Jean Emile PAROT

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CroixGuerre

Avant-dernier enfant d’une famille de 4 garçons dont 3 ont été soldats pendant la Première Guerre Mondiale, Jean Emile naît à Coupat le lundi 28 février 1898 à 4 heures du matin. Son père, Jean Marie Joseph y est métayer. Il est lui-même né à la Faye, commune de Saint-Eloy-la-Glacière le 19 février 1864 et s’est marié avec Claudine CHEVARIN de Coupat où elle est née le 31 août 1857. La cérémonie a lieu à Echandelys le 3 novembre 1899. Le couple donne tout d’abord naissance à Francisque le 14 octobre 1890, puis à Antoine Marcel le 20 novembre 1892. Après Jean Emile, arrive Henri Albert le 31 mars 1902, le seul qui en raison de son âge, échappera à le Grande Guerre. A sa visite d’incorporation, Emile est cultivateur. Il mesure 1 m 76, possède des cheveux bruns et des yeux gris. Son visage est rond, sans signe particulier. Il intègre le 105e RI de Riom en pleine guerre, le 2 mai 1917. Il est âgé de 19 ans. En raison de la période d’instruction nécessaire, il n’est vraisemblablement pas monté en ligne avant début septembre 1917. Son régiment vient de s’illustrer au bois d’Avocourt, à Verdun et se réorganise lorsque Emile le rejoint. Il remonte ensuite en ligne dans le secteur des Islettes et participe aux travaux de la guerre de mine. Tous les jours, les Allemands exécutent des tirs de destruction avec des minen de 240. Les hommes qui réparent les brèches sont alors soumis à des tirs de mitrailleuses et de bombes à ailettes qui finissent par engendrer des pertes sensibles.

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Le 17 octobre, après une préparation d’artillerie, les Allemands attaquent les tranchées françaises. Une lutte à la grenade s’engage. Au bout de 2 heures, la lutte s’interrompt. Le 26 octobre, la même action reprend, et le 31 octobre, c’est un coup de main français qui ramène quelques prisonniers. Le 4 novembre, le 103e RI est relevé par le 98e RI. Le 24 novembre 1917, il monte dans le secteur de la Fille Morte. Dès les 30, les Allemands tentent un coup de main qui est repoussé. Le 8 décembre, il est déplacé dans le secteur de Bezonvaux, dédié à la garde du fort de Vaux.

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Le terrain, soumis à un intense bombardement, ne comporte que quelques tranchées qui s’éboulent et peu d’abris. Le froid et la neige accentuent la difficulté des conditions. Dans la nuit du 29 au 30 décembre, des Allemands habillés de blanc pour se confondre avec la neige réalisent une action. Leur officier est capturé. L’hiver exceptionnellement dur s’ajoute à une activité incessante de l’artillerie ennemie. Obus et minen de gros calibre pleuvent régulièrement sur les lignes françaises, précédant de nombreux coups de main. C’est avec soulagement que le régiment est relevé le 9 février 1918 et participe à des travaux de 2e position. Le 14 avril, il remonte sur la rive droite de la Meuse, dans le sous-secteur du Talou où il relève le 79e RI. Le printemps est là, et même si les infrastructures laissent à désirer, l’espoir renaît. De nombreux travaux sont entrepris pour remettre en état les boyaux et les parallèles et assurer le cloisonnement des groupes de combat selon les nouvelles habitudes. Les patrouilles sont actives mais les lignes allemandes sont assez éloignées. Le 17 juillet 1918, le régiment est relevé pour être dirigé dans l’Aisne où les Allemands ont commencé leur offensive finale. Il débarque le 19 juillet à Verberie et après une courte pause à Montigny-l’Engrain, il se porte le 25 sur Puisieux. Pendant les deux jours suivants, il prépara l’attaque sur l’Orme du Grand-Rozoy. Or le 12 août 1918, Emile reçoit une citation à l’ordre du régiment n°542 pour sa belle conduite pendant l’attaque du 23 juillet a réduit l’avance d’une mitrailleuse allemande. Soit la date est inexacte (il s’agirait plutôt du 29), soit Emile n’était plus dans cette unité. L’attaque se déclenche à 5 h 30. Les bataillons progressent difficilement sous le feu de nombreuses mitrailleuses. Le soir à 19 heures, les Allemands contre-attaquent mais sont repoussés. Si les pertes du 105e RI ont été sensibles, il a enlevé de nombreuses mitrailleuses, 3 canons de 77 et fit 255 prisonniers.

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Les 30 et 31 juillet sont consacrés à la consolidation des positions. Le 1er août, le 105e RI attaque de nouveau et enlève encore 4 mortiers, 64 mitrailleuses et fait 180 prisonniers. Les 4 et 5 août, le régiment arrive sur les bords de la Vesle. Le 16 août, Emile est transféré au 103e RI. Son nouveau régiment est au repos après des combats dans la Marne. Il reprend un de ses anciens secteurs des Monts devant Courmelois et y prépare l’attaque du 26 septembre. Il y réussit brillamment, capturant de nombreuses mitrailleuses et canons et faisant plus de 100 prisonniers. Il résiste à toutes les contre-attaques, en particulier celle du 2 octobre où il subit un effroyable bombardement. A peine relevé, il attaque devant Saint-Pierre-à-Arnes où il progresse de plus de 2,5 km. Presque encerclé, sans réserve, résistant pendant 3 jours, il force les Allemands à se replier et les talonne sur la Retourne, Saulce-Champenoise et arrive le premier des régiments français à l’Aisne. Il s’empare ensuite d’Ambly-le-Haut et après plusieurs tentatives, jette une tête de pont sur le canal. Il est ensuite relevé et c’est à l’arrière qu’il apprend la nouvelle de l’Armistice. Emile reste sous les drapeaux jusqu’au 14 juin 1920, date à laquelle, son certificat de bonne conduite en poche, il se retire à Echandelys. En octobre 1921, il habite à Paris, au 162 avenue Jean Jaurès. Il y exerce probablement le métier de chauffeur-livreur. Le 4 mai 1926, il se marie à Saint-Germain-l’Herm avec Marie Berthe MONIER. En octobre de la même année, il déménage pour le Pré-Saint-Gervais, toujours en région parisienne, puis pour Champigny en 1929 puis Levallois-Perret en 1932. Lors de la Seconde Guerre Mondiale, il est rappelé le 14 février au dépôt d’infanterie n°132. Nous ne savons s’il est resté longtemps sous les drapeaux car le 13 décembre 1940, la CSR de Clermont-Ferrand le réforme définitivement avec invalidité de 100% pour tuberculose pulmonaire confirmée et dysphonie accentuée. Il décède le 5 mars 1941 à Clermont-Ferrand.

 

 

 

 

 

 

2 réflexions au sujet de « Jean Emile PAROT »

    Antoine Marcel PAROT « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    6 juillet 2017 à 16 h 06 min

    […] 1899. Francisque arrive tout d’abord le 14 octobre 1890 à Coupat. Après Marcel, viennent Jean Emile le 28 février 1898, puis Henri Albert le 31 mars 1902, le seul qui en raison de son âge, […]

    Francisque PAR(R)OT « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    6 juillet 2017 à 16 h 06 min

    […] à Echandelys le 3 novembre 1899. Après Francisque viennent Antoine Marcel le 20 novembre 1892, Jean Emile le 28 février 1898, puis Henri Albert le 31 mars 1902, le seul qui en raison de son âge, […]

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