Antoine Alexandre SAUVADET

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Seul garçon d’une famille de 4 enfants, il naît à Fiosson le samedi 30 avril 1892 à 8 h du matin. Son père, Jean Annet, cultivateur né à la Bessière (commune d’Aix-la-Fayette) le 27 janvier 1864, s’était marié avec Jeanne CHONION (née à Parel le 30 avril 1864) le 24 juillet 1891 à Echandelys. Arrivent ensuite Marie Perrine le 15 janvier 1896, Anaïs Laurence le 20 juin 1898, toujours à Fiosson, puis Maria Alexandrine le 7 janvier 1904 qui va mourir 9 mois plus tard.
Antoine Alexandre est aussi agriculteur lors de sa visite d’incorporation. Il mesure 1 m 69 et présente des cheveux châtain foncé et des yeux orange verdâtre. Son visage est étroit, avec un nez convexe, un front haut et des oreilles peu ourlées aux lobes adhérents. Il arrive au 105e RI de Riom le 9 octobre 1913. Il est donc sous les drapeaux lors du début du conflit. Il y retrouve Simon Blaise FARGETTE, de Cunlhat mais marié depuis peu avec Jeanne Marie POUYET de la Foresterie, ainsi que Christophe Antoine RENAUDIAS et Ambroise Jean Claude BARRIERE de Deux-Frères. Après une marche dans l’après-midi du 6 août par Saint-Bonnet et Châtel-Guyon, où on l’acclame au passage, le régiment s’embarque en gare de Riom le 7, à 13 heures.

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Il arrive le 8 dans la région d’Epinal, destiné à prendre part à l’offensive de Lorraine. Le 11 août il quitte ses cantonnements et se porte à la rencontre de l’ennemi qui, après avoir franchi la frontière, s’est replié en incendiant de nombreux villages. Ce sont d’abord de pénibles marches par une chaleur accablante et enfin le 14 août, à 10 heures, le contact est pris à Badonvillers avec les Allemands. L’artillerie allemande crible le village de ses projectiles afin de retarder l’avance française. Le régiment arrive le soir devant Cirey et se heurte à une position fortement organisée. Les hommes sont exténués de fatigue après une journée entière de marche par une chaleur torride, mais avant que l’artillerie puisse se mettre en position, deux charges à la baïonnette sont ordonnées sous une grêle de balles et d’obus, à travers le plateau qui s’étend entre Petitmond et Cirey et qui coûte de nombreuses pertes sans avantage puisque le lendemain 15 août, le régiment revient un peu en arrière. Les Allemands ayant quitté Cirey, la poursuite est reprise le 16 et la frontière passée à Lafrimbole à 13 heures. A la tombée de la nuit les soldats entrent à Saint-Quirin.
Le 17 août le 105e RI se porte en deux colonnes sur Abreschwiller qu’il dépasse pour aller organiser une position en avant.

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Le 20 août, il reçoit l’ordre d’attaquer avec deux bataillons en direction d’Hartswiller-Carrière et Plain de Vach, mais malgré un tir violent de l’artillerie lourde adverse, il n’est pas déploré de perte. Le régiment trop avancé reçoit l’ordre de se replier d’abord sur Hartswiller, puis dans la nuit de revenir à Abreschwiller. Le 21 août, à 7 h. 30, les Allemands attaquent à leur tour dans la direction de Voyer-la Valette. Le 105e RI, alors en réserve, est alerté et ses 2e et 3e bataillons se portent au nord d’Abreschwiller, le 2e bataillon près de l’artillerie, le 3e bataillon à droite vers la Valette. L’ennemi est reçu par les feux d’infanterie, puis chargé à la baïonnette, mais le retrait d’unités voisines oblige les deux bataillons à se replier en laissant sur le terrain de nombreux tués et blessés (dont Ambroise Jean Claude BARRIERE). Après avoir traversé Bacarat le 23 août, le régiment arrive à Rambervillers où le recul est définitivement arrêté. Il commence alors à creuser des tranchées sommaires dans les bois situés au nord de Rambervillers et subit quelques attaques locales. Il est relevé le 11 septembre 1914 pour gagner en train la région de Carlepont dans l’Oise, à la poursuite des Allemands après leur défaite sur la Marne. Du 16 au 19 septembre, de violents combats ont lieu afin de déloger l’ennemi dans les bois au sud de Carlepont. Ceux-ci contre-attaquent le 19 à 5 h 50 et s’avancent jusqu’à 50 m du château de la Quenoterie qu’ils ne peuvent atteindre. Ils doivent alors battre en retraite, laissant de nombreux morts et blessés.

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Le lendemain, suivant la retraite allemande, le 105e RI progresse vers le nord et s’empare par surprise du village de Plessier-du-Roye. Par contre, toutes les tentatives pour enlever Lassigny sont des échecs, de même pour les jours suivants. A partir du 24 septembre 1914, le régiment organise donc son secteur de Plessier-du-Roye et fait ses premiers apprentissages de la guerre de tranchées. La plupart des travaux ne se font que de nuit pour éviter les pertes. Les tranchées et boyaux sont creusés et les réseaux de fil de fer sont placés au milieu d’alertes continuelles et comme le moindre bruit déclenche une fusillade nourrie de la part des Allemands, les soldats abandonnent bien vite la pelle pour le fusil.
Transporté en chemin de fer, le 105e RI arrive le 14 novembre en Belgique, puis embarqué en camions, monte en ligne à l’est de Zonnebecke, à l’extrémité du saillant d’Ypres. Pour s’y rendre, il n’existe qu’une seule route sur laquelle, jour et nuit, les obus se croisent venant de toutes les directions. La chaussée pavée est insuffisante pour les ravitaillements et les colonnes de troupes ; celles-ci étant obligées d’emprunter les bas-côtés où les hommes s’enlisent parfois jusqu’aux genoux. Les tranchées sont à moitié effondrées autant par l’effet de la pluie que par celui des obus, transformées parfois en ruisseaux. Presque journellement l’ennemi attaque. Le 17 novembre, les Allemands attaquent sur le carrefour de Broodesinde après une violente préparation d’artillerie lourde. Le 105e RI aide le 92e RI de Clermont-Ferrand à reprendre les tranchées momentanément perdues.

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Le 26 novembre 1914, tout le régiment se déplace pour tenir le front entre Zonnebecke et Molenaarelstock. Le 27, après une violente préparation d’artillerie, les Allemands attaquent à nouveau. Elle est a nouveau repoussée.
Début décembre, il revient en France et se réorganise à Moyvilliers dans la région de Compiègne et reçoit des renforts, nécessaires en raison des pertes subies depuis le début du conflit.
Le 27 décembre 1914, il monte en ligne dans le secteur d’Erches dans la Somme. La guerre de tranchées commence. Mais de tranchées, il n’y en a guère. Il faut alors exécuter tout un travail d’organisation, creuser tranchées et boyaux de communication, créer des abris dignes de ce nom. Afin de ne pas attirer l’attention des Allemands, les plus gros travaux ne peuvent être réalisé que de nuit. La pluie et le froid rendent le séjour pénible, bien que le secteur soit relativement calme. Périodiquement chaque bataillon part au repos dans des villages pratiquement vidés de leurs habitants.

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Le service de guetteur est pénible : Surveiller l’ennemi sans trêve jour et nuit en risquant la balle du tireur adverse ou l’éclat d’obus qui ne pardonne pas |quand on n’est pas en faction il faut travailler. Les minen, les shrapnels vous frappent partout : à la tranchée, au travail, au repos dans un mauvais abri ; aucun moment de détente, en secteur aucune sécurité nulle part, fatigues et dangers sont supportés vaillamment par tous. (Historique du 105e RI).
Dès que la première ligne est suffisamment organisée, des sapes sont réalisées vers le bois Carré fortement défendu et dont les Français veulent s’emparer. Mais le 105e RI n’en verra pas les effets car il est relevé fin juin 1915 pour occuper le secteur de Marquivillers. Antoine Alexandre le quitte alors pour le 170e RI. Le 30 avril 1915, le régiment est aux Eparges, dans la tranchée de Calonne et y repousse le 5 mai une forte attaque allemande. Les 23 et 25 mai, il participe à Notre-Dame-de-Lorette à une attaque ai atteint ses objectifs malgré un tir puissant de l’artillerie et des mitrailleuses ennemies qui lui causent de sérieuses pertes. Le 16 juin, il participe encore à un assaut dans le secteur d’Angres, puis vient tenir les tranchées dans le secteur de Vingré jusqu’au 18 septembre 1915.

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près un court repos, le régiment embarque le 28 septembre pour la Champagne et occupe le secteur au nord de Souain, près de la ferme Navarin. Malgré un intense bombardement ayant débuté le 2 octobre 1915, le régiment attaque le 6 octobre et atteint rapidement la gare de Somme-Py. Malheureusement, les unités voisines, arrêtées par des défenses insuffisamment détruites, sont en retrait. Une contre-attaque allemande contourne alors le 170e RI et le coupe des lignes françaises. Il doit alors abandonner la gare et rejoint difficilement le front français.

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Le régiment reste dans le secteur jusqu’au 23 novembre 1915. Il se reforme et s’entraîne dans la région de Givry-en-Argonne lorsque les Allemands décident de leur formidable poussée sur Verdun. Dans la nuit du 28 au 29 février 1916, il se porte dans le secteur de Vaux avec pour mission d’arrêter l’avancée allemande. Antoine Alexandre est alors blessé au bras droit par un schnarpel. Nous ne savons pas s’il a été évacué et à quelle date il est revenu en ligne. Il organise la défense du village jusqu’au 2 mars, date à laquelle les Allemands déchaînent un bombardement par obus de tous calibres et asphyxiants. L’infanterie allemande attaque à 16 h 35. Elle est arrêtée et les Allemands se replient abandonnant de nombreux cadavres. Le 3 mars, il est sollicité pour attaquer le village de Douaumont. Il part à 17 h 45 des tranchées nord de la ferme de Thiaumont et arrive moins d’une heure plus tard à la lisière nord-est du village.

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Après une période de repos, le 170e RI est appelé une seconde fois sur le champ de bataille de Verdun le 24 avril 1916. Il monte en ligne le 25 dans le secteur de la Caillette. Il y tient jusqu’au 5 mai sous les tirs de destruction de l’artillerie ennemie. Le premier mai, à 18 heures, le régiment attaque les positions allemandes. Chassé par deux contre-attaques allemandes, un troisième assaut lui permet de reprendre les positions qu’il avait conquises et les conserve jusqu’à sa relève. Ses pertes sont sérieuses et font l’objet d’une citation du régiment à l’ordre de l’armée. Antoine Alexandre est nommé soldat de 1e classe le 31 mai 1916. Le régiment tient ensuite le secteur de la Pompelle jusqu’au 11 juillet 1916.
Après un repos d’un mois, ponctué d’exercices et d’entraînements, il part en Picardie, participant à la bataille de la Somme, et tient à partir du 11 août le secteur entre la route de Curlu à Cléry et la Somme, à la hauteur de la ferme de Monacu. Le lendemain, il reçoit l’ordre d’attaquer les deux lignes de tranchées allemandes et de conquérir la tranchée Heilbrunn. L’assaut débute à 17 h 15. Un quart d’heure plus tard, il a franchi les 900 mètres qui le séparent de son objectif et fait 250 prisonniers valides.

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Le 12 septembre 1916, il récidive en s’emparant de la tranchée des Berlingots et de Van, faisant encore 150 prisonniers. Il passe ensuite l’hiver dans le secteur de Pont-a-Mousson du 26 septembre 1916 au 18 janvier 1917. Après une période de repos pendant laquelle il se reconstitue, il est envoyé en chemin de fer à Château-Thierry où il arrive le 13 avril. Il est regroupé le 24 derrière Marzilly, près de Muizon et occupe le lendemain le secteur de l’ancien moulin de Loivre. C’est dans ce secteur , face au bois du Champ du Seigneur, qu’il attaque le 4 mai 1917. Les vagues d’assaut progressent mais sont soumises à de multiples contre-attaques allemandes ainsi qu’à des tirs d’artillerie violents stoppant finalement leur avance. Le 170e RI a toutefois conquis du terrain et fait 186 prisonniers. Ensuite, l’Historique du régiment devient particulièrement vague. Est-ce en rapport avec des actes d’insoumissions comme peut le laisser penser la lettre d’un Poilu datés du 2 juin 1917 : Je te dirais qu’ici tous mes camarades, c’est-à-dire ceux qui sont dans mon régiment, le 363e, ainsi que le 23e, le 133e, le 229e, le 170e, ainsi que plusieurs autres, ont refusé de monter à l’attaque ; c’est la grève. Nous ne connaissons pas l’ampleur ainsi que les sanctions prises au 170e RI. Laconiquement, de mai à septembre 1917, il tient les tranchées dans les secteurs de Courcy, Reims, Cernay et Bétheny. Le 26 septembre, il se retrouve au Chemin des Dames, à la Malmaison et effectue en prévisions de futures actions, plusieurs reconnaissances afin de récupérer des renseignements sur l’ennemi. Il passe ensuite l’hiver dans les Vosges où il occupe jusqu’en mai 1918 les secteurs de Linge, de la Tête de Faux et du Bonhomme, secteurs actifs où les échanges d’artillerie et les patrouilles actives sont nombreux. Relevé le 6 mai 1918, le régiment stationne quelques jours dans la région de Jussarupt et d’Herpelmont, puis est embarqué en chemin de fer pour la Champagne. Il arrive à Epernay le 31 mai et se porte au nord de la Marne, vers Villers/Châtillon. Il organise défensivement les bois de Rodemat, du Roi, de la Haute Charmoise entre autres et il prend position le 13 juin dans le secteur de Prémont, de part et d’autre du Clignon. Le 21 juin, il est chargé de s’emparer du bois du Croissant. L’attaque à lieu à 2 h 30, sans préparation d’artillerie afin de bénéficier de l’effet de surprise. Le régiment doit renouveler ses attaques à 9 h, 17 h et le 22 à 5 h 50 pour pouvoir occuper la totalité du bois. Antoine Alexandre fait alors l’objet d’une citation à l’ordre du régiment (n°339 du 10 juillet 1918) : à l’attaque des 21 et 22 juin 1918 s’est élancé vaillamment à l’assaut des positions ennemies et a fait preuve pendant toute l’opération du plus complet mépris du danger – n’a cessé de faire le coup de feu malgré les rafales de mitrailleuses et la violence du bombardement – soldat très courageux – belle attitude au feu. Le 18 juillet 1918, à 4 h 50, une offensive générale se déclenche.

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Le 170e RI se porte à l’attaque des positions ennemies de la croupe d’Haulevesne et de la ferme de Licy. Dès 7 h 25, les objectifs sont dépassés. L’attaque est reprise à 18 heures, mais Antoine Alexandre n’en fera pas partie. Il a été mortellement blessé d’un éclat d’obus à 17 h. Il avait 26 ans.

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Ses parents seront avisés de son décès le 22 août suivant.

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Peu après la fin de la guerre, il reçoit la Médaille Militaire à titre posthume

Echandelys.- La médaille militaire vient d’être attribuée à la mémoire du regretté Sauvadet Antoine-Alexandre, soldat au 176e régiment d’infanterie : « Soldat courageux et plein d’entrain, ayant donné de nombreuses preuves de sa bravoure et de son sang-froid. Mort glorieusement pour la France, le 18 juillet 1918, devant Licy-Clignon ».

Notre compatriote était, en outre, titulaire de la croix de guerre avec étoile d’argent et de cette autre belle citation à l’ordre du régiment : «  Aux attaques des 21 et 22 juin 1918, n’a cessé de faire le coup de feu, malgrè les rafales nourries de mitrailleuses et la violence du bombardement. Soldat très courageux. Belle attitude au feu ». Ce vaillant soldat était le fils de Mme et M. Sauvadet-Chonion, cultivateurs à Echandelys.- (Le Moniteur du Puy-de-Dôme du 8 mars 1921)

Puis son corps est rapatrié au cimetière d’Echandelys où il repose actuellement.

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Le Retour de nos Morts.- Un nouveau convoi de corps exhumés de la zone des armées est arrivé en gare de Clermont. Voici par commune, la liste des militaires morts pour la France qu’il ramène au pays natal :

Echandelys.- Sauvadet Antoine-Alexandre – (Le Moniteur du Puy-de-Dôme du 24 juillet 1921)

Echandelys.- Réinhumation.- Pour la troisième fois, la commune honorait, mardi dernier, la mémoire d’un de ses enfants, mort le 18 juillet 1918, au champ d’honneur : Sauvadet Antoine-Alexandre, classe 1912, dont les restes ont été ramenés au pays natal. Ce héros fut l’objet de citations élogieuses qui lui valurent la croix de guerre et la médaille militaire. La cérémonie, quoique d’une grande simplicité, a revêtu un caractère touchant, en présence d’un grand nombre de personnes. Au cimetière, un ami personnel du défunt a prononcé quelques paroles qui ont fortement ému l’assistance.- (Le Moniteur du Puy-de-Dôme du 3 août 1921)

Une réflexion au sujet de « Antoine Alexandre SAUVADET »

    Joseph Albert VIVAT « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    22 novembre 2017 à 19 h 46 min

    […] Laurence SAUVADET, originaire de Fiosson où elle est née le 20 juin 1898, elle même sœur de Antoine Alexandre, également Poilu. Le couple a quatre enfants vivants en 1940 et habite Fiosson. Joseph meurt en […]

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