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Durant tout l’hiver 1914-1915 et pendant l’été 1915, de telles offensives se multiplient, sans résultat sur le terrain.
Mais le 4e bataillon a au début de la guerre un autre destin. Il gagne alors en chemin de fer Marseille où il est affecté à la défense des côtes. Il occupe un front de 8 km aux environs de Mazargues. C’est certainement la première fois que les hommes voient la mer.

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Cette mer, il va encore mieux la connaître puisque le 25 août 1914, le bataillon, rassemblé à Marseille, est dirigé sur Sète le 3 septembre et s’embarque aussitôt pour le Maroc occidental. Après une escale de deux heures à Tanger, le bataillon débarque, le 6 septembre, à Medeah, sur la côte occidentale du Maroc. Conduits à Kenitra, les soldats reçoivent l’équipement colonial et y restent au repos jusqu’au 12 septembre, date à laquelle ils sont transportés par chemin de fer à voie étroite à Meknès. De là le 4e bataillon gagne Fez par étapes.
Employé à des travaux divers, travaux de route sur les deux rives du Sebou, construction de voies ferrées avec l’aide de 160 prisonniers allemands, sous la garde de la 15e compagnie.

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Le 4e bataillon a en fait pour tâche, ayant relevé les unités actives envoyées en France, de maintenir à tout prix la paix sur l’Atlas, de garder intacte l’armature des postes; afin d’éviter toute rébellion qui, attisée par les émissaires allemands ne manquerait de se propager à tout le Maroc ainsi que l’Algérie et la Tunisie.
Le 25 décembre 1914, le 4e bataillon, relevé par des troupes sénégalaises, est rassemblé à Fez, reprend la route de Meknès et gagne Casablanca. Embarqué le 9 janvier 1915, il arrive à Marseille le 12 et vient se compléter en hommes et matériel aux environs de Clermont- Ferrand, à Lezoux.
Fin janvier 1915, le 4e bataillon rejoint le reste du 99e RIT. Pendant l’été 1915, les coups de mains se multiplient, sans résultat tangible sur le terrain.

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En effet, bien qu’étant un régiment territorial, le 99e combat aux tranchées comme en témoigne l’Historique du régiment : Au cours de l’année 1915 et de l’hiver 1915-1916, les territoriaux du 99e subissent un bombardement continuel d’obus, de torpilles, bombardement souvent intense et suivi d’attaques partielles toujours repoussées ; les pépères subissent bravement le choc, tuent beaucoup d’assaillants et font des prisonniers. Pendant des mois et des mois, ils se donnent entièrement à leur tâche, avec un inlassable dévouement; et, malgré les pertes sensibles qu’ils subissent journellement, nos vétérans attendent patiemment la victoire finale qui les rendra à leurs foyers, à leurs femmes et à leurs enfants, avec la fière conviction qu’ils auront bien contribué par leurs efforts continus à chasser l’ennemi du pays. (Historique du 99e Régiment d’Infanterie Territoriale pendant la Guerre. Tours. Maison Alfred MAME et Fils, imprimeurs).
Pendant cette année il a pris pied dans les bois d’Hirtzbach et, comme en témoigne la carte ci-dessous, a repris des activités familières à nombre de ses soldats.

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Il participe également à diverses progressions vers Bisel et réalise une organisation défensive contre laquelle l’ennemi est venu plusieurs fois se heurter en vain.

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Puis, le régiment part quelques kilomètres au sud début de février 1916, alors les Allemands bombardent violemment tous les villages de la vallée de la Largue. Le 8, à 22 heures, les bataillons du 99e territorial stationnés à Rechisy (3e bataillon ) et Florimont-Couralles (4e bataillon) reçoivent mission permanente d’assurer la surveillance et de tenir la première ligne de résistance, face à la Suisse, sur la partie de frontière comprise entre la borne des 3 puissances (borne n° 4056 de la carte d’état – major allemande au 1/20000) et la route de Courcelles-Montignez.

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Le 16 février, le régiment est relevé et après un séjour de quelques jours à Giromagny, gagne Montbéliard, puis la région Blamont- Meslières, où il arrive le 29 février. Sa mission est alors d’interdire à l’ennemi, sur le front Delle-Saint-Hippolyte, les incursions de ses éléments légers par la Suisse, et de tenir sur les positions organisées pour permettre l’arrivée des renforts.
Du 10 au 13 mars, le régiment fait mouvement vers le nord et vient occuper, à partir du 17 mars, 30 kilomètres plus loin, les deux centres de résistance de Michelbach sud et Michelbach nord, où les cantonnements sont, comme ceux précédemment occupés dans la vallée de la Largue, soumis à des bombardements journaliers, au cours desquels le 99e éprouve des pertes sensibles. Le régiment reste dans la région de Thann jusqu’au débute de l’année 1917.
Relevé le 17 mars 1917, il part alors pour Verdun où il arrive le 18. Il prend position dans le sous-secteur sud (zone de Châtillon) et travaille à partir du 5 mai a y élaborer une nouvelle ligne de résistance. Fin juillet 1917, les Allemands exécutent 4 jours de réglages systématiques et attaquent le 29 juillet à une heure du matin après un bombardement des tranchées françaises.

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L’attaque sera repoussée mais Louis y perd la vie à 1 h par broiement de la face par éclat d’obus. Il est inhumé à l’ouest de la route de Châtillon-sous-les-Côtes à Moulainville, au niveau de corne ouest du bois le Chena. Il avait 43 ans.

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Sa femme est avisée de son décès le 18 août suivant :

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Son corps est ramené à Echandelys en mai 1922 et réinhumé dans le cimetière communal.

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