Jean ROUVET

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Aîné d’une famille de neuf enfants (dont 6 des 8 garçons seront soldats pendant la Grande Guerre), Jean naît le mardi 12 juillet 1870 à Roure à 3 heures du soir. Les origines de sa famille sont difficiles à retrouver car Blaise, son père, né vers 1843, y est métayer. Les origines de sa mère, Marie CHALIMBAUD (née vers 1850), sont tout aussi floues. Après Jean naissent Régis, le 9 juillet 1872 à Brousse et mort le 21 septembre 1895 à l’hôpital de Marololo (Madagascar) d’une cachexie paludéenne lors de la conquête de l’île par les Français (son corps est certainement toujours dans le cimetière de Marololo), Eugène François né à Roure le 16 mars 1876, Henri né le 2 juin 1877 à Roure, Jean Emile né le 12 avril 1879 à Roure, Victor Régis né le 21 septembre à Roure, Régis Alexis né le 10 février 1882 à Roure, Antoine né le 13 janvier 1884 à Roure et enfin la seule fille de la fratrie, Victorine Antoinette Gilberte le 3 juin 1888 toujours à Roure. Seuls Régis et Victor Régis n’ont pas été soldat pendant la Première Guerre Mondiale, Victor Régis pour une raison inconnue. La famille déménage de Roure entre 1891 et 1896, certainement pour le hameau de Meydat Grand puis celui de Veillerette à Condat-lès-Montboissier.

Etant l’aîné de dix enfants (on a dû en perdre un dans les méandres des archives), Jean est dispensé du service en 1890. Lors de sa visite d’incorporation, il mesure 1 m 64 et exerce le métier d’agriculteur. Ses yeux sont châtain clair et ses yeux bruns. Il a un visage ovale, avec un menton rond et une petite bouche. Il est incorporé au 92e RI de Clermont-Ferrand le 10 novembre 1891. Muni de son certificat de bonne conduite, il est renvoyé à Roure le 19 septembre 1892. Le 31 août 1893, il se marie à Ceilloux avec Eugénie Françoise CHAROBERT, née le 7 juillet 1877 et orpheline de père. Le couple habite alors à Gaudon, hameau de Ceilloux, tout d’abord chez la mère de Françoise. Blaise Alexis Jean Marie y voit le jour le 24 août 1895. Il semble qu’il soit le seul enfant de la famille. Egalement soldat pendant la Première Guerre Mondiale, ce dernier est incorporé au 16e RI le 16 décembre 1914. Blessé par éclats d’obus, il passe à l’artillerie lourde le 6 novembre 1916 en raison des séquelles de ses blessures (à l’auriculaire droit et au pied gauche). Il décède de maladie à l’hôpital militaire Dominique Larey de Versailles le 5 décembre 1918.

Lors de la mobilisation, Jean arrive au 99e RIT de Clermont-Ferrand, comme beaucoup de ses frères, le 29 mars 1915. Il est âgé de 44 ans et y retrouve de nombreux habitants d’Echandelys. Mais il semble qu’il soit resté au dépôt jusqu’au 20 mai 1915, date à laquelle il passe au 259e RIT qui vient d’être nouvellement formé et dont le 3e bataillon, constitué à Ambert, intègre des hommes des 13e, 99e, 100e et 101e RIT. Le 1er juin 1915, les trois bataillons, d’origine diverse, sont réunis au camp d’Avord. L’état major est établi à Saint-Germain-du-Puy. Jusqu’au 10 août 1915, les hommes subissent un entraînement intensif car une majorité d’entre eux n’a pas eu d’instruction militaire poussée. Le 11, le régiment arrive au camp retranché de Paris et occupe les cantonnements de Lagny, Jossigny, Choisy-le-Roi, Villeneuve-Saint-Georges et Villiers-sur-Marne. Il n’a pas de mission spéciale et les hommes s’occupent à creuser des tranchées en renforcement de celles déjà établies de la lisière sud du bois de Chigny à l’angle sud du parc de Guermantes.

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Le 13 septembre 1915, le régiment se rend par étapes sur Haramont et Taillefontaine. Il a pour mission de mettre en défense le secteur Brasson-Longpont et exécute en particulier des tranchées au nord de la ligne Roys – Saint-Nicolas – Mortefontaine – Longavesne jusqu’au 29 septembre 1915. Le 30 septembre, il embarque à Villers-Cotterêts et débarque le lendemain dans la Meuse, à Longeville, puis se rend par étapes à Longchamps où un centre d’instruction a été constitué afin de former des mitrailleurs, téléphonistes, bombardiers et pionniers. L’instruction est faite sous la direction d’officiers venus de Verdun. Le 14 octobre, deux bataillons, les 1er et 3e monte en tranchées arrières respectivement aux tranchées de Malimbois et des Hautes-Charrières pour le 1er et au niveau du fort des Paroches, des ouvrages O, A et du ravin des Fumées et des Sapinettes pour le 3e. Le 2e bataillon creuse des tranchées à Thillombois.

Le 25 octobre, le 259e RIT se rend par étapes sur Flirey. Il est chargé d’y terminer un système de tranchées s’étendant de la route de Noviant à Limey à l’est jusqu’à la corne du bois de Jury à l’ouest. Toutes ces positions sont vues par les Allemands qui ne manquent pas de réaliser un arrosage méthodique. Le mois de décembre amène des pluies continues qui font combler les boyaux et s’écrouler les tranchées. Le bombardement redouble et même les régiments en ligne (les 227e et 163e RI) ne peuvent lutter contre les éléments. Le 259e RIT est chargé d’assurer le service en première ligne à la Courtine, entre le Chapeau et le bec de Canard et au bois de Jury.

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Les bombardements sont fréquents. Le service est assuré par des hommes de 45 ans dont certains ont des fils aux tranchées voisines (le 227e RI et le 259e RIT sont pour certains bataillons de la même région). Aux Allemands occupant le bois de Mortmare, s’ajoute l’eau qui monte jusqu’à la cheville dans certains boyaux, la boue, le manque d’abris et les cadavres des tués de l’offensive d’avril 1915 qui réapparaissent à chaque glissement de terrain. En raison des bombardements incessants tant en ligne que sur les cantonnements de repos de Bernécourt et de Noviant, les pertes sont importantes et trop de camarades restent dormir sous les croix blanches à cocarde tricolore lorsque le 15 mai 1916 le 259e RIT quitte le secteur.

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Il bascule en plusieurs nuit sur Broussey et occupe trois jours plus tard la lisière des bois de Saulcy, Sans-Nom, Bas, de Besombois, le Boqueteau, la Sapinière ainsi que l’étang de Vargevaux. Le coin est tranquille car, si les Allemands, installés sur les Hauts-de-Meuse le dominent, il est en sous-bois ou en terrain couvert. D’autre part, un terrain marécageux de 1 500 à 1 800 mètres sépare les premières lignes. Les rares coups de main allemands échouent. Les hommes s’occupent à la réalisation de tranchées en superstructure en raison du caractère marécageux du sol et de baraquements en sous-bois, avant l’arrivée de la pluie qui va tout inonder. Le 16 novembre 1916, le régiment est retiré du front et commence sa dissolution. Il garde les hommes les plus âgés, les autres étant versés dans d’autres régiments. Le 5 décembre 1916, il arrive par voie ferrée à Fismes. Dès le lendemain, il est affecté à la construction de la voie ferrée de Fismes à Bouleuse. Le 6 février 1917, le régiment est dissout. Les 1er et 4e bataillons deviennent bataillons isolés et le 1er est dit bataillon d’avant. Ils restent à Crugny dans la Marne et sont occupés à construire la voie ferrée de Fismes à Bouleuse. Le 4 avril 1917, ils sont mis à la disposition du réseau de voies de l’armée pour le 1er et au service de santé des armées pour le 4e. Le 20 juillet 1917, Jean est détaché comme agriculteur à Ceilloux. Il passe virtuellement au 53e RA le 10 novembre 1917 et est définitivement libéré de ses obligations militaires le 2 décembre 1918. Il ne verra pas son fils revenir car ce dernier décède comme nous l’avons vu à Versailles en décembre 1918 (de la grippe espagnole?). Lui-même décède à Brousse en 1953.

 

 

5 réflexions au sujet de « Jean ROUVET »

    Jean Emile ROUVET « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    4 septembre 2017 à 12 h 50 min

    […] de sa mère, Marie CHALIMBAUD (née vers 1850), sont tout aussi floues. Tout d’abord naissent Jean le 12 juillet 1870, Régis, le 9 juillet 1872 à Brousse et mort le 21 septembre 1895 à […]

    Régis Alexis ROUVET « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    5 septembre 2017 à 18 h 06 min

    […] de sa mère, Marie CHALIMBAUD (née vers 1850), sont tout aussi floues. Tout d’abord naissent Jean le 12 juillet 1870, Régis, le 9 juillet 1872 à Brousse et mort le 21 septembre 1895 à […]

    Antoine ROUVET « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    5 septembre 2017 à 18 h 09 min

    […] Marie CHALIMBAUD (née vers 1850), sont tout aussi floues. Le premier enfant connu du couple est Jean, né le 12 juillet 1870 à Roure, également soldat pendant la Première Guerre Mondiale. Suivent […]

    Eugène François ROUVET « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    5 septembre 2017 à 18 h 10 min

    […] Marie CHALIMBAUD (née vers 1850), sont tout aussi floues. Le premier enfant connu du couple est Jean, né le 12 juillet 1870 à Roure, également soldat pendant la Première Guerre Mondiale, suivi par […]

    Henri ROUVET « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    5 septembre 2017 à 18 h 12 min

    […] Marie CHALIMBAUD (née vers 1850), sont tout aussi floues. Le premier enfant connu du couple est Jean, né le 12 juillet 1870 à Roure, également soldat pendant la Première Guerre Mondiale, suivi par […]

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