Claudius BERAUD

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Aîné d’une famille de deux enfants, il voit le jour à Deux-Frères le mercredi 16 septembre 1885. Ses parents, Jean Baptiste, cultivateur, et Antoinette BOURG sont tous deux originaires du même hameau où ils sont nés respectivement le premier juin 1856 et le 5 juin 1860. Ils se marient à Echandelys le 3 septembre 1879. Après Claudius, naît Antonine le premier avril 1888. Elle se marie en 1913 avec Claudius Antoine SARRON, mort pour la France en 1916 (avec lequel elle donne naissance à une fille), puis se remarie avec Charles CHARETTE après la guerre.

Lors de sa visite d’incorporation, il est agriculteur. Mesurant 1 m 58, il a des cheveux châtains, avec des yeux bleus. Son visage est allongé, avec un front couvert, une petite bouche et un menton à fossette. Ajourné pour faiblesse, il est incorporé au 92e RI de Clermont-Ferrand le 8 octobre 1907. Il passe certainement fin 1908 au service auxiliaire, pour une raison inconnue, et est considéré comme apte à y faire une seconde année (commission spéciale de réforme de Clermont-Ferrand du 21 octobre 1908). Le 24 août 1908, il passe à la 13e section de secrétaires d’Etat Major et de recrutement. Il est renvoyé dans ses foyers et se retire à Echandelys le 25 septembre 1909. Il part certainement faire des campagnes de scieur de long en mars 1910 à Sailly, puis à Autrey et Cresancey dans la région de Langres en décembre 1910 et janvier 1912.

A la déclaration de la guerre, il est reconnu apte au service armé par la CS de Clermont-Ferrand le 27 octobre 1914. Il semble toutefois qu’il ait tout d’abord fait une période d’activité à la 13e section de secrétaires d’état-major du 18 décembre 1914 au 17 février 1915, date à laquelle il est muté au 95e RI de Bourges. Il y bénéficie d’une période d’instruction et ne monte au front que le 2 septembre 1915. Il retrouve son régiment en forêt d’Apremont, au bois Brûlé, où, après de fortes attaques de janvier à avril 1915, la situation est plus calme. Malgré tout, les bombardements allemands occasionnent de nombreux dégâts ainsi que de multiples pertes. Il faut continuellement refaire les parapets détruits par les tirs.

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Du 19 au 31 janvier 1916, le 95e RI est relevé et part au repos au camp de Belrain. Le 21 février, il est mis subitement en alerte et se porte à Pierrefitte-sur-Aire, puis au camp de Sommedieue. Le 24 février, il se retrouve devant Fleury-devant-Douaumont. La bataille de Verdun vient de commencer. Le régiment se déploie de la cote 378 à Douaumont en passant par le ravin ouest de Douaumont. Le 25 vers 4 heures, le bombardement se concentre sur le régiment. Un trou se forme à sa droite et il risque d’être contourné. A 18 heures, le fort de Douaumont est pris et tire sur le 95e RI. Les hommes n’ont pas mangé ni dormi depuis 2 jours. Il neige. Le 26, le 2e bataillon en réserve dans le ravin de Thiaumont se fait bombarder de 9 heures à 12 heures sans interruption. A 16 heures 30, une nouvelle attaque allemande est repoussée.

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A bout de force, le régiment est relevé le 26 est sera cité quelques jours plus tard pour sa résistance opiniâtre. Il va se reposer en faisant des piquets et des réseaux dans la forêt de Marcaulieu. Après quelques cantonnements secondaires, il monte à partir du 18 mars 1916 aux Eparges. Les Eparges sont un secteur extrêmement dur. On patauge jusqu’à mi-jambe dans la boue argileuse qui happe et qui déchausse. Toutes les semaines, une explosion de mines occasionne de pénibles pertes. La soupe va se chercher à cinq kilomètres et la corvée, partie à 4 heures du soir, est à peine de retour à minuit, marchant souvent sous de violents bombardements. Aussi, Bonzée et Villers constituent-ils un repos. C’est la campagne verdoyante. Il y a des fraises, des fruits. On n’y vit pas la vie de tranchée, mais la vie de rase campagne. Les repos se prennent à Sommedieue (Historique du 95e RI Librairie Chapelot Paris).

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Tranchée aux Eparges début 1916.

Le 95e RI fait plusieurs séjours dans ce secteur, jusqu’au 17 septembre 1916 avec une coupure en juillet lorsqu’il participe pour la seconde fois à la bataille de Verdun. Il est alors envoyé pour tenir la position entre la ferme de Dicourt et l’ouvrage de la Lauffée.

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Un bataillon est en réserve dans le tunnel de Tavannes, nauséabond et fangeux, où des milliers de mouches rendent la vie dure aux soldats. En ligne, le bombardement est infernal. Le 22 juillet à minuit, une section est totalement anéantie par une attaque allemande. Ayant refusé de se rendre, elle donne le temps aux contre-attaques de repousser les Allemands. Le régiment est relevé le 14 août 1916 et repart aux Eparges. Il ne quitte le secteur que le 17 septembre 1916 et après une série d’étapes et un voyage en chemin de fer, il débarque au camp de Saffais (à Tonnoy et Ferrières) le 20 septembre. Jusqu’au 1er décembre, il est à l’instruction avec les grandes unités. Au repos une quinzaine de jours à Haute-Epine et Rothois (environs de Beauvais), il est transporté en camion à Proyard dans la Somme.

En secteur à Berny-en-Santerre, il doit participer à une attaque qui est finalement décommandée et le régiment passe 2 semaines au camp Marly. Le 11 janvier 1917, il part à pied par étapes puis en chemin de fer pour Sainte-Menehould. Le 21 janvier, il s’installe à Four-de-Paris, bouleversé aussi par la guerre des mines faisant des victimes en particulier les 5 février et 6 mars. Le régiment réalise plusieurs coups de main qui ramènent quelques prisonniers. Le 30 mars, il est transporté en camions dans le secteur des Marquises en Champagne où il doit participer à l’offensive de printemps. Le 16 avril, il est en face du bois de la Grille. Parti à 4 h 45, il franchit deux lignes allemandes mais est stoppé par des défenses et des nids de mitrailleuses non repérées par l’aviation. Il ne peut atteindre son objectif final, la tranchée de Léopoldshobe. Les lourdes pertes qu’il a subies l’obligent à la relève, qui est effectuée le 24 avril. Quelques jours plus tard, il est cité à l’ordre du corps d’armée. Le 14 mai, après un repos à Belrupt, il est envoyé dans le secteur plus calme d’Eix-Moulainville. Il exécute plusieurs coups de main, sur Blanzée et Soupleville (raid de 1500 mètres dans les lignes allemandes) et la Demi-Lune. Il y fait des prisonniers. C’est à cette occasion que Claudius fait l’objet d’une citation à l’ordre du régiment n°509 du 4 juin 1917 : soldat courageux faisant partie d’un groupe de nettoyeurs (soldats chargés d’anéantir toute résistance dans les tranchées prises, en particulier de tuer tout Allemand encore vivant, nécessitant l’utilisation d’armes spécifiques maniables dans de petits espaces : armes blanches, massues …) ; au cours de l’exécution d’un coup de main sur une position allemande, a contribué à la capture de 3 Allemands après combat. Relevé le 16 juin, il part au repos en Haute-Marne puis prend le 7 juillet 1917 le secteur de la Main de Massiges. Le 95e RI tient tout d’abord la zone allant du Pouce au Medius.

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La partie gauche est écrasée par les tirs de torpille et offre aux Allemands des couloirs d’infiltration faciles au niveau des ravins des Noyers, des Tombes et de la Faulx. Aussi, les coups de main de part et d’autre sont nombreux. Seules la fin du mois de septembre et la première quinzaine d’octobre sont relativement calmes. Le 1er novembre 1917, après un intense pilonnage qui nivelle les tranchées de première ligne, les Allemands attaquent la 11e compagnie qui résiste vaillamment, causant de lourdes pertes. Le régiment lui-même fort éprouvé est relevé le 5 décembre et cantonne à Sivry-sur-Ante et Vieil-Dampierre où pendant deux mois dans la neige et dans le froid, il organise la troisième position de la Grange-aux-Bois à Valmy. Le 31 janvier 1918, il remonte à la Main de Massiges. L’activité du secteur n’a pas changé. Bombardements quotidiens, coups de main, patrouilles et embuscades rythment la vie de ce secteur. Le repos se pend à Dommartin-sous-Hans où à la cote 202. Sur la position intermédiaire, le régiment travaille activement en prévision de la grande offensive allemande prévue en Champagne. Mais Claudius ne verra pas cette attaque. Il est évacué malade le 10 juin 1918. Le type de maladie n’est pas précisé sur les documents dont nous disposons, mais il n’est pas totalement exclu que ce soit la grippe dite espagnole, les premiers cas dans les tranchées étant apparus en avril 1918. C’est ensuite une lente succession d’hospitalisations : à l’ambulance 9/8 jusqu’au 4 juillet, à l’ambulance de Villers-Daucourt jusqu’au 10 juillet, à l’hôpital 67 de Chatillon-sur-Sevre jusqu’au 17 juillet. Suit une permission de 20 jours à Echandelys. Rentré au dépôt divisionnaire le 17 août, Claudius est envoyé à l’hôpital de Nogent-sur-Seine les 2 jours suivants. Jusqu’au 23 août, il se retrouve à l’hôpital n°45 de Troyes, puis à l’hôpital complémentaire n°3 de Valence jusqu’au 31, à l’hôpital mixte de Die jusqu’au 10 octobre. Il retourne ensuite à Valence, à l’hôpital complémentaire n°28, puis regagne le dépôt le 19 novembre 1918. Du 13 décembre 1918 au 30 janvier, il est à nouveau hospitalisé à Bourbon-l’Archambault, puis part en convalescence à Echandelys.

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Il n’est démobilisé que le 22 mars 1919 et se retire à Echandelys. Il a 33 ans. Le 5 juillet de la même année, il se marie avec Philomène Anna BAUTHIER née le 16 mars 1901 à Deux Frères, sœur de Léon Pierre, également soldat pendant la Première Guerre Mondiale. Père d’au moins une petite fille, il meurt à Deux-Frères en 1955.

 

Une réflexion au sujet de « Claudius BERAUD »

    Léon Pierre BAUTIER « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    31 octobre 2018 à 18 h 26 min

    […] arrivent Marcel Antoine le 24 mars 1899, Philomène Anne le 16 mars 1901 (qui se mariera avec Claudius BERAUD, aussi soldat pendant la Première Guerre Mondiale). Un dernier enfant (un garçon) naît sans vie […]

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