Joseph BERTIN

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Né le 14 septembre 1870 à 11 h du matin à Lossedat, c’est le dernier enfant d’une famille de 7. Peu de ses frères et sœurs ont en fait atteint l’âge adulte. C’est sa mère, Michelle POINTUD, qui est originaire d’Echandelys (des Enclos où elle est née le 17 avril 1833, ses parents déménageant ensuite à Lossedat), alors que son père, Pierre, cultivateur, est originaire de Pissis, commune de Condat-lès-Montboissier où il est né le 22 novembre 1827. Ses parents se marient à Echandelys le 24 mai 1855 et donnent naissance tout d’abord à Lossedat à Marie le 26 octobre 1857, qui va mourir à l’âge de 22 ans. Arrive ensuite Annet Marie le 9 décembre 1859. Marié en 1883 à Jeanne Julie FOUGERE, il sera père de Pierre Gustave et Alexis Marius, tous deux soldats pendant la Première Guerre Mondiale. Naissent ensuite Jeanne Marie le 8 juillet 1862, Marie Julie le 25 octobre 1867 puis Pierre Antoine le 24 février 1866 mais qui vont mourir respectivement à l’âge de 18 ans, 1 an et 4 mois. Enfin, immédiatement avant Joseph, Alexis vient au monde le 30 janvier 1868. Il se marie avec Marie Pétronille RIGOULET mais meurt en 1893. Se remariant, Marie Pétronille donnera naissance à Pierre Marius MOURRAS qui va mourir en novembre 1916 au Pressoire.

Joseph est cultivateur lors de sa visite d’incorporation. Il mesure 1 m 55, possède des cheveux châtains, des yeux bruns avec un visage ovale. Son nez est petit, avec un menton rond. Ajourné pour faiblesse en 1891 et 1892, il est incorporé au 92e RI de Clermont-Ferrand le 11 novembre 1893. Il est démobilisé moins d’un an plus tard et regagne Echandelys le 25 septembre 1894. En 1897, il habite rue Barbiziale à Issoire, au n°57 et s’y marie le 19 janvier 1901 avec Marie DARTEYRE.

Après plusieurs périodes de rappel au 92e RI, il est dans l’armée territoriale lorsque la Première Guerre Mondiale éclate. A 44 ans, il est alors appelé au 99e RIT de Clermont-Ferrand et y arrive le 29 mars 1915. Il est certainement resté au dépôt car dès le 19 mai, il est affecté au 259e RIT qui vient d’être nouvellement formé et dont le 3e bataillon, constitué à Ambert, intègre des hommes des 13e, 99e, 100e et 101e RIT. Le 1er juin 1915, les trois bataillons, d’origine diverse, sont réunis au camp d’Avord. L’état major est établi à Saint-Germain-du-Puy. Jusqu’au 10 août 1915, les hommes subissent un entraînement intensif car une majorité d’entre eux n’a pas eu d’instruction militaire poussée. Le 11, le régiment arrive au camp retranché de Paris et occupe les cantonnements de Lagny, Jossigny, Choisy-le-Roi, Villeneuve-Saint-Georges et Villiers-sur-Marne. Il n’a pas de mission spéciale et les hommes s’occupent à creuser des tranchées en renforcement de celles déjà établies de la lisière sud du bois de Chigny à l’angle sud du parc de Guermantes.

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Le 13 septembre 1915, le régiment se rend par étapes sur Haramont et Taillefontaine. Il a pour mission de mettre en défense le secteur Brasson-Longpont et exécute en particulier des tranchées au nord de la ligne Roys – Saint-Nicolas – Mortefontaine – Longavesne jusqu’au 29 septembre 1915. Le 30 septembre, il embarque à Villers-Cotterêts et débarque le lendemain dans la Meuse, à Longeville, puis se rend par étapes à Longchamps où un centre d’instruction a été constitué afin de former des mitrailleurs, téléphonistes, bombardiers et pionniers. L’instruction est faite sous la direction d’officiers venus de Verdun. Le 14 octobre, deux bataillons, les 1er et 3e monte en tranchées arrières respectivement aux tranchées de Malimbois et des Hautes-Charrières pour le 1er et au niveau du fort des Paroches, des ouvrages O, A et du ravin des Fumées et des Sapinettes pour le 3e. Le 2e bataillon creuse des tranchées à Thillombois.

Le 25 octobre, le 259e RIT se rend par étapes sur Flirey. Il est chargé d’y terminer un système de tranchées s’étendant de la route de Noviant à Limey à l’est jusqu’à la corne du bois de Jury à l’ouest. Toutes ces positions sont vues par les Allemands qui ne manquent pas de réaliser un arrosage méthodique. Le mois de décembre amène des pluies continues qui font combler les boyaux et s’écrouler les tranchées. Le bombardement redouble et même les régiments en ligne (les 227e et 163e RI) ne peuvent lutter contre les éléments. Le 259e RIT est chargé d’assurer le service en première ligne à la Courtine, entre le Chapeau et le bec de Canard et au bois de Jury.

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Les bombardements sont fréquents. Le service est assuré par des hommes de 45 ans dont certains ont des fils aux tranchées voisines (le 227e RI et le 259e RIT sont pour certains bataillons de la même région). Aux Allemands occupant le bois de Mortmare, s’ajoute l’eau qui monte jusqu’à la cheville dans certains boyaux, la boue, le manque d’abris et les cadavres des tués de l’offensive d’avril 1915 qui réapparaissent à chaque glissement de terrain. En raison des bombardements incessants tant en ligne que sur les cantonnements de repos de Bernécourt et de Noviant, les pertes sont importantes et trop de camarades restent dormir sous les croix blanches à cocarde tricolore lorsque le 15 mai 1916 le 259e RIT quitte le secteur.

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Il bascule en plusieurs nuit sur Broussey et occupe trois jours plus tard la lisière des bois de Saulcy, Sans-Nom, Bas, de Besombois, le Boqueteau, la Sapinière ainsi que l’étang de Vargevaux. Le coin est tranquille car, si les Allemands, installés sur les Hauts-de-Meuse le dominent, il est en sous-bois ou en terrain couvert. D’autre part, un terrain marécageux de 1 500 à 1 800 mètres sépare les premières lignes. Les rares coups de main allemands échouent. Les hommes s’occupent à la réalisation de tranchées en superstructure en raison du caractère marécageux du sol et de baraquements en sous-bois, avant l’arrivée de la pluie qui va tout inonder. Le 16 novembre 1916, le régiment est retiré du front et commence sa dissolution. Il garde les hommes les plus âgés, les autres étant versés dans d’autres régiments. Le 5 décembre 1916, il arrive par voie ferrée à Fismes. Dès le lendemain, il est affecté à la construction de la voie ferrée de Fismes à Bouleuse. Le 6 février 1917, le régiment est dissout. Les 1er et 4e bataillons deviennent bataillons isolés et le 1er est dit bataillon d’avant. Ils restent à Crugny dans la Marne et sont occupés à construire la voie ferrée de Fismes à Bouleuse. Le 4 avril 1917, ils sont mis à la disposition du réseau de voies de l’armée pour le 1er et au service de santé des armées pour le 4e.

Le 15 juillet 1917, Joseph est détaché comme agriculteur à Issoire. Il passe virtuellement au 53e RA le 10 novembre 1917 et est définitivement libéré de ses obligations militaires le 10 décembre 1918.

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