Eugène Jean Marie ROUX

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Cadet d’une famille de trois enfants, Eugène voit le jour à la Foresterie le lundi 5 juin 1871 à 2 heures du matin de Jean Marie, scieur de long puis propriétaire, né au Buisson le 23 mai 1833 et de Marie GENESTIER née à la Foresterie le 9 mai 1844. Tous deux se marient à Echandelys le 13 août 1868 et habitent la Foresterie. Leur premier enfant, Basile Anselme Antoine Marie y naît le 21 avril 1870 (ajourné pour faiblesse e, 1891, il est versé aux services auxiliaires pour varices en 1892 et ne fait pas son service militaire). Il décède à Montreuil (Seine) en 1903. Après Eugène, Germaine Marie Joséphine vient au monde le 30 novembre 1872. Elle habitera quelques années chez ses parents avec ses deux fillettes, Eugénie et Germaine CROIX nées respectivement vers 1897 et 1899. Enfin, le couple a la douleur de perdre un enfant à la naissance, un petit garçon, le 5 janvier 1879. Eugène aura un cousin germain paternel fils de son oncle Jean, prénommé Jean Antoine, qui sera également soldat pendant la Première Guerre Mondiale.

Eugène est comptable lors de sa visite d’incorporation en 1892. Il mesure 1 m 69 et possède des cheveux châtain foncé et des yeux bruns. Son visage est ovale, avec une grande bouche et un nez petit. Il est ajourné pour faiblesse en 1892 et 1893 et est considéré comme bon pour le service en 1894. Il est incorporé au 92e RI de Clermont-Ferrand le 13 novembre 1894. Il en est libéré, muni de son certificat de bonne conduite le 24 septembre 1895. Il déménage ensuite pour Ambert fin 1895, puis pour Clermont-Ferrand où il habite tout d’abord 40 avenue du Château Rouge à partir de 1903, rue de Fonrgiève en 1909 et 4 rue Villiers en 1911. Nous ne savons s’il est marié.

A la déclaration de la guerre, il arrive au 99e RIT de Clermont-Ferrand le 14 novembre 1914. Il est âgé de 43 ans et y retrouve de nombreux habitants d’Echandelys. Son régiment sert à verrouiller la trouée de Belfort et est mis en ligne dans la région Largitzen, Ubertrass sur la Largue, aux environs de Seppois. La guerre de positions commence pour le 99e RIT.

Le 8 novembre précédent, une section de la 8e compagnie, appuyée par une fraction de cyclistes, un détachement de génie, exécute une reconnaissance offensive sur un poste ennemi fortement retranché à 1800 mètres au nord-est de Largitzen. A 5 h. 45 du matin, la reconnaissance arrive à 50 mètres de l’ennemi, mais ne peut pousser plus loin en raison des fortes défenses accessoires des Allemands. Accueillis par un feu violent, les soldats se maintiennent toute la journée sur la position.

Largitzen

Durant tout l’hiver 1914-1915 et pendant l’été 1915, de telles offensives se multiplient, sans résultat sur le terrain.

Seppois

En effet, bien qu’étant un régiment territorial, le 99e combat aux tranchées comme en témoigne l’Historique du régiment : Au cours de l’année 1915 et de l’hiver 1915-1916, les territoriaux du 99e subissent un bombardement continuel d’obus, de torpilles, bombardement souvent intense et suivi d’attaques partielles toujours repoussées ; les pépères subissent bravement le choc, tuent beaucoup d’assaillants et font des prisonniers. Pendant des mois et des mois, ils se donnent entièrement à leur tâche, avec un inlassable dévouement; et, malgré les pertes sensibles qu’ils subissent journellement, nos vétérans attendent patiemment la victoire finale qui les rendra à leurs foyers, à leurs femmes et à leurs enfants, avec la fière conviction qu’ils auront bien contribué par leurs efforts continus à chasser l’ennemi du pays. (Historique du 99e Régiment d’Infanterie Territoriale pendant la Guerre. Tours. Maison Alfred MAME et Fils, imprimeurs).

Pendant cette année il a pris pied dans les bois d’Hirtzbach et, comme en témoigne la carte ci-dessous, a repris des activités familières à nombre de ses soldats.

bois d'Hirzbach

Il participe également à diverses progressions vers Bisel et réalise une organisation défensive contre laquelle l’ennemi est venu plusieurs fois se heurter en vain.

Bisel

CarteSeppois

Le 17 mai 1915, Eugène est nommé caporal des réserves. Quelques jours plus tard, le 26 mai, il passe au 97e RIT. Son nouveau régiment est en Champagne, dans le secteur de Prosne. Aidé par un bataillon du 117e RIT et 600 cavaliers (dragons et chasseurs), il est chargé d’organiser les défenses. Les patrouilles ennemies deviennent progressivement agressives. En raison de son expérience, les pertes sont réduites et le régiment a peu de tués ou de blessés graves.

Le 10 juin 1915, mis à la disposition de la Ie armée (6e CA), il quitte la Champagne et, s’embarquant à Mourmelon-le-Petit, il gagne Verdun. Par étapes, il rejoint Saint-Mihiel (marchant sur Génicourt, le 3e bataillon, signalé par les ballons ennemis est pris par le feu de l’artillerie). Après avoir tenu divers points, les positions se figent à partir du 12 juillet 1915. Le 1er bataillon est dans les ouvrages des cotes 317 et 294, le 2e en avant des villages de Dompervin, Marcaulieu et du bois de Barmont et le 3e dans le bois de Selouze-Mélèze. Les travaux d’organisation y sont activement poussés.

Après 2 jours de repos dans la région d’Epernay, le 97e RIT est embarqué en camions le 3 septembre 1915 et est transporté à Suippes. Le 1er bataillon est affecté à la 15e division, le 2e à la 10e et le 3e à la 60e division d’infanterie coloniale. Les 3 bataillons travaillent avec les troupes d’active à la préparation de l’attaque. Places d’armes, boyaux d’accès et d’évacuation, abris et parallèles de départ sont créés et maintenus en état de jour comme de nuit sous un incessant bombardement. Le 25 septembre, l’attaque est déclenchée. Les 7e et 8e compagnies (du 2e bataillon) partent avec les vagues d’assaut avec pour mission de nettoyer les premières tranchées allemandes, de les retourner et de les occuper. Les autres compagnies sont chargées du ravitaillement de la première ligne en eau, munition et matériel de toute sorte, de réaliser des ouvrages reliant la première parallèle française aux lignes allemandes qui viennent d’être conquises, à évacuer les blesser, ensevelir les morts et escorter les prisonniers. L’attaque dure jusqu’au 30 septembre. Le 1er octobre, le 97e RIT est remis à la disposition du 6e CA. Mais pendant un mois encore (jusqu’au 10 novembre), il reste sur place et continue à travailler au nettoyage du champ de bataille et à l’aménagement des positions conquises. Pendant cette période, le régiment a perdu 177 hommes. A partir du 10 novembre 1915, le secteur devient plus calme et les soldats aménagent les cantonnements du bois Sabot, du bois de l’Obus et de Suippes où les 3 bataillons se relèvent alternativement jusqu’au 1er juin 1916.

Suippes.jpg

Eugène est lui à nouveau muté et transféré au 137e RIT qui connaît une modification de sa composition avec un vieillissement marqué des ses effectifs (nombreux soldats de plus de 40 ans). Son affectation va en être également modifiée. S’il travaillait auparavant à des travaux d’aménagement et de garde à proximité du front, parfois en première ligne (il est en Champagne au moment de l’arrivée d’Eugène), il permute en février 1916 avec le 222e RIT et prend sa place à la place forte du Havre. Pendant toute l’année 1916, il cantonne à Harfleur, Gonfreville-l’Orcher, Montivilliers, Octeville et au Havre où il assure la garde de la place, du ports avec ses bassins, des entrepôts, des usines Schneider, ainsi que du camp des Abattoirs où sont retenus des prisonniers de guerre et de leur escorte sur les chantiers du port du Havre où un certain nombre d’entre eux travaillent.

LeHavre.jpg

L’éloignement entre les cantonnements et les postes de garde, parfois distants de 10 à 12 km oblige à des services de garde consécutifs de plusieurs jours. Enfin, les infrastructures manquent pour accueillir plus de 2100 soldats. En août 1916, les pères de 6 enfants et plus sont renvoyés dans leurs foyers. Dans le même temps, sont organisés six sections de mitrailleuses chargées de défendre contre d’éventuels avions l’accès du plateau de Gournay, ainsi que les usines du Havre. Progressivement, en raison des réformes, des renvois et des détachements dans l’industrie ou l’agriculture, le régiment se vide de sa substance. Il descend à 1700 hommes en 1917. Il reste dans la région du Havre jusqu’en fin 1918, Eugène étant démobilisé le 18 décembre. Il regagne alors Clermont-Ferrand. Le reste de sa vie ne nous est pas connu.

 

Une réflexion au sujet de « Eugène Jean Marie ROUX »

    Jean Antoine ROUX « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    8 septembre 2017 à 9 h 35 min

    […] François le 6 mars 1877, qui va malheureusement décéder le 5 décembre 1895. Un cousin de Jean, Eugène Jean Marie ROUX, fils de son oncle Jean Marie, sera également soldat pendant la Première Guerre Mondiale. Lors de […]

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