Antoine Marius RECOQUE

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Second enfant d’une famille de trois, Antoine naît au moulin de Géry le dimanche 13 novembre 1898 à 10 heures du matin de Jean Marie né à Puy Hautier, commune de Fournols, le 4 janvier 1870, cultivateur et scieur, et de Marthe Mélanie BOURNERIE née au moulin de Géry le 12 mai 1873. Ses parents se sont mariés à Echandelys le 11 juin 1895 et se sont installés tout d’abord chez les parents de Marthe Mélanie, puis deviennent indépendants vers 1900. Le frère aîné d’Antoine, Lucien Antoine, naît le 20 avril 1896. Il sera comme son cadet, soldat pendant la Première Guerre Mondiale. Après Antoine arrive Marie Lucienne le 17 avril 1904. Antoine est agriculteur puis scieur affûteur et marchand de bois comme son père lors de sa visite d’incorporation. Il mesure 1 m 64, possède un visage allongé avec un nez fort. Ses cheveux sont châtains et ses yeux marrons. En raison de la guerre qui fait rage, les classes sont incorporées plus tôt que d’habitude et Antoine se retrouve au 60e RAC de Troyes le 3 mai 1917. Il reste en formation à l’intérieur jusqu’au 16 avril 1918, date à laquelle il passe au 176e RAT et part aux Armées. Il n’y reste que peu de temps car le 25 juin 1918, il passe au 57e RAC. Son nouveau régiment se bat en Belgique, mais il ne le rejoint vraisemblablement que début juillet lorsque, relevé, il se repose vers Berthecourt et Hodenc dans l’Oise. On s’attend à une puissante attaque allemande et le régiment est mis en position dans la forêt de Compiègne à hauteur de Pierrefonds. Il y rejoint de nombreuses division d’infanterie, de cavalerie, ainsi que des groupes d’artillerie de tout calibre et même des tanks. Le général Foch a décidé de percer le flanc de l’armée allemande qui vient d’attaquer en Champagne. L’attaque, qui doit avoir lieu le 18 juillet, doit être une surprise. Aussi, aucune pièce n’est mise en batterie avant la nuit du 17 au 18. La mise en place est difficile en raison de la concentration de troupes. Les munitions sont progressivement acheminées près des pièces. Les nuits sont courtes. Le PC est installé près du cimetière d’Ambleny.

Ambleny.jpg

Les derniers préparatifs se font sous un orage torrentiel mais tout est prêt à l’heure malgré la chute de bon nombre de canons dans le fossé en raison des chemins détrempés. Les batteries sont échelonnées entre Vic-sur-Aisne et Ressons-le-Long. A 4 h 35, l’artillerie ouvre le feu. La surprise est complète et les objectifs sont atteints. L’avancée la première journée est de 6 km, permettant la prise de 1100 prisonniers et de 40 canons. Un matériel considérable est également pris à Pernant. Le 19 juillet, le régiment arrive sur les bords de l’Aisne où il fait barrage. Il change ensuite d’affectation et passe au 18e CA au nord de l’Aisne. Le transport s’effectue de nuit sur des routes et des chemins d’accès pratiquement impraticables aux tracteurs. Il prend position entre Bitry et Tracy-le-Mont. Les soldats qui n’ont pas dormi depuis 4 nuits sont épuisés. Il n’y a aucune installation. Tout le monde est sous la tente et est soumis à des tirs de harcèlement continuels ainsi que par des bombardements par avion. Trop exposé, ordre est donné au régiment de ramener les bivouacs dans la forêt de Compiègne. Jusqu’au 15 août, le 57e RAC change plusieurs fois de position sans tirer. Du 12 au 15 août, il se positionne à l’ouest de Moulin-sous-Toulevent. Il doit participer à une attaque sur tout le front entre l’Oise et l’Aisne, visant la conquête de l’Oise et du canal de l’Ailette. Les préparatifs débutent le 17 août et entraînent une importante réaction des Allemands. Le ravitaillement en munitions est touché. Les canons devenant limites en portée, les batteries avancent le 21 août. Le canal de l’Ailette est atteint le 22. Mais les troupes sont passablement affectées par les derniers jours de combat et les quelques jours qui suivent sont employés à aménager le secteur et à répondre aux Allemands, les luttes d’artillerie restant vives. Puis dans la nuit du 27 au 28 et la nuit suivante, les batteries sont approchées au plus près de l’ennemi, sur Trosly-Loire.

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Le premier groupe bénéficie de quelques abris fournis par les caves du village. Le 28 août à 23 h 45, le tire de préparation commence, et à 5 h 50, le canal de l’Ailette est franchi par l’infanterie. Le barrage roulant se déclenche, visant à protéger l’avancée de l’armée française. L’artillerie allemande riposte violemment en bombardant le 57e RAC qui continue malgré tout sa tâche. A 9 heures, la ligne de front passe à 1 km du canal. Le lendemain, le régiment subit en plus des bombardements parfois à l’ypérite, l’assaut d’avions allemands qui le mitraillent. Le 2 septembre, les Allemands battent en retraite, suivis le lendemain par les troupes françaises. Le paysage est ponctué de foyers d’incendie qui correspondent aux villes et villages incendiés par les Allemands pendant leur retraite. Dans la matinée du 7, l’Ailette est franchie. Les premiers cas de grippe apparaissent. L’épidémie s’amplifie rapidement et une action prévue les jours suivants est annulée. La relève est effectuée le 9. En raison des pertes subies et du rôle joué par le régiment pendant ces dernières semaines, il obtient une citation à l’ordre de la Xe armée.

Passant par Villers-Cotterêts, Nateuil-le-Haudoin et Lagny, il gagne Vaudoy et Pécy entre Meaux et Coulommiers. Il y reste pendant un mois pendant lequel la grippe occasionne de nombreux décès. Sur pied le 5 octobre, il quitte la région le 9 par Meaux, Creil, Compiègne et Noyon où il constate les dégradations allemandes effectuées lors de la retraite allemande (villages dynamités, arbres systématiquement coupés …). Les ruines de Golancourt et de Guiscard abritent quelques jours le 57e RAC.

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Le 11 octobre 1918, le régiment part sous la pluie sous des routes défoncées et par Cugny, Grand-Béraucourt et Saint-Quentin, gagne son point de rassemblement à 12 km à l’est de Saint-Quentin à 7 heures du matin. En raison du brouillard, la mise en place s’effectue sans que les Allemands ne s’en soient rendu compte. Le 13, la crue de l’Oise retarde l’attaque projetée et l’artillerie allemande se montre très active. Jusqu’au 18, la bataille est acharnée et nécessite le remplacement des régiments d’infanterie qui y prennent part. Le 57e RAC est régulièrement la cible d’obus à gaz qui intoxiquent de nombreux canonniers. Progressivement, les Allemands se replient. Le 24 octobre, l’attaque reprend mais butte sur un réseau non signalé qui empêche toute avance. Puis l’attaque progresse le lendemain, suivant le recul allemand. La cote 103 qui dominait Mont-d’Origny tombe le 26 octobre, livrant de nombreux prisonniers. En fin d’après-midi, le recours à l’artillerie n’est plus nécessaire, les Allemands n’offrant plus de résistance. Le régiment se positionne au nord d’Hauteville. L’ennemi offre plus de résistance sur l’Oise dont il semble vouloir interdire le passage. L’artillerie allemande redevient agressive. La crue de la rivière n’arrange rien, emportant les passerelles le 30 octobre. L’attaque prévue ne se déroule que le 4 novembre 1918. Le canal puis l’Oise sont franchis. Les allemands se replient au nord de Guise. Le lendemain, le régiment tente de suivre la retraite allemande, mais les tracteurs sont arrêtés à Lesquielles-Saint-Germain par des routes minées et éventrées. Il y apprend la nouvelle de l’armistice.

Le 16 novembre 1918, il gagne la région de Beauvais par Nesle et le Mesnil-Saint-Firmin. Il est rassemblé dans les villages de Cempuis, Sommereux et Grez où il reste jusque début janvier 1919. Le 5 janvier 1919, il part pour l’Allemagne par Noailles, la Ferté-sous-Jouarre, la Chaussée-sur-Marne, Ancerville, Chalaines et Nancy. Il reste deux mois à Nancy où ses camions viennent largement en aide aux services publics et aux particuliers. Le 26 mars, il repart pour Worms, au bord du Rhine, passant par Morhange, Sarreguemines et Kaiserslauterne. La signature de la paix semble difficile et les alliés, craignant un dernier sursaut de l’armée allemande, déploient des troupes sur la rive droite du Rhin. Le 57e RA, qui de Worms était passé à Kreuznach le 23 mai, puis à Weisenau le 17 juin, franchit le fleuve le 19 juin et s’établit à Münster-in-Taunus et Weilbach au nord-ouest de Frankfort. Si les Allemands refusent de signer le traité de paix, il a pour mission de fondre sur Fulda, séparant l’Allemagne du nord de l’Allemagne du sud. Le traité ayant été signé le 28 juin, le régiment regagne Kreuznach le 2 juillet.

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Le premier 1920, Antoine passe au 23e RAC et est démobilisé une semaine plus tard. Il rejoint Echandelys muni de son certificat de bonne conduite. Il déménage à Sauxillanges en 1932. En 1940, il est père de trois enfants et est réformé temporairement par la CSR de Lyon le 10 février pour dyspepsie nerveuse et psychasthénie. Il décède à Aurillac en 1993.

 

2 réflexions au sujet de « Antoine Marius RECOQUE »

    Jean Marie RECOQUE « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    17 août 2017 à 17 h 05 min

    […] Lucien Antoine, leur premier fils, voit la jour au moulin de Géry le 20 avril 1896, suivi d’Antoine Marius le 13 novembre 1898. Tous deux seront également soldats pendant la Première Guerre Mondiale. […]

    Lucien Antoine RECOQUE « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    18 août 2017 à 18 h 35 min

    […] parents de Marthe Mélanie, puis deviennent indépendants vers 1900. Après Lucien Antoine, arrive Antoine Marius le 13 novembre 1898. Il sera comme son père, soldat pendant la Première Guerre Mondiale. Enfin […]

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