Alexis Michel GUERINON

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Michel semble être le seul enfant d’une famille issue en partie de Saint-Genès-la-Tourette et dont les données généalogiques sont difficiles à démêler. Il naît à la Foresterie le 7 juin 1898 à 10 heures du soir. Son père, Claude Régis, scieur de long, est originaire de Saint-Genès-la-Tourette où il est né le premier janvier 1865 au hameau de Cacherat. La question se complique lorsque l’on s’intéresse à sa mère. Son père s’est marié à Echandelys le 25 octobre 1890 avec Anne Marthe DESUSCLADE née au Cluel le 18 juin 1865. Or, l’acte de naissance de Michel nous indique que sa mère se prénomme Marie. Mais la seule Marie DESUSCLADE existante, prénommée Jeanne Marie, est née en mai 1867 au Cluel, dans la même famille (elles sont deux sœurs) mais se marie à une date et à un lieu inconnu avec Jean TAILLANDIER. De plus, une délibération du conseil municipal nous confirme bien que Michel est le fils de Marthe DESUSCLADE, veuve lorsque son fils Michel Alexis part à la guerre. Nous considérons donc Anne Marthe comme étant bien la mère de Michel.

Lors de sa visite d’incorporation en 1917, Michel est agriculteur. Sa mère est veuve depuis le 30 janvier 1900, alors que son fils était âgé de 3 ans à peine. Il mesure 1 m 59, possède des cheveux noirs et des yeux marrons. Son visage est rond. Il est incorporé au 121e RI de Montluçon le 3 mai 1917, à l’âge de 18 ans, comme Eugène Alphonse LONGECHAL de Fiosson. En raison du temps nécessaire à sa préparation militaire, il ne rejoint son régiment que le 19 octobre 1917, étant passé la veille au 139e RI. Son nouveau régiment vient de s’emparer de l’ouvrage du Peyrou malgré d’intenses bombardements et a poussé jusqu’au village de Haucourt. En février, mars et avril 1918, il tient le secteur de Bezonvaux.

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C’est une période longue et pénible. Les coups de main allemands sont quotidiens et nécessitent une vigilance soutenue. L’organisation y est précaire. Michel passe au 414e RI le 9 mai 1918. Son régiment est dans les Flandres où il ne peut obtenir d’avancée décisive. Il a perdu en un mois 1400 hommes. Fin mai, il se reconstitue dans la Marne lorsqu’il apprend que le 26, une violente offensive allemande a bousculé les avant-postes français. Il est transporté en camions à Serzy où il reçoit comme mission de défendre la ligne de la Vesle entre Jonchery et Branscourt. Il doit y recueillir et protéger le 9e corps d’armée britannique qui bat en retraite. Dès le 28 mai, le contact avec les Allemands est pris. A gauche, les troupes françaises ayant cédé, le 414e RI doit se replier en se défendant pied à pied. Le lendemain, le régiment se replie sur le plateau à l’est de Savigny. Pour ne pas être tourné, il se livre à d’âpres combats d’arrière-garde. Les jours suivants sont plus calmes. Mais le 6 juin, les Allemands reprennent leur poussée et le régiment gagne le bois de Reims pour contre-attaquer et rejeter l’ennemi sur Bligny. C’est chose faite au prix de la perte de 800 hommes. Le 12 juin, le 414e RI est relevé par le 90e RI italien et s’embarque le lendemain pour Toul où il occupe des secteurs tranquilles. Il reste jusqu’au 17 juillet dans le secteur de Lironville, à côté de régiments américains, puis jusqu’au 18 septembre dans le secteur d’Einville près de Lunéville. Il va ensuite s’installer dans un camp au sud de Jonchery-sur-Suippe en passant par Châlons.

Le 26 septembre, il monte au combat avec comme mission d’enlever toutes les défenses allemandes jusqu’à la Py. Le 414e RI est d’abord en réserve, mais le 26, à 11 heures, il combat en 1e ligne. Un combat sanglant s’engage sur la ligne principale de résistance ennemie, les Allemands étant bien protégés par de nombreux nids de mitrailleuses. Ce n’est qu’après de longues heures de combat que la tranchée de Magdebourg est investie. Le 4 octobre, les Allemands se replient vers le nord. La poursuite commence et durera sans arrêt jour et nuit, jusqu’au 12 octobre. L’arrière garde allemande, très active, utilisant de nombreuses mitrailleuses, provoque d’importantes pertes aux colonnes d’attaque françaises. Les traversées de rivières donnent lieu à de sanglants combats. Celle de l’Arne, à Hauviné notamment, est rendue très pénible par un déluge d’obus toxiques.

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Enfin le 12 octobre 1918, le régiment est placé en réserve et le 23, il gagne par étapes les environs de Châlons-sur-Marne pour se reposer. Pendant ces combats, il a perdu près de 800 hommes mais il a enlevé des positions importantes et capturé des prisonniers et un matériel considérable. Auch, dans son ordre général n°1449 du 12 novembre 1918, le Général Commandant la IVe armée cite le 414e RI à l’Ordre de l’Armée : Sous le Commandement du Lieutenant-colonel FRAY, qui l’avait déjà conduit au plein succès à la contre-attaque de Bligny le 6 juin 1918, a montré dans les combats opiniâtres du 27 septembre au 3 octobre 1918, au Sud de la Py, son ardeur combattive habituelle et ses belles qualités de résistance. Est parvenu, dans une lutte menée pied à pied à coups de grenades, de fusils et de mitrailleuses, à s’emparer de très importantes positions ennemies. Au cours de ces actions, et pendant la poursuite de l’ennemi, a capturé plus de 200 prisonniers valides, 4 canons, 77 mitrailleuses et 15 minen. Le 30 octobre, le régiment est transporté en Alsace par voie ferrée. Le 2 novembre il occupe le secteur de Montreux-le-Château et s’y trouve au moment de l’armistice. Il fait ensuite partie des premières troupes qui pénètrent en Alsace et parvient le premier au Rhin, à Huningue.

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Le 17 décembre 1918, Michel passe à la 7e section de COA. Il est possible que ce soit à ce moment qu’il apprend le métier de boulanger qu’il exercera ultérieurement. Il reste aux armées jusqu’au 23 octobre 1919 mais n’est démobilisé que le 6 juin 1920. Il se retire à Echandelys. Le 28 septembre 1920, il se marie à Saint-Genès-la-Tourette avec Céline Aline GUERINON. En 1922, le couple part habiter dans l’Yonne (Venizy), et revient à Saint-Genès-la-Tourette début 1926. Michel y exerce le métier de boulanger. Il est père de 2 enfants en 1939. Il décède à Saint-Genès-la-Tourette en 1957.

 

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