Jules SAUVADET

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Seul garçon d’une famille de 3 enfants, il voit le jour à Lossedat le jeudi 24 avril 1884 à 8 h du matin. Son père, Antoine, propriétaire cultivateur, né également à Lossedat le 23 février 1849, s’est marié avec Marie Madelaine BOURNERIE du moulin de Géry (où elle était née le 5 mai 1847) le 2 octobre 1872 à Echandelys. Le couple donne tout d’abord naissance à Julie Sidonie le 6 juin 1874 à Lossedat. Jules, son petit frère, ne la connaîtra pas car elle décède à l’âge de 8 ans, le 8 octobre 1882. La seconde fille, Eugénie Gilberte, connaît un sort identique car née le 18 octobre 1878, elle meurt à Lossedat le 19 octobre 1889. Jules est donc pratiquement enfant unique.
Jules est également cultivateur lors de sa visite d’incorporation. Il mesure alors 1 m 65. Son visage est ovale, avec des yeux et des cheveux bruns. Tout d’abord ajourné pour faiblesse en 1905, il est versé aux services auxiliaires en 1906 pour varices remontantes.
Il se marie à Echandelys le 25 novembre 1909 avec Marie Adrienne GIDON, née à Brousse (les Pradeaux) chez son grand-père maternel, mais habitant aux Vers à Echandelys. Le couple donne naissance à Lossedat le 11 mai 1912 à Jeanne Marie Antoinette Emilie qui sera vraisemblablement leur seule enfant.
A la mobilisation, il arrive à la 13e section d’infirmiers militaires de Vichy le 18 septembre 1914. Il a alors 30 ans. Nous ne connaissons pas ses différentes affectations géographiques pendant cette période. La CS de Clermont-Ferrand le reconnaît apte au service armé le 29 mars 1915. Il est alors affecté au 98e RI de Roanne le 8 mai 1915. Alors que sa période à la 13e section d’infirmiers est considérée par sa fiche matricule comme s’étant déroulée à l’intérieur, il est considéré comme monté aux armées dès son affectation au 98e RI, sans notion de période d’entraînement, ce qui est inhabituel. Le 15 novembre 1915, il passe au 8e régiment d’infanterie coloniale et monte possiblement au front à cette période, mais est alors déclaré à nouveau à l’intérieur par sa fiche matricule. Le 8e RIC est alors en séjour à Vieil-Dompierre, au sud de Sainte-Menehould où il reste jusqu’au 1er décembre. Jules fait certainement partie des renforts qui permettent de compléter les unités fortement réduites par un long et pénible séjour à la main de Massiges. L’instruction, quoique gênée par la pluie et la neige suit toutefois son cours. Le 2 décembre, il est emmené par voie ferrée dans les environs de Meaux d’où il se rend par voie terrestre dans l’Oise (région d’Ormoy-le-Davien) où il cantonne jusqu’au 5 janvier 1916. La détente y est complète, loin du front, mais l’instruction poussée activement. Jules quitte alors le 17 décembre 1915 le 8e RIC pour le 56e RIC, créé récemment (en août 1915, issu du 6e régiment mixte d’infanterie coloniale). Ce régiment a été engagé dès le début sur le front des Dardanelles, puis après un repos d’un mois sur l’île de Mitylène, est transporté à Salonique le 10 février 1916. Jusqu’au 10 août 1916, le régiment est affecté à des tâches d’organisation (création de routes, de centres d’approvisionnement, de préparation du futur front). Il construit en particulier la route de Salonique à Sérès. Du 18 au 22 juin, en raison des troubles à Athènes, il reste en rade du Pirée, puis est renvoyé sur la rive droite de la Struma. Lorsque les Bulgares attaquent le 10 août 1916, il est envoyé en première ligne dans la région de Dobrovika, puis d’Ostrovo où il se reconstitue. En novembre, il participe à la sanglante attaque de Dolzeli, puis passe l’hiver 1916-1917 dans la région de Monastir.

MonastirCarte.jpg

Il y alterne avec d’autres régiments la garde des tranchées de première ligne les reconnaissances, la réfection des routes, les périodes de reconnaissances et le repos.

monastir

Le 9 mai 1917, Les Roumains, à peine devenus alliés de l’Entente, subissent la pression des puissances centrales que l’insuffisance numérique des troupes de l’armée d’Orient ne permet de soulager. Seules des opérations à but limité peuvent être envisagées. Le 56e RIC est un des régiments désignés pour cette mission, le front qu’il occupe, saillant étroit en cuvette, dominé de tous côtés par les positions ennemies, rendant difficile toute attaque. Dans le sol rocheux, il est impossible d’établir des parallèles de départ, l’ennemi observant de plus tous les mouvements de troupe ainsi que tous les travaux. Dès leur départ, les troupes d’assaut devront marcher 2 à 300 mètres en terrain découvert, sous des feux de front et de flanc et à 200 mètres des premières lignes bulgares. Dès le tir de préparation, les Bulgares, qui avaient été prévenus par des déserteurs russes, riposte, réduisant l’effectif du régiment à 32 officiers et 1150 hommes. L’attaque se déclenche à 6 h 30. La première ligne de tranchées est atteinte par de rares éléments isolés, mais doit être abandonnée au bout d’une demi-heure de combats sanglants. L’ordre d’attaquer à nouveau est reçu à 8 h 10. Les officiers rescapés signalant que la préparation d’artillerie a été insuffisante (réseaux de barbelés et tranchées de seconde ligne intacts), un nouvel ordre d’attaque arrive, fixant l’opération pour 10 h 15. Le commandant BERECKI, commandant le régiment, rend compte que celle-ci sera impossible avant 15 h. Elle est toutefois maintenue pour 11 h 15. Un quart d’heure plus tard, les soldats indemnes reviennent, pris sous des tirs encore plus violents que lors de la première attaque. A 12 h 05, un nouvel ordre d’attaque arrive pour 17 h 30. Les deux bataillons réduits à l’état de débris (il reste 26 fusils et 3 sections de mitrailleuses pour l’un d’entre eux) sont renforcés par deux bataillons qui ne connaissent pas le secteur. Cette dernière attaque, tout aussi meurtrière est clouée sur place moins d’un quart d’heure après son début. Dans les jours suivants, les débris du régiment sont envoyé au repos et se reconstitue. Il est ensuite employé à la garde des tranchées jusqu’à sa dissolution fin août 1918. Les conditions sont rudes, en particulier pendant l’hiver restant.
Jules est ensuite affecté au 94e bataillon sénégalais le 10 mai 1918, puis au 110e BS le 15 juin 1918. En l’absence de documents concernant ces unités, il nous est impossible de suivre leur parcours en Orient.
Nous savons seulement que Jules regagne Echandelys le 20 mars 1919. Il a alors 34 ans. Il meurt aux Vers en 1948.

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