Alexis Marius BERTIN

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Second d’une famille de deux garçons qui seront tous deux soldats pendant la Première Guerre Mondiale, Alexis Marius naît à Lossedat le vendredi 24 juin 1887. Son père, Annet Marie, propriétaire au-dit lieu, avait hérité de la ferme familiale en tant qu’aîné des fils. Il se marie le 3 février 1883 à Echandelys avec Jeanne Julie FOUGERE des Amouillaux (commune de Saint-Eloy-la-Glacière) où elle était née le 21 février 1862. Quatre ans plus tôt, le 27 octobre 1883, était venu au monde, toujours à Lossedat Pierre Gustave. Leur oncle paternel le plus jeune, Joseph, né en 1870, sera également soldat pendant la Grande Guerre.
Alexis est agent voyer en 1908 lors de sa visite d’incorporation. En raison d’une perforation du tympan droit avec otorrhée, il est exempté du service militaire. Mais le conseil de révision de Clermont-Ferrand du 8 décembre 1914 le reconnaît apte au service armé. Il lui suffira d’écouter de l’oreille gauche ! Il est incorporé au 85e RI de Cosne le 15 février 1915. Il a alors 27 ans. Il bénéficie d’une période d’instruction qui se termine le premier juin 1915. Le lendemain, il est affecté au 79e RI de Nancy. Le régiment vient de participer à l’offensive d’Artois dans le secteur de Neuville-Saint-Vaast. Il est au repos autour d’Aubigny, Izel-les-Hameaux et Hermaville lorsque Alexis le rejoint. Il remonte ensuite en ligne, mais le secteur est devenu plus calme. Après s’être reformé en Lorraine, à Lupcourt, il est amené à prendre part à une nouvelle offensive, en Champagne, à la butte du Mesnil. Bien que la butte soit prise le 25 septembre, pendant près de 3 mois, jusqu’au 15 décembre 1915, c’est une succession ininterrompue de coups de main dans les nuits froides, de luttes au corps à corps dans les boyaux glissants, de nuits à épier les moindres bruits. Les ravitaillements sont systématiquement bombardés, de jour comme de nuit.

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En ce début d’hiver, un second ennemi arrive : c’est l’eau qui insidieusement, découvre les cadavres et fait s’écrouler les boyaux. Fin 1915, le régiment est mis au repos au sud de Vitry-le-François, puis en janvier 1916 en Lorraine près de Benney, Lemainville, Burthecourt et Tonnoy. Du 13 février au 5 mars 1916, il tient le secteur d’Ecuelle, sur la rive gauche de la Seille. Mais la bataille de Verdun vient de s’engager. Après un séjour d’une semaine au sud de Bar-le-Duc (à Combles et Brillon), le régiment monte par étapes à la bataille. Il reste en réserve au bois de Béthelainville et sous les bombardements incessants, exécute des travaux de défense autour d’Esnes. Dans la nuit du 26 au 27 mars 1916, il monte en ligne. Le relève est difficile, la route de Béthincourt, éclairée par les projecteurs allemands du Mort-Homme est constamment bombardée. Tout un bataillon y tient en entier, en colonne par quatre. Il n’y a pas de talus pour s’abriter. Les morts et blessés sont nombreux, avant même les premiers combats. Tous les soirs, les Allemands attaquent. Le 2e bataillon est en première ligne tandis que le 1er bataillon organise une ligne de résistance au sud du ruisseau des Forges en reliant les ouvrages Palavas et Alsace. Bientôt, le 2e bataillon, débordé est rejeté sur le ruisseau et reçoit l’ordre d’évacuer sa rive nord. Le 1er bataillon se retrouve en 1ere ligne le 1er avril 1916. Les Allemands restent actifs jusqu’au 8 avril, date à laquelle le bombardement s’intensifie, laissant présager une action de grande envergure. L’ouvrage de Romémont, Béthincourt ainsi que la cote 304 sont écrasés sou les tirs de 210.

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Le 9 avril, les Allemands attaquent à 12 h 30. Le premier assaut est repoussé. Vers 15 h, une nouvelle attaque est à nouveau enrayée, aux pris de nombreuses pertes. 300 hommes ont été mis hors de combat. Alexis est fait prisonnier non loin de l’ouvrage de Romémont, à Malancourt.

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Le lendemain, les ouvrages Romémont et Alsace sont perdus. Pendant cette période, le régiment a perdu 1424 hommes dont 224 tués, 565 blessés et 635 disparus. Sa famille n’est avisée de sa disparition que le 5 juin 1916. Prisonnier, Alexis est tout d’abord interné à Giessen, en Hesse (camp connu comme le camp de la faim, 48 prisonniers français y sont morts de faim), camp de transit accueillant aussi de nombreux civils déportés.

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Puis le 22 juillet 1916, il est dirigé sur celui de Preussisch Holland situé en Prusse orientale et réservé uniquement aux soldats. Il n’est libéré que le 30 janvier 1919, puis est envoyé en congé de démobilisation le 9 juillet 1919. Il regagne alors Echandelys pour peu de temps car s’il s’y marie le 14 septembre 1920 avec Fanny Berthe BOURNAC née au Havre en 1883, il déménage à Issoire où il devient agent voyer comptable au service vicinal. Bien qu’il se plaigne de troubles de la mémoire, la CS de Clermont-Ferrand en date du 24 octobre 1924 ne le propose pas pour une pension, son invalidité étant inférieure à 10%. Il meurt à Issoire en 1956, presque 2 ans jour pour jour avant son épouse.

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