Régis Alexis ROUVET

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Septième enfant d’une famille de neuf (dont 6 des 8 garçons seront soldats pendant la Grande Guerre), Régis Alexis naît le vendredi 10 février à Roure à 3 heures du soir. Les origines de sa famille sont difficiles à retrouver car Blaise, son père, né vers 1843, y est métayer. Les origines de sa mère, Marie CHALIMBAUD (née vers 1850), sont tout aussi floues. Tout d’abord naissent Jean le 12 juillet 1870, Régis, le 9 juillet 1872 à Brousse et mort le 21 septembre 1895 à l’hôpital de Marololo (Madagascar) d’une cachexie paludéenne lors de la conquête de l’île par les Français (son corps est certainement toujours dans le cimetière de Marololo), Eugène François né à Roure le 16 mars 1876 et Henri né le 2 juin 1877 à Roure, Jean Emile le 12 avril 1879 et Victor Régis né le 21 septembre à Roure. Après Régis Alexis arrivent Antoine le 13 janvier 1884 à Roure et enfin la seule fille de la fratrie, Victorine Antoinette Gilberte le 3 juin 1888 toujours à Roure. Seuls Régis et Victor Régis n’ont pas été soldat pendant la Première Guerre Mondiale, Victor Régis pour une raison inconnue. La famille déménage de Roure entre 1891 et 1896, certainement pour le hameau de Meydat Grand puis celui de Veillerette à Condat-lès-Montboissier.

Régis Alexis est agriculteur lors de sa visite d’incorporation. Il mesure 1 m 66 et possède des cheveux et des yeux bruns. Son visage est ovale avec un front découvert et un menton rond. Il est incorporé au 92e RI de Clermont-Ferrand le 14 novembre 1903 puisqu’il a été dispensé en 1902, son frère Jean Emile étant sous les drapeaux. Il est renvoyé dans ses foyers muni de son certificat de bonne conduite le 18 septembre 1904 et regagne Condat-les-Montboissier. Il se marie à Auzelles le 26 juin 1906 avec Maria MAYMONT née à Brousse le 5 mai 1888. Il semble alors habiter Auzelles mais la famille n’y est pas retrouvée lors du recensement de 1911.

A la déclaration de la guerre, âgé de 32 ans, Régis Alexis arrive au 92e RI de Clermont-Ferrand le 2 août et part aux armées le 12. Il va passer, fait rare, toute la guerre dans ce même régiment. Régiment clermontois, il y retrouve de nombreux compatriotes. Dès le 7 août, le régiment est formé et le 9, il débarque à Girancourt dans les Vosges.

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Le 12 août, il s’avance vers la frontière que les Allemands ont déjà franchie. Il passe par Rambervillers, Raon l’Étape, Badonvillers et Embermenil. Le 14, les Allemands se sont retranchés et les premières escarmouches se produisent, permettant aux ennemis de faire une retraite en ordre. Le 16, le 92e RI passe la frontière et s’établit le 18 dans les villages de Brouderdoff, Plaine-de-Walsch et dans le bois de Voyer. Le 19, il se fortifie sur ces positions et le 20, l’engagement est sérieux. En effet, les Allemands ont reculé, mais se sont arrêtés sur des lignes prévues d’avance garnies d’une nombreuse artillerie lourde. Les pertes du 1er bataillon à Plaine-de-Walsch sont devenues si grosses, qu’il doit être relevé par le 3e bataillon placé en réserve au bois de Voyer. Les Allemands contre-attaquent, obligeant l’armée française à reculer. Si, jusqu’au 23, la retraite est calme, le 24 les Allemands deviennent pressants, les 2e et 3e bataillons attaquent à Domptail, mais la pression allemande devient intolérable.

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Le 3e bataillon est fauché par un feu terrible et seul le dévouement de la 7e compagnie protège sa retraite. Cette même 7e compagnie, le 26 août, séparée des autres, se heurte dan les bois à un fort détachement allemand cherchant à s’infiltrer dans Rambervillers. Elle le repousse jusqu’à la lisière après avoir tué son commandant bavarois qui reste sur le champ de bataille. Puis le régiment est relevé des Vosges et débarque à Liancourt (Oise) le 15 septembre. Il combat en particulier à l’Ecouvillon et au Plémont, puis réalise le 26 septembre, se portant vers le nord, des tranchées à Tilloloy.

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Puis, glissant encore toujours vers le nord, il s’établit face aux Allemands à Fouquescourt et à Fresnoy. Le 2e bataillon, à la Chavatte, fait face à de nombreuses attaques allemandes et le manque de munitions se fait douloureusement sentir.

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Relevé, le régiment débarque sur la frontière belge, à Esquelbecq, le 12 novembre, et le 13, il se porte dans la direction de Zonnebeke. Dans l’après-midi, il reçoit du général l’ordre d’attaquer les lignes allemandes au nord de Zonnebeke, vers le carrefour de Broonseinde. Attaques et contre-attaques se succèdent jusqu’en décembre, avec obtentions de plusieurs citations du régiment.

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Le régiment est ramené sur les confins des départements de la Somme et de l’Oise; où il y restera pendant toute l’année 1915, se remettant de ses fatigues et de ses grosses pertes de Lorraine et de Belgique. Il tient alors les secteurs du bois des Loges et de Beuvraignes. Dans ce dernier, la lutte de tranchées bat son plein entre les villages du Cessier et de Beuvraignes.

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Remis à l’entraînement au camp de Crèvecoeur, le régiment part fin février pour la défense de Verdun. Il bivouaque au bois de Fouchères, à trois kilomètres de Dombasle. Si le régiment ne combat pas immédiatement, les conditions sont difficiles. L’ennemi frappe des coups redoublés, la rive droite de la Meuse est actuellement le théâtre de la lutte, mais la rive gauche s’enflamme à son tour, et, dans le bois, sans autre abri que la tente individuelle, contre la neige qui tombe toutes les nuits, le 92e, en réserve, attend l’heure de se porter en avant. Le 6 mars, le régiment arrive sur la neige par 12 degrés au-dessous de zéro au bois du Bouchet. Il reste là, alerté toute la nuit sans abri. Au jour, il se porte en formations d’approche sur la limite d’Esnes à Chattancourt. Il s’y établit en position d’attente. (Historique du 92e RI Maison Alfred Mame imprimeurs, Tours). Le premier février 1916, Régis Alexis passe à la 2e compagnie de mitrailleuses. Le 8 mars, le régiment se lance à l’assaut du bois des Corbeaux tombé la veille aux mains des Allemands. Il est pris pour être reperdu le lendemain, le tout au prix de centaines de morts.

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Retiré de Verdun en raison de ses importantes pertes, le régiment relevé le 20 mars 1916, se retrouve dans la Somme et, reformé, tient les secteurs de Bailly et Fouquescourt, au nord de Roye. Il est alors en première ligne pour participer à la bataille de la Somme à partir du 1er juillet 1916. Dans la nuit du 4 au 5 septembre, le 1e bataillon s’installe dans les premières lignes allemandes conquises par le 139e RI, puis les 1e et 2e bataillons partent à l’assaut dans la journée du 6. Un corps à corps terrible se produit au tour de la gare de Chaulnes et les hommes oubliant d’allumer les pots Ruggieri afin de prévenir l’artillerie, cette dernière les pilonne et les débris de la 2e compagnie doivent se replier. La 3e compagnie, s’étant emparé de la tranchée des Sélénites, son objectif, porte secours à la 7e compagnie occupée à enlever l’ouvrage de la Demi-Lune, constitué par d’anciens remparts du château. Le 92e RI maintient ses positions malgré de multiples contre-attaques allemandes.

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Cette opération est responsable du côté français de 79 morts, 300 blessés et 63 disparus. Le régiment reçoit à cette occasion sa 2e citation à l’ordre de l’armée. Après quelques relèves dans la Somme, le 92e RI se rend à Crépy-en-Valois puis est envoyé jusqu’en janvier 1917 au camp de Neuf-Château.

Jusqu’au mois de février, il tient les tranchées dans le bois de Thiescourt. Au mois de mars, il est prêt à attaquer lorsque les Allemands, effectuant un repli stratégique, se retirent sur le ligne Hindenburg. Fin mars, le contact est repris. Puis le régiment participe à l’attaque sur Saint-Quentin. Le 1er avril 1917, la 9e compagnie est sacrifiée sur la cote 103, permettant de démasquer les positions allemandes. En 24 heures, les 2e et 3e bataillons s’emparent de deux saillants allemands sur la ligne Hindenburg, de la sucrerie et du village de Grugies.

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A la tombée de la nuit, la 9e compagnie couche dans la neige à 50 mètres de l’ennemi. Le 3 avril, les deux bataillons s’arrêtent devant la formidable position du Pis-Aller. La position reconnue, le régiment est relevé pour 4 jours de repos avant de revenir pour l’attaquer le 13. A 5 heures du matin, les 5e et 7e compagnies partent à l’assaut. La 5e, arrêtée par un champ de fils de fer barbelé vient y faire ses tranchées tout contre, alors que la 7e arrive à pénétrer dans la ligne Hindenburg, s’emparant de la tranchée de Brandebourg et progressant jusqu’à celle de la Drave.

Malgré les contre-attaques, le obus et les torpilles, les pieds gelés et les difficultés de ravitaillement tant en vivres qu’en munition, le régiment tient pendant 10 jours, jusqu’à la relève. Le 25 mai 1917, Régis Alexis passe à la 5e compagnie, vraisemblablement en raison des pertes de cette dernière. La réussite n’aurait pas pu se faire sans les téléphonistes qui ont maintenu les communications sur ce terrain dénudé et battu par l’artillerie ennemie. Après un repos bien mérité, le régiment revient tenir le secteur de Dallon devant Saint-Quentin et repousse plusieurs coups de main. Il est ensuite dirigé sur le camp de Saint-Ouen afin de parfaire son instruction en vue d’une prochaine offensive. Son drapeau, un des premiers à être décoré de la fourragère, est envoyé à la Revue du 14 juillet 1917 à Paris.

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Puis la prochaine destination est connue. Il s’agit de Verdun où le 92e RI est chargé de prendre la zone s’étendant de la cote 304 au bois d’Avocourt. L’attaque est menée par les 1e et 3e bataillons, le 2e restant en réserve. Le 20 août, le 1e bataillon atteint tous ses objectifs en 20 minutes. La tâche est plus rude pour le 3e. Des combats au corps à corps ponctuent tout le front et les nids de résistance sont progressivement réduits. Le 2e bataillon a du mal à traverser la forêt de Béthelainville et à suivre le mouvement en raison d’un tir de barrage par obus toxiques. Le régiment fait pendant cette journée 500 prisonniers et pris 8 minenwerfer et 30 mitrailleuses. Une contre-attaque allemande est repoussée le jour même. Le régiment reçoit une citation à l’ordre de l’armée. Il passe ensuite le mois de septembre 1917 au repos à Vaubécourt, puis les mois d’octobre à décembre en secteur devant Vauquois. La zone est calme et le régiment est dit repousser des tentatives de fraternisation allemandes. Le 4 février 1918, le régiment est envoyé sur la rive droite de la Meuse, le 1e bataillon à Hassoule et le 2e devant Bezonvaux.

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Hassoule

Les Allemands semblent préparer une grande offensive. Pendant 4 jours, après une intense préparation d’artillerie par obus de 105 et 150, les Allemands tentent d’aborder les lignes françaises mais sont repoussés par les tirs de barrage. Ils attaquent tout de même dans la journée du 20 à 7 h du soir, faisant prisonnier le chef du 1e bataillon. Ils sont repoussés quelques heures plus tard. Après une période de repos, le régiment se retrouve en mai 1918 dans la région d’Amiens. Il doit couvrir la Ferté-Milon et les abords sud-est de la forêt de Villers-Cotterets devant les Allemands qui, ayant franchi le Chemin des Dames, marchent sur Paris. Il prend position de part et d’autre de l’Ourcq. Pendant plusieurs jours, la bataille fait rage, sans modification décisive sur le terrain, perdu puis repris par des attaques et contre-attaques successives.

Après un repos de 3 jours sur Paris, le 92e RI tient le secteur de Saint-Mihiel et après quelques coups de main victorieux, ramenant par exemple le 25 août les 3 premiers prisonniers autrichiens faits sur le front français, concourt le 15 septembre 1918 à l’avancée américaine sur Saint-Mihiel en prenant après une attaque de nuit le fort du camp des Romains.

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Au mois d’octobre, le régiment est à la droite de l’armée américaine, sur le rive droite de la Meuse et est chargé de s’emparer du bois de Caures. L’assaut est donné le 8 octobre et le régiment atteint rapidement ses objectifs sauf près du bois d’Haumont ou un nid fait de 22 mitrailleuses allemandes résiste. Il est anéanti par un appui d’artillerie. Malgré plusieurs contre-attaques allemandes provoquant des pertes de terrain conquis, celui-ci est repris et le nombre de prisonniers autrichiens augmente d’heure en heure. En tout sont faits prisonniers 750 soldats, 60 mitrailleuses et 12 canons. Après la signature de l’armistice, le régiment passe à Metz, Thionville, Deux-Ponts et franchit le Rhin à Mayence le 28 décembre 1918. Il s’établit autour de Francfort.

Régis Alexis est démobilisé le 16 février 1919. Il se retire à Auzelles. En 1921, il déménage pour Condat-lès-Montboissier, puis pour Brousse (hameau de l’Espinassier) en 1926. C’est dans cette dernière localité qu’il meurt en 1965, 4 ans après son épouse.

 

5 réflexions au sujet de « Régis Alexis ROUVET »

    Antoine ROUVET « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    5 septembre 2017 à 18 h 09 min

    […] à Roure, Jean Emile né le 12 avril 1879 à Route, Victor Régis né le 21 septembre à Roure et Régis Alexis né le 10 février 1882 à Roure. Seuls Régis et Victor Régis n’ont pas été soldat pendant la […]

    Eugène François ROUVET « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    5 septembre 2017 à 18 h 11 min

    […] à Roure, Jean Emile né le 12 avril 1879 à Route, Victor Régis né le 21 septembre à Roure, Régis Alexis né le 10 février 1882 à Roure, Antoine né le 13 janvier 1884 à Roure et enfin la seule fille […]

    Henri ROUVET « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    5 septembre 2017 à 18 h 12 min

    […] arrivent, Jean Emile né le 12 avril 1879 à Roure, Victor Régis né le 21 septembre à Roure, Régis Alexis né le 10 février 1882 à Roure, Antoine né le 13 janvier 1884 à Roure et enfin la seule fille […]

    Jean ROUVET « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    5 septembre 2017 à 18 h 15 min

    […] à Roure, Jean Emile né le 12 avril 1879 à Roure, Victor Régis né le 21 septembre à Roure, Régis Alexis né le 10 février 1882 à Roure, Antoine né le 13 janvier 1884 à Roure et enfin la seule fille […]

    Jean Emile ROUVET « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    5 septembre 2017 à 18 h 16 min

    […] né le 2 juin 1877 à Roure. Après Jean Emile viennent Victor Régis né le 21 septembre à Roure, Régis Alexis né le 10 février 1882 à Roure, Antoine né le 13 janvier 1884 à Roure et enfin la seule fille […]

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