Antoine Jean Marie DUCHER

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Jean naît le jeudi 29 mai 1890 à Labat de Jean Hippolyte, scieur de long puis cultivateur, né dans le même hameau le 16 novembre 1862, et de Jeanne THUAYRE née le 23 juin 1866 à Neuville, commune voisine d’Auzelles. Ses parents se sont mariés le 22 avril 1885 à Echandelys et Jeanne donne naissance à une première fille, Marie Eulalie, le 7 juin 1887 à Labat. Cette dernière se mariera en 1910 avec Louis RUSSIAS de Saint-Eloy-la-Glacière et va décéder à Buxy (71) en 1962. Après Jean, naît une dernière fille, Adrienne, le 15 décembre 1896 (mariée en 1920 à Echandelys avec Antoine ROUX, né à Paris XXe le 16 novembre 1897, elle décédera à Gannat dans l’Allier en 1979).

Agriculteur lors de sa visite d’incorporation, Jean mesure 1 m 66. Ses cheveux sont châtain foncé et ses yeux gris bleu. Il ne présente pas de signe particulier en dehors d’un nez busqué. Il est incorporé au 16e RI de Montbrison le 11 octobre 1911. Libéré le 8 novembre 1913, il se retire à Labat. A la déclaration de la guerre, il arrive au 16e RI le 3 août 1914. Agé de 24 ans, il y retrouve quelques soldats d’Echandelys. Le 6, le régiment s’embarque en 3 trois trains pour atteindre Horol dans les Vosges le lendemain dans la soirée. Les trois jours suivants servent à compléter l’organisation des unités avec l’arrivée des réservistes et à la vérification du matériel. Le 10, le mouvement commence par Thaon-les-Vosges, Rambervillers et Baccarat. Le 14, le régiment est confronté à la vision du village de Parux incendié par les Allemands.

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Le 14 au soir, le régiment entre dans Cirey après une longue attente sous l’orage. Le 16 août, il franchit la frontière près de Bertrambois. Dans la nuit surviennent les premières escarmouches avec des cyclistes allemands : premiers blessés. Après un cantonnement à Voyer, c’est le départ pour Schneckenbuch où le régiment s’installe sur le plateau voisin. Les vivres n’arrivant plus depuis trois jours, les soldats réquisitionnent sur place les victuailles. A l’aube du 19, les premiers bombardement allemands qu’essuie le régiment font quelques victimes. Le lendemain, les bombardements s’intensifient et sont plus meurtriers. Malgré tout, les hommes commencent le creusement de tranchées. L’ennemi attaque bientôt : vers 14 heures, il franchit le canal en petits paquets. Ils sont repoussés au prix de pertes sévères (156 tués). Le lendemain matin, le régiment, conformément à de nouveaux ordres se reforme et se réorganise sur la rive sud du canal à l’ouest de Hesse ; on réorganise promptement les unités. Puis, toute la journée, c’est le repli par échelons qui occupent successivement les positions de Züffol, de Lorquin, du bois de la Minière. La 6e compagnie, laissée en arrière-garde à la lisière nord de Lorquin, combat jusqu’à ce qu’elle ait perdu son chef et les 3/4 de son effectif : le reste, cerné est obligé de se rendre. Puis c’est la retraite du 21 au 24, par Fraquelfing, Hattigny, Tanconville, Frémonville, Harbouey, Nonhigny, Montigny, Azerailles, Glonville, Ménarmont, Xaffévillers, Roville, Romont.

On s’arrête sur la Mortagne et le 24 on entreprend la construction de tranchées devant Xaffévillers. L’ennemi ne se montre pas. Le 25 août, le régiment part pour les hauteurs de la Grande-Pucelle et attaque Saint-Pierremont. Mais les Allemands y sont en force et conservent le village. Cette nouvelle action coûte des pertes très graves. Le 26 au matin, alors que le régiment se replie sur Moyemont, l’ordre arrive de faire demi-tour : il faut chasser l’ennemi au-delà de la Mortagne. Le régiment aide le 121e RI à reprendre Saint-Maurice-sur-Mortagne. Les 27, 28 ,29, il attaque Xaffévillers à quatre reprises, de jour ou de nuit, s’en empare deux fois, mais est amené à l’évacuer. Le combat de nuit du 28 au 29 a lieu dans la plus profonde obscurité, sous une pluie d’orage. L’ennemi est surpris en désordre dans le village, mais du côté français également, le mouvement est aveugle et ne donne pas les résultats escomptés. Ces engagements répétés ont affaibli de plus en plus les effectifs (268 morts) et malgré un renfort de 800 hommes arrivé dans la matinée du 28 le régiment se trouve réduit à 1 450 hommes. Il n’y a plus ni chef de bataillon, ni capitaine. Plus de la moitié des compagnies sont commandées par des sous-officiers.

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Le 29 au soir, le 16e RI est déplacé à l’arrière, à Hardaucourt, à 2 kilomètres du champ de bataille pour se reformer. Le 1er septembre, il remonte en ligne devant Roville-aux-Chênes, tenant la position pendant 8 jours. Le 4 septembre, le déclenchement subit d’un tir violent de 150, dans le Parc de Roville à l’est du village, qui atteint les 3e et 4e compagnies. Elles perdent 109 hommes. Le P. S. installé au presbytère regorge de blessés, lamentablement déchiquetés ; il est pris à partie à son tour par le canon. Les médecins, le curé, les soeurs de la charité résidant dans le village se prodiguent pour panser les plaies, dégager les salles où les victimes sont couchées au milieu des plâtras, des vitres et des glaces brisées, des plafonds effondrés, de la vaisselle réduite en poussière. Aux malheureux qui crient « à boire » on a quelques gouttes d’eau à peine à distribuer. Il faut la tombée de la nuit et le repos habituel qu’elle amène pour apporter un peu de soulagement, de paix, d’ordre et de calme dans ce temple de souffrance. (Historique du 16e RI Imprimerie Serre Montbrison 1919).

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Après une attaque sur Doncières qu’il enlève, le régiment est mis à l’arrière le 9 septembre 1914 au soir pour gagner Creil (Oise) en train le 13.

Du 16 septembre au 6 octobre 1914, il va combattre en Picardie. Le 16, il résiste à une attaque allemande su Dreslincourt. Malgré tout, l’ordre de retraite arrive le 17. Elle se déroule vers Bailly en passant par Pimprez. C’est alors qu’on constate l’absence de toute la 8e compagnie et d’une partie de la 7e qui, isolées du côté du cimetière de Dreslincourt, n’avaient pu se dégager à temps : les agents de liaison chargés de leur communiquer l’ordre de repli étaient d’ailleurs tombés en cours de route.

Après un court repos à Longueil, le régiment est engagé devant Lassigny le 22 septembre. Il coopère à des actions très vives sur la croupe de l’Arbre de Canny, la Taulette, la Malmaison et le 25, il occupe Fresnières et Crapeaumesnil. Pendant 5 jours, il multiplie les reconnaissances offensives en direction des fermes d’Haussu et Sébastopol, il subit journellement des bombardements. A sa gauche, le 4e C. A. est repoussé jusqu’à l’ouest de Roye (Somme). A son tour, le 16e RI est attaqué les 30 septembre et 1er octobre dans Crapeaumesnil, le Buvier et Fresnières. Mais épuisé par les pertes sensibles, il est obligé le 2 octobre au matin, de rétrograder sur le bois des Loges à un kilomètre en arrière.

Recueilli par son compagnon d’armes, le 98e RI., il se reforme à la hâte et contribue à garnir les lisières. Les deux régiments frères (tous deux issus de Clermont-Ferrand) voient, pendant 4 journées d’attaque, déferler les vagues allemandes. Soumis aux barrages d’artillerie les plus violents, terrés dans des tranchées à peine ébauchées, les deux régiments entremêlés au coude à coude, brisent les 3, 4, 5 et 6 octobre, des dizaines d’assauts, contre-attaquent à chaque instant afin de rejeter les éléments d’infanterie adverse. Le front se stabilise alors.

Le 12 octobre, le 16e RI glisse alors de quelques kilomètres pour tenir le secteur de Beuvraignes dont le village est partagé entre les deux belligérants.

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La vigilance un peu nerveuse des sentinelles et des postes dans ces préludes d’une forme inattendue de la guerre s’alarmait facilement : il en résultait des fusillades nocturnes très nourries qui ne tardaient pas à devenir générales, s’étendant parfois sur plusieurs kilomètres du front et se prolongeant pendant des heures. L’artillerie s’alertait spontanément, ou sollicitée par les appels de l’infanterie, mêlait sa grosse voie au claquement des balles, et les terrassiers ou sapeurs, prompts à prendre leur part de l’imaginaire bagarre, abandonnaient la pelle pour le fusil. L’obscurité était mise à profit, d’autre part, pour les multiples nécessités de la vie quotidienne, auxquelles il eut été imprudent de pourvoir en plein jour, sous l’œil d’un ennemi aux aguets. C’est alors que circulaient les corvées, que se préparaient les aliments, que s’effectuaient les ravitaillements et distributions, que se rassemblaient les matériaux indispensables à la défense ou à l’aménagement des installations. La main-d’oeuvre disponible pour la sape en était réduite d’autant. Enfin l’inexpérience des hommes rendait la progression assez lente. Le travail de sape dont fait mention cet extrait de l’Historique du 16e RI correspond à la volonté de l’état-major français d’essayer de reconquérir la moitié restante du village en faisant exploser des mines sous la partie « allemande ». Cette technique n’aura pas l’effet escompté et en dehors de quelques petits gains territoriaux à l’ouest en rapport avec l’attaque du 121e RI de fin octobre 1914, la situation restera inchangée jusqu’au repli allemand de 1917.

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le 24 novembre 1914, le 16e RI relevé par le 103e RI, part à Canny-sur-Matz relever un régiment mixte de tirailleurs algériens et de coloniaux. Le séjour va durer dix mois, dans ce secteur plat, fait de l’agglomération de grosses fermes à betteraves. Le château n’a que l’intérêt de posséder une cave qui va servir de domicile à un chef de bataillon. Le temps se passe entre tentatives d’assaut afin d’enfoncer le front bien figé, et répliques contre les mêmes tentatives allemandes, le tout ponctué de bombardements de diverses intensités. Progressivement l’organisation se met en place, tant au niveau des infrastructures avec l’amélioration des abris, tranchées et boyaux, qu’au niveau de l’utilisation des hommes avec mise en place de roulements permettant à chaque bataillon, à tour de rôle, de se retrouver à l’arrière afin de se reposer et parfaire son instruction. Quelques « poussées de fièvres » ont lieu lors des offensives d’autres secteurs comme en juin lors de l’offensive en Artois. On simule alors des attaques avec préparation de l’artillerie et utilisation d’engins de tranchées qui font leur apparition à cette occasion.

Le 20 septembre, le régiment est relevé pour gagner le secteur de Daucourt devant Roye, dans la Somme. Devant l’imminence d’une attaque, le régiment creuse parallèles de départ et débute par la prise d’un petit poste d’aiguillage appelé poste du disque rouge. La préparation d’artillerie commence. Puis contrordre, le 26 septembre, tout est remis à une date ultérieure. Il est ramené à l’arrière et subi une préparation intensive. Les premiers casques sont alors distribués. De novembre 1915 à janvier 1916, il tient avec le 98e RI les secteurs de Ribécourt, du Hamel et d’Attiche. La zone est calme, parfois troublée par quelques bombardements qui font toutefois quelques victimes. Le secteur vallonné, plus riant que le précédent, est plus facile à organiser.

Le 15 janvier 1916, il gagne le sud d’Amiens (Aillye-sur-Noye) où il se remet à l’instruction pendant 12 jours. En raison de préparatifs d’attaque ennemis sur les plateaux de Nouvron, Moulin-sous-Touvent et Carlepont, le régiment est transporté en forêt de Compiègne. Fausse information lancée par les Allemands ; tout le monde sait toutefois qu’une grande offensive allemande va avoir lieu. Mais où ?

Fin février, la réponse arrive : c’est à Verdun. Le 22, le 16e RI s’embarque pour arriver le lendemain à Revigny. Par un froid glacial, il gagne Condé-en-Barrois. Puis par Rambercourt, Sommaisne, Vaubécourt, Evres il arrive à Autrecourt le 28 février. Il y reste jusqu’au 6 mars en compagnie du 98e RI. Le soir les soldats se rendent aux lisières du village pour contempler le spectacle grandiose des embrasements d’artillerie et des engins éclairants ; c’est à l’intensité de ce feu d’artifice qu’ils jugent distinctement de la violence des combats. Le 8 mars 1916, l’ordre de monter en ligne arrive. Après un bivouac par – 10° dans le bois de Nermont dans la nuit du 8 au 9, le régiment gagne le bois du Bouchet la nuit suivante. Le 11 mars 1916, après avoir essuyé une attaque aux gaz dans la matinée, il doit attaquer dans la nuit du 11 au 12 le bois des Corbeaux que le 98e RI avait repris dans le journée mais où il n’avait pu se maintenir.

On prend au Nord-Ouest de Chattencourt les formations d’assaut, on distribue les munitions, on arrange les paquetages, on dépose les sacs et à travers l’obscurité épaisse, que l’éblouissement des feux d’artillerie rend plus difficile encore à percer, on se dirige vers l’objectif, par les ravins au Sud et à l’Ouest du Mort-Homme. On franchit des tranchées, des trous d’obus énormes, des réseaux de fil de fer enchevêtrés par la lutte, on piétine des cadavres ; les rangs s’entremêlent, les barrages de l’artillerie allemande se font de plus en plus violents ; les mitrailleuses crépitent ; et dans l’immense confusion, l’orientation se perd. Des fractions aboutissent à des ouvrages français sur le Mort-Homme ; d’autres se croisent à angle droit, chacune voulant persuader à sa voisine qu’elle marche dans le bon sens ; finalement le Colonel DUBUISSON, blessé gravement, est obligé de donner l’ordre d’arrêter le mouvement. Le régiment, au petit jour, parvient à regagner péniblement et par bonds la base de départ, d’où il est ramené au bois Bourrus pour se reformer.

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Guillaume Antoine PILIERE, caporal au 16e RI et habitant au moulin de Géry a été blessé pendant cette journée, François Annet GOUNICHE, de la Faye, y meurt à 33 ans. Le stationnement sur le bois Bourrus se prolonge pendant 3 jours. Une 2e position y est organisée, rapidement repérée par les Allemands qui la bombarde, faisant de nombreuses victimes. Le 14 mars 1916 au soir, une contre-attaque française permet de prendre quelques tranchées puis se lance à l’assaut de la cote 265. La première vague se heurte à un réseau de fils de fer intact et les renforts allemands de mitrailleuses font des ravages dans les rangs français. Le premier bataillon reste accroché sur les flancs de la colline. Les positions conquises sont organisées sous un violent bombardement. Une attaque allemande est repoussée le 17 et le soir même, le régiment arrive à reprendre la cote 295. La division entière est relevée dans la nuit du 18 au 19 mars et le 16e RI part au repos à Sivry-la-Perche puis à Rarécourt. Le 21, alerté, il attend dans la forêt de Hesse au milieu d’un lac de boue pendant plus de 36 heures. Le 23 mars, il est appelé devant Avocourt pour combler un vide dans le front. Là encore, les bombardements feront des victimes alors qu’il organise les positions. Le 24 au soir, il revient définitivement à l’arrière sous une pluie diluvienne.

Le 21 avril 1916, il fait route vers le nord et monte en secteur au nord de Vic-sur-Aisne. Pendant 5 mois, il tient le front passant entre Nouvron et Vingré, au nord de Berry-au-Bac jusque sur le plateau de Sainte-Léocade. Il se prête facilement à la construction d’abris en raison de ses escarpements et de ses innombrables talus. Quelques habitants restés sur place font les moissons jusque près des retranchements. Les coups de main y restent nombreux et l’artillerie allemande active. Le plateau de Nouvron est quotidiennement pilonné par les engins de tranchée les plus divers. Pendant 5 mois, l’attention y a été quotidienne. Le 24 septembre 1916, le 16e RI embarque en camions pour gagner la région de Crépy-en-Valois, puis se rend au camp de Crèvecoeur.

Antichambre de la bataille de la Somme, il s’y entraîne jusqu’au 14 octobre. Parti en camions le 15, il arrive après plusieurs étapes les 23 et 24 dans le secteur de Chaulnes. Il est chargé de tenir les bois fraîchement conquis, situés au nord de la ville. Besogne particulièrement ingrate car les Allemands ont pour habitude d’arroser systématiquement les positions qu’ils viennent de perdre afin d’empêcher les Français le plus longtemps possible de créer des basses de départ. De plus, au froid ont succédé des pluies abondantes transformant le terrain en une mer de boue gluante. Les difficultés et les sacrifices commencent avec la nuit de relève du 24 au 25 ; le 1er bataillon, pour aller de la tranchée Guillaume au bois 1, met 7 heures ; les hommes s’enlisent dans les boyaux que barrent les arbres coupés par les obus, des barrages de 150 et 105 entravent la marche, les guides s’égarent ; quand on monte sur le bord on risque des balles, qui claquent en rafales incessantes : on heurte des cadavres plus ou moins déchiquetés, on croise des corvées de territoriaux qui reviennent de porter du matériel en ligne ; les 7 ou 800 mètres de trajet occasionnent une fatigue supérieure à celle d’une marche de 20 km. Et quand on arrive, il y a des vides à déplorer. Le lendemain, le 2e bataillon est soumis aux mêmes épreuves ; à midi, le 26, quelques éléments n’avaient pas encore atteints leurs postes. (Historique du 16e RI Montbrison 1919). Les hommes qui partent à 19 heures chercher la soupe aux cuisines roulantes, situées à la sortie est de Lihons, distantes de 1.500 mètres, ne rentrent le lendemain qu’à 7 heures, rapportant un pain couvert de boue, des aliments figés dans la graisse et du café glacé. Le 15 novembre 1916, le régiment est relevé et amené vers Montdidier en camions. Puis du 2 au 10 décembre 1916, le régiment est en ligne à Chilly. Progressivement, il se rend à Villers-Cotterêts et y prend le train dans la nuit du 21 au 22 décembre.

Il débarque en Lorraine, dans la région de Neufchâteau. La région est accueillante et permet aux soldats de récupérer de leur fatigue. Ils s’y entraînent dans le camp voisin. Le 23 janvier 1917, le régiment retourne en Picardie, dans le secteur de Lassigny. Bapaume et Péronne dégagés, les Allemands effectuent un repli stratégique afin de diminuer la larguer de front qu’ils occupent. Dévastant systématiquement le pays , s’est à travers un désert que les Français les poursuivent. Le régiment aborde Lagny, puis Bussy. Le 26 mars, il organise de nouvelles positions à Flavy-le-Martel et Jussy. Il attaque ensuite l’Epine-de-Dalon, fortement tenu par les Allemands, qui est enlevé le jour même, puis reprend le village d’Oestres, situé à moins de 2 km de Saint-Quentin. Il vient buter contre la ligne Hindenburg. Le 13 avril 1917, il prend part à l’attaque visant à enlever Saint-Quentin. Précédé d’un tir de barrage roulant, il part à l’assaut du saillant de Rocourt, protégé par trois rangées de réseau intact d’une profondeur de 100 mètres. Il parvient jusqu’à la troisième tranchée mais, en raison de ses pertes et ayant épuisé ses munitions, il doit se replier devant une contre-attaque ennemie. Jean y est blessé et doit être évacué sans que l’on ait plus de précision sur sa blessure. Il ne rejoint son unité que le 11 juin 1917. Après un court repos dans la région de Ham et Epeuse, le 16e RI remonte dans la Somme en face de la ligne Hindenburg. Pendant deux mois, il y exécute d’immenses travaux gênés par les tirs de l’artillerie ennemie qui occasionnent des pertes sensibles. Le 10 juillet 1917, il part pour Brugny où il cantonne pendant trois semaines. Le 28 juillet, le régiment est envoyé par camions sur la rive gauche du front de Verdun, en vue d’une offensive le 20 août. Le 30 juillet, le 16e RI relève le 408e RI au bois d’Avocourt. Le 6 août, Jean est détaché à la compagnie de travailleurs.

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Le premier août, le régiment vient de repousser une attaque allemande. Il passe ensuite quelques jours au camp du Fer-à-Cheval, puis au camp des Pommiers. Ce dernier est bombardé, faisant plusieurs victimes. Les 17, 18 et 19 août, le régiment déplore au moins 34 abandons de postes, non mentionnés dans l’Historique du régiment. Nous n’en connaissons pas les suites. Cette notion contraste avec les écrits officiels qui décrivent une attaque du 20 août, débutée à 4 h du matin, joyeuse, ardente. Ardente, certainement, mais joyeuse … Les objectifs atteints, le régiment fait 217 prisonniers dont 10 officiers. Le soir, une contre-attaque allemande est repoussée après la perte momentanée d’une partie du terrain conquis. D’autres lui succèdent. Le régiment est récompensé par une citation à l’ordre de l’armée. Jean quant à lui n’y a gagné que des blessures supplémentaires (petites plaies à la cuisse droite par éclats de grenade). Les plaies n’étaient pas si petites que ça puisqu’elles nécessitent son évacuation vers l’arrière le même jour, puis vers l’intérieur le 13 octobre. Le 5 juillet 1918, il est classé par la commission de réforme de Roanne au service auxiliaire et apte à faire campagne, pour impotence partielle du membre inférieur droit, éclats de grenade. Le 22 juillet 1918, il passe au 113e RAL et arrive à son unité le 25. Il est certainement resté soit au dépôt, soit en retrait et chargé de l’approvisionnement. Le 9 octobre 1918, la CS de Clermont-Ferrand le maintient au service auxiliaire, apte à faire campagne pour arthrite sèche du genou droit consécutive à une blessure avec diminution circonférentielle de 1 cm du côté malade. Il est envoyé en congé illimité de démobilisation le 25 mars 1919 et se retire à Echandelys. Il est âgé de 28 ans. Il gardera de ses blessures une légère limitation de flexion du genou droit faisant l’objet d’une pension temporaire en octobre 1919 et pendant les années 1920.

L’année suivante, le 30 août 1920, il se marie à Saint-Eloy-la-Glacière avec Marie Louise CHALET où elle était née le 29 septembre 1895. Elle décède malheureusement à Saint-Eloy en 1924. Nous ne savons si le couple a eu des enfants. Jean décède à Labat en 1947.

Merci à Philippe CHALET pour les renseignements concernant Marie Louise CHALET.

 

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