François FILIAT

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François est un enfant de l’«assistance», comme il est noté sur son dossier militaire. Enfant dit « naturel » sur le registre d’état civil, il voit le jour à l’hôtel-Dieu de Clermont-Ferrand le samedi 23 octobre 1880 à 3 heures du soir. Sa mère, Marie Philomène Louise FILIAT, ouvrière en tulles, est venue exprès d’Ambert pour accoucher. Elle est âgée de 19 ans. Elle reconnaît son fils par acte du 2 novembre suivant. Est-elle repartie avec lui à Ambert, ou l’a-t-elle laissé aux soins de l’assistance publique ? Nous ne le savons pas. De toute manière, le résultat aurait été le même : elle meurt à Ambert le 11 août 1882. Sans père, François devient forcément pupille départemental. Nous le retrouvons au recensement de 1896 au hameau de la Forie, commune de Saint-Genès-la-Tourette. Il y est domestique chez Louis FAYOLLE, cultivateur.

Lors de sa visite d’incorporation, il déclare être scieur de long. Il mesure 1 m 55 et possède des cheveux châtains. Ses yeux sont gris bleu, ornant un visage ovale avec un menton rond. Il est incorporé au 42e RI de Belfort et Giromagny le 15 novembre 1901. Il est libéré momentanément de ses obligations militaires le 18 septembre 1904 et regagne Saint-Genès-la-Tourette muni de son certificat de bonne conduite. En 1906, il est toujours domestique , mais chez Marie MAGE, habitant également à la Forie. Il fait des campagnes de scieur de long en janvier 1907 et février 1909 en Côte-d’Or (Oigny et Cussey-les-Forges). Il se marie à Echandelys le 21 septembre 1909 avec Aline Jeanne Marie MARQUET de la Foresterie (où elle était née le 27 novembre 1880). Le couple habite à la Foresterie chez Jeanne, la mère d’Aline, veuve depuis deux ans. Le frère d’Aline, Joseph, est prêtre à Angoulême. N’ayant pas d’enfant, ils recueillent une petite fille, Francine BUVAT, pupille départementale, née en 1897 à Aurillac.

A la mobilisation, François arrive au 158e RI de Lyon le 12 août 1914. Il est âgé de 33 ans. La situation familiale est difficile :

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Il reste à l’arrière, certainement à l’instruction jusqu’au 3 septembre 1914, date à laquelle il passe au 358e RI. Régiment de réserve du 158e, il vit toutefois, comme tous les régiments de réserve pendant la Première Guerre Mondiale et en raison du besoin en troupes sur tous les fronts, son existence propre, ses affectations deviennent indépendantes de son régiment de rattachement. Du 2 au 5 août, il se forme à la caserne du fort Lamothe. En fait, il n’existait encore que sur le papier, devant n’être rassemblé pour la première fois qu’à l’occasion des manœuvres de forteresse d’Epinal, en septembre suivant. Les officiers supérieurs et capitaines viennent du 158e RI, caserné à Bruyères (Vosges). Le reste du régiment est formé d’éléments disparates prélevés à la hâte sur les réservistes des 157e, 158e et 159e RI. Ce nouveau régiment, cantonné à Deyvillers, participe aux travaux de défense du camp retranché d’Epinal. Le jour même, l’ordre est donné de marcher en avant. Le 358e RI occupe alors successivement Mirménil, Virménil puis arrive dans la nuit du 9 dans la forêt de Romon sous un orage violent. Il investi ensuite Ménarmont qui vient d’être évacué par les Allemands. Il pousse ensuite le 14 sur Glonville, puis sur Baccarat.

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Après quelques reconnaissances sur la rive droite de la Meurthe, il relève le 75e RI à Hablainville. Le front se stabilise alors et le rôle du régiment est d’organiser ses positions de façon à interdire l’accès à la rivière et de faire de multiples reconnaissances de nuit qui donnent lieu à de fréquents contacts avec l’ennemi qui envoie des détachements analogues. Seules deux attaques sérieuses ponctuent cette période. La première, allemande, a lieu le 24 septembre. Après une préparation d’artillerie, les Allemands arrivent à prendre Fréménil, le plateau 289 et Ogéviller, la 24e compagnie devant se replier sur Buriville. Aidé de 2 bataillons du 297e RI, le régiment reprend le soir le terrain perdu au pris de 2 tués et 31 blessés. Le 26 octobre, c’est une attaque française qui se déclenche sur Leintrey. Après y avoir pris pied, la colonne réintègre ses positions le soir même en repassant la Vezouse sans incident.

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Fin décembre, le régiment est relevé et envoyé à Baccarat. Il est chargé des travaux d’organisation défensive de la ville et de ses abords. Entre-temps, il effectue des reconnaissances sur Ancervillers-Montreux pour réquisitionner fourrage et vivres.

Le 27 février 1915, le 358e RI relève le 349e RI dans le secteur de Badonviller, en pleine attaque allemande. Bréménil est pris et Badonviller, dont les carrières sont occupées, est très menacé.

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Le 358e RI est alors chargé de reprendre les carrières, mais en butte à de violents tirs d’artillerie et de mitrailleuse ne réussit pas et se replie sur le Gros-Hêtre, bivouaquant dans la forêt. La nuit, la canonnade met le feu à Badonviller et Pexonne.

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Le sol est couvert d’une neige glacée rendant impossible tout travail d’organisation. Le 28, les combats ont pour but d’interdire aux Allemands la route Badonviller-Allarmont. Mais ceux-ci, profitant des trous des avant-postes du 349e RI, s’installe au sommet de la Chapelotte (cote 542), d’où il domine toute la région.

Le 1er mars, à 4 heures, le bataillon MARTELET (sauf la 19e compagnie arrêtée en cours de route pour une autre mission) arrive au bas des pentes de la cote 542 et commence sa marche d’approche. Sur les pentes raides, couvertes de neige, la progression est pénible, jusqu’à 250 mètres du sommet. Après un court répit, vers 15 heures, l’attaque reprend, mais, à la nuit, la chaîne des tirailleurs est arrêtée à 50 mètres des mitrailleuses allemandes.

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Les hommes, le nez collé dans la neige, sous les rafales qui leur rasent le crâne, ne peuvent plus avancer. Les pertes sont lourdes. Le bataillon, jalonnant la ligne de nos tranchées futures, va demeurer toute la nuit sur place, au milieu du vacarme effroyable des premières bombes et fusées employées par les Allemands, attendant d’être relevé par les troupes fraîches de la brigade voisine. Puis le régiment continue à organiser et à occuper à l’est le Chamois dont les ruines de la ferme donne leur nom à l’immense réseau de tranchées mi-plaine mi-forêt qui s’étendent des rives de la Blette au col du gros-Hêtre en pleine forêt d’Allarmont.

ChapelotteCarte.jpg

Les tranchées ennemies n’étant qu’à une distance variant de 50 à 200 mètres, les tirs sont fréquents, de même que les opérations d’artillerie, installée sur les hauteurs de Montreux et d’Angemont, bouleverse largement les travaux. Le 358e RI reste dans le secteur du Chamois jusqu’au 9 juin 1916. Il est alors relevé et s’embarquant à Bertrichamps le 10 à midi, prend la direction de la Meuse. Le secteur a laissé d’importants souvenirs en raison des pertes et de l’âpreté des combats durant cette période comme en témoigne le monument érigé par les soldats du 358e RI en souvenir de leurs camarades disparus.

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Pendant cette période, 98 hommes sont morts et 289 sont blessés.

Par Baccarat et Rambervillers, le régiment gagne le camp de Saffrais en vue de manœuvres destinées à donner de l’homogénéité aux diverses unités de la division. La réorganisation, avec création du dépôt divisionnaire enlève les 16e, 19e et 23e compagnies. Le régiment déplore de plus la perte du capitaine Lebreton par chute de cheval et du sous-lieutenant Roux grièvement blessé par l’explosion d’une grenade. Le 26 juin au matin, les Allemands ayant pris Fleury, la division est alertée et s’embarque à Einvaux pour débarquer 24 heures plus tard à Mussey, près de Revigny. Sous la pluie, le régiment gagne par étapes Auzecourt puis Rembercourt-aux-Pots où il arrive le 29. Le 30 juin, à 8 heures, le régiment part en camions, et par cette Voie Sacrée, à jamais légendaire, gagne les bois de Nixéville, où il bivouaque tout le jour, attendant la nuit pour poursuivre sa route. Les convois n’arrivent que le soir. A 20 heures, il s’ébranle vers la ville martyre, à travers le décor féerique que constitue la route, dont la largeur est triplée par le passage continuel au galop des convois et de l’artillerie, et le ciel sombre sillonné à l’horizon par les éclairs de nos canons et le fusées rouges qui demandent nos tirs de barrage. Ceux-ci grondent sans arrêt, ponctués par les coups plus graves de l’artillerie lourde. Le régiment pénètre dans Verdun abandonné et silencieux, le 1e juillet, à 1 heure du matin. Il cantonne toute la journée dans la caserne d’Anthouard, où il touche ses munitions. (Historique du 358e RI pendant la guerre 1914-1918 Imprimerie Berger-Levrault. Nancy Paris Strasbourg).

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Le 5 juillet 1916 au soir, il monte en ligne et occupe les bois du Chesnois, de la Vaux-Régnier et Fumin. Le PC est établi à la batterie de l’Hôpital. Le régiment restera ainsi jusqu’au 14 juillet, à peine ravitaillé, souffrant cruellement de la soif, soumis à l’effroyable pilonnage qui prépare la grande attaque du 11. Tranchées et boyaux n’existent plus ; tout est retourné, nivelé ; le boyau de l’Etang, qui mène du P.C. du lieutenant-colonel à la première ligne, le boyau d’Altkirch, qui conduit du fort de Tavannes aux positions du Chesnois, ne sont plus que des fossés coupés de fondrières, pleines d’une boue gluante, qui servent trop souvent de cercueil à ceux que l’obus vient y surprendre et qui s’y enlisent pour toujours. La première ligne n’est qu’une succession de trous d’obus, parfois jointifs ; elle sera passée intacte à nos successeurs. (Historique du 358e RI pendant la guerre 1914-1918 Imprimerie Berger-Levrault. Nancy Paris Strasbourg).

BoyauAltkirchverdun1916

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Le 11 juillet, dès l’aube, à la faveur d’un brouillard intense, l’attaque allemande se déclenche sur le front Fleury-Batterie de Damloup. Sur la gauche, les avancées du fort de Souville sont enlevées mais reprises le soir même. Sur le front du régiment, le 4e bataillon résiste héroïquement sur son saillant du bois Fumin, amoncelant devant lui les cadavres allemands. Il a une tâche particulièrement pénible, car, bien en flèche, privé de ravitaillement pendant quatre jours, presque sans nouvelles de ses flancs et de l’arrière, il se sent isolé mais tient jusqu’à sa relève. Sur la droite, l’ennemi, qui a crevé le front de la Laufée et enlevé la batterie de la Montagne, PC du 217e RI (poste qui sera repris quelques heures après permettant de délivrer le commandant du 217e RI), prend à revers le 6e bataillon du 358e RI, et en menace le PC. Mais les Allemands concentrent leurs efforts sur le 6e bataillon dont la compagnie de droite (21e), enveloppée, décimée par le tir de l’artillerie, est presque anéantie : son peloton de première ligne, commandé par le capitaine Jance, résiste désespérément puis disparaît tout entier. La 24e compagnie, placée au centre recule pour ne pas se laisser envelopper, puis contre-attaque, et rétablit la situation, gardant la liaison avec la compagnie de gauche (22e ) qui résiste bien avec la compagnie de mitrailleuses. Il y a un trou entre notre droite et la gauche du 217e RI, qu’il va falloir boucher pendant la nuit, car déjà une patrouille allemande a réussi à s’infiltrer par là jusqu‘à l’entrée du tunnel de Tavannes, où elle est capturée. Cette mission est confiée à un bataillon du 370e RI. A l’aube du 12 juillet, les lignes du régiment sont telles qu’elles étaient avant l’attaque, mais le régiment a perdu plus du tiers de son effectif.

Au matin du 14 juillet, le 358e RI est relevé, rassemblé à Audainville puis gagne en camions Vilotte-devant-Saint-Michel où il va se reconstituer jusqu’au 19. Le 30, il est dirigé sur Vauquois et ses positions attenantes, le Bois Noir, la Maize et la Cigalerie Butte. Les périodes de 12 jours de ligne alternent avec celles de repos à Auzéville. Vauquois, point culminant du secteur, en est aussi le point délicat. Au contact immédiat de l’ennemi (30 à 50 mètres), le régiment y connaît toutes les angoisses de la guerre de mines dont le plateau de Vauquois offre un des plus beaux échantillons qui aient existé. Aussi ne reste-t-il pas une pierre du village. Sur ce terrain chaotique, bouleversé par les mines de gros calibre, les tranchées n’existent souvent que de nom. Les guetteurs, séparés de l’ennemi par une simple suite d’entonnoirs, sont journellement soumis à un bombardement infernal, et sous eux le sol tremble à tout moment. Dans cette guerre souterraine, les sapeurs de la compagnie 27/1 du 11e régiment du génie rivalisent de dévouement avec les fantassins. Nombreux sont ceux qui restent ensevelis au fond d’un étroit puits de mines sans qu’on ait pu retrouver leurs restes.

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Des bombardements extrêmement violents ainsi que des explosions, suivis ou non de tentatives de coup de main, ont eu lieu particulièrement les 7, 24 et 26 août, 10 septembre, 13 octobre, 11 et 27 novembre, 6, 7, 10, 22, et 26 décembre.

Après un court repos à Villers-en-Argonne, le 2 janvier 1917, l’alerte est donnée et le régiment gagne Verdun sous une neige épaisse. Le 358e RI relève alors le 312e RI au Mort-Homme avec un bataillon en première ligne, un bataillon en soutient et le dernier en réserve au camp des Clairs-Chêne près de Blercourt (il faut faire 22 km de marche dans la neige les nuits de relève). Pendant 50 jours, le régiment tient dans des circonstances très défavorables. Le froid y est tellement intense que le vin gèle dans les bidons. Il faut jeter le pain, avarié par le gel. Pendant cette périodes, 300 hommes sont évacués pour pieds gelés. Deux hommes meurent de froid au camp des Clairs-Chênes. La division précédente ayant perdu le sommet, les Allemands se sont installés dans les anciennes tranchées françaises bordant la crête. Ils ont une vue plongeante sur les fossés pleins de neige et de boue qui forment la première ligne française. Il n’y a presque pas d’abris et la moitié des soldat se terre dans des trous d’obus. Aucun travail n’est possible déclenchant aussitôt une avalanche de petites bombes à ailettes. Les déplacements ne se font de jour que par brouillard.

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Le régiment ne subit toutefois aucune attaque d’envergure pendant cette période. Mais l’attaque allemande des 25 et 26 janvier 1917 les rends maîtres de la cote 304, augmentant leur vue sur le secteur tenu par le 358e RI. Le 27 février 1917, il est relevé et gagne Villers-en-Argonne, puis Sainte-Menehould où il défile le 5 mars. Il reste au repos dans la région, organisant les défenses de Moiremont et Florent.

Mais ce repos relatif est brusquement interrompu : les Allemands se sont emparés de Maisons-en-Champagne et de la cote 185 et s’y maintiennent. Alerté le 13 à midi, le 358e RI gagne par marches forcées Laval et Saint-Jean-sur-Tourbe. Le 16 au soir, il relève sous un bombardement d’obus toxiques le 108e RI dans le secteur de la ferme de Beauséjour. La cote 185 et Maisons-en-Champagne viennent d’être repris, mais il faut s’attendre à une réaction allemande. Alors le régiment réorganise, créant les tranchées Neuville et Rousseau, refaisant le boyau du bois Allongé, repoussant des coups de main allemands en particulier sur l’ouvrage Guerlais.

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Le 28, à 3 h du matin, les Allemands entament un intense préparation d’artillerie par obus à gaz. A 6 h 30, l’attaque est déclenchée. A gauche, la 22e compagnie qui tient la tranchée Bègue repousse les assaillants venant des ouvrages Kolossal et Kalau. Mais la 21e, à droite, fléchit sous l’assaut et est contrainte d’évacuer la tranchée de Posen et l’ouvrage Gallois. Elle est presque totalement détruite par un pilonnage intensif. La situation de vient critique à gauche qui perd une partie de Guerlais. Une contre-attaque menée à 16 h 30 échoue. Le 29, les attaques allemandes en partie sur le boyau C7 et Guerlais sont repoussées au pris de lourdes pertes. La contre-attaque française du lendemain permet de reprendre le terrain perdu. François disparaît le 28. Il est fait prisonnier. Le 31 au soir, le 358e RI est relevé : il a perdu 466 soldats en 4 jours.

François passe par le camp de Mannheim. Regroupant des centaines de baraques situé dans le Grand Duché de Bade, au Sud de Darmstadt, la plupart des prisonniers travaillent en Kommandos à l’extérieur des camps. Les prisonniers sont Français et Roumains. Le 28 avril 1917, il y a 15954 prisonniers au total, dont 2000 français à l’intérieur du camp, et 5500 répartis dans des détachements de travail. Le 26 juin 1917, il passe au camp de Darmstadt où se retrouvent des prisonniers Russes et Français.

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François est rapatrié le 5 décembre 1918. Il passe au 92e RI le 7 janvier 1919 et n’est démobilisé que le 7 mars 1919. Il se retire alors à Echandelys et y décède le 9 juin 1941 à la Foresterie.

 

 

Une réflexion au sujet de « François FILIAT »

    Joseph MARQUET « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    22 juin 2017 à 12 h 58 min

    […] Joseph, arrive une dernière fille, Aline Jeanne Marie, le 27 novembre 1885, qui se mariera avec François FILIAT, de Clermont-Ferrand, également soldat pendant la Première Guerre Mondiale. Joseph est étudiant […]

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