François Louis DERRODE

Publié le Mis à jour le

MedMili

Dernier d’une famille de 4 enfants, il arrive au monde au Cluel le lundi 21 mars 1881 à 3 heures du matin. Son père, Jean Pierre, scieur de long était né à Champetières le 4 avril 1845. Il se marie à Echandelys le 19 août 1873 avec Louise Marie SAUVADET, du Cluel, née le 4 mai 1852. Le couple habite chez les parents de Louise Marie au Cluel. C’est là que naissent tout d’abord François le 26 avril 1875 (qui sera également soldat pendant la Grande Guerre), Joseph le 13 avril 1878 (réformé à plusieurs reprises pour un ankylose du genou, il ne fera pas totalement son service militaire ni ne participera à la Première Guerre Mondiale – devenu buraliste, il s’éteindra au bourg où il exerçait le métier de receveur buraliste le 15 décembre 1925 à l’âge de 47 ans) et Jeanne Mélanie le 8 novembre 1879 (mariée à Cunlhat en 1903 avec Jean Marie CHABROL, soldat de la Grande Guerre, le couple continuera à habiter au Cluel à la mort de Jean Pierre DERRODE survenue en 1883.

Louis est scieur de long en 1901 lors de sa visite d’incorporation. Il est absent, considéré comme bon pour le service mais dispensé, son frère aîné François étant sous les drapeaux. Il mesure 1 m 67, possède des cheveux châtains et des cheveux bruns. Son visage est ovale, avec un menton rond et un nez aquilin. Il n’est incorporé au 75e RI de Romans que le 14 novembre 1902. Il est renvoyé dans ses foyers avec son certificat de bonne conduite et regagne Echandelys le 22 septembre 1903. Il fait certainement des campagnes de scieur de long dans la Marne (Ponthion et la Moue) en 1906 et 1908, dans la région de Fontainebleau (Gouaix) en 1910 et 1914 et dans la région de Soissons (Epieds) en 1913.

Gouaix.jpg

A la déclaration de la guerre, Louis arrive au 16e RI de Montbrison le 11 août 1914. Il est âgé de 33 ans. Le 6, le régiment s’était embarque en 3 trois trains pour atteindre Horol dans les Vosges le lendemain dans la soirée. Les trois jours suivants servent à compléter l’organisation des unités avec l’arrivée des réservistes dont Louis fait partie ainsi qu’à la vérification du matériel. Le 10, le mouvement commence par Thaon-les-Vosges, Rambervillers et Baccarat. Le 14, le régiment est confronté à la vision du village de Parux incendié par les Allemands.

Parux.jpg

Le 14 au soir, le régiment entre dans Cirey après une longue attente sous l’orage. Le 16 août, il franchit la frontière près de Bertrambois. Dans la nuit surviennent les premières escarmouches avec des cyclistes allemands : premiers blessés. Après un cantonnement à Voyer, c’est le départ pour Schneckenbuch où le régiment s’installe sur le plateau voisin. Les vivres n’arrivant plus depuis trois jours, les soldats réquisitionnent sur place les victuailles. A l’aube du 19, les premiers bombardement allemands qu’essuie le régiment font quelques victimes. Le lendemain, les bombardements s’intensifient et sont plus meurtriers. Malgré tout, les hommes commencent le creusement de tranchées. L’ennemi attaque bientôt : vers 14 heures, il franchit le canal en petits paquets. Ils sont repoussés au prix de pertes sévères (156 tués). Le lendemain matin, le régiment, conformément à de nouveaux ordres se reforme et se réorganise sur la rive sud du canal à l’ouest de Hesse ; on réorganise promptement les unités. Puis, toute la journée, c’est le repli par échelons qui occupent successivement les positions de Züffol, de Lorquin, du bois de la Minière. La 6e compagnie, laissée en arrière-garde à la lisière nord de Lorquin, combat jusqu’à ce qu’elle ait perdu son chef et les 3/4 de son effectif : le reste, cerné est obligé de se rendre. Puis c’est la retraite du 21 au 24, par Fraquelfing, Hattigny, Tanconville, Frémonville, Harbouey, Nonhigny, Montigny, Azerailles, Glonville, Ménarmont, Xaffévillers, Roville, Romont.

On s’arrête sur la Mortagne et le 24 on entreprend la construction de tranchées devant Xaffévillers. L’ennemi ne se montre pas. Le 25 août, le régiment part pour les hauteurs de la Grande-Pucelle et attaque Saint-Pierremont. Mais les Allemands y sont en force et conservent le village. Cette nouvelle action coûte des pertes très graves. Le 26 au matin, alors que le régiment se replie sur Moyemont, l’ordre arrive de faire demi-tour : il faut chasser l’ennemi au-delà de la Mortagne. Le régiment aide le 121e RI à reprendre Saint-Maurice-sur-Mortagne. Les 27, 28 ,29, il attaque Xaffévillers à quatre reprises, de jour ou de nuit, s’en empare deux fois, mais est amené à l’évacuer. Le combat de nuit du 28 au 29 a lieu dans la plus profonde obscurité, sous une pluie d’orage. L’ennemi est surpris en désordre dans le village, mais du côté français également, le mouvement est aveugle et ne donne pas les résultats escomptés. Ces engagements répétés ont affaibli de plus en plus les effectifs (268 morts) et malgré un renfort de 800 hommes arrivé dans la matinée du 28 le régiment se trouve réduit à 1 450 hommes. Il n’y a plus ni chef de bataillon, ni capitaine. Plus de la moitié des compagnies sont commandées par des sous-officiers.

xaffévillers.jpg

Le 29 au soir, le 16e RI est déplacé à l’arrière, à Hardaucourt, à 2 kilomètres du champ de bataille pour se reformer. Le 1er septembre, il remonte en ligne devant Roville-aux-Chênes, tenant la position pendant 8 jours. Le 4 septembre, le déclenchement subit d’un tir violent de 150, dans le Parc de Roville à l’est du village, qui atteint les 3e et 4e compagnies. Elles perdent 109 hommes. Le P. S. installé au presbytère regorge de blessés, lamentablement déchiquetés ; il est pris à partie à son tour par le canon. Les médecins, le curé, les soeurs de la charité résidant dans le village se prodiguent pour panser les plaies, dégager les salles où les victimes sont couchées au milieu des plâtras, des vitres et des glaces brisées, des plafonds effondrés, de la vaisselle réduite en poussière. Aux malheureux qui crient « à boire » on a quelques gouttes d’eau à peine à distribuer. Il faut la tombée de la nuit et le repos habituel qu’elle amène pour apporter un peu de soulagement, de paix, d’ordre et de calme dans ce temple de souffrance. (Historique du 16e RI Imprimerie Serre Montbrison 1919).

Roville.jpg

Après une attaque sur Doncières qu’il enlève, le régiment est mis à l’arrière le 9 septembre 1914 au soir pour gagner Creil (Oise) en train le 13.

Du 16 septembre au 6 octobre 1914, il va combattre en Picardie. Le 16, il résiste à une attaque allemande sur Dreslincourt. Malgré tout, l’ordre de retraite arrive le 17. Elle se déroule vers Bailly en passant par Pimprez. C’est alors qu’on constate l’absence de toute la 8e compagnie et d’une partie de la 7e qui, isolées du côté du cimetière de Dreslincourt, n’avaient pu se dégager à temps : les agents de liaison chargés de leur communiquer l’ordre de repli étaient d’ailleurs tombés en cours de route.

Après un court repos à Longueil, le régiment est engagé devant Lassigny le 22 septembre. Il coopère à des actions très vives sur la croupe de l’Arbre de Canny, la Taulette, la Malmaison et le 25, il occupe Fresnières et Crapeaumesnil. Pendant 5 jours, il multiplie les reconnaissances offensives en direction des fermes d’Haussu et Sébastopol, il subit journellement des bombardements. A sa gauche, le 4e C. A. est repoussé jusqu’à l’ouest de Roye (Somme). A son tour, le 16e RI est attaqué les 30 septembre et 1er octobre dans Crapeaumesnil, le Buvier et Fresnières. Mais épuisé par les pertes sensibles, il est obligé le 2 octobre au matin, de rétrograder sur le bois des Loges à un kilomètre en arrière.

Recueilli par son compagnon d’armes, le 98e RI., il se reforme à la hâte et contribue à garnir les lisières. Les deux régiments frères (tous deux issus de Clermont-Ferrand) voient, pendant 4 journées d’attaque, déferler les vagues allemandes. Soumis aux barrages d’artillerie les plus violents, terrés dans des tranchées à peine ébauchées, les deux régiments entremêlés au coude à coude, brisent les 3, 4, 5 et 6 octobre, des dizaines d’assauts, contre-attaquent à chaque instant afin de rejeter les éléments d’infanterie adverse. Le front se stabilise alors.

Le 12 octobre, le 16e RI glisse alors de quelques kilomètres pour tenir le secteur de Beuvraignes dont le village est partagé entre les deux belligérants.

Beuvraignes.jpg

La vigilance un peu nerveuse des sentinelles et des postes dans ces préludes d’une forme inattendue de la guerre s’alarmait facilement : il en résultait des fusillades nocturnes très nourries qui ne tardaient pas à devenir générales, s’étendant parfois sur plusieurs kilomètres du front et se prolongeant pendant des heures. L’artillerie s’alertait spontanément, ou sollicitée par les appels de l’infanterie, mêlait sa grosse voie au claquement des balles, et les terrassiers ou sapeurs, prompts à prendre leur part de l’imaginaire bagarre, abandonnaient la pelle pour le fusil. L’obscurité était mise à profit, d’autre part, pour les multiples nécessités de la vie quotidienne, auxquelles il eut été imprudent de pourvoir en plein jour, sous l’œil d’un ennemi aux aguets. C’est alors que circulaient les corvées, que se préparaient les aliments, que s’effectuaient les ravitaillements et distributions, que se rassemblaient les matériaux indispensables à la défense ou à l’aménagement des installations. La main-d’oeuvre disponible pour la sape en était réduite d’autant. Enfin l’inexpérience des hommes rendait la progression assez lente. Le travail de sape dont fait mention cet extrait de l’Historique du 16e RI correspond à la volonté de l’état-major français d’essayer de reconquérir la moitié restante du village en faisant exploser des mines sous la partie « allemande ». Cette technique n’aura pas l’effet escompté et en dehors de quelques petits gains territoriaux à l’ouest en rapport avec l’attaque du 121e RI de fin octobre 1914, la situation restera inchangée jusqu’au repli allemand de 1917.

BeuvraignesMines.jpg

le 24 novembre 1914, le 16e RI relevé par le 103e RI, part à Canny-sur-Matz relever un régiment mixte de tirailleurs algériens et de coloniaux. Le séjour va durer dix mois, dans ce secteur plat, fait de l’agglomération de grosses fermes à betteraves. Le château n’a que l’intérêt de posséder une cave qui va servir de domicile à un chef de bataillon. Le temps se passe entre tentatives d’assaut afin d’enfoncer le front bien figé, et répliques contre les mêmes tentatives allemandes, le tout ponctué de bombardements de diverses intensités. Progressivement l’organisation se met en place, tant au niveau des infrastructures avec l’amélioration des abris, tranchées et boyaux, qu’au niveau de l’utilisation des hommes avec mise en place de roulements permettant à chaque bataillon, à tour de rôle, de se retrouver à l’arrière afin de se reposer et parfaire son instruction. Le 5 février 1915, Louis est muté au 13e RI. Son nouveau régiment tient le secteur d’Hurtebise où il vient de combattre violemment. Lorsque Louis y arrive, le secteur est devenu calme et le régiment organise ses positions. Il le quitte le 9 juin 1915 pour le secteur de Puiseulx (près de Reims). Il y poursuit les travaux d’organisation déjà engagés malgré les violents bombardements allemands sur le fort de la Pompelle et la ferme d’Alger.

FortPompelle.jpg

A partir du 26 août 1915, le régiment est envoyé dans le secteur de la Ville-aux-Bois dans l’Aisne afin d’y exécuter les travaux préparatoires à une attaque d’envergure. Pendant un mois, le travail s’effectue sous de violents bombardements. Le 24 septembre, les parallèles de départ sont terminés et les troupes attendent l’ordre d’attaquer. La préparation d’artillerie commence à midi. Le 29 septembre, le régiment apprend que l’offensive est repoussée à une date indéterminée. Il occupe alors le secteur sans incident jusqu’au 15 novembre 1915. Mis au repos pendant un mois, Louis est mis en sursis d’appel comme bûcheron à Gouaix, dans la région de Fontainebleau, où il a passé quelque temps comme scieur de long avant la guerre. Nous ne savons pas pendant combien de temps il y est resté. Aussi allons nous considérer qu’il remonte en ligne lors de son passage au 229e RI le 7 juillet 1916. Son nouveau régiment gagne progressivement par voie de terre la Somme où se déroule l’offensive. Les 30 et 31 juillet 1916, il occupe les tranchées près de Curlu (Chapeau du Gendarme, tranchées des Cariatides et carrières d’Eulembourg) où il essuie de violents bombardements. Le 30, la 19e compagnie enlève la ferme de Monacu et la met en défense.

CurluFermeMonacu.jpg

Le lendemain, la tentative d’enlever le boyau nord de la ferme échoue, occasionnant au même titre que le bombardement allemand permanent des pertes sensibles. Le 3 août, une attaque allemande venant du bois Gachette, bien que repoussée, entraîne la perte d’une compagnie .Le reste de la 19e est alors relevé et mis aux carrières d’Eulembourg.

CurluFermeMonacu2

Le 7 août, le 229e RI attaque les bois n°2 et 3 mais est repoussé. Le lendemain, il parvient à prendre une partie de la tranchée de Lipa et le bois 3 et résiste à de fortes contre-attaques. A partir du 9 août, il est relevé et cantonne jusqu’au 31 août autour de Cerisy et Chipilly. Il repart ensuite au nord de la Somme, relevant le 23e RI et le 3 septembre, il reçoit l’ordre d’attaquer à 12 heures. Il atteint son objectif 7 h 30 plus tard, occupant la tranchée de Mossoul qu’il garde malgré plusieurs contre-attaques. Il fait 450 prisonniers, prend 6 canons de 150, 2 canons de tranchée, 2 lance-bombes, 2 mitrailleuses et 4 dépôts d’obus. Deux jours plus tard, il est relevé et part se reformer dans la région de Saint-Aubin et Montenoy. Embarqué en chemin de fer à la gare de Plouzel, il gagne l’Argonne et monte dans le secteur de la Mitte (près de Four-de-Paris) où il relève le 123e RI. Le 5 octobre 1916, à 7 heures, l’explosion d’une mine entraîne quelques pertes humaines mais le régiment reste sur ses positions. Relevé dans la nuit du 5 au 6 novembre, il est à l’instruction près de Sainte-Menehould, puis remonte en ligne dans son secteur précédant. Il y reste jusqu’au 16 décembre 1916, et y subit l’alternance de jours calmes et moment plus mouvementés. Le 13 décembre, il exécute un coup de main, permettant de faire des prisonniers et de faire sauter des entrées de mines allemandes. Relevé le 16 décembre, il cantonne à Sainte-Menehould, puis à Vernancourt, Blacy et se rend le 3 janvier 1917 au camp de Sainte-Tanche, près du camp de Mailly. Il participe à des manœuvres jusqu’au 18 janvier. Il gagne ensuite à pied la Champagne pendant la seconde quinzaine de janvier, étapes pénibles par des températures de – 20 °. Il tient ensuite le sous-secteur de Moulin-Malot, devant le fort de Brimont (à l’ouest de Reims), puis quelques jours plus tard, les quartiers de Chauffour, les carrières et le saillant de Villers-Franqueux. Il y reste jusqu’au 10 mars, avec 2 compagnies en réserve à Thill et la période est calme. Il y exécute des travaux d’aménagement et de préparation d’attaque.

VillersFranqueux.jpg

Du 11 au 23 mars 1917, il fait de l’instruction par petites unités au camp de Ville-en-Tardenois, puis se rend par étapes pour reprendre le secteur de Moulin-Malot à l’ouest de Reims. Il y reste jusqu’au 11 avril, date à laquelle il exécute un coup de main permettant de prendre 7 prisonniers. Les jours suivants se déroulent au bivouac dans les abris du fort Saint-Thiéry et dans la nuit du 15 au 16, il remonte enligne en vue d’une attaque qui débute à 5 heures. Celle-ci n’apporte pas les résultats escomptés et retourne au fort Saint-Thiéry et à Villers-Franqueux. Dans la nuit du 20 au 21 avril. Ses pertes ont toutefois été sévères. Le 4 mai, il a pour mission de s’emparer de la voie ferrée et du pont de chemin de fer devant Berméricourt. L’objectif est atteint en quelques heures. Relevé le 5 mai, il gagne en camion Vrigny, puis Sarcy-Camp et Sommes-Suippe. Le 17 juin, il occupe le secteur sud de la Dormoise, dans la région de Tahure où il reste jusqu’au 20 juillet, et part ensuite occuper les quartier de Voussoir et de Soury-Lavergne dans le secteur d’Hamon. Il se repose ensuite du 5 au 14 octobre vers Francheville et Dampierre-sur-Moivre, puis à Rembercourt-aux-Pots. Le 15 octobre 1917, il est transporté en camions à Verdun et s’installe dans les casernes avant de relever le lendemain le 14e RI à Mormont-Ouest. Jusqu’au 30 octobre, il y subit des pertes importantes en raison des bombardements et des nombreux coups de main allemands. Au repos pendant quelques jours aux abris de la cote du Poivre, il repart à Mormont-Est où il retrouve une situation identique. Il est exsangue lorsqu’il est relevé le 18 novembre 1917. C’est au repos à Belleville et à Jardin-Fontaine qu’il apprend qu’il va être dissout. Louis passe alors au 53e régiment d’infanterie coloniale le 25 décembre 1917.

Son nouveau régiment est en ligne dans la forêt d’Apremont où il occupe jusqu’au 28 mars 1918, les sous-secteurs de Commercy, des Etangs et de tête-à-Vache. Deux bataillons sont en ligne, un au repos (12 jours de tranchées, et 6 de repos). Les Allemands se livrent régulièrement à des coups de main. Le 20 mars 1918, ils se livrent à une véritable attaque après une forte préparation d’artillerie. Elle sera sans suite. Le 29 mars, il se retrouve à occuper le secteur allant de Villote-devant-Saint-Mihiel à la ferme Louvent. Les conditions sont les mêmes. Le 53e BIC est relevé les 29 et 30 mai 1918 et s’embarque en chemin de fer pour la Ferté-Gaucher. Aussitôt débarqué, il est emmené en camions et est amené à participer à la défense de Château-Thierry fortement menacé par l’avance allemande. En outre, au sud de la Marne, se trouvent deux autos-mitrailleuses, un détachement américain servant 15 mitrailleuses et les compagnies 7/13 et 7/63 du génie. Un détachement du génie d’armée est préposé à la destruction éventuelle des ponts. Les troupes ennemies commencent à se montrer dans le faubourg Saint -Martin (ville Nord) et la lutte des rues s’engage. D’abord avec succès, à 4 h. 15, place de l’Eglise, à 5 heures, place du Palais-de-Justice, à 8 heures, Courqueux où les Allemands sont repoussés. Mais c’est sur la gauche que s’affirme la pression ennemie. Les pertes y sont sensibles et les deux PC du colonel sont successivement démolis. Un avion allemand, volant à faible altitude, règle les tirs. De fortes colonnes ennemies sont aperçues se faufilant vers le faubourg Saint-Martin. A 16 h. 45, l’ordre est donné de faire sauter le pont du chemin de fer. Les autos-mitrailleuses sont envoyées en patrouilles dans le faubourg, mais sont rapidement mises hors d’usage et ramenées. Mais les mitrailleuses françaises paralysent le développement de l’attaque et à 18 heures, on peut considérer l’attaque comme enrayée et la compagnie 7/63 du génie quitte Château-Thierry quand, à 18 h. 30, le bombardement recommence avec une nouvelle violence. L’ennemi reprend l’assaut avec des forces sans cesse accrues. La résistance se maintient acharnée et, jusqu’à 20 heures, la situation est satisfaisante. Mais la pression allemande s’accentue encore sur la gauche. Certaines compagnies sont réduites au ¼ de leur effectif et un se forme entre la Marne et les troupes françaises. Le repli est ordonné sur la rive gauche de la Marne et à 22 heures, le pont saute, interdisant le passage de la Marne aux Allemands.

ChateauThierryPont.jpg

Si Château-Thierry n’a pu être sauvé en entier ,elle est du moins, dans sa partie sud, restée entre nos mains, et surtout, le point capital, les Allemands n’ont pu franchir la Marne, où ils sont définitivement arrêtés. Dans les nuits du 25 au 26 et du 26 au 27 juin, le régiment quitte le secteur de Château-Thierry, relevé par le 153e RI, et va cantonner dans la zone des Bussières. Le 28 juin, il est embarqué en camions-autos pour venir occuper cantonner dans la région de Luzarches (Seine-et-Oise). Le 3 juillet, le régiment est désigné pour participer, le 4 juillet, à Paris, à la Fête de l’Indépendance Day et s’embarque en chemin de fer à Belloy-Saint-Martin. Le lendemain, il défile avec le régiment américain, avenue Wilson, devant le Président de la République. Le 5 juillet, il rentre dans ses cantonnements. Dans la nuit du 5 au 6 juillet, il est enlevé en camions et vient occuper, le 8 juillet, la région de Venteuil (Marne). Dans la nuit du 14 au 15 juillet, commence le bombardement allemand, prélude à la dernière offensive sur la Marne. Le 53e RIC est mis en état d’alerte. Il doit interdire au Allemands la prise de la seconde position, dite de barrage, d’une longueur de 4,5 km. La position du régiment (Tincourt et la ferme Harnotay) est bombardée par obus toxiques et les pertes sont déjà nombreuses lorsque l’attaque d’infanterie allemande fait fléchir la première position dans la matinée du 15 juillet. Celle-ci est évacuée et le 53e RIC se retrouve en première ligne. Le 16, le combat se poursuit avec acharnement. Le combat se fait parfois au corps à corps comme à Tincourt.

tincourt.jpg

Mais le régiment est débordé à gauche et à partir de 18 heures, une forte infiltration allemande dans le bois des Savarts le menace d’un encerclement complet. Les hommes se battent au corps à corps à la baïonnette et à coups de pioche et les pertes son énormes (50%). L’ordre est alors donné de se regrouper sur la lisière est du bois des Savarts. Tincourt est abandonné mais des blessés du poste de secours n’ont pas été évacués. Le médecin aide-major Delinotte et le médecin auxiliaire Gestat refusent, avec le Père du Passage, aumônier divisionnaire, de les abandonner et restent à leur poste. Le lendemain, la pression allemande reprend, aussi intense. Les renforts deviennent indispensables. Ils permettent de fixer l’ennemi et se stopper son avance. Le 53e RIC continue à tenir ses positions jusqu’à sa relève, dans la nuit du 25 au 26 juillet. Le 3e bataillon s’est quant à lui, illustré sur la rive gauche de la Marne, à Montvoisin et Oeuilly, puis après une courte période de repos en prenant le village de Ménigoz. Tout le régiment est réuni le 31 juillet au camp Augereau, non loin de Verdun. A partir du 8 août, il relève le 277e RI dans le secteur de Moulainville où il repousse une attaque sur Eix, puis 2 jours plus tard passe dans le sous-secteur des Rozeliers. Le 23 août 1918, un détachement du régiment exécute un coup de main sur Blanzée, ramenant 7 prisonniers dont un sous-officier. Dans la nuit du 12 au 13 septembre, il réalise une opération de plus grande envergure ramenant 12 prisonniers dont un officier. Jusqu’au 15 septembre, il est soumis à de violents bombardements par obus à gaz. A partir du 1er octobre, il occupe le secteur Bezonvaux – Vaux. Le séjour dans ce secteur, qui reprend son activité des grands jours de Verdun, est caractérisé par les reconnaissances offensives des bataillons et la réaction violente de l’artillerie ennemie. Les pertes sont nombreuses, surtout par intoxication. Après un court séjour dans les casernes de Verdun, il remonte en ligne pour la dernière fois dans le sous-secteur de Mont-de-Val. Les patrouilles sont actives et les tirs d’artillerie permanents. Le 9 novembre, une reconnaissance offensive s’empare de la ferme Saint-André. Puis le régiment est relevé et stationne au camp de la Valtoline lorsqu’il apprend la signature de l’armistice.

Le 13 novembre, le régiment gagne, par voie de terre Nancy, la Lorraine annexée, la vallée de la Nahe et le duché de Birkenfeld, la ville de Worms (Allemagne), où il fait son entrée officielle le 16 décembre 1918. Il est cantonné dans la caserne de Worms, jusqu’au 29 inclus.

WormsCaserne.jpg

Le 30 décembre, le régiment embarque en bateau sur le Rhin et débarque, le soir même, à Oberlanstein, où il cantonne.

oberlanstein.jpg

Le 31 décembre, le régiment fait mouvement par voie de terre et va occuper, sur la rive droite du Rhin, Miehlen, Dachsenhausen et Marienfels. Il séjourne dans ces cantonnements jusqu’au 17 février 1919 inclus. Le 24 février 1919, le régiment est relevé par le 66e RI et gagne, par voie de terre, sur la rive gauche du Rhin, Waldbockelheim, Steinhardt et Oberstreit où il arrive le 28 février. Le 53e R. I. C. est dissous à compter du 28 février 1919. Louis est démobilisé le premier mars 1919. Il est âgé de 37 ans. Il se marie à Fournols le 21 septembre 1920 avec Anne Marie MAGNET. Il est maintenu au service armé le 7 juillet 1927 par la CDR de Clermont-Ferrand avec invalidité inférieure à 10% (2 cicatrices à la cuisse gauche, 2 cicatrices à la face interne de la cuisse droite, 2 cicatrices au coup de pied gauche et au mollet gauche, ancienne trace de contusion à la paupière inférieure gauche et ancienne trace de plaie dans la région du maxillaire droit). L’origine de ces blessures ne nous est pas connue. Est-la raison pour laquelle il a été mis en sursis d’appel en 1915 ou est-ce à l’occasion de ses travaux de bûcheronnage réalisés sous les drapeaux qu’il a été blessé ? Sa fiche matricule reste muette à ce sujet. Il reçoit la médaille militaire par décret du 23 mars 1934. Il s’éteint à Fournols en 1960.

 

 

 

 

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s